Au matin du deuxième jours, on est « primé ». On va visiter la medina, 9000 rues organisés selon la théorie du chaos universelle. Chaque rue a des centaines d’années d’histoire, des entrées et culs de sacs, des ruelles obscures, des passages assez hauts pour des nains ou trop étroit pour autre que chose qu’un âne décharné guidé par son propriétaire tout aussi “obèse”. Dans le genre, j’ai jamais vu ça à Québec, tu es servi.

J’admet qu’on a un peu d’appréhension avec la sollicitation. On marche donc avec un bon rythme dans l’axe principale au départ de notre Riad. Il y a des commerces, des vendeurs de souvenir à chaque espaces disponibles, des centaine et des centaines, sinon des milliers de petit entrepreneur qui tentent de vous vendre des bidules “typique marocaine”. C’est pas mêlant, ils sont si nombreux, que je sais pas comment les commerçant font pour sortir une paye de ses magasins.
L’idée, c’est de ne pas trop s’attarder si vous n’avez rien à acheter. Pour nous c’est assez facile, parce que c’est hors de question de traîner une lampe « Aladin » pour les 10 prochains mois dans nos packsacs.
La première chose qu’on vous dit sur la Médina, c’est que vous allez vous perdre. Arrêtez de capoter! C’est le bordel, c’est vrai, mais si vous avez pas de rendez-vous chez le dentiste à 4 heure et quart, le concept d’être perdu perd vraiment beaucoup de sens.
On marche littéralement au hasard pendants des heures, et on fini toujours par 9revenir à des endroits connus, preuve qu’à moins de prendre les ruelles les plus obscures, y a quand même un sens à tout ce spaghetti. Je sais pas pourquoi on entretien cette peur là, mais, lâcher vos GPS, regarder autour de vous, et vous aller reconnaître un paquet de choses évidentes comme signe de la bonne direction à suivre.
La Médina est construit autour de différents « corps de métier ». Il y a les quartiers de transformation des métaux, celui du bois, et celui des tanneries, mais dans les faits, c’est malheureusement les dernières places que vous voulez-voir. La sollicitation est agressive à vous arracher les bras. En dehors de ses zones, c’est beaucoup plus simple que je pensais; un gros non merci ferme, et on passe à autre chose.
Je comprends ces marocains. Ils doivent gagner un salaire et manger tout les jours. C’est difficile à remettre la faim à demain, mais au point de vue de l’expérience touristique, surtout dans la zone des tanneries, il faudrait faire le ménage. C’est vraiment l’épicentre mondiale de la crosse institutionnalisé.
Les tanneries de Fès sont quand même réputés, pour leur bassins colorés, et Annik aimerait bien les voir. Moi, j’ai pas tellement le goût parce que je sais que la visite de la terrasse au dessus des bassins, va venir avec l’achat d’un blouson de cuir. Qu’est-ce que tu veux, j’ai l’air d’une patate au four avec ça sur le dos.
Pour trouver le quartier, vous avez seulement à y aller à l’odeur, parce que le processus de transformation est tellement dégueulasse et « moyenâgeux » que c’est évident que la technique a été inventé pour faire une mauvaise « joke » à un beau frère.

J’ai toujours rêvé d’avoir un coat de cuir, celui de Michael Jackson dans Trillers.
Cool Mohammed, mais tu sais que c’est c’est simple de se faire un manteau de cuir?
Ahh, oui..?
Tu vois le gros tas de marde de pigeon là-bas?
Oui, pourquoi?
Va me pelleter ça dans le gros trou ici,
Oooooook….après….?
Tu vois la vache là bas, place doit derrière avec ce seau. Chaque fois qu’elle pisse, pose le derrière, et ramasse le maximum de liquide
Hein?… Pourquoi?
Arrête de poser des questions, fais ce que je te dis.
Et si elle me lâche une bouse dessus?
T’es-tu cave? Pourquoi tu voudrais qu’elle te chie dessus.
Je sais pas? Ça pas l’air de te déranger qu’elle me pisse dessus… Je fais quoi avec la pisse?
Tu met ça dans la marde de pigeon, et tu brasses.
Tu me niaise, c’est dégeulasse! J’veux pas faire ça!
Attends! « asteur », il faut que tu sautes dedans.
Quoi!!!?..!!!
Tu le veux-tu ton manteau de Michael Jackson?
Oui….
Ben dans ce cas là,, fait ce que je te dis! Trempe tes peaux là dedans, frappe, brasse, et recommence. Ensuite, attends trois jours.
Trois jours?…je fais quoi pendant ce temps là?
Écoute Mohammed, va tu m’arrêter à chaque phrase? Micheal est pas devenu blanc par magie.
Pisse de vache et marde de pigeon?
Je peux rien te cacher.
Ok, ok, après les trois jours, je peux coudre mon manteaux?
Les nerfs, les nerfs… t’a femme a les cheveux long, non?
C’est quoi le rapport?…
Elle bouche ton drain de douche, non?
Comment-tu sais?
Moh! Je sais c’est tout.
Oui, oui, elle bouche le drain….c’est énervant parce quand je sors ça de là, ça sent la grosse chiotte, et ça l’air d’une chèvre morte..
Bingo!
Bingo quoi?
Ta chèvre morte, quand elle va avoir trempée pendant trop jours, les poils vont avoir l’air de se que tu pêches dans ta douche.
Eurkkk!
J’ai pas fini! Là, tu va me gratter ça comme un pro jusqu’à la peau, pis tu va la fermer comme quand ta femme te dit de vider le drain.
Ehhh, puis là, je l’ai mon coat de Micheal!?
Non! « asteure », tu retourne dans le trou, et tu va me faire frotter ça avec de la merde de pigeon pour blanchir le cuir.
C’est quoi ton trip avec la marde de pigeon? Je l’ai fait au début. Le coat de Micheal est rouge en passant.
Je sais, mais la couleur c’est après.
Sacrament, c’est dont ben compliqué…
Comme c’est approximativement ce qui se passes sur place, je sais pas si ça me tente tant que ça de voir ça. Odeur horrible comprise, on fini par trouver les fameuses tanneries, et comme je pensais, l’affaire tourne en cirque.
J’arrive pas à passer 5 minutes à proximité sans avoir le goût de tirer dans le tas.
Viens ici!
Passe pas là, c’est par ici!
C’est pas gratuit, mais chez nous oui.
Tu veux voir? Monte sur ma terrasse.
Non! tu peux pas passer
Suis moi mon ami, oui oui, mon ami.
Mangez donc un char! Vous m’énervez. Je pensais jamais dire ça, mais je pense que j’aime mieux me faire vendre une garantie prolongé chez Best Buy.
Dans la Médina, quand t’a vue une rue, tu les a toute vue. À mon sens, ce qui est plus intéressant, c’est d’en sortir pour voir les quartiers populaires de la ville, les marchés. Si tu marches assez longtemps, et que tu évites d’écouter les gens qui veulent « t’aider » à trouver ton chemin, et par le fait même cette petite boutique unique, tu vas éventuellement trouver quelque chose à voir de « vrai ».
Dans les marchés publiques, la sollicitation cesse, à l’exception des faux guides. Il y a le boucher qui a une tranche du vache entière attachés à sa façade, le gars avec ses bananes dont le jaune a disparu depuis longtemps et que tu ne mangerais jamais, même sous la torture et aussi le messieurs qui vends les fruits du cactus dans son kart. Il les arrose de sa main pour les faire reluire et les rendre attrayant. Heureusement que l’eau dans sa canisse usagée rempli d’eau brune à l’air propre quand il trempe ses mains « propres » ;. Diarrhée garantie.

J’ose pas y goûter, mais les locaux semblent adorer, parce que c’est un gros vendeur.
On cherche un restaurant pour le lunch, mais c’est une sacré job, parce qu’on trouve juste des sacrement de cafés. On s’assoit finalement à un endroit où les locaux mangent, généralement un gage raisonnable de qualité. Je comprends rien de leur menu. je fini donc avec une sandwich au Kam avec des œufs; pas mangeable. Heureusement, les enfants ont pris un sandwich à la dinde, qui lui est délicieux. Je pense que la viande est fraîche parce qu’un gars juste à côté, en plus de vendre des concombres, vends deux « appétissantes » dindes vivantes, bien entendues au sol avant le moment fatidique.
Pour tout le monde qui ont fait des voyages d’aventure, il y a deux règles pour le choix d’un restaurant. Tu veux pas en savoir trop sur la cuisine même si c’est toujours mieux de voir les activités de cuisson. Tu veux aussi éviter de trop juger la propreté des lieux, surtout les petits commerces de quartier, ils n’ont simplement pas nos standards…même pas proche. Si on s’en fait trop, on mangerait jamais.
Laver un mur taché d’une décennie de doigts graisseux, ou enlever une toile d’araignée centenaire est une tâche inimaginable dans ce genre de place. Si vous vous attendez à ça, vous rêvez.
Océanne mange sa sandwich et une petite coquerelle marche au dessus d’elle dans le coins du plafond. Un chat, avec une maladie de peau sous la tête, passe entre les jambes du gars à côté.
Nous on capote avec le lait cru, ou le nettoyage des œufs, eux, si ils changent leur eau de vaisselle une fois par mois, c’est un 5 étoiles de propreté.
We just have to get over it, comme on dit.

En soirée, on répète la recherche d’un restaurant, qui cette fois ci se trouvent littéralement dans la zone touristique à l’entrée de la Porte bleu de la Médina. Il y a un festival dans la rue, et marcher est vraiment compliqué. C’est cool à voir, mais on comprend rien de ce qui se passe.
La musique traditionnelle est jouée par des hommes sur des chevaux à l’aide de flûtes qui ressemblent à des petites trompettes. Ils sont sont accompagnés de joueurs de tambour et de chanteurs aux chants répétitifs. Les spectateurs se joignent au groupe et marchent en fils derrières eux. Un homme se promène avec l’équivalent d’un immense cendrier qui crache fumées et odeurs sucrées en avant de tout ce monde là.
Au restaurant, je trouve la bouffe infecte, mais les enfants disent que c’est parce que je fais toujours les mauvais choix…
Les mauvais choix, moi?
Mika, irais tu te placer derrière le cheval énervé, là-bas? J’aimerais ça prendre une photos de quelques choses de volant.
Quoi???
Océanne, verserais-tu cette poudre dans ton verre, ça enlève le mal de tête… pour toujours.
Hein???
On s’amuse à regarder les gens passer dans la rue et le pâtissier, l’autre côté de la rue, enduire ses pâtisseries de pelletés de miel. Après un moment, les pâtisseries invendues perdent de leur lustre, il faut donc leur donner un nouveau brillant.
Tout ça s’explique par une visite de n’importe qu’elle pâtisserie en plein jour. La job principale d’un pâtissier marocain n’est pas la pâtisserie, mais de chasser les guêpes agglutinés sur ses desserts en démonstration. Comme le « trip » c’est de faire des piles grosses comme des gâteaux de noce, la bataille est perdue d’avance.
Le clou de la soirée, est la visite de la toilette du restaurant. Encore un moment magique.
D’abord, il faut entrer dans la cuisine. Une échelle se tient contre le mur du fond. Après être monté, ne pas oublier de prendre quelques mouchoirs dans la boîte tout près de l’échelle. Procéder à gauche et assoyez vous sur la toilette. Surtout n’amener pas votre cellulaire pour passer le temps. En effet, vous aurez le loisir d’observer les cuisiniers préparer la soupe directement de votre trône, dans la toilette qui n’a pas de porte, et ceci, par l’ouverture donnant sur l’échelle. Inspirant!
Si vous voulez en voir plus des activités dans la cuisine, ne vous en faites pas. Levez-vous simplement pour aller chercher des Kleenex près de l’échelle, exactement à l’endroit où vous auriez du les prendre en arrivant.
J’ai toujours rêvé d’observer le va et viens d’une cuisine de resto les culotte à terre!
Océanne
Bonne nuit!




















































































































































































