Jour 91 – Un nouvel ange

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On part de Poitiers pour Strabourg sur la frontière Franco-Allemande. On prend un TGV en fin de journée après avoir « bretté » une partie de la journée sur une terrasse et à la gare. Départ pour 17:15 avec arrivée à 22:00.

Le confort à bord est super. On a nos 4 fauteuils avec table centrale…mais d’abord, parlons de l’aventure pour entrer nos bagages là dedans….. Oh my God!!!

Avant tout, quelques petites choses à savoir d’un TGV en arrêt; Premièrement, il n’arrête généralement que 3 minutes, il faut donc être prêt et à proximité du bon wagon dès son arrivé. Deuxièmement, un TGV, ça a deux étages (on s’en rappelait plus). Troisièmement, il n’y a pas de compartiments à vélo, nous devons donc démonter nos vélos, les mettre dans des sacs de transport pour ensuite les entreposer comme des bagages à main à quelque part dans le wagon. Finalement, tout passager sur le quai se transforme en GI sanguinaire conditionné que pour une seule chose; entrer à tous prix en premier même si il faut tuer, estropier ou même laisser des enfants sur le quai…de la pure folie.

On exagère à peine l’affaire; plusieurs sont si stressés qu’ils sont prêt à se bousculer pour entrer même avant que les passagers descendent…bon revenons, à notre histoire.

Tout commence dans le hall. On vient d’annoncer le quai d’embarquement; le #2. Chanceux, nous aurons 25 minutes pour monter en ascenseur sur la passerelle, redescendre sur la quai, démonter les vélos, les mettre en sac et se placer au bon endroit pour l’arrivé du wagon 7.

Ça commence mal; la seule ascenseur sur place est submergée de gens trop lâche pour monter leur sac à dos dans une montée himalayenne…de 30 marches. Un groupe de p’tit-clin, avec une personne blessée à la cheville, décide de se placer devant nous (être blessé permet évidement de passer devant tout le monde). On indique gentiment aux épais, maintenant devant nous, que la politesse élémentaire serait d’attendre son tour. On monte finalement avec nos vélos qu’on doit encore redescendre dans un autre ascenseur au dessus du quai correspondant.

Sur le quai, on se place où devrait arrêter notre wagon. Le voilà! Au moment d’entrer avec nos vélos, maintenant dans leur sacs de transport, un monsieur et sa femme décide de nous passer dans la face et d’aller s’installer dans le vestibule du train, exactement au pire endroit pour nous permettre d’entrer. Le « tôpin » a même pas la gentillesse d’essayer de ce déplacer. Il se contente de nous regarder en levant les épaules. Peut être essayait t’il d’exprimer de la tristesse à notre égard, nous qui sommes maintenant sur le point de manquer notre train?

Si on fait pas quelque chose maintenant, on va rester sur le quai! Patrick lui démande de se tasser un peu (avec insistance). Il accepte de fournir son aide en se déplaçant de 10 centimètres vers la droite et de changer son portefeuille de poche… Désolé les enfants… Mais quel cornard, il est aphasique ou quoi?

On finit par être prit pour entrer absolument tout notre stock, incluant quatre vélos, dans l’équivalent de trois pieds carrés, par terre, devant la porte. Le monticule qu’on met en place a peine à tenir debout lorsque les portes du TGV ferme. Imaginez la suite! Maintenant, il a décidé de bouger et notre stock est dans ses jambes….JE VAIS LE TUER!!!

Tout se tasse. Annik et Patrick passe les 30 prochaines minutes à déplacer notre matériel à un endroit convenable…pas évident. Trouver de l’espace pour nos vélos dans ce train tient vraiment du miracle. On les placera finalement dans le couloir, au deuxième étage du wagon, pas trop loin de nos places assises.. Non, mais quel aventure!

Un TGV c’est vachement cool. Ça roule vite, vite vite, et dans un très grand confort. Nous on va à Strasbourg à l’autre bout du pays, on parle donc d’un voyage d’un peu plus de 4 heures. À l’aide des écrans dans chaque wagon on peut suivre la vitesse du train. À un certain moment nous atteignions même 315km/h. On ne pouvait tout simplement pas lâcher le tableau des yeux… Va t’il aller plus vite? Va t’il battre un record?

À mi-chemin, nous sommes immobilisés, et ceci, nous le serons plus tard, pour plus de deux heures trente. Nous on est pas inquiet du tout, parce qu’on a tout le temps du monde. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Un train immobilisé ça veut dire des transferts manqués et plein d’autres désagréments. On apprend que la cause de ce retard est dû à un « événement humain ». Dans la langue de bois ça veut dire un suicide.

Le train, devant nous, a frappé une pauvre victime d’une vie difficile; quelqu’un qui a cru qu’il n’y a fait plus d’espoir et que la souffrance à fait agir. On ne connaît pas cette personne et on ne connaît rien de son histoire. Pourtant, son geste tragique nous permet de discuter de suicide avec nos enfants. Il n’y a plus rien à faire pour elle ou lui, mais ce soir, on se fout d’être en retard. On pense à sa famille, qui eux, recevront de bien tristes nouvelles.

On arrivera finalement à Strasbourg passé minuit. L’hôtelier ne nous attendait plus. Notre choix d’hôtel aurait difficilement été plus judicieux. Il est littéralement à 50 mètres des portes de la gare. C’est si proche, qu’on se permet même de simplement amener les chariots de la gare directement à la porte de l’hôtel. Il fallait quand même voir la scène; trois chariots avec des bagages en équilibre montant les trottoirs, traversant la rue poussé par des enfants somnolents et qui ne pensent qu’à se coucher.

L’hôtel est super, on est aux anges et on dort en passant à l’autre ange sorti des rails de la SNCF.

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