Fès, Maroc – Mes premières impressions.

Comme nos trois semaines au Maroc n’ont rien de bien bien organisé, on se dit que de passer 4 nuits, donc trois jours complets, à Fès devrait nous permettre de s’acclimater, de faire un peu de préparation, et de se reposer. Notre camps de base est à l’intérieur de la Médina, ce labyrinthe de 9000 rues, passages et ruelles, le plus ancien, et le plus gros du Maroc. Une affaire complètement débile, mais j’y reviens.

Je voulais vraiment louer un appartement dans un Riad. Pour moi, ce genre d’habitation est comme une géode, vous savez ces pierres qu’on cassent pour y découvrir des cristaux. Un Riad ça a l’air d’absolument rien de l’extérieur, mais l’intérieur est comme un petit palais. Il faut voir.

Deux raisons pour expliquer ce genre d’habitation. La première est qu’au Maroc, il fait chaud que le maudit, l’été en particulier.

De l’extérieur, le Riad ressemble plus à un immense mur, le notre à trois étages. La décoration est absente à l’exception de la porte, et les ouvertures sont rares. On veut limiter le bruit venant de la rue. Dans la Médina, les rues sont larges comme rien, donc, tout le monde est un sur l’autre. Résultat, si vous trouvez pas un moyen de vous isoler physiquement le bruit de la vie quotidienne est insoutenable.

Ça évite d’entendre Sonia et François de Gatineau se faire expliquer que ce tapis tissé avec des fils de Polyester, est en fait, selon le vendeur, un authentique tapis berbere de 800 ans tissé avec du poil d’Antilope.

Crois moi mon ami, ce tapis à été tissé par une vielle femme manchot d’Erfout. L’antilope a mangé ses enfants et lui a arraché les bras dans la bataille qui a suivi. Pour rendre hommage à ses enfants, elle a tissé se tapis avec ses « moyons », du vrai travail d’artisan.

On l’achète François! Ça irait tellement bien avec ton beau lazy boy défoncés dans le salon. Toutes ses belles couleurs me ferait oublier que tu dort devant le hockey.

De quoi, tu parles? Je dort pas quand je mange mes chips au vinaigre.

Évidement, une maison sans fenêtre serait invivable dans un pays aussi chaud. Il ont développé une manière fabuleuse de garder sont intimité sans mourir étouffée. Quand vous entrez, vous découvrez ce que je veux dire. Rapidement vous vous retrouver dans le patio centrale, richement décoré qui est en fait une cour intérieur. Chaque pièces, escalier donnne sur cette court centrale, et au étage supérieur, des balcons y donne également accès. On peut y planter plante et arbres, et l’endroit reste ombragé une bonne partie de la journée.

Le patio de notre Riad est vraiment très joli, mais est fermé par une verrière, ce qui fait que la fraîcheur n’est pas nécessairement au rendez-vous. Le véritable attrait ici, c’est la terrasse sur le toit. Elle est complètement couverte et tout autour, on trouve des canapés pour faire ce que je fais de mieux; m’évacher! C’est l’endroit où on nous sert le petit déjeuner chaque matin.

Dés notre première visite, on assiste à un spectacle qui se répétera 5 fois par jours, pour les prochaines semaines; l’appel de la prière. Du haut de notre terrasse, on peut voir le toit des maisons, mais surtout une multitudes de minarets qui se dresse ici et là dans la ville. Les haut-parleurs s’y font entendre. On entends clairement la mosqué la plus proche, mais les dizaines d’autres dans la villes sonnes comme un reverberation, un bruits de fonds.
ه
Allah est le plus grand allāhu ākbar
J’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah Ashadu an lâ ilâha illâ Llâh
J’atteste que Muhammed est le messager de Allah āš’hadu ānna mūḥammad ār-rasūlu
Venez à la prière ḥayyā ʿalā-ṣ-ṣalāt
Venez à la félicité, ḥayyā ʿalā-l-falāḥ
Allah est le plus grand. allāhu ākbar
Il n’y a de vraie divinité hormis Allah lā ilaha illā-l-lāh

Le matin, on y ajoute un petit bout pour donner des pieds au cul de ceux qui pense que le sommeil c’est mieux qu’honorer Allah.

La prière est meilleure que le sommeil. aṣ-ṣalātu ḫayru min an-naūm

Aujourd’hui, on n’a pas vraiment d’autres d’ambition que de se « grailler » d’internet sans fils, d’avoir de l’eau potable en quantité et si possible des Kleenex, parce que tout les monde a « l’ostie » de grippe. Mika est tellement tanné, ça fait deux de suite qu’il pogne pis et on dirait qu’il commence une sinusite!

On se dirige donc en dehors de la Médina, dans un centre d’achat à environ 30 minutes de marches. La première chose que frappe c’est l’odeur de diesel dans les rues et évidement la chaleur pour un début octobre. Il a du monde partout, et les gens se promène d’une place à l’autre dans un des miliers de taxis rouges qui sillonnnt les rues. Nos enfants sont heureux de finalement voir le Maroc. Je pense que ce sera une aventure.

Évidement traverser la rue est un party. On commence notre apprentissage par profiter de l’expérience locale. Je m’assure toujours de traverser derrière une jeune écolière et m’en sert comme bouclier humain. Si elle se fait frapper, j’aurai le temps de faire une roulade et d’éviter une mort certaine. Je traîne toujours des Kleenex, donc pas d’inquiétude pour les éclaboussures de sang sur mes vêtements.

Dans les faits, il faut juste s’habituer, et comme la circulation est chaotique, elle est aussi assez lente, on peut donc, assez facilement, éviter le pire.

Le centre d’achat est probablement un des seul endroit où on pourra voir des prix fixes. On en profite donc pour essayer de ce faire une idée du prix des choses courantes. Quand on va retourner à la Médina avec ses 100,000 magasins, faudra avoir une idée de ce qui est un prix raisonnable parce qu’Annik pourrait facilement acheter un melon à 400$.

Elle va s’habituer, j’en doute même pas, mais elle n’aime tellement pas déplaire, qu’à la vue d’une arnaque, elle invite le gars à ouvrir un compte conjoint. En plus, le stress lui pogne, et soudainement devient incapable de faire un calcul mental. C’est vrai que diviser tout par 7 pour la monnaie local est pas évident, mais je l’ai vu estimer un achat à 9$, quand c’était 65$, vous voyez le genre?

Heureusement, Mika a comme mission de négocier pour nous, et il est tellement «game», c’est épeurant.

Combien, ce porte-feuilles?

120 Dirham

Je te donne 20, et tu me donne ta fille en marriage.

Nous, nous sommes prit de convulsions à le voir négocier. Si ont le pouvaient, elle se fusionneraient au mobilier pour faire semblant d’être ailleurs.

L’achat de nos forfaits internet fini en aventure, évidement…

Je me présente chez Maroc Telcom. Les forfaits sont super abordables, genre 18$ pour 10 gig. Cependant, Maroc télécom a du staff qui respire la joie de vivre comme les membres d’une secte 5 minutes avant leur suicide collectif…déprimant.

Il y a un gars potable, mais il est en train d’expliquer à un couple âgée ce qu’est un « router ». Ostie qu’on est pas sortie du bois. Misère…. C’est évident qu’il en a pour la journée.

Est-ce que je vais pouvoir brancher mon Videoway?

….

Il nous reste donc deux autres incapables qui risque pas de rendre l’expérience enlevante.
Dabord, y a le gros bonhomme avec la face acheté en spécial, celle avec la baboune et l’air de bœuf qui joue en alternance. Il y a aussi la fille, qui à la la vue de 8 clients en attente dévoilent ses talents de super héros. Son pouvoir à elle, c’est d’être capable de jouer au démineur même quand ses clients lui tirent des roches.

Éventuellement, elle fini par lever ses yeux de sa partie et nous adresser la parole.

Un forfait, ça prends un passeport.

On les a pas, ils sont à l’hotel, mais j’ai des copies sur nos cell. Je vous envoie ça par e-mail et vous les faites imprimer?

Impossible!

Impossible quoi? Imprimer, e-mail?

Il faut que je les photocopie.

Pourquoi? Imprimer les et faites une photocopie de l’impression, ça marche non?

J’peux pas.

Vous allez me faire marcher une heure, aller-retour pour aller chercher mes passeports, pour pas utiliser votre imprimante

Oui

J’ai tu l’air d’acheter un missile balistique, pourquoi vous voulez mon passeport anyway?

C’est la procédure

Ahhh, pis laisse donc faire…grrrrr.

Du monde de même, j’suis pas capable.

Deuxième essaie chez Orange, un autre fournisseur internet. il y a déjà du monde et il faut attendre. Je craint le même problème. Je décide donc de repartir avec Mika, aller chercher les passeport à la Médina, retrouver les filles ensuite, et finalement acheter le forfait. Une heure trente de « gossage »

On aimerait avoir des forfaits cellulaires prépayés

Pas de problème

Vous avez besoin de nos passeports

Non, pourquoi?

Ahhh pis delà marde…

Au départ du centre commercial, on fini par marcher dans cette partie de la ville, en dehors de la Médina pour une bonne partie de la journée, s’arrêtent dans un petit casse-croute, manger comme des enragés pour 14$ à quatre. Je pars prequ’à pleurer à l’idée qu’on pourra faire quelque choses avec nos pauvres dollars canadiens.

Cette partie de la ville est passablement moderne, des grands buildings de béton, une grande allée centrale et piétonnière couverte par de grands palmiers. Les dames, sont pour la plupart voilée et une minorité portent des habit plus occidentaux. Les cafés sont nombreux, ici et partout d’ailleurs, et c’est une affaire d’hommes. Un café noir et de l’eau pour s’enfiller des cigarettes. Pas, ou très très peu de femme ici.

Les cafés sont l’equivalent des balcons en campagne on s’y assoie pour voir les machines passer dans la rue, et j’ai pas de doutes, les madames qui passe.

Au retour, nous passons devant les Palais royaux, qu’ils sont derrière de grands murs, donc on voit « rien pantoute » à part des portes dorées. On visite également, un très beau parc, s’y assoient pour regarder les nombreux jeunes en mode séduction. Des jeunes se rencontre, certains très à l’aise d’autre clairement incofortable. C’est ça qui arrive quand y a pas de bar, la « crooze » doit se faire au domaine Maizeret.

Océanne…

En soirée on choisi un petit restaurant où on fait jouer les Beatles. Pourquoi pas. La place à environ 12-14 place assise Max. Je sais pas comment ça peut faire vivre serveur et cuisinier. On rencontre un couple de français dans la soixantaine, vraiment sympathique, Gisèle et Alain. On discute et rigole.

À un moment, comme souvent avec les français;

Vous êtes canadiens et vous parlez si bien français?

….

Je ne leur en veux pas, mais c’est vachement fréquent. Je me l’explique pas, mais c’est comme ça.

A plus!

Enfin! On quitte l’Europe…

J’ai passé un bon bout du voyage sous le tapis en espérant y revenir un peu plus tard. L’énergie n’étant pas au rendez-vous, j’ai de nombreux textes à terminer qui manquent, selon moi, d’intérêts. Je préfère me concentrer sur ce qu’il y a de nouveau dans nos vies de voyageurs.

D’abord, pour la suite du voyage, nous nous commettons pour une visite plus approfondie de l’Afrique. Même si tous nos vols ne sont pas encore achetés, nous savons désormais que « l’avant Janvier » sera fort probablement africain. D’abord, nous allons passer trois semaines au Maroc, suivi d’un peu plus d’une semaine à Istanbul en Turquie, puis 2-3 semaines en Égypte.

À tout les énervants qui se sont mis à crier :

La Turquie c’est pas en Afrique!

Bravo, vous êtes des génies!

Pour la suite, c’est à confirmer, mais nous croyions continuer pour un duo Rwanda/Tanzanie suivi d’un trio Afrique du Sud/Namibie/Botswana.

De toute la planification que j’ai fait dans ce voyage, c’est l’affaire la plus difficile que nous avons eu à faire. Comment faire pour nos pas crever nos budgets et suivre un itinéraire qui se peut? Il faut considérer le prix des vols, et à 4 ça chiffre vite, la température, les saisons, le prix des visas, qui sont parfois exorbitants, et surtout ne pas se placer dans une position où quitter l’Afrique nous coûtera 20,000$ une fois rendu complètement au Sud.

En gros, je crois qu’on a atteint un bon équilibre, tout en restant raisonnablement en sécurité..

Pour ce qui est du maintenant, on a terminé notre voyage Européen à Madrid. Il fallait y laisser notre voiture et y prendre notre vol pour Fès au Maroc. L’expérience achat-rachat avec Peugeot a été extraordinaire. On reviens avec une voiture légèrement abîmée du côté droit après avoir embrassé tendrement un trottoir de 2 pieds de haut dans notre angle mort. Malgré le bris, la remise du véhicule à prix un gros 10 minutes. Impressionnant!

En comparaison, hier, se faire rembourser une carte de métro de 4.50€, à nécessiter 30 minutes, et l’intervention de 387 personnes. Quand remettre un char de 20,000€ prend 10 minutes. Trouver l’erreur.

J’avais pas eu à me frotter à la réputé machine administrative espagnol, mais vous auriez du voir la scène d’anthologie.

J’achète quatre cartes de métro, et une ne tombe pas de la machine. On demande de l’aide, et une dame arrive à la rescousse. Elle doit ouvrir la machine pour voir si tout ça est vrai. Cependant, elle a besoin de sécurité pour une opération aussi délicate. Elle attends donc des agents armées, pour vrai, au cas où je e l’assommerait pour lui voler des rouleaux de 10 centimes dans un métro bondé… un danger crédible et imminent.

Ensuite, elle fait de nombreux appels, prends mon numéro de permis de conduire, confirme que le numéro de carte coordonne avec la transaction, discute des épices qu’elle met dans sa Paella avec la dame à l’autre bout du fil, raccroche, rappelle, raccroche, rappelle…interminable. Je vous répète qu’on parle d’une transaction de 4.50€. Avoir su, j’aurais fait semblant de rien et aurait acheté une autre carte.

Finalement, elle me sourit, et affirme que je pourrai être remboursé. J’ai peur de la suite. Va t’elle me demander de prendre le train pour Porto et rencontrer la responsable du département ou simplement lui demander d’acheter un appartement à Madrid pour avoir une adresse à lequel envoyer le remboursement?

Non, mais il y a un formulaire à remplir. Tu me niaise? Un affaire en papier avec copies carbone?

Je me frappe la tête sur les murs en passant que quelqu’un doit déplacer ce papier dans un autre bureau, que d’autres personnes vont traiter l’information, vont remplir d’autre formulaires, que des email vont être envoyé, le tout archivé…, pour me rembourser 4.50€. Ça coûte combien ça? 200-300€.?

Breaking News!
L’agrandissement du métro de Madrid est annulé. Selon nos informations, les 3 milliards d’Euro requis pour les 16 nouvelles stations, ont été mystérieusement engloutis. Un simple remboursement de billets aurait amené l’embauche de 1,400 fonctionnaires et à la construction d’un bâtiment pour loger cette équipe essentiel.

Un petit truc pour toi gentille dame, la prochaine fois, ouvre l’entrée du métro et laisse moi passer gratuitement. Ça prend 10 seconde et sa coûte « fuck all »!

En tout cas, pour notre voyage en Europe, je sais pas comment vous expliquer ça sans passer pour un « gros gras dur», mais on en pouvait plus. Il s’avère qu’avec notre budget journalier et les prix en Europe, une fois que l’arrêt essence, épicerie et logement était fait, on avait jamais une cenne pour rien faire.

C’est « ben » beau marcher en ville, mais qu’en t’a même pas d’argent pour visiter un musée de temps en temps et faire de choses qui sortent de l’ordinaire, tout fini par être moins sexy. Les enfants en avait un peu marre, et nous aussi.

Évidement, sous le thème répétitif de l’appartement de marde, on fini ça en beauté. Encore tellement « crade »… j’suis tanné.

Je commence à avoir la « Twist ». Dix secondes à l’intérieur, et je sais déjà que je suis mieux de me « clencher » des p’tites pilules pour les allergies. Sans ça, je vais m’éternuer la face dans la prochaine heure.

Le proprio a l’allure d’un informaticien avec sont veston en tweed, pas d’une femme de ménage. Ça parait. Y a du monde pour qui faire le ménage consiste à uniquement placer des bibelots sur des tablettes et d’enlever les poils de culs sur le savon. Lui, il fait même pas ça.

J’pu capable! Deux nuit la dedans, pas de place pour s’assoir, des meubles « decâlissés », un matelas double installé sur une base simple. Si tu te déplaces trop sur le bord du lit, le matelas plie, et tu te retrouve à terre… super. Le pire, c’est que le gars a placé une porte blindée à l’entrée. J’ai jamais vue quelques chose d’aussi sécuritaire. Il a 4 loquets sur toute le hauteur de la porte et 4 autres du côté charnière. Il doit bien avoir de l’or caché, parce que même à essayer, je sais pas ce que je volerais…. certainement pas les draps, comme il faut les « dé-poiler » avant de se coucher…écœurant.

La cuisine et la salle de bain, se résume à aaark! Par moment, j’ai l’impression de vivre un camps d’entraînement pour les assistés sociaux…

Vivement le Maroc, espérant qu’on pourra se payer mieux.

En rétrospective, 50 jours en Europe avec notre budget était simplement trop long et ambitieux. Si c’était à refaire, je m’en tiendrais à 30 jours.

Donc revenons à notre prochaine destination,

Nous prenons pour la première fois un vol avec la compagnie Ryanair en direction de Fès au Maroc. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est ce qu’on appelle un « Low Cost Airline ». Ils offrent des vols à des prix imbattables, du genre Madrid-Paris à 19€. À ce prix là, il faut qu’il fasse de l’argent ailleurs, donc, voyager avec eux, c’est une course à obstacle pour éviter de payer des frais, et croyez moi, ils vous attendent au tournant. Je vous fait une petit liste.

• Le sac de cabine doit être petit, très petit, et pas de niaisage, ils mesurent. Si tu t’essaye et que ça passe pas, il t’arracher la tête avec la liasse de billets qu’ils viennent de te voler avant de kidnapper tes enfants. C’est pas de enfants de cœurs.

• Pour recevoir votre billet par SMS, une banalité qui coûte rien, ils te chargent 5€ par personne. Évidement, ils te le demandent 13 fois, durant l’inscription, en espérant que tu vires fou ou que tu te trompes au moins une fois dans tes sélections.

• Votre carte d’embarquement doit être imprimé. J’imagine qu’en 1982, c’était la norme mais aujourd’hui pourquoi?

En fait, il t’oblige à faire étamper ton bout de papier une fois à l’aéroport, ce qui élimine d’emblée l’option du billet électronique. Si tu le savais pas, et que tu te présente avec le document sur ton cellulaire, il te charge 55€ par billet pour imprimer 4 bouts de papier (300$)

Je capote un peu, parce que je m’aperçois, la journée avant de quitter, que j’ai pas le papier, et que j’ai pas d’imprimante. C’est dans l’appartement que je vais trouver ça, c’est juste si on a l’électricité. Si je règle pas ça, je m’enligne pour une sodomie double boucle piquée gracieuseté de RyanAir.

Le matin du départ, je fini par m’en sortir en me faisant trimballer par, le gentil mais pas très propre, propriétaire du logement, dans tout les cafés internet de Madrid.

Notre statue de « pauvre » nous oblige à louer des appartements miteux dans les quartiers malfamés des villes européennes. Les cafés internet existent encore dans ses endroits et sont à cet image; tellement, tellement déprimant; Toujours un ramassis de vieux meubles avec des séparateurs fait avec des affiches de cigarettes, des claviers brun de doigts sales et qui donnent la lèpres et des ordinateur qui roulent sur Windows 3.1

En gros, je déteste l’expérience RyanAir, mais partir de Madrid pour le Maroc à 4 pour environ 400$, baguages inclus, c’est difficile à battre.

Une heure et demi de vol pour Fès qui se passe bien. Étant donné qu’on arrive en début de soirée, que nous sommes tous grippé, on veut pas se faire chier. On demande à notre hôtel d’organiser le transport, pour un coût définitivement excessif, mais qui dans les circonstances, fait notre affaire.

À l’arrivé dans notre Riad de la Médina, nous sommes conquis. La chambre est fantastiques, la terrasse fabuleuse, rien à dire. Nous sommes crevés et restons donc là pour la soirée. La seule sortie notable consiste à une visite dans les ruelles de la Medina pour trouver de l’eau et changer de l’argent.

Ça a l’air malade! J’ai hâte de le vivre et de vous raconter la suite.

Les Mafieux de Ronda

À notre arrivé à Ronda, tout le monde est un peu « démotivé » Les enfants ont seulement le goût de « déploguer » et de faire ce qu’ils font le mieux, mettre leurs écouteurs, « s’évacher » sur la surface la plus molle à leur porté et mouiller un coussin avec la bave qu’ils leur coulent du coin de la bouche.

En ce qui concerne le voyage, les premiers moments d’euphorie font lentement place à une routine exigeante de déplacement, d’inconfort et d’inconnu. Rien à voir avec l’intensité d’une semaine à Walt Disney ou aux émotions d’une descente en rafting après la fonte des neiges.  Voyager consiste souvent à contempler, marcher, observer, marcher encore, et de temps en temps, à rencontrer des gens intéressants.

La réalité crue, c’est que ça prend énormément d’argent pour voyager à quatre pendant un an.  Ça demande une discipline parfois un peu plate; manger des lunchs sur le bord de la rue, se faire à souper avec les moyens du bord et limiter les activités payantes. En brefs, on n’a pas le luxe de simplement se taper des « trips » de parachute, de karting et des visites aux parcs d’attraction à chaque fois que ça nous tente.

En 2014, on avait l’avantage d’avoir des enfants de 9 et 12 ans. Ils mangeaient moins, couchaient n’importe où comme dans des lits minuscules ou même par terre.  Maintenant, on a des adultes, incluant un « Gigantore » qui s’en va sur ses 6’ 1’’, « faque » les petits lits d’enfants, ça fait plus. Le prix de logement est nécessairement à la hausse.  Oubliez également les rabais enfants sur les lunchs, les activités et autres.

Le vélo nous sauvait aussi beaucoup d’argent. Dans les faits, la « run » de bicycle entre deux endroits était souvent l’activité de la journée. Un casse-tête logistique certes, mais qui comportait des avantages financiers importants en plus de meubler nos journées de moments gratuits.

Cette année c’est différent. On s’aperçoit que ce n’est vraiment pas facile de rester dans notre budget.

Enfin, ce n’est pas toujours évident de trouver des choses d’intérêts pour tous les monde. On va se le dire, même si nos ados sont extraordinaires, ils sont aussi des produits de leur génération. Notre compétition directe, c’est la gratification instantanée de You Tube et son contenu infini.  Je constate, avec regret, que la contemplation semble perçu comme une perte de temps.  C’est un challenge pour nous… et pour eux.  Le monde du tourisme a besoin de s’ajuster parce que le temps où vous attiriez les gens dans un musée avec un rabais de 15% est révolu. Bonne chance!

En ce qui me concerne, j’imagine que parce que je suis née dans un autre monde, en 1974, j’aime encore simplement me promener pour « voir ».  C’est souvent difficilement compatible avec les attentes des enfants.

Pour Annik, c’est simple, elle est juste la parfaite partenaire de voyage. Elle aime dire qu’on est fait pour les projets commun et, qu’en plus, on voyage bien ensemble. Je suis d’accord. Ça prend un sacré sens de l’adaptation pour se « tapper » jour après jours, l’improvisation qui caractérise notre style de voyage.

Ronda, accroché à la falaise.

En avez-vous assez de mes états d’âme?  Passons à autre chose.Au moment de notre visite à Ronda, nous sommes en plein festival Pedro Romero, la fameuse légende de la tauromachie. Il y a beaucoup de monde en ville, et je suis franchement surpris par l’activité qui règne ici.  Les rues sont pleines de monde, l’ambiance est intéressante, et comme à partout en Espagne, il y a d’innombrable cafés et dix vendeurs de crème glacé par habitant.

Annik et moi déambulons dans la ville, admirant le canyon et surtout les alentours de l’arène de Ronda, là où on assassinera impunément des animaux pour le plaisir dès demain.  Il y a quand même quelque chose de surréaliste et de franchement décalé avec se sport, il faut l’admettre. 

Durant le fameux spectacle du lendemain, et pour lequel nous n’avons pas pu de place, une dame sort précipitamment au moment ou nous somme tout prêt de la porte. Elle est avec son mari, beaucoup plus vieux qu’elle, probablement un habitué.  À lui voir la face, on constate qu’elle s’attendait plus à des danses folkloriques dans un champs de mesclun qu’à la mise à mort d’un bœuf.

Elle est fâchée la madame!

Elle se dirige vers moi, me donne son billet et sacre son camp.  Son marie/amant vient de réaliser que les 200 euro du spectacle ne mènerons finalement pas à cette fameuse nuit romantique tant attendu.

J’aurais dû lui offrir un cours de cuisine végétarienne, à la place!

Comme j’ai maintenant un billet dans les mains.  Peut-être que je pourrais entrer et jeter un œil.   

Pas le temps…

Une dame, juste à côté, vient d’hériter du billet du vieil homme.  Elle se dirige vers l’imposant système de sécurité et se fait retourner de bord par un agent. Il se retourne juste assez longtemps pour lui dire, avec son seul regard :

Ce n’est pas ton billet! Dégage avant que je te casse la nuque.

Finalement, je m’essayerai pas… J’ai encore besoin de cette chose entre ma tête et mes épaules pour quelques années.

Je ne sais pas si c’est normal, mais la sécurité est complètement démesurée. J’imagine que quand le but du « show » est de commettre de multiples meurtres et autant que possible voir mourir des gens encornés, c’est la moindre des choses de traiter la place comme une scène de crime.

Notre petite escapade dans les environs, fini finalement sur la terrasse d’un bar, attiré par la musique joué par un jeune homme avec sa guitare.  Le tenancier du bar a une stratégie de « crosseur »; Le gars joue une seule « toune » toutes les demi-heures. Comme la marée, sa terrasse se rempli, puis se vide, puis se rempli à nouveau.

Chéri, on prend une bière ici, l’ambiance est fabuleuse.

Dépêche-toi de boire, c’est plate en sacrament icitte!

Oh chéri, un chansonnier! Ça a l’air sympa, on prend l’apéro?

Accélère mon amour, le mec a arrêté de jouer, on s’enmerde!

Å kjære, en låtskriver! Det ser fint ut, tar vi drinken?

Akselerer min kjærlighet, fyren sluttet å spille, vi kjeder oss

…..et ainsi de suite.  Pas de niaisage avec les têteux de bière.  Il veut du roulement!

Moi, il ne m’aura pas avec ses stratégies, parce que j’ai « spotté » quelque chose de pas mal plus intéressant qu’un chanteur. 

Le BOSS vu de dos avec certains de ses disciples.

Dans l’entrée, il y a le chef de la mafia local. Le gars s’est positionné comme un king, assis à deux pouces de la face du chanteur. Pour être certain que tout le monde a compris qu’il contrôlait la place, il bombe le torse, peigne habillement ses cheveux de mafioso et fume ses cigarettes directement dans les narines du guitariste.

Le patron, même s’il lui doit le plus grand respect, lui demande gentiment de se tasser d’un pouce question que son chanteur ne soit pas atteint d’un cancer demain matin. 

Don Chevelura Del Fuego, qui ne prend pas d’ordre de personne!

Il l’envoie simplement chier et continue à agir comme le boss plein de marde qu’il est.

La scène est délicieuse.  Annik et moi sommes assez loin pour savourer le moment et se marrer, sans risquer un tour de bottines de béton au fond du ravin.  Je n’osais évidement pas le filmer, mais je vous assure que si l’émission Omerta était à refaire, il faudrait venir faire du recrutement ici.  Il y a tout ce qui faut;  des faces typiques de vieux bandit bedonnants et moribonds aux jeunes louveteaux qui viennent embrasser les pieds roi de la montagne. Un délice d’observation sociologique

Le tout est bien sure accompagné du vieux serveur boitant aux yeux croches, qui malgré 20 ans de métier n’arrive pas à se rappeler si j’ai commandé, ce que j’ai commandé, et si je suis le gars qui a commandé ce qu’il a dans les mains… Pauvre gars.

Je ne sais pas si son joli visage de génie en herbe lui vient d’un accident de marteau de « dedans la face » ou une petite « tappe » sur le nez avec une pelle, mais en tout cas, je ne l’engagerais pas à la NASA.  C’est ce qui est certain, c’est que son cerveau est en accord avec son regard. Vide!

Le lendemain, on fait le tour de la ville et visite, en particulier le pont appelé le Ponto Nuevo, une merveille d’ingénierie qui semble comme magiquement ancré à ces deux falaises qui sépare la ville en deux.  Il est simplement spectaculaire.  À voir le profond canyon qui donne le vertige, c’est difficile de s’imaginer cette ville avant la construction de cet œuvre gigantesque.  Comment faisait-il pour se visiter, pour commercer? 

Pour avoir une excellente vue, il faut descendre sur un sentier qui longe la paroi verticale du côté est de la ville. On s’entends qu’il y a des centaines, sinon des milliers de personne qui décide d’entreprendre le petit « trek » requis pour s’y rendre. Dans le fait, c’est effectivement le meilleur point de vue, mais c’est déstabilisant de voir à quel point l’endroit est dangereux pour le touriste. 

  • Un simple sentier de terre remplis de trou et entouré de ravins, endroit idéal pour « enfarger » grand-mère, pleurer momentanément, et hériter de sa maison en Toscane.
  • Des points de vue où 50 personnes se chamailles pour prendre une photo juste devant un trou béant donnant sur une mort certaines, et ceci sans le moindre aménagement de sécurité.

Pour ce que ça vaut, je préfère encore le bordel à la sur-organisation comme on l’aime à la SEPAQ.

Dans les prochains jours, on quitte pour le Portugal et j’en profiterai pour faire un texte sur ma liste des choses surprenante et que je ne comprends pas sur l’Espagne. Revenez-nous voir!

Mika survivra pour voir Malaga!

29 et 30 Août 2019

Une mise à jour ce matin. Mika a été malade un bon moment hier soir et est encore fiévreux au levé du jour. Suite à notre randonné en montagne d’hier, on croit qu’il a fait une insolation. On le laisse dormir un moment question de le laisser récupérer.

On a ignoré des millénaires d’expérience pratique, marché au gros soleil pendant des heures au zénith de la journée, pis on se surprend d’une insolation!

On va leur apprendre comment ça marche le soleil aux espagnols!

Essayer donc de profiter du soleil, à place de chialer.  Y a du monde, comme les québécois qui tueraient pour en avoir plus!

Pis, là arrêter de dire que vous êtes mieux.  Combien d’entre vous, aux premiers rayons de juin, s’enfile une douze de Coors Light en bedaine et se réveille le lendemain avec un mal de tête, le corps plus rouge qu’une Supernova et le dessus du nez qui émet plus de rayonnement que le réacteur de Fukushima?

Tard dans la matinée, ont fini par sortir Mika du lit et l’installer dans la voiture en direction Malaga.

Comme représentant officiel d’Opération Minoune depuis 1996, conduire une voiture qui n’a pas 15 ans, c’est déstabilisant. J’aurais assez d’histoire de char merdeux pour vous tenir occuper une soirée complète.

Avec les années, on a eu des autos, qu’il fallait pousser pour reculer. D’autres tellement fini qu’on « shiftait » en tirant sur les tapis sauve-pantalon ou cette fameuse Toyota Corolla 1994 qu’on a amené à la dompe à son 21ieme anniversaire, et dont le coffre ne fermait plus depuis deux ans.

À l’aréna avec la Corolla :
Hey Pat! Ton coffre de char est ouvert dehors. Ça ne me dérange pas, mais il est en train de se remplir de neige.

Ce n’est pas grave j’ai une pelle…

« Anyway », tout à coup, on a un char qui ne boit pas un litre d’huile au 100km, mais en plus, on a une radio Bluetooth, l’équivalent de la découverte de la roue pour nous. C’est évident que Océanne va en abuser et nous faire découvrir de balades « fabuleuses ».

Elle nous fait vivre des moments d’anthologies avec plein de musique « sans instrument » (Du rap), des « tounes » entendues chantées à tue-tête dans le sous-sol chez nous, et bizarrement, on apprend à connaitre ses goûts, parce que les jeunes de nos jours, ils écoutent de la musique presqu’exclusivement dans leurs écouteurs.

À Malaga, nous avons loué une maison en banlieue, à 35 minutes de voiture du Centre-Ville. Après trois nuits, je suis heureux de partir, mais j’y reviens.

À notre première après-midi, et en arrivant, on laisse Mika se reposer, pendant que les filles tentent de trouver un endroit pour se faire faire les ongles.  La vie des gens riche et célèbres.

Moi et Mika, tous les deux à l’appartement, à l’air climatisé…

Je vous niaise, il n’y en a pas!  Voyez-vous, le gentil propriétaire c’est une agace pissette de compétition.  Le gars a installé la tête d’air climatisé à l’intérieur, le système de climatisation, à l’extérieur, mais a décidé que ce ne serait pas inclus dans le prix.  Pourquoi?

4 heures plus tard, elles reviennent les ongles enjolivés. Vous avez bien lu, 4 heures plus tard!

En gros, elles ont dû faire le tour de tous les salons d’ongle de la grande région métropolitaine de Malaga, se sont fait offrir des rendez-vous à Pâques 2020, retrouvé devant des commerces fermés et finalement, après avoir vider la moitié de la « tank à gaz » du char, trouvé un endroit pour obtenir les service attendus.

Annik n’a plus l’air d’avoir travailler dans une mine, c’est bien.  Océanne, a opté pour le kit d’ongle à colonoscopie. Il y a des outils de chirurgies moins longs que ça. Depuis sa « transplantation », elle doit actionner son cellulaire avec sa langue et ses plantes de pieds.

Le lendemain, au levé, on est tellement frais et dispo, qu’on décide de crisser le lit par la fenêtre.  Une autre de ses nuits.  Pas que le matelas est inconfortable, mais les gens d’Airbnb on l’art de vouloir décorer avant d’acheter des meubles de qualités. La base de lit est fait de deux tiges de métal sur lequel on a déposé des « ti-bouttes » de planches.

Tu ne peux pas dormir là-dedans, j’ai l’impression d’être sur le traversier des Iles de la Madelaine durant une tempête. Ce matin, mes dispositions émotives sont idéal pour rétablir la peine de mort au Canada.

Je réveille donc Annik en la poussant en bas du lit.

Bon matin…chéri…. ostie de Tabarnak!

Je pogne le matelas, le sacre à terre, prend gentiment la base de lit avec la douceur d’un chaton Cottonelle et te le « calisse » au vertical sur le mur. À soir, on couche à terre, un point c’est toute! Je ne peux pas croire que le plancher en béton va bouger, non?

Bonne nouvelle, Mika est remis de ses émotions systémiques digestive. On « s’enligne » pour une visite de Malaga. La ville est en bord de mer et est apparemment l’une des premières villes d’Espagne à avoir poussé le principe du tourisme de masse dans les années 70.  Vous savez ce que je pense de ça!  Visiter Venise en file indienne pogné entres les boules d’une bonne sœur et le gras de dos d’un américain suintant, j’adore!

En tout cas, à la fin août, j’admets que ce n’est pas trop mal.

Les trotinettes de Lime à Malaga

Le plan de la journée c’est qu’on va faire le tour de la ville en trottinette électrique. La génération de nos enfants, ce n’est pas facile à garder heureux.  Ils sont terrorisés à l’idée de devoir marcher sans but précis. Regarder un immeuble historique ou déambuler dans une ville pour la première fois, c’est pire que de fumer ses propres yeux aux couteaux.

Je sais que c’est arrivé dans plein de ville du monde, mais pour nous, c’est une première expérience.  Un peu partout des centaines de trottinettes électriques sont déposés partout autour de Malaga pour une utilisation en libre-service. Il y au moins 5 ou 6 compagnies qui tentent de dominer le marché local, donc « l’infame Uber »

J’avais lu sur le sujet et je m’attendais à une hécatombe; des jeunes fauchant les grand-mères pour le plaisir, des rues devenues aussi dangereuses que des pistes de Nascar et bien sûr des montagnes de trottinettes empilées devant chaque lieu touristique.

Il n’y a rien de ça, en tout cas à Malaga.  C’est évident que c’est un ajustement, mais en général, ça a l’air de bien se passer.  Par exemple, c’est bidule sont équipées d’un GPS, ce qui fait que quand tu roule sur les pistes cyclables, tu peux atteindre 25km/h, mais aussitôt que tu arrives dans certaines zones sensibles, la trottinette se bloque à 10km/h.

On descend la piste cyclable le long de la plage et se rend en ville.  On est partie de si loin que ça ne nous prend pas loin d’une heure pour arriver dans le quartier historique.  Les enfants adorent.  Devant la Cathédrale de l’Incarnation de Malaga on « libère » nos trottinettes et entreprends de marcher la ville à pieds. 

La cathédrale est le lieu d’un débat particulier.  Celle-ci a seulement un grand clocher mais sur les plan originaux, elle aurait dû en avoir deux. Faute d’argent, celui-ci n’a jamais été construit. 

Des siècles plus tard, les autorités ont suggéré de la « terminer » en y ajoutant cette partie.  Si vous pensez que le débat du deuxième lien est houleux, ce sujet déchaîne apparemment les passions.  Pour les tenants, c’est seulement logique de terminer l’œuvre.  Pour les autres, y rajouter le fameux clocher, c’est enlevé sa particularité à ce monument, puisque cette asymétrie est unique.

Les enfants sont fascinés par cette histoire, tellement qu’ils sont en train de magasiné un T-Shirt…

Qu’est-ce que j’ai faits pour avoir des incultes de même. Va vraiment falloir que je les oublies au centre d’achat à moment donné!

On commence notre petite tournée dans les alentours du Colisée Romain.  J’adore cette histoire, mais celui-ci qui a seulement été découvert, par hasard dans les années 50, sous un bâtiment gouvernemental.  « Drette-là » sous vos pieds.

Les abords du Colisée Romain à Malaga

On marche une bonne partie de l’après-midi.  La quantité de café, de restaurants dans des villes comme-celle-ci est ahurissante.  Dans chaque avenue, ruelle et avenue, tu peux te soûler la gueule, te relever, marcher dix pas, boire un café pour te remettre sur le « piton » et recommencer.

De retour en soirée à notre petite maison de banlieue, on commence à découvrir que le gars qui a construit ça n’aurait pas gagné la finale de la maison Rona.

J’ai beaucoup à dire sur la maison. À première vue, et surtout à travers ces photos, la maison a l’air moderne; nouvelle céramique, meubles contemporains et douche grandiose.  Tout est bien là, mais la maison c’est du « fake ».  C’est comme les chirurgies plastiques de Cher. Ça a l’air « ben beau » de loin, mais quand tu t’approches, ou malheur quand tu y touches, ce qui est en dessous ressemble plus à un vieux raisin sec qui a passé un millénaire dans une tombe égyptienne.

Pour aujourd’hui, je m’arrêterai à la cour extérieure et à sa « magnifique piscine ». J’admet qu’on avait été conquis par l’idée sur Airbnb, mais maintenant que je l’ai vu, je n’y déposerais même pas le chat mort de mon pire ennemi.

D’abord, la piscine a un système de filtrage qui ne fonctionne pas. À 40 degrés au soleil, même un centre de recherche sur l’Ébola est moins dangereux que l’eau qui se trouve là-dedans. Quand tu regardes l’eau couleur café au lait, tu peux bien voir que le fond est plus attirant pour les sangsues que pour les pieds humains. Parlons maintenant du « deck ». Dans l’histoire d’une surface « pas droite » construite par l’humain, il est certainement dans le top 10.  La qualité de la finition est simplement paniquante. Impossible d’y mettre le pieds sans rouler en bas, ou tomber entre deux planches. 

Une piscine rafistolé a grand coup de Duck Tape,

Question de se rafraichir en soirée, on boit quelques bières sur « la terrasse » garochée dans le coin de la cour, deux palettes, des coussins, le tour est joué.  Les enfants, eux, passe des heures sur internet à s’informer sur l’histoire de la ville et des choses à faire dans la région.

Annik confortablement assise sur une palette.

Je vous naise! Ils sont comme les vôtres, ils préfèrent regarder des vidéos de gars qui fume du tabasco ou de fille qui parle des ravages de leur vaginite à levure au monde entier. Tellement pertinent!

« Grausticölicdetebarnaq Dsal » (une randonnée qui a du piquant)

Torvizcón

26 et 27 Août 2019

Au matin, avant de partir du Camping Don Cactus, nous profitons de la piscine qu’on a décidé d’appeler « Le Ground Zero de la conjonctivite ».

Les plus vieux sont de retour à l’école et seul les jeunes d’âge préscolaire sont encore bien présents pour vider leurs vessies dans l’eau déjà laiteuse de l’endroit. (…)  Annik, spécialiste de la piscine, me dit de ne pas m’inquiétiez parce que la quantité de chlore dans la piscine a le même effet que de se sacrer la tête dans un geyser à Yellowstone.  On devrait plus avoir de bronzage dans 10 minutes. 

La pièce de résistance, cependant, c’est l’aménagement paysager et conceptuel.  C’est l’émission Strangest Things et les démons Gorgons avant leur temps.  Moi, je pense que le concepteur était sur la brosse, s’est endormi la tête sur sa table à dessin, et au réveille il avait laissé une grosse tache de bave sur son papier. Regardant la chose, et sachant que sa présentation était dans 30 minute, il a retracé le contour de la flaque de bave, lui a dessiné deux yeux et a écrit le mot piscine à côté.

Il a un gars qui se pinçait quand le concept a été accepté…

Après un retour à Torvizcón, la bonne journée cette fois, on décide de prendre la journée off, d’aller se baigner à la piscine municipale et de rien faire finalement.

Le lendemain, je tenais absolument à faire vivre l’emballante frénésie d’une randonnée vigoureuse en montagne. Leur réaction.

Océanne
Fuck that! On n’aura jamais de likes sur Instagram avec une montagne.

Mika
C’est tu long une randonnée?

L’affaire avec la randonnée, c’est qu’il faut trouver le bon équilibre entre l’effort et le plaisir.  Océanne veux des « shots épiques » pour SnapChat et Instagram, mais il ne faudrait pas que ça soit trop forçant. 

Mika, ce n’est pas compliqué, Il s’en « Sacre ben raide ».

C’est quoi l’émotion qui faut que je ressente exactement?

Mika Goupil

Quand t’a joué a Fornite « 14 heures » par jours durant l’été, une randonnée en montagne c’est aussi trillant que de magasiner des fleurs séchées au salon des métiers d’art.

Une fois partie, cependant, nos deux copains sont quand même des « Troopers » et monte sans trop nous faire chier. 😉

Annik elle, ne déteste pas faire les randonnés, mais la force légendaire de ses chevilles demande l’intervention SNC Lavalin pour l’installation de protection anti-foulure de qualité.

Les carte sur internet ne sont pas toujours trop clair sur ce qui est possible de trouver comme sentier dans la région.  Mon premier choix n’est pas un chemin de randonnée pantoute. En arrivant, on trouve plutôt un espace de stationnement, devant un immeuble au milieu de nulle part rempli de coquilles d’amande vide.  C’est la saison de la récolte, et tout le monde à l’air de se chercher un spot pour se débarrasser des tonnes de « pelure poilu » d’amande à quelque part. 

« Les pelures » d’amandes

Je décide d’utiliser une stratégie plus gagnante. Si je monte dans le village le plus reculé possible, on peut peut-être trouver le début d’un sentier.  On choisit le village de Notaez

Là, il faut que je vous dise quelque chose sur les villages de montagne de la Sierra Nevada.  On est rendu à probablement notre dixième, et on est loin des trous qu’on trouve dans le nord de l’Ontario.  Vous savez, le genre de place où l’attraction principale est la botte de foin centenaire que le maire a « zigné » durant le dernier festival de la mouche noire. 

Ici, c’est simplement hallucinant. Les villages sont MAGNIFIQUE. Même pour les plus reculés les maisons sont bien entretenues; peinture blanche immaculée, jardinière de succulentes et autres plantes fleuris sur chaque façade et bien sûr… les chiens qui chient partout.

Une randonné dans le village de Notaez

Deux constantes en village de montagne :

Constante 1
T’ouvre la porte, ton chien sort, se promène dans tous ces petits chemins bétonnés de villages, et lâche un beau gros « tat » directement dans la rue.  Personne ne ramasse ça évidement, parce que l’expectative est qu’à la prochaine pluie, le tout dévalera les rues escarpées et se retrouvera dans les jardins de ceux qui habite le bas du village.

Constante 2
Ça ne te dérange pas que ton chien chie dans la rue, mais t’aime pas ça qu’il pisse dans ton entrés de maison. Selon la légende. quand tu places une bouteille d’eau pleine devant ta porte, les chiens et chats sont terrorisés par les reflets de l’eau…

Tu te promènes dans n’importe quel village et tu verras que les gens y croient.

Difficile d’y croire mais les chiens auraient peur de cette bouteille!

De retour à notre randonné.  On traverse le village, atteint le bout et accède finalement à une p’tite route bétonnée qui monte en flèche vers des « vergers ». C’est malade, parce qu’on ramasse des figues directement dans les arbres pour les manger avec la pelure.  Chaude et mure, c’est presque comme manger une cuillerée de confiture.  On tente la même chose avec les olives, pis c’est d’la marde.  C’est pas mangeable une olive verte.

Wow, le retour à la terre…

La route est escarpée, on rencontre les mêmes plantes avec qu’elle j’ai fait connaissance la semaine dernière.  Une nouvelle plante fait cependant son apparition. Elle est munie de grandes tiges mauves avec des piquants à tête chercheuse. Je la nomme, à la demande générale, Kelsalop.

Au moment de la contourner, tu plie la tige doucement pour l’écarter du chemin.  Elle tient en place, mais attends simplement la prochaine cible. Au moment où la personne suivante passe derrière, elle émet un cri sauvage en te « swigne » ces épines colériques dans les tibias.  C’est l’équivalent évolutif de la vengeance sanguinaire.

On monte une bonne heure trente sous le soleil très, très fort, passe dans un chemin, qui par moment ressemble plus à un canyon.  L’eau, durant les orages, cherchant le chemin le plus court, creuse ses canaux directement dans le sentier. 

Généralement, pour une randonnée, l’apogée est un superbe sommet surplombant les lieux environnement.  Pour nous autres, c’était une route en asphalte.  « That’s it ! »  Une route en asphalte!  Tant qu’à y être, on s’y attarde, caresse le bitume, prends des photos, l’embrasse.  Quel beau moment!

Sur les hauteurs, on contemple la descente qu’on devra inévitablement reprendre. Un chien, avec une cloche au cou se dirige vers nous sur la route.  Il est équipé d’une muselière qu’il lui donne des airs de Mad Max.  Derrière lui, un homme dans la soixantaine s’arrête devant une barrière en bord de route.  Il jette son regard alternativement entre nous et la vallée.  On se sent observé. 

Est-il propriétaire du terrain? Nous empêchera-t-il de descendre par le sentier pour le retour.  On s’inquiète. Le sentier donne directement vers Novea, mais la route prend un détour par les routes de montagne du Kashmir avant de revenir sur le village.

Finalement on comprend. C’est un berger. 

Il descend sur la piste ci-bas et apparaît soudainement avec une centaine de brebis suivi d’un bouc. L’hommes les observe, s’assure que tout va bien et il attend. 

Dans les catégories des jobs plates

En troisième position
Le « flag man » en Espagne. Il fait chaud et t’es habillé comme si tu devais éteindre un incendie au cœur d’une centrale nucléaire.

En deuxième position
 Le « Lifegard ». Ce n’est pas comme dans alerte à Malibu. L’évènement du mois; un gars a échappé sa liqueur sur son costume de bain… Attendez pas la suite, c’est la fin de l’histoire.

C’est ce genre de « trill » que tu t’achète avec tes cours de nage du dimanche!

Et en première position;
Le berger, lui s’assure que les roches n’ont pas changé de place, que ses brebis « brebise », que le chien, « chien ».

Le seul moyen de survire à l’intense platitude c’est de t’imaginer que le troupeau est dans une émission d’Occupation Double.

Biquette se sauve du bouc la larme à l’œil…une autre peine d’amour!

T’était mon coup de cœur! Je viens de te voir « fourrer » dans les bosquets. Comment t’a pu?

On décide de se réengager dans le sentier.  Les bêtes mangent de part et d’autre. 

En ce qui concerne notre niveau de connaissance sur les chèvres, c’est pas mal « NADA ! ».  Si on tente de passer à travers leur passage, est-ce qu’elles vont nous charger, nous brouter les chevilles, ou même pire, nous parler ? (Ça, ça ferait peur),

Je fais des signes au berger, tentant de lui demander; Si on passe, est-ce que tu penses qu’on se fera piétiner?  

Sa réponse?…

Qu’est-ce que vous attendez, c’est des chèvres!  C’est cave que le sacrement une chèvre, elles vont juste vous regarder bande d’idiot!

En effets, à notre approche, elle nous ignore et/ou se déplace pour nous laisser passer.

Pour la première fois depuis le début de blogue, c’est la vraie vérité, parole de Denis Lévesque. Quand on passe dans le milieu d’un troupeau, ça sent le fromage de chèvre!

Au retour, on descend avec beaucoup d’attention pour éviter les blessures.  Annik fini par se planter, et tombe les mains directement dans un bosquet d’épine. Celui-là, on vient de le renommer Grausticölicdetebarnaq Desal (C’est une espèce finlandaise)

Il faudra attendre en soirée pour que je lui passe les mains au peigne fin pour lui enlever toutes les petites épines impossibles à enlever manuellement. 

À un moment, je me mets les pieds dans un « nid à pic », et mes bas, comme un aimant attrappe des dizaines de petites épines.  Je me penche pour « vider » mes bas et je m’assoie directement dans une talle de « rosier ».  C’est la vie.

De retour dans la voiture, on redescend vers la rivière asséchée.  Il faut le voir pour le croire, mais cette route bien qu’elle soit asphaltée est aussi large qu’une piste cyclable et est un véritable spaghetti simplement accroché entre deux sommets. C’est la pire route rencontrée jusqu’à maintenant. 

De retour à Torvizcón, une petite saucette à la piscine avant d’arrêter à l’épicerie qui a l’air des installations du chef Groleau au meilleurs moments de sa vie.  Rien à faire, mais on ne sait pas quoi acheté, tellement c’est pas appétissant. Il y a un réfrigérateur rempli de pilons de poulet pêle-mêle qui muri dans le même jus que les filets de morues.  On conclut que manger une boîte de carton, sera plus prudent.

Notre maison à Notaez

Ce soir et de retour à notre appartement, nous avons parti un compteur très spécial. Celui-ci consiste à compter le nombre d’épisodes de vomi que nous aurons à gérer dans les douze prochains mois.

Nous sommes à un.

L’heureux chanceux de l’ouverture des comptes « vomi 2019-2019 around the world » est sans surprise; Mika.

Il est connu comme l’homme au transit intestinal bidirectionnel pulsée.  Quand il vomi l’accélérateur de particule à Genève se dérègle, tellement le son qu’il émet est terrifiant.  Une petite gorgée d’eau louche et des restants de poulet pas frais, et le Bozon de Higgs n’aurait peut-être pas été découvert. (Officiellement ma blague la plus techno-intello du blog)  

Si le passé est garant du futur, Mika sera au tableau d’honneur en fin de voyage.

Ce soir, sur le balcon, Annik « épluche » les amandes cueillis ce matin en bord de rue. On s’arrête une dernière fois pour écouter le silence dans la montagne avant notre départ de demain. Soudainement un joyeux luron décide de faire jouer « We are the World » en boucle au bas de la ville.  Une, deux, trois, quatre et cinq fois.  Ça nous rappelle un certain party d’Halloween.  On est un peu avec vous en ce moment!

Torvizcón, la nuit tombé!
Mes explications sur la piscine de Strangest Things.
Un vidéo de promotion de Notaez disponible sur YouTube

Ferme ta gueule Peter! (Ou visite de la Sierra Nevada)

23 et 24 Août 2019

Nous quittons avec délice notre petite chambre aux lits qui craque et décide de se diriger au moins pour 4 nuits dans la Sierra Nevada, la chaine de montagne qui s’appuie sur Grenade, et tout d’un bloc, descend dans la méditerranée au sud. 

Suite aux recommandations de Calle et de Bella du Camping Del Quinto, nous entendons visiter quelques villages perchés dans la montagne. On quitte la ville après avoir sortie notre Peugeot des entrailles de Grenade et se dirige vers l’autoroute.  Celle-ci est pour la première fois bondée, et la vitesse ne peut pas facilement atteindre les 120 km/h permise ici.  En temps normal, vous roulerez facilement autour de 135 km/h sur l’autopista.  Nous sommes en direction du sud-ouest, puisque nous devons contourner les sommets du massif, puis remonter dans la Sierra Nevada vers Órgiva pour deux nuits. 

Comme nous ne pouvons prendre possession de l’appartement qu’après 2 heures, on décide de monter, vers les hauteurs du massif, dans un village fantastique appelé Capileira.

Le village est super, il n’y a pas de doute, mais l’histoire à raconter c’est la route pour s’y rendre.  Il y a de quoi rendre n’importe qu’elle spécialiste de la sécurité routière fou à lier.  La route est très abrupte, et hyper sinueuse. Évidemment, étant en montagne, on y retrouve les inévitables falaises où Annik tient tellement fort ses appuie-bras, que le pare-brise explose. Ça tourne et tourne et tourne encore, et malgré la qualité de la route, Mika doit gober des Gravols à la pelle question de ne pas nous présenter le contenu de son appareil digestif. Les voitures roulent prudemment parce que les garde-fous sont disposés n’importe où. 

Une courbe devant une falaise? 
Ne mets-en pas, il y a déjà un robuste buisson qui peut arrêter une semi-remorque à pleine vitesse.

Ohhh, regarde, la route donne directement sur ce canyon! 
Oublie le garde-fou, il faut s’en garder assez pour le long bout droit devant la maison là-bas.

J’ai beau tenter de trouver une logique, je n’en trouve pas.

Lentement, mais surement on passe de village en village, tous superbes; Pampaneira, Bubión et finalement Capileira. Des maisons en petite pierre peinte en blanc, chaleur oblige.  Beaucoup de touristes s’entassent tous dans les même trois rues, quand c’est si simple de marcher plus loin dans les villages pour voir les choses comme elles le sont réellement.

Il y a vraiment des gens qui habitent ses endroits. Les voitures ont une certaine place, mais beaucoup ne peut être fait qu’à pieds.  J’y observe une vielle dame « escaladant » les différentes rues de cette ville construit dans la montagne.  Elle revient avec des bouteilles d’eau recueilli à la fontaine du quartier. Apparemment, beaucoup de maison n’ont pas accès à l’eau potable. 

Une des fameuses et nombreuses fontaine publique dans les villages. Ici a Capileira

À un autre endroit, dans une maison à trois étages; le premier niveau est peuplé d’animaux de la ferme qui se trouve directement sous le plancher de la famille vivant au-dessus.

Ça sent la marde chérie! T’as-tu tiré la chasse d’eau?

Oui pourtant! Je ne comprends pas pourquoi ça sent toujours la chiotte chez nous!

J’arpente lentement le village et trouve l’endroit fascinant.  Même si les rue ont été parcouru depuis possiblement des siècles, j’ai l’impression d’avoir le privilège de découvrir des petits passages entres les maisons, des escaliers dissimulés que personne n’a jamais visité avant moi. J’adore cette sensation.

De retour à l’appartement d’Órgiva, on fait la rencontre du propriétaire. C’est un gentil monsieur, qui une fois la bouche ouverte, ne sais plus comment la refermer. Comme il est anglais, je fais l’erreur de lui poser une question sur le Brexit. 

La réponse, malheureusement, ne se limitera pas à ce sujet. Annik et moi, au moment où les enfants peuvent faire semblant de ne rien comprendre, sommes aux prises avec un monologue d’une heure. 

J’espère qu’il va avoir fini avant notre avion, fin septembre à Madrid…

Des questions aussi importantes comme les raisons pour lequel il y a un moulin à vent sur hauteurs de Jérusalem ou, encore plus fascinant, est-ce que la lasagne peut être un animal de compagnie, ou l’incontournable, comment font les ornithorynques pour se gratter le derrière sous l’eau. 

Misère…  Si j’avais pu me coller des images de yeux ouvert dans mes lunettes, j’aurais au moins pu faire un petit somme à l’apogée de sa présentation Powerpoint sur sa collection de polype de vessie d’animaux aquatique.

Si on avait réellement trouvé projecteur dans la pièce, il nous aurait certainement présenter son histoire familiale depuis le Big Bang.

Malheureusement, j’ai cette mauvaise habitude, parfois par simple politesse, de poser des questions qui ne font qu’allonger une conversation.  Ce n’est pas comme si j’essayais de convaincre le gars de me donner sa fille en mariage. Si je pouvais fermer ma boîte j’éviterais de douloureuse histoire sans fin, comme celle sur cette fameuse partie de pêche avec son ami nain qui était finalement juste un gars à genoux.

J’ai juste besoin de tes clefs SVP !!!

Océanne fait à déjeuner à notre maison d’Orgiva.

De cette longue et pénible « conversation », cependant, nous avons pu apprendre une information cruciale pour le bonheur des enfants.

Ce soir, au bout du village, ce tient une soirée avec DJ où tous les jeunes locaux et touristes devraient se rejoindre.  Océanne a l’intention de compléter l’éducation de son frère en ce qui concerne les party!

Ils vont donc, avec un peu de notre aide, acquérir des breuvages enivrants pour se préparer à la fête.  Vers 19:00, ils se versent déjà des drinks pour se réchauffer avant la soirée. 

Tu pense que ça commence à quel heure ce party-là Océanne?

Je ne sais pas, 8 heures?

Yooohooo!  Ils dinent à 4 heures, soupent au minimum à 10.  Si tu vois du monde au party avant minuit, c’est que quelqu’un a perdu sa montre. Je ne pense pas que ça commence à 8h00 cette affaire-là. 

À la vitesse que vous videz vos verres, ça s’pourrait que le Capitaine Morgan vous pousse la tête dans bol avant 10 heures.  Prenez ça cool!

En attendant, je leur suggère de partir en voiture, pour aller voir l’emplacement

Peter, entre ses explications sur l’accouplement des écrevisses et sur la meilleure manière de repêcher une saucisse à hotdog dans un verre de lait, nous a vaguement indiqué où le party devait se tenir.  Comment un gars aussi volubile, peut-il donner des explications aussi vagues?

Continuer sur la rue devant pendant deux kilomètres en ligne droite, puis tourner à gauche et vous verrez un terrain pour le party de ce soir. 

Fort de cette information, on saute dans l’auto se disant que deux kilomètres ça se fait mieux en char.  Dans la réalité, ses explications étaient probablement comme tout le reste; du gros n’importe quoi!

On n’a pas fait deux coins de rue que la fameuse ligne droite sur 2 kilomètres prend fin. On tourne à droite et à gauche et encore à droite, et avant longtemps, on quitte les limites du village et s’engouffre dans la plus minable et sinueuse route de montagne de la planète. On se dit que c’est logique.  Woodstock en Beauce, ils ne font pas ça au centre-ville, ça ne serait pas gérable.

Rapidement des balloune apparaissent attaché à un arbre, puis à une clôture comme pour nous rassurer sur la direction. On commence à avoir des doutes, quand une meute de chiens jappant se mets à courir à côté de la voiture, qu’un homme dans son verger nous regarde avec l’œil inquiet et qu’on frappe notre premier cul de sac. S’en suit une chasse au trésor sur des chemins alternatifs qui mènent tous à d’autre routes sans issue.  D’une barrière fermée à l’autre, on prend acte, n’y a pas de party icitte.

Sacrament Peter! T’es capable de me nommer 327 sortes de tons de brun par cœur, et t’es pas capable de donner une direction pour un party à deux coins de chez vous.  Si t’a guidé l’ambulancier en route vers l’hôpital, ta femme a surement accouché dans un Burger King!

On retourne au village.

Dans notre logique, ça ne nous est même pas passé par l’esprit qu’ils feraient ça directement à l’intérieur des murs de la ville.  Un party du samedi soir, la musique dans le fond jusqu’à 5 heures du matin, ça à l’air que c’est normal a Órgiva.

Le site est juste là, à environ 500 mètres de notre appartement.  La scène est époustouflante. Tu ne pourrais jamais voir ça au Québec. Comment est-ce possible qu’on tienne ça ici, en plein centre du vilage?

La scène est savamment disposée sur la pointe de cette place en béton, tout puissance sonore orienté vers la ville. Ça ne serait pas si pire le parc n’était pas littéralement et complétement aux portes de celle-ci. Une grande muraille d’habitation circonscrit tout le périmètre du parc, avec une zone tampon « d’un immense » 25 pieds.  Tout ce qui sépare les 100,000 watts du DJ de la populace, c’est une rue, genre large comme une piste cyclable.

Te vla ti pas avec un Rave dans ta chambre à coucher!

Évidemment, on ne parle pas d’un spectacle de Fernand Gignac, mais d’une affaire qui ta garoche de la basse dans les oreilles jusqu’à la commotion.  Il n’y aura pas de chaise berçante ici ce soir, juste une horde de jeunes crinqués, les poches pleines de capotes. Tout le monde sait que quelques centaines d’ados à la même place, c’est le calme d’une volière de papillon. 

M. l’agent, il y a un jeune ados qui pisse sur mon balcon.

Ne vous en faites pas, c’est la période de rut à Órgiva.  Ce sera fini à 5 heures du matin.

5 heures du matin !!!!!

Même un party de tricot dans mon quartier qui finit à cette heure-là me dérangerait!

Eh c’est la que je trouve les différences culturelles fascinante.  Comment est-ce possible d’être aussi libéral avec l’espace publique?

Non, seulement, ils détruisent les tympans des gens légalement, mais la police, forte de ses effectifs sur place, encourage le DJ à monter le son au beau milieu de la nuit, pour que les jeunes embarquent!  Wow!

Tout cela étant maintenant décrit, ce que nos adolescents ont fait cette nuit ne nous appartient pas.  Eux seul savent ce qu’il y ont fait, mais à part boire quelques verres, pisser derrière les arbres et s’amuser, je reste confiant qu’ils ont été les gentilles pestes qu’ils sont toujours.

Au matin, il y a deux jeunes qui cure leur vin un ti-peu. On est tous fatigué de nos derniers jours et décide de passer la journée à l’appartement   On y trouve une grande terrasse où Annik se fait griller en attendant que la laveuse, grosse comme un grille-pain, lave une paire de bobette à la fois

Notre terrasse d’Orgiva avec vue sur la Sierra Nevada

La vue est enivrante. On peut observer les montagnes de la Sierra Nevada, les hirondelles plongeant autour du clocher et les chauffe-souris se sortir le nez au coucher du soleil. Vous savez ce qu’on peut également observer de notre terrasse, directement l’autre côté de la rue?

Le bureau du bien-être social espagnol!  Après notre maison dans saint Pie-X, c’est ce qui se rapproche le plus de notre bonne vielle vie de quartier. 

Home Sweet Home!

Bureau du bien-être social à Orgiva
Un vidéo promotionnel pour la région.

Grenade, perle de l’Andalousie (On dort pas ici non plus)

21 au 23 août 2019

Je sais que vous êtes probablement hors de vous seulement à l’idée de m’entendre parler de notre dernière nuit.

Est-ce qu’ils ont bien dormi les petits enfants ?

Quand tu te cherches des aubaines dans une ville comme Grenade, ça reste une bonne question ! Parce que nos choix sont souvent guidés par le prix, les surprises sont nombreuses.

L’hôtel en question est une espèce d’Auberge de Jeunesse. Le bâtiment est divisé en petites sections, chacune avec sa chambre de bain, douche et cuisine commune. Plusieurs chambres, avec 6 lits, se greffe autour. Nous avons l’accès exclusif à un de ses espace qui contient 3 lits à deux-étages, une table à café et un tabouret. À part te coucher il n’y a rien à faire ici.

On s’essaye pour la première nuit, et deux d’entre-nous osent se coucher au deuxième étage ; mauvaise idée ! Ces lits-là, surtout la partie du deuxième étage ont de la vie, et ont mangé beaucoup trop de coup de hanche. On s’entend qu’à l’entrée, il n’y a pas une balance pour vérifier si votre masse «  lipideuse » est excessif pour les structures en question. Ben c’est ça ! Il y a beaucoup trop de ti-gros et swingers du dimanche qui ont abusé des pauvres petites membrures d’acier de ses lits. Maintenant, par le seul fait de penser à respirer, le lit plie en deux et émets dans des fréquences encore inconnues de la science qui s’apparentant aux sons entendus lorsque le Titanic a frappé un iceberg en 1917. C’est l’horreur. Comme c’est le confort total…tu passes ton temps à changer de position ce qui rend tout le monde complétement supra-dingue. Moins tu dort, plus tu bouges, plus tu réveilles le voisin, qui puisse qu’il ne dort pas, bouge…et ainsi de suite. Annik se réveille avec une «  écoeurite aiguë »

«  J’ai n’ai pas vraiment dormi depuis une semaine, j’suis tanné ».

Il n’y a pas à dire, on se fait vieux.

On a tenté le coup, mais tout le monde devra se coucher au premier dès demain, et comme il y a seulement trois lits, le dernier matelas se retrouvera au sol, fin de l’histoire.

Port du Palacio de la Madraza

Au matin, on tente de se reconstituer une motivation et entreprend la journée avec un petit déjeuner dans une des cuisines les plus mal conçus de l’univers. Pour accéder à l’évier, vous devez déplacer la table, faire lever trois personnes et déplacer le frigo sur le toit de l’immeuble. C’est tellement ridicule.

Quand seule notre famille est autour de la table, ça va encore, mais quand t’a un couple de Polonais dans la cuisine, la gestion de l’espace atteint un niveau qui dépasse les limites des mathématiques modernes.

Notre auberge est située dans le quartier gai, au centre de la vielle ville. Tout ce fait à pied d’ici. Aux points de vue de l’organisation des rues, cette ville est un véritable labyrinthe. Ça va du boulevard à 4 voix, à l’allée la plus exiguë inimaginable. Une chose est certaine, si vous n’avez pas le sens de l’orientation et êtes sans carte, vous avez des chances de coucher dans la rue.

Dans certaines allées piétonnières, il faut parfois passer presque de côté ou en voiture plier les miroirs pour passer dans certaines rues. Lors de notre arrivée à Grenade, notre GPS à bord de l’auto était tellement mélangé, qu’il nous a fait faire des détours dans des rues assez étroites pour nous faire crier.

Ça rentre pas là !

Il faut dire, qu’avec une ville si compacte, les signaux GPS sont épouvantablement imprécis. Conduire ici pour la première fois ici est incroyablement compliqué. Pour un nord-américain, c’est vraiment déstabilisant. Chaque fois qu’on roule et qu’on se retrouve dans un passage de largeur douteuse, on se demande immédiatement si on a le droit d’être ici. La réponse est toujours oui, mais je vous assure, à première vue, ça ne coule pas de source.

Une ville comme ça a des problèmes difficiles à gérer dans le monde moderne ; livraison, gestion des déchets, évacuation des égout et de l’eau et j’en passe. Je suis certain qu’ils ont pensé niveler tout ça, repartir à zéro et recopier le schéma urbain d’endroit fabuleux comme le Boulevard Kennedy à Lévis, ou le paradis des piétons qu’est le Boulevard Hamel. Cependant, ils ont cru valable de ne pas sacrer à terre des monuments centenaires et des places publiques presque millénaire se disant que si ça avait marché aussi longtemps, peut-être que le vrai problème ce n’est pas la ville elle-même, mais les putains de chars.

À l’évidence, les camions n’ont pas accès à tous les recoins d’une ville où chaque rue a ses commerces. J’admire les livreurs qui doivent se trouver une place de stationnement temporaire entre deux craques de mur, pour ensuite transporter avec un diable, des boites dans des allées éloignées pour ce faire dire

J’ai jamais commandé ça!

Une cour privé quelque part à Grenade

La question du stationnement est une plaie. Nous sommes heureux d’habiter en ville puisque nous sommes à proximité de tout. Cependant, parce qu’il y a des épais comme nous avec leurs «  chars », de gentils hommes d’affaire on construit des stationnements sous des immeubles existants dans le but principal de te faire cracher ton cash! C’est une affaire de gros sous. Sans la passe mensuelle, il en coûte au bas mot 25 Euros (40$) par jour pour stationner ta voiture. Ils ont aussi un système très avancé pour te soutirer l’ensemble de la somme dans les 15 secondes de ton arrivée, du genre, 4 euros la minutes jusqu’à concurrence de 25$ euros. Avec les espaces minuscules disponibles, je n’ai même pas fini de «  virailler » à tenter de me stationner, que j’ai déjà atteint le maximum pour la journée. Nous qui croyions avoir eu le deal du siècle avec notre chambre (130$ pour trois jours !), vla ti pas qu’on s’enligne pour le même montant juste pour le parking.

Je reviens au stationnement souterrain parce qu’ils sont surréalistes. Bâtis sous d’énormes bâtiments, la structure des stationnements est super robuste, ce qui fait qu’il y a énormément de pilier. C’est tellement ridicule. Tu fais le tour d’un parking, et en plein centre de la voie apparait une poutre, puis une autre, tous placé si bizarrement qu’on se demande ce qui s’est passé. C’est comme s’ils avaient construit le stationnement, puis l’ingénieur avait déclaré.

Ça va tomber cette affaire-là !

Rajouter des poutres dans le milieu de l’espace libre ici, et là ! Notre Peugeot Rifter, que je décrirais comme une grosse voiture pour les standards d’ici, ne nous aide pas tellement. Je rêve de voir un F-350 entrer par erreur là-dedans. Une fois entré, le seul moyen de ressortir, est de démonter le véhicule à la torche et d’en sortir les morceaux dans des sacs.

Aujourd’hui et demain, on se tapera des simples tours de ville à la marche ; on vagabonde d’un endroit à l’autre, visite des places publiques, marche pendant des heures, se perdant et se retrouvant tour à tour à travers cette ville fabuleuse. Superbes églises et cathédrales, bâtiments richement décorés par milliers et une vie de rue absolument sans pareil. Évidement, à part quelques commerces dans les zones touristiques, tout ferme durant l’après-midi. C’est extraordinaire de voir la transformation dans le rythme de vie. Tous les rideaux de fer de commerces s’ouvrent en fin de matinée et se ferme autour de 2 heures. D’un coup, la ville s’endort en plein jour. Les rues se vident. La vie reprend entre 5 et 6 heures, ou même vers 8 ou 9 heures pour les restos, eux qui ferment parfois plus tard en après-midi. Les mêmes rideaux s’ouvrent à nouveau en soirée, les gens inondent les rues, font des achats, s’assoit aux pieds d’un arbre, ou dans une de ces places ou les gens se rencontre. Les enfants, cours et joue comme sur un terrain de banlieue. Cette animation durera jusqu’à tôt dans la nuit au moment où les gens retourne se coucher, dans des appartements, qui ne sont certainement pas tous climatisé.

Comme Grenade est au pas de la Sierra Nevada, la chaine de montagne la plus haute d’Espagne continental, le terrain est hyper escarpé. La ville est une succession de pentes abruptes où on peut circuler en voiture, mais ou on peut clairement voir que les routes étaient avant tout piétonnières. Ça rend la marche vraiment éreintante, surtout sous le soleil d’août.

Un petit musée d’art contemporain visité à Grenade. On a préféré l’escalier à l’exposition

Vendredi soir, avant de quitter demain, on se paye notre toute première bouffe au restaurant, question de rester dans nos budgets. Le resto est super. On déguste des spécialités repensées de la région, ce qui inclue de la queue de bœuf, qui n’est pas sans nous faire penser au goût d’un rôti de palette cuit pendant des heures.

Durant ses deux jours, nous serons charmés par la ville, son histoire et ses racines. Des périodes romaines, en passant par les périodes plus récentes, jusqu’aux dynasties musulmanes qui dominèrent la région pendant des siècles. C’est une ville à découvrir.

Aguilas et l’adaptation à la vie Espagnol – Prise 2

18 et 19 Août 2019

Notre dernier voyage, j’adorais écrire tous les jours, mais il s’avère que c’est extrêmement exigeant et je n’ai pas nécessairement le goût de me donner cette contrainte. En dehors des activités de voyages et de vie sur la route, écrire prend tout mon temps libre.  J’ai décidé de me simplifier la vie et d’écrire des textes qui pourrons s’étendre sur 2,3 ou même 4 jours, dépendant des circonstances.  En voici le premier exemple.

Nous quittons Mulcie ce matin et nous dirigeons vers la côte.  Tout le monde a le goût de passer du temps près de la méditerrané.  Cette fois-ci, nous habiterons un petit camping du nom de Bellavista, tout près de la mer et en périphérie de Águilas, une petite ville de 35,000 habitants. 

On commence à voir une constante avec les campings, et même s’ils ont des différences, ils ont tous la structure et l’organisation pour prévenir un débarquement militaire. D’abord, la fameuse enceinte clôturée, le portail à contrôle électronique et le passage obligé à travers les milles et un contrôles administratifs du bâtiment d’accueil.  On ne sait pas trop ce qu’ils essaient de prévenir avec ça, mais c’est du sérieux leur affaire. On arrive juste avec un sac à dos et une glacière, ne faudrait pas paniquer.  Je ne sais pas ce qu’il s’imagine comme scénario apocalyptiques, mais je ne me sens pas encore capable de faire une bombe à fragmentation avec une boite de verres de contact et un coupe ongle.  De toute façon, à la taille des sites de camping, tout le monde sait ce que tu fais avant même d’y avoir pensé.

Pour l’accès d’abord, on doit s’identifier.  Je reste toujours inconfortable avec la prise de photocopies des passeports, mais quand tu penses que tes clients peuvent te voler un rouleau de papier toilette, ou pire encore, te subtiliser un sachet de sucre près de la machine à café, tu ne peux pas prendre de chance. Tu dois être certain d’être en mesure de mettre Interpol sur les traces de ces malfrats avant une récidive, comme par exemple, sauter dans la piscine avant de prendre ta douche.

Ensuite, on doit remplir des formulaires et lire un paquet de règlement, qui soit dit en passant, sont incompréhensible pour moi. Voici comment je m’en sors. Je me fous des règlements. Je pars seulement du principe qu’il y a des règles de base élémentaires dans un camping, comme ne pas déranger les campeurs après 11 heures, ou ne pas faire frire un banc de poisson à 3 pieds de la tente d’un voisin. Oh, pardons! Ses règlements là s’appliquent seulement à l’extérieur de l’Espagne.

Sur le site, plusieurs autres endroits sont également super sécurisés; sa prend une clef pour accéder la laveuse, une pour le frigidaire, et une pour entrer et sortir du site. Évidemment, ils veulent seulement éviter la répétition des événements de juillet 2017. Vous vous rappellerez certainement des nouvelles mondialement médiatisées, quand un homme a utilisé la laveuse commune pour laver une nappe avec une tache de Ketchup SANS la faire tremper préalablement. Et l’autre événement, au dénouement tragique, ou une mère de famille, complètement hors de contrôle, a déposé une bouteille de vin rouge au frigo, un crime sérieux en Espagne. On garde d’ailleurs bien en vue la photo de son arrestation à l’entrée du camping.

Le Camping Bellavista et vraiment jolie et bien entretenu. Nous sommes sur un site qui est couvert d’une de ses toiles vertes pour faire de l’ombre et survivre au rayon du soleil durant la journée.  Il y a de la verdure partout, piscine, barbecue, table de ping pong et une petite salle pour… pas être dehors.

Camping BellaVista – Juste assez d’espace pour l’auto et nos deux petites tentes.


Nous nous installons et décidons d’aller passer le reste de l’après-midi à la plage a quelques pas. Quel endroit extraordinaire. La vue est époustouflante, avec ses grandes murailles rocheuses angulée vers la mer et le Castillo de San Juan perché sur sa colline projetant sont ombre sur  l’eau azur de la méditerrané.  On s’installe sur la plage pour une bonne baignade, et réalise qu’à 14h, un parasol c’est une nécessité.  Le soleil est brutal, et on doit se réfugier le plus possible à l’eau, après s’être enduit d’un ¼ pouce de crème solaire.

En soirée, nous déambulons dans les rues de Anguila et en bord de mer.  C’est le moment où les gens sont réellement dehors. On aperçoit toutes ses personnes âgées descendre dans les rues, petite chaise pliante à la main.  Ils se dirigent tous vers la plage pour une jasette. On ne sait pas pourquoi, mais une fois sur place, homme et femmes forment de petits groupes distincts d’homme et de femmes. Vaut mieux les séparer. Dieu sait combien de fringantes octogénaires tombe enceinte, malgré elles, après une partie de carte déchaînée sur la plage.

Mémés à la Plage de Aguilas

Au camping, on aura déjà mieux dormi. Ça commence à être un « running gag  », mais notre conclusion est simple; les campings espagnols ne sont pas faits pour dormir à moins de s’être enfilé un 26 onces de vodka.

C’est un long weekend pour les espagnols. Trois jours de congé, et certains ont décidé qu’ils dormiraient seulement de retour au bureau mardi.  Le gang de gars l’autre coté de l’allée sont d’avides buveurs, mais également d’efficaces déménageurs. Ils s’assurent toujours d’avoir de la bière froide en ayant l’équipement adéquat. Les trio Einsteinien, ont déplacé, tenez-vous bien, un frigo pleine grandeur au camping!  À leur départ le lendemain, ça leur a pris des heures a démonter leur site; même le kit de tournée d’Iron Maiden est plus léger que ça.  En attendant, un fois la fameuse bière froide bu, le duo d’un gros gras bien imbibé nous a offert un fabuleux « medley de ronflerie » seulement dépassé en intensité par l’explosion d’une étoile massive aux confins de l’univers…ohhh misère.

Nos champions de voisins avec leur frigo au camping

Pour notre deuxième journée à Águilas, les enfants décident de rester au camping pour profiter de la piscine, pendant qu’Annik et moi partons à l’aventure en ville.  Comme les nuits sont courtes et que la fatigue nous rattrape, il est fréquent qu’il soit midi passé avant qu’on soit prêt à faire quoi que ce soit.  En Espagne, cet horaire ne convient pas trop.  De un, il fait chaud sans bon sens, de deux, même les attractions touristiques sont fermées en pleine après-midi.  Pour le moment, on n’arrive pas à s’ajuster.

Come On! Comment ça marche?  La nuit, vous nous empêchez de dormir, pis quand on a réussi à réunir assez d’énergie pour faire quelque chose, vous fermez tout. En passant, ça inclue les endroits, qui en théorie sont utile pour passer le temps, comme les musées et sites touristiques, seul endroit où on peut flâner sans subir une brulure au 3e degrés, et en attendant que vous vous ouvriez vos commercés à 18h.

On finit donc par arpenter les rues de la ville et découvrir la vie citadine en Espagne.  Águilas, est sur la mer, mais elle est entourée de terres semi-désertiques. Dans ses circonstances, et sans le savoir, on pourrait conclure qu’il y a de l’espace a profusion pour étendre la ville.  Cependant, la ville est compacte, petites rues, bâtiments de 8-10 étages enserrées autour de ses artères comme pour créer le maximum d’ombre.

Il y a une vraie vie de quartier, parce que tout doit se passer à pieds, tout les types de commerce sont au premier étage des bâtiments, de l’épicerie au garagiste.

Trouver un stationnement est cependant compliqué, mais quand vous en avez un, il ne coûte jamais rien; pas de parcomètre, pas de restrictions d’heures et un nombre important terrain de stationnement sont sans frais.  Le nôtre aujourd’hui, est le lit d’une rivière asséchée et bétonnée, qui s’est transformé en stationnement jusqu’à la prochaine pluie.

La rivière bétonné et à sec transformé en stationnnement

Nous visitons, en début de soirée, le Castillos de San Juan.  Pour y accéder, vous devez prendre un ascenseur complètement vitré, qui par sa configuration serait l’endroit idéal pour expliquer à la jeunesse le concept de l’effet de serre.  Même si on doit y rester au maximum 1 minute, on croit que la vie nous quitte par les pores de notre peau. Je fais une crise de panique juste à m’imaginer l’ascenseur en panne au soleil.  Ce n’est pas une blague, c’est la mort assurée en 15 minutes.

Le Castillo, même si c’est l’emblème de la ville, est très peu visité, quelques personnes ici et là.  Apparemment le tourisme est en train de changer, les gens recherches plus les expériences que les lieux historiques.  Je ne sais pas si c’est vrai? Je ne me plaindrai cependant pas d’éviter les contacts rapprochés avec des touristes dégoulinants de sueur et qui laissent couler leurs cornets sur vos pieds. Quoi qu’il en soit, un endroit sympathique, bien restauré ou on peut admirer toute la beauté de la région, de la mer, aux déserts en passant par les plages magnifiques de Águilas

Une metropolis de rats dans nos matelas.

17 août

À notre arrivé à Mulnie en début de soirée, on n’est pas frappé par les prix beaucoup plus abordables, mais on a quand même des options potables pour dormir. Ce qui nous frappe beaucoup plus, c’est que même au camping, le préposé ne parle qu’espagnol. Dans une ville côtière du sud-est c’est simplement impensable. Au nombre de français sur place, je ne vois pas comment ça pourrait marcher.

Suite à la rencontre d’une informatrice dans le camping quitté ce matin, et que j’aime appeler affectueusement « la place de marde où on peut coucher mais pas dormir » ou en en catalan, « tara una roc denlcu » nous avons décidé de rouler une bonne partie de la journée pour se rendre beaucoup plus au sud. C’est devenu une obsession, mais on ne peut pas se permettre d’être ici avec les prix élevés « du logement ». Selon cette personne bien informé, on pourra mieux respirer financièrement dans le sud

Aujourd’hui, nous nous sommes contentés de rouler dans notre super voiture bleue, une Peugeot Rifter. Nous l’avons acquis en format achat-rachat, une formule populaire et moins chère pour les voyages de plus de 30 jours. Nous quittons le camping de « Playa del Marda » vers 11:00. On comprend pourquoi il y a des spectacles jusqu’à un heure du matin, parce que même à 9 heure, tout le monde dort encore. Seules les moitiés de la population mondiale de tourterelles, savamment installé dans l’arbre au-dessus de notre tente, fait quelques jolis bruits dans le camping.

Question, catégorie Camping
Quel bruit peut cacher celui des roucoulements des tourterelles?

Un coup de douze!

Nous roulons sur la route secondaire, à peu près parallèle à l’autoroute, et ceci pour un moment. On y trouve une épicerie, mais également une manière d’éviter les péages. En effet, on est resté surpris de leurs coûts élevés depuis le début de la semaine. Ceci étant dit, les routes sont vraiment agréables à conduire, super sinueuses, et puisque les ronds-points sont d’usage au lieu des arrêts et des lumières de circulations, on a vraiment l’impression de rouler rondement.

L’affaire cependant, c’est que c’est n’est pas viable de rouler sur une route comme celle-ci si on veut descendre assez bas au sud aujourd’hui.

Sur l’autoroute, la journée se passe rondement, sans trop d’anicroches. On arrête faire le plein bouffe dans une épicerie question de remplir notre coffre-fort (glacière). On apprend à vivre avec la cohue des épicerie espagnols.

D’abord, pour nos standards, l’espace est plus qu’exiguë, même pour les grandes épiceries. Également, comme si les locaux étaient comme nous, ils deviennent fous avec les heures d’ouverture. S’il voit les lumières allumées dans l’épicerie, il se garoche en masse vers les supermarchés. Nous on est encore à s’habituer aux horaires, et on en perd la boule. Notre manière de gérer; toujours avoir trop de bouffe en main.

Règle 1
T’a besoin d’un déjeuner? Eux, ils ne déjeunent pas, rappelle-toi, ils se couchent à 1AM. Toi, vu que t’es une merde canadienne, t’a faim à 7:30. Mangent une napkin avec du sable, parce que l’épicerie ouvre au minimum à 10 heure.

Règle 2
Si tu penses que tu comprends quelques choses à leurs horaires, tu vie dans un monde parallèle. C’est la maison des fous. Dans une grande épicerie visitée deux fois, elle est soudainement fermée à 12:15.  Je suis certain qu’ils ouvrent et ferment, juste pour nous observer, perplexe, devant l’épicerie à se gratter la tête jusqu’au sang.  

Je ne comprends rien, ce n’est pas l’heure du petit-déjeuner?

Règle 3
Attention, celle-là est difficile. Le Dimanche s’est fermé, sauf si ce n’est pas fermé. Assume que c’est fermé, mais c’est peut-être ouvert faque allez-y pareil. Si c’est ouvert, assure-toi que c’est vraiment ouvert, parce que quand ce n’est pas ouvert c’est ce qu’on appelle, en jargon d’épicier professionnel, être fermé.

Règle 4
Les règles ils s’en sacrent. On est en Espagne, est c’est pour ça qu’on aime ça.

De retour à notre camping, où nous avons loué un petit chalet, les premières impressions sont déstabilisantes.  D’abord, la zone près du camping de la Paz, est désertiques, et pour créer des environnement semi-luxuriant, on créer des parcelles de terrains complètements aménagés, clôturés, généralement circonscrit d’hautes haies. C’est leur manière à eux de te faire vivre dans un monde imaginaire. D’ailleurs chaque parcelle de terrain est littéralement couverte de bâche grillagés verte pour créer de l’ombre, pas seulement au-dessus, mais tout autour. Sans celle-ci, pas de confort, juste du gros soleil qui t’arrache la face.

Ce qui est encore plus bucolique, c’est que le Camping la Paz est extraordinairement bien situé, à la sortie d’une autoroute. La touche magique, juste à l’avant, est un immense stationnement de truck stop, ou s’harmonise gracieusement le subtil ballet des semi-remorques, la poussière soufflée sur le bitume chauds, et l’odeur vivifiante d’un container à déchet en pleine explosion de vie sous les chauds rayons du soleil.

Notre petite villa, elle, a bien besoin d’amours, parce qu’elle a été construite en 1967, et tient encore debout par la seule force des couches successives de peinture appliquée pour lui redonner un semblant d’air de jeunesse.  En ce moment, on est vraiment content, parce qu’on moins, il y a des lits, et pas n’importe quels lits, ceux des surplus d’entrepôt du Emmaüs. 

Description d’un matelas du surplus d’entrepôt du d’Emmaüs (Service d’entraide)

Étape 1
Un gentil citoyen constate, qu’après ses vacances, son chat est mort, en pleine été sur son matelas. Il n’y a qu’une petite tache odorante autour du chat maintenant soudé au tissues. Pourquoi jeter quelques choses de presque neuf? Donnons-le aux pauvres!

Étape 2
Emmaüs, le place dans son entrepôt, attendant le bon acheteur. Une famille de rat s’y installe, et bientôt, une ville entière y fourmille.

Étape 3
Constatant qu’une Metropolis existe à l’intérieur du matelas, les employés du Emmaüs le positionne juste en dessous d’une fuite d’eau dans le toit de l’entrepôt, qui finisse par noyer toute la faune à l’intérieur.

Étape 4
Étant tout trempe et légèrement odorant, le matelas est disposé sur le trottoir durant la canicule d’été. Il sèche suffisamment pour que les itinérants y dorment quelques nuits, après quoi, le fameux matelas est placé en liquidations.

Étape 5
Le Camping La Paz, l’achète, l’amène dans le chalet, y dissimule les quelques imperfections avec un jolie draps repêché de la rivière après un déversement de l’usine d’équarrissage. Eh, voilà!

C’est sur ça qu’on dort.

Je vous fais visiter dans ce joyeux petit vidéo. Attention à vos oreilles, le plancher craque suffisamment pour faire une faille spatio-temporelle.

Hasta la Vista folks!

Dormir dans l’auto, une idée de génie ;(

16 Août

Comme un bon film de Tarantino, je vais commencer par la fin de notre journée, entre autres parce que c’est ce qu’il y a de plus cocasse à raconter. Je serais prêt à gager, que si je m’en tenais aux simples descriptions du voyage, vous préfériez faire du « binge watching » de Terre Humaine à Art TV, au lieu de lire notre blog.

On va donc, agir comme les gens en manque d’attention que nous sommes, et vous raconter notre expérience d’adaptation à la vie espagnol.

Aujourd’hui, nous sommes pathétiquement mésadaptés. On se trouve dans la zone côtière qui s’appelle la Costa Daurada. Selon l’information obtenue, la moitié de l’Europe descend ici durant le mois d’août pour profiter des plages et de l’eau chaude de la méditerranée. En tout cas, sur le terrain, si ce n’est pas la haute saison, on se demande ce que ce serait. Les plages sont pleines, on croise beaucoup, beaucoup de français, et dans ses circonstances, se trouver un endroit à coucher tient du miracle. Ce serait facile si on acceptait de payer entre 250$ et 400$ la nuit.

J’ai cependant une chose à dire là-dessus; Ils peuvent bien manger un char, pour être poli. Donc, nous voilà sans options vraiment intéressantes. C’est ce qui nous amène à la fin de l’histoire.

Il est minuit; nous sommes couchés dans nos tentes, enfin, Annik et moi, le sommes. Les enfants, eux, on eut l’idée fabuleuse de dormir dans la voiture. Matelas installé au fonds du coffre et déformé par la bosse du banc arrière, courant d’air inexistant et chaleur accablante. Pourquoi se taper le montage d’une tente quand on peut profiter de conditions aussi propices à la vie.

D’ailleur, j’observe la scène et j’en conclu que le bouillon de culture que les scientifiques décrivent comme l’endroit où la vie aurait pu apparaître, devait être en fait un char bleu sur la Costa Dorada.

Pour le moment, ce n’est pas la teneur de nos propos, mais pas d’inquiétude on reviendra sur le sujet. La chose intéressante à cette heure tardive est que le tenancier du camping a trouvé parfaitement adéquat d’offrir une prestation musicale, bien sonorisé, à partir de 11:30 PM.  Nous sommes passablement loin, mais je vous assure qu’il n’avait aucunement l’intention d’accommoder les gens qui veulent dormir.

Hey, il est 11:30, qu’est-ce que vous faites? Vous ne devriez pas être en train de souper?

Quand tu te lèves à 7:00 parce que t’est encore sur le décalage, t’a fait le tour de la région au soleil, rendu à 11:30 PM, t’a comme le goût de dormir.

Mais ça, ils s’en battent pas mal de notre rythme de Québécois. Je me suis fait expliquer qu’à toute fin pratique, ils sont décalés de trois heure avec nous, et ça explique pourquoi des centaines de saisonnier du site trouve absolument normal qu’un band, de marde par ailleurs, joue jusqu’à 1 heure du matin.

En attendant, on sait plus quoi faire, parce qu’en plus d’être couché par terre dans un champs de roche à 90$ la nuit, il fait chaud que le tabarn…. J’aimerais bien enlever mon double toit pour respirer un peu mieux mais je ne peux pas me résoudre à offrir un spectacle gratuit aux personnes âgées de l’autre côté de la rue. En effet, faute d’aération, j’effectue la plus outrageuse des étoiles, et ceci en bobettes trempée de sueur.

Pour la plupart des gens, un demi-bedonnant de 44 ans donnerait la nausée, mais pour une dame de 84 ans, je suis un beau fruit frais à peine abîmé.

Dans les faits, je me cache simplement parce que je suis pudique et que malgré les minuits bien sonnés, les caravanes d’en face sont aussi bien éclairé qu’un terrain de baseball en pleine nuit.

Ohhh misère; il fait clair, il y a une band qui joue les meilleurs succès de Tina Turner dans la nuit, et nos corps de mi-quarantaine se demande si on est encore fait pour les dodos au sol.

Voilà que l’ingrédient « ados idiots » se rajoute à la recette.  Déjà, à minuit, on sent que leur plan de marde consistant à dormir dans le char commence déjà à tomber. Il y a une règle universelle. Si tes parents d’indiquent que ton plan est merdeux au point où il préfèrerait d’échanger contre une douzaine de pizza pochette au guacamole, ou un autographe de Jean-Charest sur un gilet de loup en 3D, tu devrais savoir que c’est le temps d’abandonner.

Vous savez que ça ne marche pas comme ça. Ils veulent coucher dans l’auto, va falloir les laisser faire.

Voici la scène; les enfants ont installé la tente sur le dessus de la voiture, aligné ses moustiquaires devant les fenêtres des portes et « tapé » le tout sur le char. On a l’air d’une caravane de gitan, mais bon. Les moustiques ne peuvent pas entrer, mais l’air non plus. Il fait tellement chaud dans l’auto que même des bactéries thermophiles s’exclamerait :

Y fait un chaud un ti-peu. Partirais-tu la clim?

Je fini par leur suggérer s’ouvrir les deux portes coulissantes.  Ça semblait une bonne idée à l’exception du facteur Mika.

En effet, il est réputé mondialement pour son attractivité aux moustiques. Même Annik, qui est championne canadienne, n’arrive pas à la cheville de Mika. L’éradication de la malaria en Afrique tient probablement simplement à sa présence sur le continent; un vrai aimant à maringouin.

On finit par s’endormir vers 1 et quart.  Vers 4 heure, Mika est sur le bord de la crise de nerfs. Pendant qu’Océanne est abandonné par les moustiques, Mika se fait dévorer, et comme il fait chaud comme sur la surface du soleil, il est dans son plus simple apparat. Il capote en tout cas, et il a décidé qu’il ne pouvait plus dormir dans ses conditions, donc nous non plus.

Patrick l’avait prévu; il devra se lever cette nuit pour monter la deuxième tente; Ahhhh, douce vengeance, c’est à notre tour de vous montrer qu’on est décalé de 3 heures cher espagnols! On donne une dose massive de Benadryl à Mika et l’envoie se coucher.

Avant toutes ses péripéties, la journée fut très agréable. Nous avons quitté Mou de Gaïa au matin. Juste l’autre côté de la vallée, où notre appartement était, ont avait aperçu un château couvert de lumière dans la nuit. C’est intrigant, on s’y rend donc dès le départ, et ceci sans aucunes attentes. On y retrouve une forteresse/château transformé en ce qui semble un cimetière.  On arpente le site empli de cactus en fleur, d’arbre à pommes grenade et de figuiers.  D’ici la vue est superbe, et encore mieux, nous avons l’impression de découvrir un trésor par pur hasard. Pour moi, c’est ce qu’il y a d’extraordinaire en Europe, le moindre petit village a son petit bijou.

On fait un autre arrêt plage à Tarragone, où on pogne notre premier coup de soleil. (Lire Patrick pogne sont premier coup de soleil; l’homme à la peau plus blanche que la transparence elle-même)

La ville de Tarragone est très jolie et à, près de la mer, elle abrite un colisée romain. Ce qui est drôle avec ces ruines, c’est qu’il on construit l’équivalent des appartement Bardy dans St-Pie X juste à côté. Ça jure en viarge!

Je parierais que les archéologues du futur, à la découverte de ruines de tours Bardy, version tarragonaise, vont s’assurer de jamais en parler à personne.  Mais ne vous en faites pas, on laisse nos traces suffisamment partout pour que personne ne puisse ignorer notre passage… à moins bien sûr qu’il n’y plus personne pour le voir.

Tarragone

Un char neuf au départ de Barcelone

15 août 2019

Constat alarmant au jour 2: Ça coûte cher en viarge icitte. Pas qu’on soit à plaindre, mais voyager en Europe, en plein saison haute touristique, équipé de notre puissant dollar canadien, ce n’est pas la joie.

Notre stratégie était simple avant de partir. Louer un véhicule pour visiter Espagne et Portugal en évitant les zones touristiques durant la période de pointe. De plus, on a amené avec nous tout le matériel de camping pour essayer de minimiser les dépenses. Pour le moment, c’est un monumental « FAIL ». Imaginez-vous qu’ici, en haute saison, payer 90 Euro (140$), vous permet de coucher…dans votre tente. Les avantages sont cependant nombreux. On vous permet d’utiliser un site équipé…d’absolument rien.

Je rappelle les faits pour ceux qui ignore les arrangements typiques d’un camping européen: Un terrain généralement droit en p’tite roches, pas de tables et donc pas de chaises. Si vous voulez l’électricité il faut payer un extra d’environ 7$/nuit pour charger vos cellulaires, À ce prix-là Hydro Québec nationaliserait ça c’est garantie. Quand vous êtes chanceux, vous aurez du papier toilette et de l’eau chaude pour faire votre vaisselle (rien de garantie dans ces deux cas). Finalement, bien souvent, on vous demandera à vous stationner à l’extérieur du site, situé à l’abord d’un container de vidange et/ou dans le stationnement du propriétaire du camping, dans la ville voisine.

Vous comprendrez, que pour 140$, et avec ce niveau de service on a le goût de pogner les nerfs.

En 2014, on n’avait jamais élucidé les raisons derrière l’absence de table sur les terrains de camping. C’est pas mal la base selon nous.

Il s’avère que les enjeux autour de la question ont des ramifications d’une telle profondeur que la stabilité géopolitique mondiale est en jeux. Vous vous dites surement que j’exagère et que ce sont des inventions. Si c’est le cas, vous avez raisons.  Je suis pas l’ostic de New York Times moi!

Tout commence par une séance de magasinage. L’objectif est de trouver l’équivalent du bon vieux Coleman, version Europe.

Nous voilà donc au Décathlon. Moi j’appelle ça un magasin de sport pour les gros. Je ne sais pas pourquoi, mais il y a un « vibe » ici qui joue sur la culpabilité et sur l’espoir d’être en « shape ».

Quoi? T’a pas encore ton harnais d’escalade?

Ça doit être pour ça que t’es gros. ll te manque juste ça pour avoir ta nouvelle vie d’athlète qui peut s’agripper aux parois d’une montagne à la seule force de ses aisselles.

Inévitablement, tu achètes l’affaire, la sacre dans ta garde-robe, et recommence avec un kayak, ou un vélo à 4,000$ ou autre chose.  Tout ça pour dire que ce n’est pas mon genre de place. Pour le moi le mot cardio veux dire manger sans suer, faque les équipement de sport, c’est pas mon affaire.

Eh bro! Mon VO2Max est écœurant. J’ai mangé c’est deux boîtes de Joe Louis et je ne sue même pas de la raie.

Chez nous, une glacière c’est minimum 450 pieds carrée, pis si t’es pas un looser, il a deux étages dedans. En plus, quand t’a payé 100$, c’est de la bombe.

Pour faire simple, ÇA N’EXISTE PAS ICI!

36 litres, pour eux, c’est gigantesque. Pas rien que ça, si tu penses avoir une affaire en plastique à l’épreuve des balles, oublie ça. Un Coleman espagnol de qualité, c’est une affaire que tu gonfle.  Vous avez bien lu. GONFLABLE!

Moi le cave, j’essaie de le gonfler dans le stationnement, pour m’apercevoir qu’il est autogonflant. Si tu souffle dedans, le seul résultat que tu auras, c’est des gens pointant dans ta direction en croyant que tu faire l’amour à un objet inanimé.

Quand t’achète un Coleman en Espagne, il ne vient pas avec toutes les options…ohhhh que non! Imagine-toi donc que tu ne peux pas mettre de glace dedans, il n’est pas étanche !! QUOIIiiiiiiiii? Ça sert à quoi? Une valise à jambes de bois? Un rangement pour ta prochaine bouffée d’air dans l’espace? Je comprends pas.

Pas d’inquiétude par contre, Il appert que pour profiter des bienfaits d’un Coleman performant, il faut que tu achètes l’option à 15 Euro, qui consiste en un sac étanche que tu places à l’intérieur de fameux contenant, qui sans l’option sert crissement à rien. Va falloir faire avec.On dépense le fameux 100$, pour ce que Coors Light te donne gratuitement dans une caisse de bière à Québec.

Ça nous amène à la fameuse question de tables a picnic et de leur impact sur les événements mondiaux. La réponse est là, dans les premières rangés du magasin.

La fameuse première rangé. Il y a des tables pliantes en quantité! Donc tout le monde achète et traîne ses tables jusqu’au camping. Haaaa, c’est logique.

Ce qui est frappant, c’est qu’il y a un assortiment de tables suffisant pour garder le tier des usine chinoise ouverte. Des petite, des grosse, des hautes, des basses, « des couloré », certaines en L, d’autres avec des tiroirs, et la liste continue. Si les campings d’Europe commençaient à fournir des tables directement sur les sites, l’équilibre géopolitique serait en jeu. Imaginez le tier de la Chine sans emploi, le gouvernement aurait une révolution sur les bras.

Ma conclusion est simple. La démocratie en Chine tient aux seules actions des propriétaires de camping. Malheureusement, ils sont contrôlés par le lobby de la table à picnic. Le conglomérat des clips de nappes et le cartel « des petits blés d’inde en plastique pour pas se bruler les mains sur un mais » sont également derrière ça. Tous ses groupes sont des marionnettes du gouvernement chinois. La preuve; Avez-vous déjà remarquer la présence ce chaise et de tables en Chine? C’est ti pas une drôle de coïncidence?   J’appelle à la mobilisation de gens que crois que la terre est plate. Les tables à picnic, c’est ça la vraie conspiration!

Donc, comme on est du bon monde mais préfère notre confort aux droits fondamentaux du reste du monde, on va s’acheter une table pliante.

Nous voilà finalement sur la route, vers le sud du pays. L’autoroute est superbe. Des tunnels dans les montagnes, de l’asphalte impeccable. Wow. Le paysage est magnifique. On verse une petite larme de bonheur, tant d’attentes et de sacrifices pour ce moment.

Les autoroutes sont nickel mais ça semble se payer avec plus que des beaux sourires. On a roulé 75 km, et on a dû payer 12 Euro, (18$) pour le privilège. Y a fort à parier, qu’avec ses montants, on aurait aussi de bien belles routes, et comme eux peut-être bien, TGV, tramways, train de banlieue et métro.  À moins, bien sûr, que le truc ce soit d’être un « pays pauvre » des l’Union Européenne, et de profiter de ses largesses? Je laisse les experts trancher.

Comme tout est une question de prix, nous avons décider de prendre le AirBnB le moins chère de la région, littéralement. (88$ Can) C’est un peu loin, mais honnêtement on n’a pas le choix. On se retrouve à Pou de Gaia, une petite ville perchée sur une colline, comme bien d’autre en Espagne

L’endroit et à la fois, bizarre et fascinant. C’est un peu le choc. C’est une maison à 3 étages fait de pierre. Tout est croche. Même le mot croche veut pas être croche comme ça.  Dans le hall d’entrée, au sol, il y a quatre sortes de céramique, des trous dans les murs de pierre, des portes en bois probablement fabriqué avant la découverte de l’Amérique. La place est vraiment bordélique, mais l’endroit a un charme fou.  Une affaire impossible à imaginer et même à décrire. Il y a des pièces lugubres partout, le plancher, les murs, les structures de toit semblent littéralement tombées des pages d’un livre de Dungeon Dragon. Nous on adore, même si les lits sont un des premier modèle Matelas Dauphin, à 132 blocs des bétons ensachés.

Le confort total pour l’homme mort.

Nous avons fait une petite visite vidéo qu’on postera dans les prochains jours, vous pourrez constater par vous-même.

On y laisse nos affaires, et le gang a un goût de plage. Pas besoin d’être compliqué avec une voiture. On roule vers la direction générale de la Méditerranée et y trouve un super bord de mer. Le sable n’a absolument rien à envier à celui de Cuba. La plage est bondée, et bien des gens, même dans cet endroit passablement perdu, vienne de partout en Europe, particulièrement la France. L’eau est chaude. Nous y pensons quelques heures avant de se diriger vers Tarragone, un endroit réputé pour son Amphithéâtre romain, un des plus âgée de la région, et donnant directement sur la Méditerranée.

En se dirigeant en ville on s’aperçoit que notre planification de souper vos pas de la « shnoute ». On a une grosse omelette à faire cuire sur nos deux réchauds de camping. On ne va quand même pas se stationner en peine ville, sortir notre table pliante sur la rue, faire cuire l’affaire sur le trottoir, et manger en prétendant que tout est à sa place. En plus, les Espagnols sont des machines de parking en parallèle. Aucune chance d’être aussi performant qu’eux dans ses conditions. Nous sommes dans la vielle ville de Tarragone, il y a un trafic monstre, et en comparaison, nos habilités avec notre voiture est minable.  À la vue d’une voiture entamant un stationnement sur la rue, on crie invariablement.  ÇA NE RENTRE PAS LÀ!  On se sent juste pas capable.

On se rabat donc sur une option plus facile; un terrain vague avec facilité de parking.  Je présenterais l’espace comme un des endroits les plus jolie, après bien sûr, les abords du boulevard Hamel après un refoulement dégout. 

En bref, à force de vouloir éviter de se stationner en parallèle, on a opté pour bien pire. On ouvre le coffre, sort notre attirail : table, chaises plaintes, gamelles, et réchauds. La scène est ludique. Je vous décrit l’endroit.  Anciennement un building devait y être, probablement un grand commerce ou une usine. Le terrain est sur la terre, à l’exception d’un joli petit lac au centre de l’espace. Techniquement c’est un lac mais sont seul affluent est le jus du conteneur qui s’y déverse.  Soyons franc, c’est un très grand étang d’eau stagnante qui put.

Nous, en groupe, on a conclu que c’était un endroit idéal; l’odeur fabuleuse d’un étang de grenouille et l’apport apprécié de hordes de moustiques. On vient-tu tourner un documentaire animalier ou se faire un lunch?

Va falloir faire vite on s’active, fait la bouffe, la mange et garoche les vidanges dans la voiture avec l’espoir d’éviter la fièvre jaune.

Un lunch dans un bidonville de Calculta.

Une journée vraiment super, des heures sur la plage, des rires, et pour finir une petite visite de notre village de montagne en pleine nuit. Notre dernière activité est une chose à faire dans tous les villages que vous visiterez; faire une visite de nuit à la lampe frontal. Ultimement, un village le jour, c’est un peu plate, mais la nuit, ce sont de couloirs lugubres et intrigant, des endroits qui ont une âmes.  Un « must », c’est les cimetières

Savez-vous ce qui arrivera le lendemain de votre visite. Tout le monde saura ce que vous avez fait au village. Après tout vous êtes des « étranges ». Par conséquent, garder donc ça ludique.  Essayer de visiter un cimetière à la lampe frontale de nuit sans se faire remarquer, c’est l’équivalent de faire des « burns » en Trans Am dans une chambre à coucher sans réveiller grand-mère.

Visite de notre maison hantée

Jour 129 – Il n’y aura pas de Grèce!

Split, Croatie – 6 Septembre 2014

On a le morale un peu bas ce matin. Malgré toutes nos recherches on apprend que se rendre en Grèce serait très compliqué et/ou dispendieux et/ou dangereux.

D’abord le danger; les routes côtières de Croatie ont la réputation d’être dangereuse par le nombre de véhicules qui y circulent, leurs largeurs par toujours adéquates mais aussi par les habitudes de conduite. Plusieurs nous ont fait part de leurs craintes pour notre sécurité, particulièrement dans le sud du pays. En effet, la section d’autoroute qui déplace une partie de la circulation vers elle, n’est pas complété dans le sud. Même si on devait réussir à compléter cette section, il faudrait encore passer par l’Albanie, qui est réputée dangereuse. (Pour les touristes). La dangerosité est toujours un peu difficile à évaluer parce que tout le monde à sa propre vision de ce que ça représente. On pense avoir tendance à être capable de prendre un peu plus de risque que bien des gens, particulièrement pour ce qui est de rouler sur des routes plus difficiles…mais tant qu’on ne l’a pas fait, on ne sait pas.

Si on parle de complications, elles sont nombreuses. D’abord, aucun traversier n’existe pour la Grèce à moins de traverser en Italie pour ensuite reprendre le bateau pour le pays de Platon. Combien ça coûterait? Ça reste à voir. Pour ce qui est du train, les informations disponibles nous porte à croire qu’il faudrait fort probablement faire 30 heures de train avec d’innombrables détour à travers la Bosnie, L’Albanie et dieu sait où. Comme ses pays ne sont pas organisés comme en Europe Continental, savoir si nos vélos pourront y trouver place reste à voir. Tout ça ressemble à plusieurs jours stressants et éreintants…pas sûr que ça nous tente!

Ça nous amène aux coûts: Pour la première fois, on a regardé plus sérieusement combien ça coûterait pour revenir de Grèce à la fin octobre…6,000$, sans les extra dé vélos! Il y a de quoi t’enlever le goût d’y aller!

On se donne le droit d’y penser encore, mais à moins de trouver une solution alternative ça commence à sembler de moins à moins probable. N’empêche, on doit arriver à rester dans des endroits où la température est clémente. On est simplement pas équipé pour le froid pour plus de quelques jours.

Ça nous amène à finalement décider d’aller sur l’île de Brac demain. Ça nous donnera quelques jours pour réfléchir à nos options et relaxer. Il faudra peut être encore changer nos plans mais on verra.

On passe la journée sur le bord de la mer. La température n’a pas été aussi belle depuis plus d’un mois et demi. Mika, comme on le connaît, ne peut s’enlever de la tête de retourner dans les jeux gonflables flottants. Quand il a une idée, il l’a pas ailleurs. Pour être honnête, ça peut vous amener aux limites de la folie.

Une journée de repos entre la plage et l’appartement. Des vacances quoi!

Note; La moustache est encore très à la mode ici; si on devait faire un « Movember » ici, il faudrait l’appeler le « Pas-de-pintch-vember » parce que personne ne saurait que vous faites quoi que ce soit de spécial.

Jour 127 – Croatie baby!

4 Septembre 2014, Split, Croatie

On se lève tôt, et non, la houle n’a fait vomir personne cette nuit. Par contre au matin, on comprend mieux la présence de la toilette à l’intérieur de la douche. Si il y a trop de vagues et que vous êtes malade; agenouillez-vous simplement devant la « bol », et partez-vous une bonne douche. Les débordements autour de la toilette seront lavés au fur et à mesure de leur sortie; utile et l’agréable, n’est-ce pas?

Dans un traversier de nuit comme celui-ci, le sommeil n’est pas mauvais, mais on a tout de même l’impression d’être coupé du monde. On se retrouve littéralement dans un boîte de sardine, le moment de la journée ne peut être deviné, ni par le bruit, ni par la lumière. Par manque d’habitude, ça empêche les parents de dormir sur leurs deux oreilles. Manquerions nous l’arrivé au port? Surtout que dans ce cas, on devrait être sur le quai tôt le matin; un peu avant 7 heures. Évidement, ce genre de craintes est absolument infondées puisqu’à partir de 6 heures, un haut-parleur nous rappelle que déjeuner est le plus important repas de la journée. Par conséquent, vous devez vous lever… bande de lâches. D’ailleurs, on vous le rappellera toutes les 3 minutes, dans 14 langues différentes jusqu’à ce que vous soyez levé, en fil à la cafétéria, et à genoux devant le proposé en le suppliant de prendre votre 37$ pour une toast et un verre d’eau…la seul condition? Mon dieu, arrêtez ce haut-parleur!

Quoi qu’il en soit, on se retrouve sur le quai, le sourire aux lèvres! ON EST EN CROATIE! (Split). De quoi à l’air cet endroit? Sur le bord de la mer bien sûr! Le terrain est aride mais il y a beaucoup de verdure. La vue est magnifique avec son arrière plan des montagnes qu’on imaginait un peu plus petites et une ville remplie de maisons blanches, résultat de l’utilisation de la pierre typique de la région. Pour l’heure, on ne sait rien de plus. On a faim. N’a t’on pas toute la journée de toute façon?

Les habituels achats de cartes cellulaires pour l’Internet et le déjeuner nous amènent à la mi-journée. Entre temps, on a pu faire une visite de surface de la vielle ville où se trouve des bâtiments antiques datant de plus de 1500 ans. Jusqu’à maintenant, on aime vraiment beaucoup.

On ère un peu sans but et visite la ville avec l’idée de se louer un appartement. Avec notre expérience fortuite de Venise où on nous a refusé l’accès, on se dit qu’on devrait aller voir l’emplacement d’une possible location. Comme la ville est très dense, on essai de se trouver un endroit qui aurait un minimum de potentiel pour y accueillir nos vélos. On fait donc un arrêt à une première adresse, puis à une deuxième, pour finalement statuer sur celle-ci. On prend notre réservation et donnons rendez-vous aux propriétaires dans les prochaines heures pour la prise de possession.

En attendant, on descend sur le bord de mer qui a des ressemblances avec certains endroits d’Italie. Peu de sable, plutôt des petites roches quand plage il y a, et beaucoup, beaucoup de grands cailloux. Comme on est en ville, tout ceci est aménagé à grands coups de petits trottoirs de béton pour que les gens en profitent.

Sur la route, on rencontre un Alen et sa femme, tout deux, d’Angleterre. Alen, en particulier, veut tout savoir sur notre voyage. Il est un passionné de vélo et aimerais partir avec nous. Pendant un long moment, on a beaucoup de plaisir à jaser avec lui. Il promet de nous suivre sur notre blog pour le reste du voyage. (Il va trouver notre français un peu « abrupte »)

Marchant sur le bord de mer, on remarque plusieurs choses particulières; d’abord, la baignade ici, c’est comme le hockey chez nous. Il ont ça dans le sang. Ça peut se voir par la qualité de la nage des très nombreuses personnes âgés qui viennent passer leur temps libre sur la côte. Il a un « vibe » super ici et les gens sont relaxe. Évidement, on apprivoise les sonorités d’une toute nouvelle langue (le croate). Elle a des sonorités un peu russe, et toute ces personnes ont des discussions autour de nous. C’est très différent pour nous et on écoute avec attention tout ces nouveaux sons.

Bientôt, on aperçoit quelque chose qui changera la vie des enfants; une apparition pour leurs petits yeux, leur rappelant que le monde est un endroit magnifique. Sur les vagues, à moins de 100 pieds, se trouve une grande structure gonflable comparable au jeux « terrestres » qui jonchent les fêtes de quartier du Québec. (Vous savez le bateau de pirate où vous devez attendre 3 heures derrière de la marmaille criarde?). C’est ce genre de chose à quelques exceptions près. Ici, il n’y a pas de fil d’enfant parce qu’il faut payer 10$ par personne pour une heure, les structures sont en fait une série de plus petits « bâtiments » attachés ensemble pour y fait des courses et finalement tout ça flotte sur l’eau. L’eau est vitale ici, car elle vous permet de détacher votre gilet plein de sang une fois vos dents avalés. Les enfants y vont seul seul. On va les laisser aller, on craint un peu les chutes violentes.

Les parents s’assoient au bord, pas trop loin des vélos qui sont toujours chargés, et observe la marmaille s’amuser sur ces jeux. À la lumière des chutes continuelles des enfants sur le vinyle mouillé, on apprécie de ne pas avoir à se déboîter les vertèbres aussi. En regardant tout ça, on se demande si ce genre de chose serait possible au Québec. D’abord, les enfants doivent nager seul jusqu’à la structure qui est tout de même éloignée du bord. Il a aussi l’absence de surveillance; aucun « lifegard » n’est en charge d’éviter les accidents ou les noyades. La jeune fille qui collecte votre paiement en est à passer le niveau 248 de Candy Crush. Elle n’a certainement pas le temps de lever les yeux pour sauver un bambin, elle a des bonbons à faire descendre! Finalement, la structure est tellement haute, que derrière, si quelqu’un tombe à l’eau et se retrouve en difficulté, il y a fort à parier que personne ne le verrait où l’entendrait. Peut-être est-ce l’habitude? Voir des enfants se baigner dans un « pays de mer » est normal; Aller jouer dans le vagues, c’est leur patinoire à eux.

Un peu plus loin sur la plage, on apprend à connaître le jeu local qui consiste à se « garocher »dans l’eau pour empêcher une petite balle de toucher aux flots. Des groupe de 2 à 6 personnes, les pieds dans le « pas creux », mettent la balle en mouvement et doivent simplement la frapper, avec n’importe quelles parties du corps, pour la garder dans les airs. C’est du aki extrême quoi! Il y a des groupes qui se donnent sérieusement entre plongeons et « back flip » spectaculaires, c’est quelque chose à regarder.

Les enfants sortent du jeux, et on décide d’aller rejoindre les propriétaires pour le rendez-vous. Passant devant un bar/café, une dame nous interpelle. Elle a reconnu nos vélos et nous invite à la suivre. Son mari, qui comme elle, n’a que peut de connaissance de l’anglais sont admirablement gentil. On nous aide à monter notre matériel, dans l’appartement se trouvant…évidement à la limite des nuages. Louer un rez-de chaussée, ça pourrait pas nous arriver. L’appartement est bien équipé et on pourra se faire à manger ici. On est conquis, et compte tenu du prix, on voit pas pourquoi on devrait courrir après les campings.

Une petite bouffe dans un petit restaurant pour essayer la bouffe locale. On marche un peu en ville, mais l’arrivée en ville, tôt le matin, et le transport par bateau nous a plombé. On revient tôt et relaxe devant la télévision avant de s’endormir paisiblement dans un pays qui nous promet, nous l’espérons, des merveilles.

Jour 126 – Enfin le traversier pour la Croatie

3 Septembre 2014
Départ Dolo, Italie (Train) – Arrivé Ancona, Italie

On vient de se lever à Dolo et sommes content de prendre excellent petit déjeuner. Patrick annonce à Annik, que lorsqu’elle dormait, il a « pogné » la météo à la télévision et qu’on est victime d’un mauvais sort. La carte européenne est absolument emplie de beau temps…sauf pour les Balkans et l’Italie. Ces deux régions subissent un système dépressionnaire qui durera plusieurs jours!! C’est à croire, qu’à vouloir avoir du beau temps, on nous donne le contraire!

Quoi qu’il en soit, on désire se rendre à Ancona en Italie, où nous pourrions prendre un traversier pour Split en Croatie. C’est notre plan d’aujourd’hui.

Pourquoi en sommes nous là? Hé bien, malgré toute nos bonnes intentions, on fait parfois des erreurs de jugement, ou du moins, des erreurs d’appréciation. Lors de notre départ d’Autriche, nous aurions pu prendre un train pour Zagreb en Croatie. C’est loin de la côte et ça nous semblait plus approprié de descendre jusqu’à Trieste en Italie pour rejoindre le nord de la Croatie. Ce que nous ne réalisions pas complètement à ce moment, est que la première option, malgré des apparences de détour, aurait été la plus simple et la plus abordable. Voyez la différence.

Option 1 (tout en train)
Autriche – Zagreb(Croatie) – Rijeka (Croatie) – Split (Croatie)

Réalité
Autriche – Train vers Udine (Italie) – Train vers Trieste (Italie) – Vélo vers Basovizza (Italie) – retour en vélo vers Trieste (italie) – Train vers Venise – Train vers Dolo – train vers Acona (Italie) – Ferry pour Split (Croatie)

Pas besoin de vous dire que l’itinéraire réel a amené son lot de frustration… et on a pas encore rendu. Plusieurs se demanderont; pourquoi tant d’efforts pour aller à cet endroit en particulier? Vous pourrez certainement apprécier, qu’après près de 35 jours de « mauvais temps », on veut finir le voyage en beauté avec, idéalement, quelques couleurs au visage. La Croatie est moins chère, et voyager 6 mois prend beaucoup beaucoup d’argent. On a besoin de réduire un peu les dépenses. L’autre raison, c’est que la Grèce, c’est dans le sud, et si on veut si rendre avant la fin du voyage, il faut commencer la descente maintenant.

On se retrouve donc dans cette petite gare avec seul service, une machine à billet. Comme d’habitude, trouver un moyen d’amener les vélos avec nous est la complication qui nécessite généralement l’aide d’un préposé en chair et en os. On a pas cette chance ici.

On commence d’abord par considérer tout les trains qui sont dotés d’un compartiment à vélos. On regarde toutes les options possibles, et à notre grand désespoir, pour arriver à Ancona, il faut passer par trois des plus grandes villes d’Italie, faire cinq transferts et rouler un total de 30 heures…Ça, c’est si on ignore qu’on remplirait probablement nos cartes de crédit pour accomplir le voyage. On est sans mots! On se regarde, et on en revient pas… On s’est ramassé ici, et le « Traboulidon » nous a rattrapé. On se gratte la tête longuement. On considère même de retourner à Venise pour y prendre un bateau. On regarde les possibilités du côté des autobus, et simplement une longue route par vélos. Il y a simplement pas de bonnes options…

Finalement, on allume! On a été si gâté par les trains depuis un moment, qu’on a oublié qu’on pouvait simplement « mettre les vélos en sac ». Tout ça nous ouvre de nombreuses possibilités parce qu’on peut maintenant embarquer dans n’importe qu’elle train. (Des fois, on se trouve épais!)

Le train est dans deux heures, et il nous amène directement à Ancona où nous devrions pouvoir dormir et prendre le traversier le lendemain soir. Au moins, on serait près du but.

En attendant, on doit s’occuper dans un endroit qui n’a absolument rien de Walt Disney. Les gares de campagne en Italie sont affreusement dégradées et mal entretenues. À leur défense, ce serait comme si on devait entretenir toutes les anciennes gares de tous les petits villages du Québec, nous qui les avons abandonné depuis longtemps. On se rabat donc sur le bar/restaurant près de la gare pour y passer le temps. Qui espère toujours de l’excellente bouffe en Italie, n’a jamais mit les pieds là. Le cuisinier nous annonce qu’il a deux délicieux repas au menu; du macaroni et du poulet. Ce sera deux assiette de chaque. Avec sa commande, monsieur repart à la cuisine avec sa belle camisole blanche tachée et pleine de sueur. On préfère ne pas voir la cuisine! La bouffe est absolument dégoûtante; du poulet mal cuit et des macaronis trop cuits. À croire qu’il a inversé les « timers » lors de la cuisson.

On quitte pour la gare avec le plaisir de ne plus avoir faim, mais avec l’arrière goût d’avoir « mangé » une facture beaucoup trop salée. N’empêche, le train arrive, on y monte tout notre stock et se dirige vers une gare à 30 minutes où le train pour Ancona nous attend. Sur place, on fait face à une foule dense qui se déplace sur les quais. La sortie et difficile mais la suite sera encore plus compliqué.

Cette fois-ci, on a tout de même la chance de trouver un vieux panier d’épicerie abandonné sur le quai d’arrivé. Il nous servira bien pour les déplacements de nos sacs. Ça nous prendra toute l’aide nécessaire parce qu’il y a plusieurs handicaps à surmonter ici. D’abord, le train n’arrête qu’un court 4 minutes et nous n’avons pas la moindre idée de l’endroit où notre wagon s’arrêtera. Advienne que pourra, le mot d’ordre est simple; si on est au mauvais endroit (loin du wagon 8), on monte tout simplement notre matériel et les vélos dans le wagon le plus proche. La famille s’occupe des sacs et papa des vélos. Le train ralenti, mais on arrive à voir les numéros de wagon qu’une fois le train presque arrêté. Merde! On est devant le 3ème wagon. Mais de quel côté est le wagon 8? Patrick, dans son étonnement, décide de prendre trois vélos en bandoulière et se dirige vers la droite en marchant le plus vite possible. Il franchi la distance du wagon devant lui pour finalement s’apercevoir, que dans cette direction, il trouvera seulement le #3. Dans la surprise et sous l’adrénaline, il repart dans l’autre direction pour apercevoir la famille, qui conscient du problème, monte s’implement le « stock » dans « l’anti-chambre » du wagon 4. Lui est encore loin, parce que faire une longueur de wagon avec trois vélos sur les épaules, c’est pas mal plus long qu’on pense. Il a pas trop réfléchi, parce que toute l’énergie qu’il avait pour lever autant de vélos est maintenant épuisée. Difficilement, cette fois-ci, en traînant plutôt qu’en soulevant, il s’approche de la porte la plus proche. Pendant ce temps, Annik récupère le dernier vélo laissé, plus loin, contre un mur. On est à l’intérieur et on sourit.

Si vous pensez que l’histoire fini là, vous nous connaissez mal. On est pas dans le bon wagon. Il faut donc passer trois longs compartiments, remplis de monde, pour atteindre le nôtre. Il est hors de question de laisser les vélos à l’entrée, le souriant chef de train nous le rappelle gentiment. De toute façon, on doit garder un œil sur les vélos. Avec les 25 arrêts à venir, on se lèvera pas, à chaque fois, pour arpenter les wagon et vérifier que nos vélos sont toujours là. Aussi bien s’inscrire à un marathon, parce qu’on serait pas souvent assis.

Avec ce plan bizarre, on est la cible de tout les regards. On bouge tout notre « stock » à travers les wagon, et un sac de vélo ça passe pas facilement dans l’allée centrale.

Ça leur tentait pas d’entrer dans le bon wagon les idiots du village?

On porte le plus d’attention possible à ne pas déranger les clients, mais il reste que faire un si grand nombre d’aller-retour avec des paquets aussi peu pratique fait jaser. Il y a évidement les désagréables, qui par principe, refusent de se rentrer le coude ou bouger la moindre parcelle de leur univers pour nous accommoder. Il y a aussi les curieux qui nous regardent avec étonnement et finalement ceux qui veulent nous parler, mais avec qui nous ne pouvons qu’échanger quelques mots dans une langue qu’on ne connaît pas bien.

Un bonne trentaine de minutes plus tard, complètement trempé de sueur, on s’assois avec tout notre matériel à distance de vue.

Dans les quelques heures qui nous retiennent dans le train, on discute de nos aventures absolument ridicules d’hier, rigole sur le fait que tant qu’on est pas en Croatie, tout peut encore arriver et que finalement on a hâte de passer au beau temps et en mode bonheur. Les derniers jours ont été plus pénibles qu’on aurait voulu et on prendrait bien un « break » de courir après notre queue.

Dans le train, on s’affaire à trouver un hôtel ou un camping ayant comme simples attributs d’être à une distance qui ne nécessiterait pas la visite d’un aéroport et qui n’a pas le prix d’un gros porteur. Il s’avère, qu’Ancone n’a n’y un ni l’autre. On est à nouveau placé devant un problème qui consiste à brûler une quantité considérable d’argent sans en retirer vraiment de plaisir ou d’essayer de fuir à un autre endroit. Tout ce qu’on cherche à faire, c’est de rester une nuit ici pour ensuite prendre le traversier pour Split demain soir. On est si focusé à prendre le bateau dans 24 heures, qu’on oublie qu’il y en a un autre ce soir. Quelques minutes avant que le train arrive, on réalise finalement qu’on doit partir ce soir; traverser la Mer Adriatique dans le prochain bateau. On aura peu de temps; ce sera encore une corse folle.

On quitte le train, remonte nos vélos et attache notre matériel dans un temps record. Sur la rue, on s’informe immédiatement du chemin à prendre pour les traversier. Information reçu, nous voilà à rouler sur la route en suivant les indications qui sont, malgré tout, pas trop mal. Assez rapidement, on se retrouve devant cette affiche qui nous invite à monter sur ce qui semble une autoroute surélevée. On hésite. On décide de prendre une chance et on s’y engage. La route est effectivement une autoroute, mais comme nous sortons à la prochaine sortie et que le bas côté est très large, on fait sembler d’ignorer le problème. Au bâtiment de service, beaucoup trop grand pour les services rendus, on s’informe, prend acte du 450€ que ça prend pour une couchette, discute, débat sur les moyens pour ne pas dépenser cette somme, envisage de dormir sur le pont…non pas avec deux enfants… On se décide pour la dépense, quel autre option avons nous de toute façon?

Les billet acquis pour 349€ grâce au rabais enfants, on monte sur nos bécanes. On a pas de temps à perdre à moins de 30 minutes du départ. Les indications obtenues sont confuses. On hésite et choisi de suivre les voitures. Le bateau se trouve derrière un dédale de rues et de bâtiments. On pédale le plus vite possible. Dans notre hâte, on réussi tout de même à trouver la guérite qui donne sur la section du port accueillant le traversier. C’est vrai! Il y a des contrôles de douane ici, la Croatie est une petite nouvelle de l’Union Européenne. Le garde frontière nous regarde, et décide que ça lui tente de jaser. Nous, on veut juste « pogner » notre bateau…on est sur le gros nerfs bonhomme! Il n’a véritablement aucune intention de nous causer problème, mais ça lui tente de nous raconter une histoire fascinante. Le monsieur connaît quelqu’un, qui a déjà vu à la télé une personne qui racontait avoir entendu parlé de Toronto dans un livre…. QUE C’EST INTÉRESSANT!

La rencontre d’un touriste résulte invariablement en la recherche de choses qui pourraient nous rapprocher…c’est la nature humaine. Dans le cas qui nous importe ici, ce qui nous rapprocherais, c’est que tu nous laisse passer avant le départ! Un gros coup d’étampe dans nos passeport, on nous voilà devant le bateau. À moins d’une catastrophe, on sera en Croatie demain!

Pour prendre le bateau, vous devez toujours payer environ 15-20€ pour vos vélos. Par contre, quand vient le temps de vous fournir un endroit « qui se peut » pour ranger ceux-ci, on vous dirige vers l’endroit le moins susceptible de pouvoir les accueillir. Pas une seule fois,dans les quatres traversiers prit depuis le début du voyage, on a déposé les bécanes dans quelque chose qui ressemblait à un « rack » à vélo. Ici, on nous pointe une porte, on y entre et découvre un espace de rangement ou s’empile boîtes de carton, pièces de remplacement et un établi empli de cochonneries. On saute par dessus les obstacles et tente de faire tenir nos vélos sur une pile quelconque. Au moins ici, il sont à l’abris des regards. Il est à gager, que même les employés ignorent l’existence de cette pièce.

Des mois de voyage nous on mît beaucoup plus à l’aise avec l’idée de laisser nos sacs sans surveillance. On se contente donc d’amener l’essentiel pour la nuit. Pour le reste, tout restera sur les vélos. On prend possession de notre cabine. Rien de spacieux mais propre. Le bateau date des années 80. Une visite sur le pont vous ramène à une époque où écouter la télé se faisait encore avec un « Jerold » et ou un groupe rock devait avoir du maquillage. Dans notre cabine, la salle de bain nous offre un spectacle unique. Comment entrer, lavabo, toilette et douche dans une boîte d’allumette? La seule solution logique est de…mettre la toilette dans la douche, et c’est exactement ce qu’ils ont fait. Si vous voulez vous soulager et ensuite prendre une douche, plus besoin de se baisser les culottes deux fois: un véritable bonheur! Patrick tente l’expérience et constate que toute bonne idée n’est pas toujours bonne à répéter. Il y a quand même des limites à vouloir faire deux choses en même temps.

On s’attend à de la houle cette nuit, le vent est fort. On visite le bateau en tentant de rester debout tellement le bâtiment tangue. On se laisse tenter par une bouteille de vin au restaurant, qui contrairement à nos craintes, reste abordable. Les bateau de nuit comme ceux-ci, cherchent leur identité. Sont-il des bateau de croisière ou de simples traversiers? Sera-t’il cool ou simplement pratique? Celui penche définitivement vers le bateau de croisière mais sans la masse critique pour rendre l’expérience intéressante.

Les restaurants sont vide ou presque et le bar présente un spectacle. Celui-ci est si pénible que même boire un coup ne diminue en rien l’extrême douleur ressentie à l’écoute du talentueux clavieriste. On s’assoie tout de même et considère la possibilité d’y assister plus longuement. Ça c’était jusqu’au moment où le chanteur, qui par ailleurs a une belle voix,
commence à chanter du Julio Eglesias sous le sons d’une bande préenregistrée agrémentée de ses propres notes de piano. Au départ, on le trouve un peu « off », mais après un moment, on devient convaincu d’une chose….il ne sait pas jouer le piano. On cherche l’harmonie, on prie pour trouver le lien au rythme…rien…absolument rien. Il donne littéralement l’impression de frapper sur son clavier en espérant qu’on s’en apercevra pas. Enough! Tant qu’à saigner des oreilles, on va aller vomir dans nos chambres. De toute façon, n’est-ce pas ce qui nous attend avec toute cette houle?

Bonne nuit.

Jour 125 – Venise – Notre pire journée du voyage.

2 Septembre 2014
Départ Basovissa, Italie (Vélo) pour Trieste, Italie
Départ de Trieste, Italie (Train) pour Venise, Italie
Départ de Venise, Italie (Train) pour Dolo, Italie

Départ de la ville de Basovizza près de la frontière Slovène. On a espoir de se rendre en Croatie aujourd’hui. On reste au lit assez longuement sans pour autant dormir sur nos deux oreilles. Le curé zélé de la municipalité nous fait le plaisir de commencer à faire sonner ses cloches aux 15 minutes et de jouer Bohemian Rapsody à la cloche toute les heures (mais c’est quoi l’affaire? « We get the point »! Il y a personne à ta messe et tu cherche à nous le rappeler?

Au pied de notre lit après avoir jeté un œil dehors… Il vente à écorner les bœuf et il pleut. Ça regarde mal pour notre périple. On se lève pour traverser de notre building jusqu’à un autre l’autre côté de la rue ou on sert notre déjeuner inclu. À notre sortie, on part presqu’à pleurer. Il fait probablement 10 degrés et c’est honnêtement le pire temps depuis nos premiers jours en mai dernier. Si on était à Québec, on se roulerait dans une grosse « doudou », se louerait deux films avec le ferme intention de pas mettre le pied dehors.

Selon notre « planning », on devrait traverser la Slovénie aujourd’hui et arriver éventuellement à Rijeka en Croatie. La dame à l’accueil nous annonce que ce temps de chien devrait accabler toute la région pour encore une semaine… On est simplement à « boutte »…complètement à « boutte »!!! Toute l’idée derrière la Croatie, est d’avoir du beau temps et il fait probablement plus beau autour du cercle polaire.

L’autre chose qui nous met dans le doute c’est le terrain entre ici et notre objectif; de quoi parle t’on exactement? Est-ce que ça monte ou descend? Peut-être un peu des deux? On en sait rien. Il vaut mieux vérifier tout ça et explorer nos options.

Annik et Patrick s’assoient dans le Lobby et regarde de leur options;

– Rester ici, et dépenser une fortune la nuit prochaine à l’hôtel.
– Maintenir le cap, faire 60 kilomètres vers Rijeka sous la pluie et des vents violents. Maintenant qu’on a regardé les données, on devra monter plus de 1000 mètres avant de redescendre vers la côte. Dans ces conditions météo, c’est pas évident.
– Se planter sur le bord de la route, attendre une autobus, et espérer un miracle qui nous permettrait d’y entrer 4 vélos, direction Rijeka.
– Redescendre à Trieste, y rester une nuit et prendre le Ferry pour le nord de la Grèce demain soir (voyage de 36 heures).
– Retourner à Trieste, prendre le train vers Venise et un autre pour Ancône. De là, prendre le traversier pour aller à Split en Croatie (l’autre côté de la Mer Adriatique)
– Retourner sur nos pas des deux derniers jours, prendre le train pour Zagreb et ensuite pour la côte croate.

On discute avec les enfants, et à la lumière de la mauvaise temperature à venir dans la région, on prend la décision de donner un coup de fouet… Ce sera un voyage vers Venise aujourd’hui. Tant qu’à y passer, c’est impossible de ne pas y arrêter. On fera donc un arrêt sur place pour une à deux nuits.

Après un dernier moment d’hésitation, on décide finalement de commencer la descente vers Trieste, littéralement vers notre point d’arrivé d’hier; la gare de la ville. On en a déjà parlé, mais on ne réalise pas toujours l’ampleur d’une monté… avant de la descendre. On se doutait que c’était une des plus haute qu’on avait fait, mais on le confirme maintenant; une descente de 1250 mètres. Avec les autres pentes montés et descendus dans la journée d’hier, il est certain qu’on a battu solidement notre ancien record. On estime que 1400 à 1500 mètres ont été monté hier. Dire qu’il y a quelques mois, lors de nos premières montés en Espagne, 250-300 mètres dans la journée tirait les larmes des enfants. Impressionnant n’est-ce pas?

À la gare, on fait les derniers préparatifs pour notre départ pour Venise. Le train part dans 20 minutes et on se sent prêt pour le défi. Patrick court vers le guichet et après trois machines qui ne veulent pas prendre sa carte, il obtient les billets. Annik, pendant ce temps, passe à l’épicerie d’à côté et ramasse un lunch dans quelques courtes minutes. On roule tous avec nos vélos sur le quai (à bas les règles!) et se rend au bout d’un long train pour y entrer nos vélos… Tout roule #1

Dans le train, tout le monde relaxe en attendant l’arrivée. Malheureusement le ciel est encore gris; on va commencer à croire qu’un nouvelle ère glacière a commencé.

VENISE L’ARRIVÉE – Note globale 10/10

On entre en ville à bord du train et s’arrête à la belle gare de Venise. Dès qu’on met le nez dehors, on reconnaît bien l’endroit; Un grand canal devant nous, un pont typique en arche, des bâtiments les pieds dans l’eau et du monde partout. On s’attendait évidement à de larges foules. On a aucun problème avec ça, parce qu’au fond, on sait que dans un endroit comme celui-ci c’est leur pain et leur beurre. On prend quelques photos…sans notre caméra…mais avec un iPod. (Vous vous rappellerez sa mort il y a quelques jours) Notre plan pour les prochaines heures; se brancher à Internet, retirer de sous, et se trouver un hôtel pour les 2 prochaines nuits.

Vous êtes vous déjà senti comme un chien dans un jeu de quille. Nous, avec nos vélos chargés à bloc, on ne peut pas être plus chien, et Venise, plus quille. Dans les prochaines heures, malgré la foule, nous ne verrons qu’un seul autre vélo, celui d’un enfant de 3 ans. Il faut savoir que sur cette série d’îles que forme Venise, tous les canaux sont séparés par des centaines de petits ponts voûtés munis d’escalier. Absolument le contraire de ce qui convient aux vélos. On a simplement pas rapport là! Il va falloir faire avec.

VENISE L’INTERNET ET L’HÔTEL: Note globale 9/10 (-1)

Trouver un fournisseur d’Internet n’a pas été trop compliqué mais un hôtel, un paquet de trouble. On s’assoit à une terrasse, vous l’aurez deviné, hors de prix, et se met à la recherche d’une option qui convient à la classe moyenne. Être quatre dans la ville de l’amour n’est pas idéal pour votre porte-feuille. L’autre problème, est qu’avec nos vélos on ne peut tout simplement pas se permettre de passer par dessus 30-40 ponts pour s’y rendre. (Plusieurs minutes par ponts pour gravir les escaliers) C’est deux choses compliquent énormément notre sélection. On commence déjà à penser que des vélos sur l’archipel n’est peut être pas l’idée du siècle.

Après près de 2 heures, on fini par accepter de payer près de 500$ pour deux nuit dans un endroit qui ne semble pas nécessiter le passage de nombreux ponts.

VENISE – MALADIE MENTALE DOUBLE – Note globale 7/10 (-2)

Encore au bar et sur le point de partir, on est victime d’une grande malade. Nous avons spécifiquement choisi cette terrasse, parce qu’elle est légèrement à l’écart et qu’on a pu y mettre nos vélos sur une des rares sections de mur disponibles. Ici, tout est à l’étroit, et trouver suffisamment d’espace pour y « accoter » quatre vélos tout en y gardant un œil est difficile. Donc, nos bécanes sont devant nous de l’autre côté de la rue. On les a placé de chaque côté de portes donnant sur la rue. Par manque d’espace, une petit partie de la roue d’un vélo est devant la porte. À un certain moment, une dame âgée sort et Mika, voyant que ça pouvait l’empêcher de sortir complètement librement, s’offre pour bouger le vélo. La vielle dame refuse; il y a amplement de place pour passer. Mais voilà, que sa sœur jumelle méchante arrive et veut entrer. (elle est pas jumelle du tout, elle n’a même pas le même âge)

La porte est légèrement couverte par la roue. Ça nous fera plaisir de déplacer nos choses si elle le veut. Mais à la lumière de sa demande mais surtout à la manière…on a soudainement pas trop le goût de collaborer. Madame se met à crier, les bras dans les airs. Son mari avec elle, ont le voit, trouve sa réaction un peu exagéré. Elle veut pouvoir être en mesure d’entrer un cachalot par sa porte en tout circonstance, et présentement, c’est évidement impossible. Annik se lève, et lui dit;

Avec un beau sourire comme ça, ça nous fera plaisir madame!

Elle n’aime pas son humour parce qu’elle vient de monter de niveau. Elle passe de fâché à enragé. Les propriétaires du bar se regardent, les clients observent et en reviennent tout simplement pas de la scène. On se battra pas avec elle, et de tout façon, on veut pas avoir de « marde ». Par contre, on accepte pas de se faire traiter comme des mongoles. On se lève, et elle n’arrête pas.

Patrick, un peu moins conciliant avec les niaiseries, est un peu « tanné » de se faire gueuler après au moment où il déplace le vélo. Il s’arrête et la regarde.

Do you know how ridiculous you are?.. Franky your just an idiot!

Elle aime pas ça du tout la madame. Elle continu et continu. Tant qu’à se faire gueuler après, on va s’amuser. Patrick déplace son velo, et sous ses cris, feint de le déplacer directement à l’intérieur…son mari la « pogne » par le bras’ parce qu’elle est sur le bord d’exploser, et la tire à l’intérieur avant qu’elle commente un meurtre.

On se rassoit au bar. Tous ces gens de la terrasse, et de différentes nationalités, connaissent le signe universelle qui consiste à tourner sa main sur le côté de sa tête; c’est une folle. Plusieurs d’entre eux nous font des signes d’approbation pour notre gestion de la crise. Wow, c’était intense!

On décide de partir pour se diriger lentement vers notre hôtel. Il y a beaucoup de monde et on marche donc à côté de nos vélos. Notez bien la dernière phrase parce qu’elle est importante…

Il y a beaucoup de monde et on marche donc à côté de nos vélos

On sait utiliser notre jugement et sommes très respectueux. (De gens qui ne nous crient pas après) Si il y a du monde, comme presque partout ici, on marche évidement à côté de nos vélos, de toute façon, rouler ici est impossible. Nous avons par contre deux enfants, et bien qu’ils n’enfourchent pas les bécanes, il est possible qu’ils mettent leur pied sur une pédale et se pousse comme sur un skate (Quand l’espace le permet) On virera pas fou. Hé bien, on le sait pas encore, mais rouler à vélo ici est strictement interdit, et le règlement est sous la surveillance de milliers de personnes spécialement formées par la Gestapo. Le moindre manquement à cette règle vous place en danger de mort.

Au départ, Mika a le malheur de placer son pied sur sa pédale, sans même y monter, et honnêtement, il avance moins vite qu’un piéton. (Il est en arrière de nous qui marche de tout façon). Le pauvre petit se fait engueuler. À vrai dire, se fait crier après d’une manière incroyablement violente. Les cris de l’homme se rapproche d’une sirène anti-aérienne; une réaction complètement démesurée pour le reproche. Avec ces deux débiles en 5 minutes, on regarde l’homme tout rouge, part à rire, et quitte…en marchant,

VENISE – PAS DE VÉLOS – Note globale 6/10 (-1)

On le sais déjà, monter sur son vélo ici est passible de la peine de mort. Par contre, rouler dans un stationnement au côté de voitures qui circulent semble logique non?

On tente à tout prix d’éviter les ponts piétonniers. On fait donc de grands détours dont on vous évite les détails. Ceci étant dit, ces manœuvres nous amènent à nous retrouver dans la seule partie de la ville qui accueille les voitures. On navigue donc entre les voitures pour se rendre le plus près possible du pont piétonnier où nous devrons gravir nos premières escaliers. Le pont en question est environ 50 pieds du stationnement. On ne se formalise donc pas d’y rouler sans descendre de nos vélo. De toute facon, il y a énormément d’espace et peu de gens ici. En plus, on s’entend, qu’on voit des voitures rouler à quelques mètres.

Ben non! La Gestapo est au aguet. On se fait apostropher pour une deuxième fois. On a beau essayer d’expliquer que, si il se la fermait une seconde , que dans trois pieds on aurait descendu de nos vélos. Trois pieds, c’est trois pieds de trop! On commence à être un peu échaudé par le manque de politesse. On vous jure que si vous nous laissez pas tranquille, on va se terrer dans notre chambres pour la nuit… Vous aurez plus de problème avec nous; famille de hooligans sanguinaires.

VENISE – Signalisation merdique- Note globale 5/10 (-1)

Essayer pas de vous retrouver ici, les indications sont difficile à suivre et, ça c’est pas de leur faute, mais l’endroit est vachement mélangeant. On pourrait vraiment faire mieux, mais comme on commence à être un peu à bout, on enlevé un point de plus à Venise!

VENISE – PLUS D’HÔTEL – Note globale 2/10 (-2)
On se rend finalement à l’hotel, qui est rien d’autre qu’un appartement. Ne pensez pas qu’on y rentre comme on veut, parce qu’on est sur le point de rencontrer un responsable qui écoute la télévision et qui a pas le goût de se faire déranger. Dès l’ouverture de la porte, il a l’attitude de gars, qui se poignait le « péteux »et qui se fait déranger ENCORE par un maudit client (c’est tu « tannant » des clients!). Ces premières paroles, avant même les salutations d’usage.

TROU DUQ

Les vélos, il faut aller les porter à la gare, ça n’entre pas ici!

NOUS

Ok…mais on pourrait les entrer dans nos sacs. C’est comme un bagage normale

Quand tu parle à un attardé, qui veut pas t’écouter, c’est pas mal difficile d’aller loin avec ça. On continue de lui exposer la situation, qu’un sac avec un vélo c’est une sac et qu’à la rigueur si tu pas ce qu’il y a dedans, tu pense que c’est un gros sac. Après lui avoir répété plusieurs fois les même faits, il s’arrête et dit…(quel connard)

MEGA TROU DUQ

Oui mais…vous savez qu’après 19:00, il y un frais supplémentaire de 20€?

Hey le « tarla »! Jusqu’à maintenant, tu t’enligne pour pas avoir de clients « pantoute », pis là, tu veux nous charger un autre 20€… C’est vrai, à 19 heures , les gens arrêtent de vivre parce que ta grosse face à goût de se la pogner!

Le plus gentiment possible, on ignore ce qu’il vient de nous dire et lui redemande qu’est-ce qu’on fait avec les vélos?…

ULTRA MEGA SUPER EXTRA TROU DUQ

Mettez les dans les sacs, et on verra ensuite si je vous autorise à les monter.

Wooooo…ben c’est le « boutte »! Il est 8 heures et on a deux enfants qui attendent dans le noir sur le trottoir. Toi, pendant que tu va bouffer ton popcorn, nous les épais, on va défaire nos 4 vélos, les mettre dans des sacs et attendre que tu nous donne ton verdict de Dieu de l’Univers Intersidéral? Une fois, que ça sera fait et qu’on y aura mit les dernières énergies qui nous reste, quoi d’autres? Tu va nous demander 25€ par vélo pour le désagrément causé au Pacha? No way! Ça vient de finir ici!

NOUS

Tu nous prend comme ça ou tu garde ton appart!

1er TROU DUC DU MONDE

Ça m’est égale, rester à mes conditions ou partez

NOUS

C’est bon, t’aura pas unE cenne de nous autre!

C’est comme ça que quelqu’un a décidé, en tout bonne conscience, de laisser une famille au complet sur le trottoir parce qu’il voulait pas s’enlever le petit doigt d’où on pense..incroyable!

VENISE – ULTIME AFFRONT 0/10 (-1)
Si vous pensez que ça conclu notre liste de déficient de la journée, vous n’avez pas rencontrer le dernier.

Donc, nous sommes sans logis dans une ville pas fait pour les vélos. Rappelez-vous que nous sommes dans un quartier atteint parce qu’on a gravi, on ne sait combien de ponts piétonniers. On a pas mangé et il est plus que 8 heure et on sait encore moins ou on couche…

On arrête sur la rue, s’assoie par terre, et mange un morceau pendant qu’on cherche des alternatives pour le dodo. C’est pas mêlant, des hôtels, il en a encore moins que tout à l’heure…on est dans la « schnoutte ». Au moment où on on réalise qu’on va peut être devoir quitter définitivement avant minuit, on entend;

C’est pas un air de pic-nic ici, allez vous en!

Un homme au dessus de nous, à la fenêtre, vient d’émettre son opinion définitive et sans appel. S’en est trop pour Annik! Elle te l’enligne et lui dit;

Pense ce que tu veux, on reste ici! On sera parti dans 10 minutes!

Il est pas d’accord le monsieur, et il commence à s’énerver! Patrick, qui est accoter contre le mur et n’a pas encore vu l’homme, lui lance

Que c’est terrible! Pourquoi tu n’appellerais pas la police?

Ça, il aimes pas ça beaucoup plus. Il nous menace d’appeler la police pour vrai…oooooooohhhh, on a peur! Être sur la rue, est maintenant un crime sans nom. On a atteint notre « top », et lui, il va payer pour les autres… Patrick se lève, et l’engueule solide.

On a pas de place à coucher ce soir, « faque sacre » nous patience…

Et là, la métamorphose a lieu. La plus ignoble des personnes vient de se révéler. De toute notre vie on a jamais vu une personne aussi dégoûtante.

AAAAahhh, vous avez pas de place pour rester, avez vous de l’argent?

Ben oui espèce d’épais, on a plus d’argent en équipement sur nos vélos que dans ton appartement minable de « looser »! Qu’est ce que tu pense?

Dans ce cas là, je peux vous aider…

Là, tu viens pas de t’adresser au bon gars! Même si il fallait que qu’on « tente » dans la rue, on voudrait pas de ton aide espèce d’opportuniste répugnant. Il y a deux minutes, tu voulais nous faire brûler vif tellement ont t’importunait et maintenant tu vois une opportunité d’affaire? Mais qu’elle genre de merdeux es-tu?

Après une longue liste de méchancetés bien enfilés, Annik et Patrick se regarde et se disent à l’unisson;

La visite de Venise est fini, on part ce soir!

On ramasse nos affaires, refait le chemin contraire et se rend à la gare. Une fois à proximité dans la grande place devant la station, on embarque sur les vélos et roule malgré la règle qui nous l’interdit. Les trains ne roulent pas la nuit en Italie, on a pas de temps à perdre.

Veuillez descendre de vos vélo immédiatement!

On a pas de temps à perdre avec leurs conneries, on a un train a prendre! On lui lance;

Call the cops!

On roule sans mentir, un maximum de 200 mètres dans une grande place où peu de gens se trouvent maintenant. On commence les recherches pour trouver un endroit à aller et où on pourrait dormir…et voilà pas que la « police » du bicycle qui vient nous écœurer… elle nous a suivi jusqu’ici. Vous avez pas des jobs vous autres, une œuvre de charité à vous occuper, des petits enfants? Mais qu’est-ce que vous avez tous? On s’en va… On vous écœura plus jamais! Malgré tout, elle est la, prêt à nous faire la morale.

Elle là, elle ne sait pas reconnaître une situation explosive!

Annik, est près à l’écouter, mais Patrick, n’a absolument plus la patience pour entendre une seule niaiserie de la journée. Malheureusement, et c’est ça la vie, des fois on en a assez. Elle n’a probablement pas aimé la suite de ses paroles. N’empêche, vous avez pas mieux à faire?

On prend le train, en direction de la seule destination restante, et se jure de ne plus jamais remettre les pieds dans cet endroit. À Dolo, on loue une chambre pour la nuit, et pour la première fois de la journée, on rencontre des gens gentils qui ne peuvent pas se permettre de cracher dans la main qui les nourrit.

Bonne nuit.

Note 1
On comprend la perspective des habitants de Venise qui sont submergés de touristes à l’année longue. Par contre, leur petite île, elle aurait l’air d’une « dump » si tous ces gens ne venaient pas y dépenser des sommes considérables. Vous-pensez que c’est quoi vos alternatives au tourisme? Construire une aluminerie? C’était peut-être un erreur d’y aller en vélo, et nous nous sommes peut être emporté par moment à force de harcèlement, mais Venise nous laisse un goût amer. Voyager 6 mois nous a appris qu’on n’accepterait pas de se faire traiter sans respects. La fierté, veut parfois dire se donner du « trouble » pour la garder. En partant d’ici, on dit qu’on accepte pas d’être des lavettes.

Note 2
Mika se demande si l’eau de Venise est salé. C’est la mer ou une rivière? Sans demander la permission, il s’y plonge le doigt et y goute. Quand il apprend que les égouts de Venise sont pas les plus étanches du monde, il se visualise déjà avec une diarrhée explosive. Soyez assuré que c’est la dernière fois qu’il goute de l’eau d’un cour d’eau sans s’informer!

Jour 124 – Un café italien et atteindre la Slovénie

1er Septembre 2014
Dormi à Udine, Italie (Train) vers Trieste, Italie

On est de retour en Italie et on est si heureux. Malgré une grande proximité géographique entre l’Autriche et Udine en Italie, c’est deux mondes absolument et complètement différents. C’est difficile de s’expliquer pourquoi tout semble si différent à tout les niveaux et les causes de tout ça. C’est drôle comment on s’en souvenait plus, mais aujourd’hui, on préfère l’Italie à l’Allemagne et l’Autriche.

Malgré nos espoirs de beau temps, il faudra encore attendre parce que c’est pluvieux. « Who cares? » On est en route pour la Croatie, il devrait faire beau!

On a un déjeuner inclu à l’hôtel, on descend donc au restaurant du premier étage, le même qu’hier soir. On ne repassera pas sur la description exhaustive de l’endroit parce qu’on croit en avoir assez fait dans le « post » d’hier. Par contre, on doit vous parler du déjeuner le plus copieux qu’on a vu depuis des lunes. Dès le départ, nous sommes conquis par la présence d’un grille-pain. On en avait pas vu depuis des mois, mais depuis 3-4 jours, on en est à notre deuxième apparition. Avec tant de signes, si il y avait un dieux « toasteur », nous serions maintenant des convertis (Pour les besoins de la cause, nous appellerons ce dieu: Cora Déesse du Déjeuner.

Cora nous remercie copieusement çe matin, puisqu’on mange des toasts, du jambons, des crêpes et à peu près tout ce que la terre à offrir. Comme hier, la propriétaire est présente et elle nous fait de fabuleuses façons. Elle semble obnubilée par tant de beauté (on extrapole évidement) . La serveuse, elle aussi super sympathique, nous prépare les meilleurs chocolat chaud « ever », et c’est pas des blagues! C’est à ce moment que Patrick entends, venant des cieux, les paroles d’une autre déesse, la Mégantiçoise Andréanna la Notarius. Elle lui rappelle qu’on ne peut pas finir sa vie et rejoindre les sages au Panthéon du Pain Doré sans avoir bu, au moins une fois dans sa vie, un expresso italien. Patrick, ayant cessé d’en boire depuis presque 5 ans, et n’ayant pas mit les lèvres sur le délicieux nectar depuis, sent l’appel. Abandonner toute ses anciennes convictions pour toucher le nirvâna? Que faire? La tentation est trop grande!

Une petit main levée, l’attention de l’ange du capucino attiré, une commande de café et finalement une tasse de café devant soit, Patrick admire la douce mousse du breuvage l’appeler tel un nuage dans les cieux. Mika, Annik et Océanne, sachant très bien qu’il brise un ancien vœux sont sur le gros nerf.

T’es sûr que tu veux faire ça?

Je recommence pas à prendre de l’héroïne quand même!

Il dépose ses lèvres, et déguste. Soudainement dans un tunnel, il revoit sa vie; de vielles images de cafetières dégoûtantes du Cégep explosant et de café aromatisé « au Irish Cream » dans une tasse croutée « flashent » devant ses yeux. Il faut bien revoir les démons du passée pour atteindre une nouvelle plénitude. Boom, c’est fait! Le bonheur est atteint…

J’ai bu mon café italien, mais seulement pour aujourd’hui. Merci Andréanne.

On quitte, non avant d’essayer de communiquer avec la propriétaire qui vient voir Océanne, lui caresse les cheveux en disant;

Bella, bella!

Vous n’aurez jamais vu un peuple aussi tactile et aussi expressif face à la beauté. C’est vraiment remarquable (elle est quand même jolie notre grande Océanne!)

À la gare, on cherche un moyen de se diriger vers la Croatie. On fait le tour des infos disponibles et réalise qu’on devra commencer par descendre au sud, à Triestre avant la frontière slovène. De là, il n’y a apparemment que deux façons de rejoindre la Croatie. Ou bien prendre l’autobus (pourrons nous amener nos vélos?) ou pédaler à travers la cinquante de kilomètre de Slovénie entre l’Italie et la Croatie. Rien ne nous indique qu’elle sera la solution avant d’arriver à Trieste. On est prêt à se jeter dans le vide, les risques ne sont pas tellement grand!

Le train est dans environ une heures et on attend sur le quai. Mika, qui adore montrer qu’il est fort, pousse les vélos complètement chargés des parents en haut des escaliers (Il est vraiment fort comme un bœuf). On attend notre train. Il arrive, quelque minutes plus tard en nous, passant devant le visage assez lentement pour qu’on puisse identifier le « wagon à vélo » en queue de convoie. On y accourt… pour trouver des portes barrées! On se regarde quelques secondes se demandant quoi faire… On repart à courir dans l’autre direction, en panique, se disant qu’il y a peut être un autre compartiment à l’avant du train; qui sait? À quelque wagon de l’autre bout, on sent la soupe chaude. Tout le monde est maintenant à l’intérieur du train, et nous, on est toujours dehors! Finalement, un préposé saute de la locomotive, et avec le sourire, nous informe qu’on était au bon endroit et qu’elle nous ouvrira. Fiouuuu!

Court voyage et arrivée à Tierste. On est sur le bord de la mer Adriatique et le vent est très violent. Depuis nos premiers jours sur la côte française, en mai dernier, on a pas vu de vents comme ceux-ci. Inévitablement, le temps est frais (et c’est une grosse déception pour nous) . Enfin, la Croatie nous attend n’est pas? Pas si vite papillon, va sera pas facile… pas du tout!

On mange à la gare et se met à la recherche d’une solution pour traverser en Croatie. En effet, pour une raison qu’on ignore, les trains italiens s’arrêtent ici et pour se rendre à la première ville d’importance en Croatie, le train n’est pas un option.

À 2 heures, on part le chronomètre. Combien de temps ça prendra pour trouver une solution. À cet heure, absolument tout les magasins sont fermés et pas moyen d’avoir une carte de la région. Sans internet, on doit se fier au seules info. sur les affiches. Patrick a un « flash ». Peut être un ferry?

3:00
Plusieurs kilomètres de vélos plus tard, suivant la côte, on arrive au port. En cherchant le ferry, on s’adresse à deux employés du port qui nous pointent le bas d’une rue où se trouverait un bateau pour la Grèce… Seulement pour la Grèce? Il nous informe aussi que des autobus partent pour la Croatie tous les jours…. La gare d’autobus est juste à côté de la gare de train…exactement d’où on arrive.

3:15
Il n’y a que des départs pour la Grèce ici!

3:45
Retour à la gare de train. Elle est où la maudite gare d’autobus? elle est absolument introuvable. Imaginez-vous donc, que dans un building en réparation et qui a l’air franchement abandonné, elle est là la gare; Endroit super crade! On s’informe et nous indique que c’est peu probable que le chauffeur veuille accepter les vélos. Si il n’y a pas trop de monde, peut être accepterait-il, à sa discrétion et au prix qu’il décidera, de nous prendre. Aussi bien prévoir de se faire voler! De toute façon, il faudra attendre quelques minutes avant le départ de 4:30 pour savoir. On jette un coup d’œil à la foule à côté du bus et on devient convaincu qu’on va prendra l’autobus. (Il y a bien trop de monde) en étudiant la carte de la région, on décide de faire la route en vélo. Sortir de la ville semble simple; quelques kilomètres seulement. De la frontière avec la Slovénie jusqu’à celle de la Croatie, il n’y a que 32 kilomètres. Malgré l’heure tardive, tout ça semble faisable.

4:15
On part. La carte que nous possédons ne couvre que l’ensemble de la Croatie. Autant dire que la partie dédiée à Trieste tiens sur le bout d’un pouce…et c’est exactement le problème…on voit pas les détails de la ville. On tente de sortir de la ville pendant presqu’une heure trente mais n’arrive pas trouver la bonne voie. Il y a deux sorties vers la Slovénie, et pour atteindre celle qui convient, on tourne en rond. Faire du surplace ici, veut aussi dire monter, et monter et monter encore, parce que la ville est construite sur une série de montagnes; très demandant comme terrain!

17:15
On est désespéré. Près de 25 kilomètres en ville et on y est toujours…sans la moindre idée comment en sortir. C’est vraiment comme dans « Traboulidon »! (référence à une vielle émission jeunesse). On s’arrête et s’informe auprès d’un groupe dans un petit bar minable. Sans aucune langue commune, il tente de nous expliquer où aller . À deux pas, il y a un tunnel. C’est apparemment le seul passage pour se rendre sur la route recherchée… Pas surprenant qu’on réussi pas à sortir d’ici!

17:45
On est sur la bonne route, le tunnel est dernière nous et on est au moins sur le bon chemin. On a aucune idée du type de terrain que l’on rencontrera. On est sur le point d’avoir une mauvaise surprise.

18:00
Ça fait quinze minutes qu’on monte. On est toujours en ville sans la moindre indication que ça va « slaquer »

18:30
On arrête à une station service pour s’assurer que les 45 minutes de monté qu’on vient de faire sont dans la bonne direction. (Pas d’Internet ou de cartes c’est de la « marde »). On est encore sur le bon chemin, mais depuis le tunnel la pente s’accentue et continue de plus belle.

19:15
Une heure trente qu’on pédale en montant, et on ne blague pas, il n’y avait aucun plat nul part. On est toujours à 4km de la frontière avec la Slovénie et on s’inquiète de la suite… À gauche, un petit village où on décide d’arrêter pour voir…ou dormir. Les dernières heures nous ont épuisé. On reste ici ce soir. Le vent se lève, la noirceur arrive et il n’y aucune chance de se rendre en Croatie aujourd’hui. Si on devait se rendre en Slovénie, trouverions-nous un hôtel? La chambre ici, est très très cher mais on a pas le choix.

20:45
Dans notre lit, on écoute Super Tennis, une chaîne qui ne passe que d’anciens matches de tennis de toutes les époques (c’est de la spécialité rare) Contrairement à nos postes de sport qui payent les droits des Canadiens beaucoup trop cher et qui doivent en parler 23 heures sur 24 pour rentabiliser l’investissement, les canaux d’ici ont de la variété; On regarde une compétition de pigeon d’argile…(pas fameux à la télé) et un match de volleyball où le Canada se fait « torcher » par les russes.

On s’endort tous un après l’autre très rapidement. On convient qu’en voyage, on contrôle pas tout, et qu’aujourd’hui, on s’attendait pas du tout à ça!

Note: Demain matin, après vérifications, on constate qu’on a monté plus de 1,400 mètres; de loin notre record.