Jour 126 – Enfin le traversier pour la Croatie

3 Septembre 2014
Départ Dolo, Italie (Train) – Arrivé Ancona, Italie

On vient de se lever à Dolo et sommes content de prendre excellent petit déjeuner. Patrick annonce à Annik, que lorsqu’elle dormait, il a « pogné » la météo à la télévision et qu’on est victime d’un mauvais sort. La carte européenne est absolument emplie de beau temps…sauf pour les Balkans et l’Italie. Ces deux régions subissent un système dépressionnaire qui durera plusieurs jours!! C’est à croire, qu’à vouloir avoir du beau temps, on nous donne le contraire!

Quoi qu’il en soit, on désire se rendre à Ancona en Italie, où nous pourrions prendre un traversier pour Split en Croatie. C’est notre plan d’aujourd’hui.

Pourquoi en sommes nous là? Hé bien, malgré toute nos bonnes intentions, on fait parfois des erreurs de jugement, ou du moins, des erreurs d’appréciation. Lors de notre départ d’Autriche, nous aurions pu prendre un train pour Zagreb en Croatie. C’est loin de la côte et ça nous semblait plus approprié de descendre jusqu’à Trieste en Italie pour rejoindre le nord de la Croatie. Ce que nous ne réalisions pas complètement à ce moment, est que la première option, malgré des apparences de détour, aurait été la plus simple et la plus abordable. Voyez la différence.

Option 1 (tout en train)
Autriche – Zagreb(Croatie) – Rijeka (Croatie) – Split (Croatie)

Réalité
Autriche – Train vers Udine (Italie) – Train vers Trieste (Italie) – Vélo vers Basovizza (Italie) – retour en vélo vers Trieste (italie) – Train vers Venise – Train vers Dolo – train vers Acona (Italie) – Ferry pour Split (Croatie)

Pas besoin de vous dire que l’itinéraire réel a amené son lot de frustration… et on a pas encore rendu. Plusieurs se demanderont; pourquoi tant d’efforts pour aller à cet endroit en particulier? Vous pourrez certainement apprécier, qu’après près de 35 jours de « mauvais temps », on veut finir le voyage en beauté avec, idéalement, quelques couleurs au visage. La Croatie est moins chère, et voyager 6 mois prend beaucoup beaucoup d’argent. On a besoin de réduire un peu les dépenses. L’autre raison, c’est que la Grèce, c’est dans le sud, et si on veut si rendre avant la fin du voyage, il faut commencer la descente maintenant.

On se retrouve donc dans cette petite gare avec seul service, une machine à billet. Comme d’habitude, trouver un moyen d’amener les vélos avec nous est la complication qui nécessite généralement l’aide d’un préposé en chair et en os. On a pas cette chance ici.

On commence d’abord par considérer tout les trains qui sont dotés d’un compartiment à vélos. On regarde toutes les options possibles, et à notre grand désespoir, pour arriver à Ancona, il faut passer par trois des plus grandes villes d’Italie, faire cinq transferts et rouler un total de 30 heures…Ça, c’est si on ignore qu’on remplirait probablement nos cartes de crédit pour accomplir le voyage. On est sans mots! On se regarde, et on en revient pas… On s’est ramassé ici, et le « Traboulidon » nous a rattrapé. On se gratte la tête longuement. On considère même de retourner à Venise pour y prendre un bateau. On regarde les possibilités du côté des autobus, et simplement une longue route par vélos. Il y a simplement pas de bonnes options…

Finalement, on allume! On a été si gâté par les trains depuis un moment, qu’on a oublié qu’on pouvait simplement « mettre les vélos en sac ». Tout ça nous ouvre de nombreuses possibilités parce qu’on peut maintenant embarquer dans n’importe qu’elle train. (Des fois, on se trouve épais!)

Le train est dans deux heures, et il nous amène directement à Ancona où nous devrions pouvoir dormir et prendre le traversier le lendemain soir. Au moins, on serait près du but.

En attendant, on doit s’occuper dans un endroit qui n’a absolument rien de Walt Disney. Les gares de campagne en Italie sont affreusement dégradées et mal entretenues. À leur défense, ce serait comme si on devait entretenir toutes les anciennes gares de tous les petits villages du Québec, nous qui les avons abandonné depuis longtemps. On se rabat donc sur le bar/restaurant près de la gare pour y passer le temps. Qui espère toujours de l’excellente bouffe en Italie, n’a jamais mit les pieds là. Le cuisinier nous annonce qu’il a deux délicieux repas au menu; du macaroni et du poulet. Ce sera deux assiette de chaque. Avec sa commande, monsieur repart à la cuisine avec sa belle camisole blanche tachée et pleine de sueur. On préfère ne pas voir la cuisine! La bouffe est absolument dégoûtante; du poulet mal cuit et des macaronis trop cuits. À croire qu’il a inversé les « timers » lors de la cuisson.

On quitte pour la gare avec le plaisir de ne plus avoir faim, mais avec l’arrière goût d’avoir « mangé » une facture beaucoup trop salée. N’empêche, le train arrive, on y monte tout notre stock et se dirige vers une gare à 30 minutes où le train pour Ancona nous attend. Sur place, on fait face à une foule dense qui se déplace sur les quais. La sortie et difficile mais la suite sera encore plus compliqué.

Cette fois-ci, on a tout de même la chance de trouver un vieux panier d’épicerie abandonné sur le quai d’arrivé. Il nous servira bien pour les déplacements de nos sacs. Ça nous prendra toute l’aide nécessaire parce qu’il y a plusieurs handicaps à surmonter ici. D’abord, le train n’arrête qu’un court 4 minutes et nous n’avons pas la moindre idée de l’endroit où notre wagon s’arrêtera. Advienne que pourra, le mot d’ordre est simple; si on est au mauvais endroit (loin du wagon 8), on monte tout simplement notre matériel et les vélos dans le wagon le plus proche. La famille s’occupe des sacs et papa des vélos. Le train ralenti, mais on arrive à voir les numéros de wagon qu’une fois le train presque arrêté. Merde! On est devant le 3ème wagon. Mais de quel côté est le wagon 8? Patrick, dans son étonnement, décide de prendre trois vélos en bandoulière et se dirige vers la droite en marchant le plus vite possible. Il franchi la distance du wagon devant lui pour finalement s’apercevoir, que dans cette direction, il trouvera seulement le #3. Dans la surprise et sous l’adrénaline, il repart dans l’autre direction pour apercevoir la famille, qui conscient du problème, monte s’implement le « stock » dans « l’anti-chambre » du wagon 4. Lui est encore loin, parce que faire une longueur de wagon avec trois vélos sur les épaules, c’est pas mal plus long qu’on pense. Il a pas trop réfléchi, parce que toute l’énergie qu’il avait pour lever autant de vélos est maintenant épuisée. Difficilement, cette fois-ci, en traînant plutôt qu’en soulevant, il s’approche de la porte la plus proche. Pendant ce temps, Annik récupère le dernier vélo laissé, plus loin, contre un mur. On est à l’intérieur et on sourit.

Si vous pensez que l’histoire fini là, vous nous connaissez mal. On est pas dans le bon wagon. Il faut donc passer trois longs compartiments, remplis de monde, pour atteindre le nôtre. Il est hors de question de laisser les vélos à l’entrée, le souriant chef de train nous le rappelle gentiment. De toute façon, on doit garder un œil sur les vélos. Avec les 25 arrêts à venir, on se lèvera pas, à chaque fois, pour arpenter les wagon et vérifier que nos vélos sont toujours là. Aussi bien s’inscrire à un marathon, parce qu’on serait pas souvent assis.

Avec ce plan bizarre, on est la cible de tout les regards. On bouge tout notre « stock » à travers les wagon, et un sac de vélo ça passe pas facilement dans l’allée centrale.

Ça leur tentait pas d’entrer dans le bon wagon les idiots du village?

On porte le plus d’attention possible à ne pas déranger les clients, mais il reste que faire un si grand nombre d’aller-retour avec des paquets aussi peu pratique fait jaser. Il y a évidement les désagréables, qui par principe, refusent de se rentrer le coude ou bouger la moindre parcelle de leur univers pour nous accommoder. Il y a aussi les curieux qui nous regardent avec étonnement et finalement ceux qui veulent nous parler, mais avec qui nous ne pouvons qu’échanger quelques mots dans une langue qu’on ne connaît pas bien.

Un bonne trentaine de minutes plus tard, complètement trempé de sueur, on s’assois avec tout notre matériel à distance de vue.

Dans les quelques heures qui nous retiennent dans le train, on discute de nos aventures absolument ridicules d’hier, rigole sur le fait que tant qu’on est pas en Croatie, tout peut encore arriver et que finalement on a hâte de passer au beau temps et en mode bonheur. Les derniers jours ont été plus pénibles qu’on aurait voulu et on prendrait bien un « break » de courir après notre queue.

Dans le train, on s’affaire à trouver un hôtel ou un camping ayant comme simples attributs d’être à une distance qui ne nécessiterait pas la visite d’un aéroport et qui n’a pas le prix d’un gros porteur. Il s’avère, qu’Ancone n’a n’y un ni l’autre. On est à nouveau placé devant un problème qui consiste à brûler une quantité considérable d’argent sans en retirer vraiment de plaisir ou d’essayer de fuir à un autre endroit. Tout ce qu’on cherche à faire, c’est de rester une nuit ici pour ensuite prendre le traversier pour Split demain soir. On est si focusé à prendre le bateau dans 24 heures, qu’on oublie qu’il y en a un autre ce soir. Quelques minutes avant que le train arrive, on réalise finalement qu’on doit partir ce soir; traverser la Mer Adriatique dans le prochain bateau. On aura peu de temps; ce sera encore une corse folle.

On quitte le train, remonte nos vélos et attache notre matériel dans un temps record. Sur la rue, on s’informe immédiatement du chemin à prendre pour les traversier. Information reçu, nous voilà à rouler sur la route en suivant les indications qui sont, malgré tout, pas trop mal. Assez rapidement, on se retrouve devant cette affiche qui nous invite à monter sur ce qui semble une autoroute surélevée. On hésite. On décide de prendre une chance et on s’y engage. La route est effectivement une autoroute, mais comme nous sortons à la prochaine sortie et que le bas côté est très large, on fait sembler d’ignorer le problème. Au bâtiment de service, beaucoup trop grand pour les services rendus, on s’informe, prend acte du 450€ que ça prend pour une couchette, discute, débat sur les moyens pour ne pas dépenser cette somme, envisage de dormir sur le pont…non pas avec deux enfants… On se décide pour la dépense, quel autre option avons nous de toute façon?

Les billet acquis pour 349€ grâce au rabais enfants, on monte sur nos bécanes. On a pas de temps à perdre à moins de 30 minutes du départ. Les indications obtenues sont confuses. On hésite et choisi de suivre les voitures. Le bateau se trouve derrière un dédale de rues et de bâtiments. On pédale le plus vite possible. Dans notre hâte, on réussi tout de même à trouver la guérite qui donne sur la section du port accueillant le traversier. C’est vrai! Il y a des contrôles de douane ici, la Croatie est une petite nouvelle de l’Union Européenne. Le garde frontière nous regarde, et décide que ça lui tente de jaser. Nous, on veut juste « pogner » notre bateau…on est sur le gros nerfs bonhomme! Il n’a véritablement aucune intention de nous causer problème, mais ça lui tente de nous raconter une histoire fascinante. Le monsieur connaît quelqu’un, qui a déjà vu à la télé une personne qui racontait avoir entendu parlé de Toronto dans un livre…. QUE C’EST INTÉRESSANT!

La rencontre d’un touriste résulte invariablement en la recherche de choses qui pourraient nous rapprocher…c’est la nature humaine. Dans le cas qui nous importe ici, ce qui nous rapprocherais, c’est que tu nous laisse passer avant le départ! Un gros coup d’étampe dans nos passeport, on nous voilà devant le bateau. À moins d’une catastrophe, on sera en Croatie demain!

Pour prendre le bateau, vous devez toujours payer environ 15-20€ pour vos vélos. Par contre, quand vient le temps de vous fournir un endroit « qui se peut » pour ranger ceux-ci, on vous dirige vers l’endroit le moins susceptible de pouvoir les accueillir. Pas une seule fois,dans les quatres traversiers prit depuis le début du voyage, on a déposé les bécanes dans quelque chose qui ressemblait à un « rack » à vélo. Ici, on nous pointe une porte, on y entre et découvre un espace de rangement ou s’empile boîtes de carton, pièces de remplacement et un établi empli de cochonneries. On saute par dessus les obstacles et tente de faire tenir nos vélos sur une pile quelconque. Au moins ici, il sont à l’abris des regards. Il est à gager, que même les employés ignorent l’existence de cette pièce.

Des mois de voyage nous on mît beaucoup plus à l’aise avec l’idée de laisser nos sacs sans surveillance. On se contente donc d’amener l’essentiel pour la nuit. Pour le reste, tout restera sur les vélos. On prend possession de notre cabine. Rien de spacieux mais propre. Le bateau date des années 80. Une visite sur le pont vous ramène à une époque où écouter la télé se faisait encore avec un « Jerold » et ou un groupe rock devait avoir du maquillage. Dans notre cabine, la salle de bain nous offre un spectacle unique. Comment entrer, lavabo, toilette et douche dans une boîte d’allumette? La seule solution logique est de…mettre la toilette dans la douche, et c’est exactement ce qu’ils ont fait. Si vous voulez vous soulager et ensuite prendre une douche, plus besoin de se baisser les culottes deux fois: un véritable bonheur! Patrick tente l’expérience et constate que toute bonne idée n’est pas toujours bonne à répéter. Il y a quand même des limites à vouloir faire deux choses en même temps.

On s’attend à de la houle cette nuit, le vent est fort. On visite le bateau en tentant de rester debout tellement le bâtiment tangue. On se laisse tenter par une bouteille de vin au restaurant, qui contrairement à nos craintes, reste abordable. Les bateau de nuit comme ceux-ci, cherchent leur identité. Sont-il des bateau de croisière ou de simples traversiers? Sera-t’il cool ou simplement pratique? Celui penche définitivement vers le bateau de croisière mais sans la masse critique pour rendre l’expérience intéressante.

Les restaurants sont vide ou presque et le bar présente un spectacle. Celui-ci est si pénible que même boire un coup ne diminue en rien l’extrême douleur ressentie à l’écoute du talentueux clavieriste. On s’assoie tout de même et considère la possibilité d’y assister plus longuement. Ça c’était jusqu’au moment où le chanteur, qui par ailleurs a une belle voix,
commence à chanter du Julio Eglesias sous le sons d’une bande préenregistrée agrémentée de ses propres notes de piano. Au départ, on le trouve un peu « off », mais après un moment, on devient convaincu d’une chose….il ne sait pas jouer le piano. On cherche l’harmonie, on prie pour trouver le lien au rythme…rien…absolument rien. Il donne littéralement l’impression de frapper sur son clavier en espérant qu’on s’en apercevra pas. Enough! Tant qu’à saigner des oreilles, on va aller vomir dans nos chambres. De toute façon, n’est-ce pas ce qui nous attend avec toute cette houle?

Bonne nuit.

Jour 125 – Venise – Notre pire journée du voyage.

2 Septembre 2014
Départ Basovissa, Italie (Vélo) pour Trieste, Italie
Départ de Trieste, Italie (Train) pour Venise, Italie
Départ de Venise, Italie (Train) pour Dolo, Italie

Départ de la ville de Basovizza près de la frontière Slovène. On a espoir de se rendre en Croatie aujourd’hui. On reste au lit assez longuement sans pour autant dormir sur nos deux oreilles. Le curé zélé de la municipalité nous fait le plaisir de commencer à faire sonner ses cloches aux 15 minutes et de jouer Bohemian Rapsody à la cloche toute les heures (mais c’est quoi l’affaire? « We get the point »! Il y a personne à ta messe et tu cherche à nous le rappeler?

Au pied de notre lit après avoir jeté un œil dehors… Il vente à écorner les bœuf et il pleut. Ça regarde mal pour notre périple. On se lève pour traverser de notre building jusqu’à un autre l’autre côté de la rue ou on sert notre déjeuner inclu. À notre sortie, on part presqu’à pleurer. Il fait probablement 10 degrés et c’est honnêtement le pire temps depuis nos premiers jours en mai dernier. Si on était à Québec, on se roulerait dans une grosse « doudou », se louerait deux films avec le ferme intention de pas mettre le pied dehors.

Selon notre « planning », on devrait traverser la Slovénie aujourd’hui et arriver éventuellement à Rijeka en Croatie. La dame à l’accueil nous annonce que ce temps de chien devrait accabler toute la région pour encore une semaine… On est simplement à « boutte »…complètement à « boutte »!!! Toute l’idée derrière la Croatie, est d’avoir du beau temps et il fait probablement plus beau autour du cercle polaire.

L’autre chose qui nous met dans le doute c’est le terrain entre ici et notre objectif; de quoi parle t’on exactement? Est-ce que ça monte ou descend? Peut-être un peu des deux? On en sait rien. Il vaut mieux vérifier tout ça et explorer nos options.

Annik et Patrick s’assoient dans le Lobby et regarde de leur options;

– Rester ici, et dépenser une fortune la nuit prochaine à l’hôtel.
– Maintenir le cap, faire 60 kilomètres vers Rijeka sous la pluie et des vents violents. Maintenant qu’on a regardé les données, on devra monter plus de 1000 mètres avant de redescendre vers la côte. Dans ces conditions météo, c’est pas évident.
– Se planter sur le bord de la route, attendre une autobus, et espérer un miracle qui nous permettrait d’y entrer 4 vélos, direction Rijeka.
– Redescendre à Trieste, y rester une nuit et prendre le Ferry pour le nord de la Grèce demain soir (voyage de 36 heures).
– Retourner à Trieste, prendre le train vers Venise et un autre pour Ancône. De là, prendre le traversier pour aller à Split en Croatie (l’autre côté de la Mer Adriatique)
– Retourner sur nos pas des deux derniers jours, prendre le train pour Zagreb et ensuite pour la côte croate.

On discute avec les enfants, et à la lumière de la mauvaise temperature à venir dans la région, on prend la décision de donner un coup de fouet… Ce sera un voyage vers Venise aujourd’hui. Tant qu’à y passer, c’est impossible de ne pas y arrêter. On fera donc un arrêt sur place pour une à deux nuits.

Après un dernier moment d’hésitation, on décide finalement de commencer la descente vers Trieste, littéralement vers notre point d’arrivé d’hier; la gare de la ville. On en a déjà parlé, mais on ne réalise pas toujours l’ampleur d’une monté… avant de la descendre. On se doutait que c’était une des plus haute qu’on avait fait, mais on le confirme maintenant; une descente de 1250 mètres. Avec les autres pentes montés et descendus dans la journée d’hier, il est certain qu’on a battu solidement notre ancien record. On estime que 1400 à 1500 mètres ont été monté hier. Dire qu’il y a quelques mois, lors de nos premières montés en Espagne, 250-300 mètres dans la journée tirait les larmes des enfants. Impressionnant n’est-ce pas?

À la gare, on fait les derniers préparatifs pour notre départ pour Venise. Le train part dans 20 minutes et on se sent prêt pour le défi. Patrick court vers le guichet et après trois machines qui ne veulent pas prendre sa carte, il obtient les billets. Annik, pendant ce temps, passe à l’épicerie d’à côté et ramasse un lunch dans quelques courtes minutes. On roule tous avec nos vélos sur le quai (à bas les règles!) et se rend au bout d’un long train pour y entrer nos vélos… Tout roule #1

Dans le train, tout le monde relaxe en attendant l’arrivée. Malheureusement le ciel est encore gris; on va commencer à croire qu’un nouvelle ère glacière a commencé.

VENISE L’ARRIVÉE – Note globale 10/10

On entre en ville à bord du train et s’arrête à la belle gare de Venise. Dès qu’on met le nez dehors, on reconnaît bien l’endroit; Un grand canal devant nous, un pont typique en arche, des bâtiments les pieds dans l’eau et du monde partout. On s’attendait évidement à de larges foules. On a aucun problème avec ça, parce qu’au fond, on sait que dans un endroit comme celui-ci c’est leur pain et leur beurre. On prend quelques photos…sans notre caméra…mais avec un iPod. (Vous vous rappellerez sa mort il y a quelques jours) Notre plan pour les prochaines heures; se brancher à Internet, retirer de sous, et se trouver un hôtel pour les 2 prochaines nuits.

Vous êtes vous déjà senti comme un chien dans un jeu de quille. Nous, avec nos vélos chargés à bloc, on ne peut pas être plus chien, et Venise, plus quille. Dans les prochaines heures, malgré la foule, nous ne verrons qu’un seul autre vélo, celui d’un enfant de 3 ans. Il faut savoir que sur cette série d’îles que forme Venise, tous les canaux sont séparés par des centaines de petits ponts voûtés munis d’escalier. Absolument le contraire de ce qui convient aux vélos. On a simplement pas rapport là! Il va falloir faire avec.

VENISE L’INTERNET ET L’HÔTEL: Note globale 9/10 (-1)

Trouver un fournisseur d’Internet n’a pas été trop compliqué mais un hôtel, un paquet de trouble. On s’assoit à une terrasse, vous l’aurez deviné, hors de prix, et se met à la recherche d’une option qui convient à la classe moyenne. Être quatre dans la ville de l’amour n’est pas idéal pour votre porte-feuille. L’autre problème, est qu’avec nos vélos on ne peut tout simplement pas se permettre de passer par dessus 30-40 ponts pour s’y rendre. (Plusieurs minutes par ponts pour gravir les escaliers) C’est deux choses compliquent énormément notre sélection. On commence déjà à penser que des vélos sur l’archipel n’est peut être pas l’idée du siècle.

Après près de 2 heures, on fini par accepter de payer près de 500$ pour deux nuit dans un endroit qui ne semble pas nécessiter le passage de nombreux ponts.

VENISE – MALADIE MENTALE DOUBLE – Note globale 7/10 (-2)

Encore au bar et sur le point de partir, on est victime d’une grande malade. Nous avons spécifiquement choisi cette terrasse, parce qu’elle est légèrement à l’écart et qu’on a pu y mettre nos vélos sur une des rares sections de mur disponibles. Ici, tout est à l’étroit, et trouver suffisamment d’espace pour y « accoter » quatre vélos tout en y gardant un œil est difficile. Donc, nos bécanes sont devant nous de l’autre côté de la rue. On les a placé de chaque côté de portes donnant sur la rue. Par manque d’espace, une petit partie de la roue d’un vélo est devant la porte. À un certain moment, une dame âgée sort et Mika, voyant que ça pouvait l’empêcher de sortir complètement librement, s’offre pour bouger le vélo. La vielle dame refuse; il y a amplement de place pour passer. Mais voilà, que sa sœur jumelle méchante arrive et veut entrer. (elle est pas jumelle du tout, elle n’a même pas le même âge)

La porte est légèrement couverte par la roue. Ça nous fera plaisir de déplacer nos choses si elle le veut. Mais à la lumière de sa demande mais surtout à la manière…on a soudainement pas trop le goût de collaborer. Madame se met à crier, les bras dans les airs. Son mari avec elle, ont le voit, trouve sa réaction un peu exagéré. Elle veut pouvoir être en mesure d’entrer un cachalot par sa porte en tout circonstance, et présentement, c’est évidement impossible. Annik se lève, et lui dit;

Avec un beau sourire comme ça, ça nous fera plaisir madame!

Elle n’aime pas son humour parce qu’elle vient de monter de niveau. Elle passe de fâché à enragé. Les propriétaires du bar se regardent, les clients observent et en reviennent tout simplement pas de la scène. On se battra pas avec elle, et de tout façon, on veut pas avoir de « marde ». Par contre, on accepte pas de se faire traiter comme des mongoles. On se lève, et elle n’arrête pas.

Patrick, un peu moins conciliant avec les niaiseries, est un peu « tanné » de se faire gueuler après au moment où il déplace le vélo. Il s’arrête et la regarde.

Do you know how ridiculous you are?.. Franky your just an idiot!

Elle aime pas ça du tout la madame. Elle continu et continu. Tant qu’à se faire gueuler après, on va s’amuser. Patrick déplace son velo, et sous ses cris, feint de le déplacer directement à l’intérieur…son mari la « pogne » par le bras’ parce qu’elle est sur le bord d’exploser, et la tire à l’intérieur avant qu’elle commente un meurtre.

On se rassoit au bar. Tous ces gens de la terrasse, et de différentes nationalités, connaissent le signe universelle qui consiste à tourner sa main sur le côté de sa tête; c’est une folle. Plusieurs d’entre eux nous font des signes d’approbation pour notre gestion de la crise. Wow, c’était intense!

On décide de partir pour se diriger lentement vers notre hôtel. Il y a beaucoup de monde et on marche donc à côté de nos vélos. Notez bien la dernière phrase parce qu’elle est importante…

Il y a beaucoup de monde et on marche donc à côté de nos vélos

On sait utiliser notre jugement et sommes très respectueux. (De gens qui ne nous crient pas après) Si il y a du monde, comme presque partout ici, on marche évidement à côté de nos vélos, de toute façon, rouler ici est impossible. Nous avons par contre deux enfants, et bien qu’ils n’enfourchent pas les bécanes, il est possible qu’ils mettent leur pied sur une pédale et se pousse comme sur un skate (Quand l’espace le permet) On virera pas fou. Hé bien, on le sait pas encore, mais rouler à vélo ici est strictement interdit, et le règlement est sous la surveillance de milliers de personnes spécialement formées par la Gestapo. Le moindre manquement à cette règle vous place en danger de mort.

Au départ, Mika a le malheur de placer son pied sur sa pédale, sans même y monter, et honnêtement, il avance moins vite qu’un piéton. (Il est en arrière de nous qui marche de tout façon). Le pauvre petit se fait engueuler. À vrai dire, se fait crier après d’une manière incroyablement violente. Les cris de l’homme se rapproche d’une sirène anti-aérienne; une réaction complètement démesurée pour le reproche. Avec ces deux débiles en 5 minutes, on regarde l’homme tout rouge, part à rire, et quitte…en marchant,

VENISE – PAS DE VÉLOS – Note globale 6/10 (-1)

On le sais déjà, monter sur son vélo ici est passible de la peine de mort. Par contre, rouler dans un stationnement au côté de voitures qui circulent semble logique non?

On tente à tout prix d’éviter les ponts piétonniers. On fait donc de grands détours dont on vous évite les détails. Ceci étant dit, ces manœuvres nous amènent à nous retrouver dans la seule partie de la ville qui accueille les voitures. On navigue donc entre les voitures pour se rendre le plus près possible du pont piétonnier où nous devrons gravir nos premières escaliers. Le pont en question est environ 50 pieds du stationnement. On ne se formalise donc pas d’y rouler sans descendre de nos vélo. De toute facon, il y a énormément d’espace et peu de gens ici. En plus, on s’entend, qu’on voit des voitures rouler à quelques mètres.

Ben non! La Gestapo est au aguet. On se fait apostropher pour une deuxième fois. On a beau essayer d’expliquer que, si il se la fermait une seconde , que dans trois pieds on aurait descendu de nos vélos. Trois pieds, c’est trois pieds de trop! On commence à être un peu échaudé par le manque de politesse. On vous jure que si vous nous laissez pas tranquille, on va se terrer dans notre chambres pour la nuit… Vous aurez plus de problème avec nous; famille de hooligans sanguinaires.

VENISE – Signalisation merdique- Note globale 5/10 (-1)

Essayer pas de vous retrouver ici, les indications sont difficile à suivre et, ça c’est pas de leur faute, mais l’endroit est vachement mélangeant. On pourrait vraiment faire mieux, mais comme on commence à être un peu à bout, on enlevé un point de plus à Venise!

VENISE – PLUS D’HÔTEL – Note globale 2/10 (-2)
On se rend finalement à l’hotel, qui est rien d’autre qu’un appartement. Ne pensez pas qu’on y rentre comme on veut, parce qu’on est sur le point de rencontrer un responsable qui écoute la télévision et qui a pas le goût de se faire déranger. Dès l’ouverture de la porte, il a l’attitude de gars, qui se poignait le « péteux »et qui se fait déranger ENCORE par un maudit client (c’est tu « tannant » des clients!). Ces premières paroles, avant même les salutations d’usage.

TROU DUQ

Les vélos, il faut aller les porter à la gare, ça n’entre pas ici!

NOUS

Ok…mais on pourrait les entrer dans nos sacs. C’est comme un bagage normale

Quand tu parle à un attardé, qui veut pas t’écouter, c’est pas mal difficile d’aller loin avec ça. On continue de lui exposer la situation, qu’un sac avec un vélo c’est une sac et qu’à la rigueur si tu pas ce qu’il y a dedans, tu pense que c’est un gros sac. Après lui avoir répété plusieurs fois les même faits, il s’arrête et dit…(quel connard)

MEGA TROU DUQ

Oui mais…vous savez qu’après 19:00, il y un frais supplémentaire de 20€?

Hey le « tarla »! Jusqu’à maintenant, tu t’enligne pour pas avoir de clients « pantoute », pis là, tu veux nous charger un autre 20€… C’est vrai, à 19 heures , les gens arrêtent de vivre parce que ta grosse face à goût de se la pogner!

Le plus gentiment possible, on ignore ce qu’il vient de nous dire et lui redemande qu’est-ce qu’on fait avec les vélos?…

ULTRA MEGA SUPER EXTRA TROU DUQ

Mettez les dans les sacs, et on verra ensuite si je vous autorise à les monter.

Wooooo…ben c’est le « boutte »! Il est 8 heures et on a deux enfants qui attendent dans le noir sur le trottoir. Toi, pendant que tu va bouffer ton popcorn, nous les épais, on va défaire nos 4 vélos, les mettre dans des sacs et attendre que tu nous donne ton verdict de Dieu de l’Univers Intersidéral? Une fois, que ça sera fait et qu’on y aura mit les dernières énergies qui nous reste, quoi d’autres? Tu va nous demander 25€ par vélo pour le désagrément causé au Pacha? No way! Ça vient de finir ici!

NOUS

Tu nous prend comme ça ou tu garde ton appart!

1er TROU DUC DU MONDE

Ça m’est égale, rester à mes conditions ou partez

NOUS

C’est bon, t’aura pas unE cenne de nous autre!

C’est comme ça que quelqu’un a décidé, en tout bonne conscience, de laisser une famille au complet sur le trottoir parce qu’il voulait pas s’enlever le petit doigt d’où on pense..incroyable!

VENISE – ULTIME AFFRONT 0/10 (-1)
Si vous pensez que ça conclu notre liste de déficient de la journée, vous n’avez pas rencontrer le dernier.

Donc, nous sommes sans logis dans une ville pas fait pour les vélos. Rappelez-vous que nous sommes dans un quartier atteint parce qu’on a gravi, on ne sait combien de ponts piétonniers. On a pas mangé et il est plus que 8 heure et on sait encore moins ou on couche…

On arrête sur la rue, s’assoie par terre, et mange un morceau pendant qu’on cherche des alternatives pour le dodo. C’est pas mêlant, des hôtels, il en a encore moins que tout à l’heure…on est dans la « schnoutte ». Au moment où on on réalise qu’on va peut être devoir quitter définitivement avant minuit, on entend;

C’est pas un air de pic-nic ici, allez vous en!

Un homme au dessus de nous, à la fenêtre, vient d’émettre son opinion définitive et sans appel. S’en est trop pour Annik! Elle te l’enligne et lui dit;

Pense ce que tu veux, on reste ici! On sera parti dans 10 minutes!

Il est pas d’accord le monsieur, et il commence à s’énerver! Patrick, qui est accoter contre le mur et n’a pas encore vu l’homme, lui lance

Que c’est terrible! Pourquoi tu n’appellerais pas la police?

Ça, il aimes pas ça beaucoup plus. Il nous menace d’appeler la police pour vrai…oooooooohhhh, on a peur! Être sur la rue, est maintenant un crime sans nom. On a atteint notre « top », et lui, il va payer pour les autres… Patrick se lève, et l’engueule solide.

On a pas de place à coucher ce soir, « faque sacre » nous patience…

Et là, la métamorphose a lieu. La plus ignoble des personnes vient de se révéler. De toute notre vie on a jamais vu une personne aussi dégoûtante.

AAAAahhh, vous avez pas de place pour rester, avez vous de l’argent?

Ben oui espèce d’épais, on a plus d’argent en équipement sur nos vélos que dans ton appartement minable de « looser »! Qu’est ce que tu pense?

Dans ce cas là, je peux vous aider…

Là, tu viens pas de t’adresser au bon gars! Même si il fallait que qu’on « tente » dans la rue, on voudrait pas de ton aide espèce d’opportuniste répugnant. Il y a deux minutes, tu voulais nous faire brûler vif tellement ont t’importunait et maintenant tu vois une opportunité d’affaire? Mais qu’elle genre de merdeux es-tu?

Après une longue liste de méchancetés bien enfilés, Annik et Patrick se regarde et se disent à l’unisson;

La visite de Venise est fini, on part ce soir!

On ramasse nos affaires, refait le chemin contraire et se rend à la gare. Une fois à proximité dans la grande place devant la station, on embarque sur les vélos et roule malgré la règle qui nous l’interdit. Les trains ne roulent pas la nuit en Italie, on a pas de temps à perdre.

Veuillez descendre de vos vélo immédiatement!

On a pas de temps à perdre avec leurs conneries, on a un train a prendre! On lui lance;

Call the cops!

On roule sans mentir, un maximum de 200 mètres dans une grande place où peu de gens se trouvent maintenant. On commence les recherches pour trouver un endroit à aller et où on pourrait dormir…et voilà pas que la « police » du bicycle qui vient nous écœurer… elle nous a suivi jusqu’ici. Vous avez pas des jobs vous autres, une œuvre de charité à vous occuper, des petits enfants? Mais qu’est-ce que vous avez tous? On s’en va… On vous écœura plus jamais! Malgré tout, elle est la, prêt à nous faire la morale.

Elle là, elle ne sait pas reconnaître une situation explosive!

Annik, est près à l’écouter, mais Patrick, n’a absolument plus la patience pour entendre une seule niaiserie de la journée. Malheureusement, et c’est ça la vie, des fois on en a assez. Elle n’a probablement pas aimé la suite de ses paroles. N’empêche, vous avez pas mieux à faire?

On prend le train, en direction de la seule destination restante, et se jure de ne plus jamais remettre les pieds dans cet endroit. À Dolo, on loue une chambre pour la nuit, et pour la première fois de la journée, on rencontre des gens gentils qui ne peuvent pas se permettre de cracher dans la main qui les nourrit.

Bonne nuit.

Note 1
On comprend la perspective des habitants de Venise qui sont submergés de touristes à l’année longue. Par contre, leur petite île, elle aurait l’air d’une « dump » si tous ces gens ne venaient pas y dépenser des sommes considérables. Vous-pensez que c’est quoi vos alternatives au tourisme? Construire une aluminerie? C’était peut-être un erreur d’y aller en vélo, et nous nous sommes peut être emporté par moment à force de harcèlement, mais Venise nous laisse un goût amer. Voyager 6 mois nous a appris qu’on n’accepterait pas de se faire traiter sans respects. La fierté, veut parfois dire se donner du « trouble » pour la garder. En partant d’ici, on dit qu’on accepte pas d’être des lavettes.

Note 2
Mika se demande si l’eau de Venise est salé. C’est la mer ou une rivière? Sans demander la permission, il s’y plonge le doigt et y goute. Quand il apprend que les égouts de Venise sont pas les plus étanches du monde, il se visualise déjà avec une diarrhée explosive. Soyez assuré que c’est la dernière fois qu’il goute de l’eau d’un cour d’eau sans s’informer!