Jour 127 – Croatie baby!

4 Septembre 2014, Split, Croatie

On se lève tôt, et non, la houle n’a fait vomir personne cette nuit. Par contre au matin, on comprend mieux la présence de la toilette à l’intérieur de la douche. Si il y a trop de vagues et que vous êtes malade; agenouillez-vous simplement devant la « bol », et partez-vous une bonne douche. Les débordements autour de la toilette seront lavés au fur et à mesure de leur sortie; utile et l’agréable, n’est-ce pas?

Dans un traversier de nuit comme celui-ci, le sommeil n’est pas mauvais, mais on a tout de même l’impression d’être coupé du monde. On se retrouve littéralement dans un boîte de sardine, le moment de la journée ne peut être deviné, ni par le bruit, ni par la lumière. Par manque d’habitude, ça empêche les parents de dormir sur leurs deux oreilles. Manquerions nous l’arrivé au port? Surtout que dans ce cas, on devrait être sur le quai tôt le matin; un peu avant 7 heures. Évidement, ce genre de craintes est absolument infondées puisqu’à partir de 6 heures, un haut-parleur nous rappelle que déjeuner est le plus important repas de la journée. Par conséquent, vous devez vous lever… bande de lâches. D’ailleurs, on vous le rappellera toutes les 3 minutes, dans 14 langues différentes jusqu’à ce que vous soyez levé, en fil à la cafétéria, et à genoux devant le proposé en le suppliant de prendre votre 37$ pour une toast et un verre d’eau…la seul condition? Mon dieu, arrêtez ce haut-parleur!

Quoi qu’il en soit, on se retrouve sur le quai, le sourire aux lèvres! ON EST EN CROATIE! (Split). De quoi à l’air cet endroit? Sur le bord de la mer bien sûr! Le terrain est aride mais il y a beaucoup de verdure. La vue est magnifique avec son arrière plan des montagnes qu’on imaginait un peu plus petites et une ville remplie de maisons blanches, résultat de l’utilisation de la pierre typique de la région. Pour l’heure, on ne sait rien de plus. On a faim. N’a t’on pas toute la journée de toute façon?

Les habituels achats de cartes cellulaires pour l’Internet et le déjeuner nous amènent à la mi-journée. Entre temps, on a pu faire une visite de surface de la vielle ville où se trouve des bâtiments antiques datant de plus de 1500 ans. Jusqu’à maintenant, on aime vraiment beaucoup.

On ère un peu sans but et visite la ville avec l’idée de se louer un appartement. Avec notre expérience fortuite de Venise où on nous a refusé l’accès, on se dit qu’on devrait aller voir l’emplacement d’une possible location. Comme la ville est très dense, on essai de se trouver un endroit qui aurait un minimum de potentiel pour y accueillir nos vélos. On fait donc un arrêt à une première adresse, puis à une deuxième, pour finalement statuer sur celle-ci. On prend notre réservation et donnons rendez-vous aux propriétaires dans les prochaines heures pour la prise de possession.

En attendant, on descend sur le bord de mer qui a des ressemblances avec certains endroits d’Italie. Peu de sable, plutôt des petites roches quand plage il y a, et beaucoup, beaucoup de grands cailloux. Comme on est en ville, tout ceci est aménagé à grands coups de petits trottoirs de béton pour que les gens en profitent.

Sur la route, on rencontre un Alen et sa femme, tout deux, d’Angleterre. Alen, en particulier, veut tout savoir sur notre voyage. Il est un passionné de vélo et aimerais partir avec nous. Pendant un long moment, on a beaucoup de plaisir à jaser avec lui. Il promet de nous suivre sur notre blog pour le reste du voyage. (Il va trouver notre français un peu « abrupte »)

Marchant sur le bord de mer, on remarque plusieurs choses particulières; d’abord, la baignade ici, c’est comme le hockey chez nous. Il ont ça dans le sang. Ça peut se voir par la qualité de la nage des très nombreuses personnes âgés qui viennent passer leur temps libre sur la côte. Il a un « vibe » super ici et les gens sont relaxe. Évidement, on apprivoise les sonorités d’une toute nouvelle langue (le croate). Elle a des sonorités un peu russe, et toute ces personnes ont des discussions autour de nous. C’est très différent pour nous et on écoute avec attention tout ces nouveaux sons.

Bientôt, on aperçoit quelque chose qui changera la vie des enfants; une apparition pour leurs petits yeux, leur rappelant que le monde est un endroit magnifique. Sur les vagues, à moins de 100 pieds, se trouve une grande structure gonflable comparable au jeux « terrestres » qui jonchent les fêtes de quartier du Québec. (Vous savez le bateau de pirate où vous devez attendre 3 heures derrière de la marmaille criarde?). C’est ce genre de chose à quelques exceptions près. Ici, il n’y a pas de fil d’enfant parce qu’il faut payer 10$ par personne pour une heure, les structures sont en fait une série de plus petits « bâtiments » attachés ensemble pour y fait des courses et finalement tout ça flotte sur l’eau. L’eau est vitale ici, car elle vous permet de détacher votre gilet plein de sang une fois vos dents avalés. Les enfants y vont seul seul. On va les laisser aller, on craint un peu les chutes violentes.

Les parents s’assoient au bord, pas trop loin des vélos qui sont toujours chargés, et observe la marmaille s’amuser sur ces jeux. À la lumière des chutes continuelles des enfants sur le vinyle mouillé, on apprécie de ne pas avoir à se déboîter les vertèbres aussi. En regardant tout ça, on se demande si ce genre de chose serait possible au Québec. D’abord, les enfants doivent nager seul jusqu’à la structure qui est tout de même éloignée du bord. Il a aussi l’absence de surveillance; aucun « lifegard » n’est en charge d’éviter les accidents ou les noyades. La jeune fille qui collecte votre paiement en est à passer le niveau 248 de Candy Crush. Elle n’a certainement pas le temps de lever les yeux pour sauver un bambin, elle a des bonbons à faire descendre! Finalement, la structure est tellement haute, que derrière, si quelqu’un tombe à l’eau et se retrouve en difficulté, il y a fort à parier que personne ne le verrait où l’entendrait. Peut-être est-ce l’habitude? Voir des enfants se baigner dans un « pays de mer » est normal; Aller jouer dans le vagues, c’est leur patinoire à eux.

Un peu plus loin sur la plage, on apprend à connaître le jeu local qui consiste à se « garocher »dans l’eau pour empêcher une petite balle de toucher aux flots. Des groupe de 2 à 6 personnes, les pieds dans le « pas creux », mettent la balle en mouvement et doivent simplement la frapper, avec n’importe quelles parties du corps, pour la garder dans les airs. C’est du aki extrême quoi! Il y a des groupes qui se donnent sérieusement entre plongeons et « back flip » spectaculaires, c’est quelque chose à regarder.

Les enfants sortent du jeux, et on décide d’aller rejoindre les propriétaires pour le rendez-vous. Passant devant un bar/café, une dame nous interpelle. Elle a reconnu nos vélos et nous invite à la suivre. Son mari, qui comme elle, n’a que peut de connaissance de l’anglais sont admirablement gentil. On nous aide à monter notre matériel, dans l’appartement se trouvant…évidement à la limite des nuages. Louer un rez-de chaussée, ça pourrait pas nous arriver. L’appartement est bien équipé et on pourra se faire à manger ici. On est conquis, et compte tenu du prix, on voit pas pourquoi on devrait courrir après les campings.

Une petite bouffe dans un petit restaurant pour essayer la bouffe locale. On marche un peu en ville, mais l’arrivée en ville, tôt le matin, et le transport par bateau nous a plombé. On revient tôt et relaxe devant la télévision avant de s’endormir paisiblement dans un pays qui nous promet, nous l’espérons, des merveilles.

Jour 126 – Enfin le traversier pour la Croatie

3 Septembre 2014
Départ Dolo, Italie (Train) – Arrivé Ancona, Italie

On vient de se lever à Dolo et sommes content de prendre excellent petit déjeuner. Patrick annonce à Annik, que lorsqu’elle dormait, il a « pogné » la météo à la télévision et qu’on est victime d’un mauvais sort. La carte européenne est absolument emplie de beau temps…sauf pour les Balkans et l’Italie. Ces deux régions subissent un système dépressionnaire qui durera plusieurs jours!! C’est à croire, qu’à vouloir avoir du beau temps, on nous donne le contraire!

Quoi qu’il en soit, on désire se rendre à Ancona en Italie, où nous pourrions prendre un traversier pour Split en Croatie. C’est notre plan d’aujourd’hui.

Pourquoi en sommes nous là? Hé bien, malgré toute nos bonnes intentions, on fait parfois des erreurs de jugement, ou du moins, des erreurs d’appréciation. Lors de notre départ d’Autriche, nous aurions pu prendre un train pour Zagreb en Croatie. C’est loin de la côte et ça nous semblait plus approprié de descendre jusqu’à Trieste en Italie pour rejoindre le nord de la Croatie. Ce que nous ne réalisions pas complètement à ce moment, est que la première option, malgré des apparences de détour, aurait été la plus simple et la plus abordable. Voyez la différence.

Option 1 (tout en train)
Autriche – Zagreb(Croatie) – Rijeka (Croatie) – Split (Croatie)

Réalité
Autriche – Train vers Udine (Italie) – Train vers Trieste (Italie) – Vélo vers Basovizza (Italie) – retour en vélo vers Trieste (italie) – Train vers Venise – Train vers Dolo – train vers Acona (Italie) – Ferry pour Split (Croatie)

Pas besoin de vous dire que l’itinéraire réel a amené son lot de frustration… et on a pas encore rendu. Plusieurs se demanderont; pourquoi tant d’efforts pour aller à cet endroit en particulier? Vous pourrez certainement apprécier, qu’après près de 35 jours de « mauvais temps », on veut finir le voyage en beauté avec, idéalement, quelques couleurs au visage. La Croatie est moins chère, et voyager 6 mois prend beaucoup beaucoup d’argent. On a besoin de réduire un peu les dépenses. L’autre raison, c’est que la Grèce, c’est dans le sud, et si on veut si rendre avant la fin du voyage, il faut commencer la descente maintenant.

On se retrouve donc dans cette petite gare avec seul service, une machine à billet. Comme d’habitude, trouver un moyen d’amener les vélos avec nous est la complication qui nécessite généralement l’aide d’un préposé en chair et en os. On a pas cette chance ici.

On commence d’abord par considérer tout les trains qui sont dotés d’un compartiment à vélos. On regarde toutes les options possibles, et à notre grand désespoir, pour arriver à Ancona, il faut passer par trois des plus grandes villes d’Italie, faire cinq transferts et rouler un total de 30 heures…Ça, c’est si on ignore qu’on remplirait probablement nos cartes de crédit pour accomplir le voyage. On est sans mots! On se regarde, et on en revient pas… On s’est ramassé ici, et le « Traboulidon » nous a rattrapé. On se gratte la tête longuement. On considère même de retourner à Venise pour y prendre un bateau. On regarde les possibilités du côté des autobus, et simplement une longue route par vélos. Il y a simplement pas de bonnes options…

Finalement, on allume! On a été si gâté par les trains depuis un moment, qu’on a oublié qu’on pouvait simplement « mettre les vélos en sac ». Tout ça nous ouvre de nombreuses possibilités parce qu’on peut maintenant embarquer dans n’importe qu’elle train. (Des fois, on se trouve épais!)

Le train est dans deux heures, et il nous amène directement à Ancona où nous devrions pouvoir dormir et prendre le traversier le lendemain soir. Au moins, on serait près du but.

En attendant, on doit s’occuper dans un endroit qui n’a absolument rien de Walt Disney. Les gares de campagne en Italie sont affreusement dégradées et mal entretenues. À leur défense, ce serait comme si on devait entretenir toutes les anciennes gares de tous les petits villages du Québec, nous qui les avons abandonné depuis longtemps. On se rabat donc sur le bar/restaurant près de la gare pour y passer le temps. Qui espère toujours de l’excellente bouffe en Italie, n’a jamais mit les pieds là. Le cuisinier nous annonce qu’il a deux délicieux repas au menu; du macaroni et du poulet. Ce sera deux assiette de chaque. Avec sa commande, monsieur repart à la cuisine avec sa belle camisole blanche tachée et pleine de sueur. On préfère ne pas voir la cuisine! La bouffe est absolument dégoûtante; du poulet mal cuit et des macaronis trop cuits. À croire qu’il a inversé les « timers » lors de la cuisson.

On quitte pour la gare avec le plaisir de ne plus avoir faim, mais avec l’arrière goût d’avoir « mangé » une facture beaucoup trop salée. N’empêche, le train arrive, on y monte tout notre stock et se dirige vers une gare à 30 minutes où le train pour Ancona nous attend. Sur place, on fait face à une foule dense qui se déplace sur les quais. La sortie et difficile mais la suite sera encore plus compliqué.

Cette fois-ci, on a tout de même la chance de trouver un vieux panier d’épicerie abandonné sur le quai d’arrivé. Il nous servira bien pour les déplacements de nos sacs. Ça nous prendra toute l’aide nécessaire parce qu’il y a plusieurs handicaps à surmonter ici. D’abord, le train n’arrête qu’un court 4 minutes et nous n’avons pas la moindre idée de l’endroit où notre wagon s’arrêtera. Advienne que pourra, le mot d’ordre est simple; si on est au mauvais endroit (loin du wagon 8), on monte tout simplement notre matériel et les vélos dans le wagon le plus proche. La famille s’occupe des sacs et papa des vélos. Le train ralenti, mais on arrive à voir les numéros de wagon qu’une fois le train presque arrêté. Merde! On est devant le 3ème wagon. Mais de quel côté est le wagon 8? Patrick, dans son étonnement, décide de prendre trois vélos en bandoulière et se dirige vers la droite en marchant le plus vite possible. Il franchi la distance du wagon devant lui pour finalement s’apercevoir, que dans cette direction, il trouvera seulement le #3. Dans la surprise et sous l’adrénaline, il repart dans l’autre direction pour apercevoir la famille, qui conscient du problème, monte s’implement le « stock » dans « l’anti-chambre » du wagon 4. Lui est encore loin, parce que faire une longueur de wagon avec trois vélos sur les épaules, c’est pas mal plus long qu’on pense. Il a pas trop réfléchi, parce que toute l’énergie qu’il avait pour lever autant de vélos est maintenant épuisée. Difficilement, cette fois-ci, en traînant plutôt qu’en soulevant, il s’approche de la porte la plus proche. Pendant ce temps, Annik récupère le dernier vélo laissé, plus loin, contre un mur. On est à l’intérieur et on sourit.

Si vous pensez que l’histoire fini là, vous nous connaissez mal. On est pas dans le bon wagon. Il faut donc passer trois longs compartiments, remplis de monde, pour atteindre le nôtre. Il est hors de question de laisser les vélos à l’entrée, le souriant chef de train nous le rappelle gentiment. De toute façon, on doit garder un œil sur les vélos. Avec les 25 arrêts à venir, on se lèvera pas, à chaque fois, pour arpenter les wagon et vérifier que nos vélos sont toujours là. Aussi bien s’inscrire à un marathon, parce qu’on serait pas souvent assis.

Avec ce plan bizarre, on est la cible de tout les regards. On bouge tout notre « stock » à travers les wagon, et un sac de vélo ça passe pas facilement dans l’allée centrale.

Ça leur tentait pas d’entrer dans le bon wagon les idiots du village?

On porte le plus d’attention possible à ne pas déranger les clients, mais il reste que faire un si grand nombre d’aller-retour avec des paquets aussi peu pratique fait jaser. Il y a évidement les désagréables, qui par principe, refusent de se rentrer le coude ou bouger la moindre parcelle de leur univers pour nous accommoder. Il y a aussi les curieux qui nous regardent avec étonnement et finalement ceux qui veulent nous parler, mais avec qui nous ne pouvons qu’échanger quelques mots dans une langue qu’on ne connaît pas bien.

Un bonne trentaine de minutes plus tard, complètement trempé de sueur, on s’assois avec tout notre matériel à distance de vue.

Dans les quelques heures qui nous retiennent dans le train, on discute de nos aventures absolument ridicules d’hier, rigole sur le fait que tant qu’on est pas en Croatie, tout peut encore arriver et que finalement on a hâte de passer au beau temps et en mode bonheur. Les derniers jours ont été plus pénibles qu’on aurait voulu et on prendrait bien un « break » de courir après notre queue.

Dans le train, on s’affaire à trouver un hôtel ou un camping ayant comme simples attributs d’être à une distance qui ne nécessiterait pas la visite d’un aéroport et qui n’a pas le prix d’un gros porteur. Il s’avère, qu’Ancone n’a n’y un ni l’autre. On est à nouveau placé devant un problème qui consiste à brûler une quantité considérable d’argent sans en retirer vraiment de plaisir ou d’essayer de fuir à un autre endroit. Tout ce qu’on cherche à faire, c’est de rester une nuit ici pour ensuite prendre le traversier pour Split demain soir. On est si focusé à prendre le bateau dans 24 heures, qu’on oublie qu’il y en a un autre ce soir. Quelques minutes avant que le train arrive, on réalise finalement qu’on doit partir ce soir; traverser la Mer Adriatique dans le prochain bateau. On aura peu de temps; ce sera encore une corse folle.

On quitte le train, remonte nos vélos et attache notre matériel dans un temps record. Sur la rue, on s’informe immédiatement du chemin à prendre pour les traversier. Information reçu, nous voilà à rouler sur la route en suivant les indications qui sont, malgré tout, pas trop mal. Assez rapidement, on se retrouve devant cette affiche qui nous invite à monter sur ce qui semble une autoroute surélevée. On hésite. On décide de prendre une chance et on s’y engage. La route est effectivement une autoroute, mais comme nous sortons à la prochaine sortie et que le bas côté est très large, on fait sembler d’ignorer le problème. Au bâtiment de service, beaucoup trop grand pour les services rendus, on s’informe, prend acte du 450€ que ça prend pour une couchette, discute, débat sur les moyens pour ne pas dépenser cette somme, envisage de dormir sur le pont…non pas avec deux enfants… On se décide pour la dépense, quel autre option avons nous de toute façon?

Les billet acquis pour 349€ grâce au rabais enfants, on monte sur nos bécanes. On a pas de temps à perdre à moins de 30 minutes du départ. Les indications obtenues sont confuses. On hésite et choisi de suivre les voitures. Le bateau se trouve derrière un dédale de rues et de bâtiments. On pédale le plus vite possible. Dans notre hâte, on réussi tout de même à trouver la guérite qui donne sur la section du port accueillant le traversier. C’est vrai! Il y a des contrôles de douane ici, la Croatie est une petite nouvelle de l’Union Européenne. Le garde frontière nous regarde, et décide que ça lui tente de jaser. Nous, on veut juste « pogner » notre bateau…on est sur le gros nerfs bonhomme! Il n’a véritablement aucune intention de nous causer problème, mais ça lui tente de nous raconter une histoire fascinante. Le monsieur connaît quelqu’un, qui a déjà vu à la télé une personne qui racontait avoir entendu parlé de Toronto dans un livre…. QUE C’EST INTÉRESSANT!

La rencontre d’un touriste résulte invariablement en la recherche de choses qui pourraient nous rapprocher…c’est la nature humaine. Dans le cas qui nous importe ici, ce qui nous rapprocherais, c’est que tu nous laisse passer avant le départ! Un gros coup d’étampe dans nos passeport, on nous voilà devant le bateau. À moins d’une catastrophe, on sera en Croatie demain!

Pour prendre le bateau, vous devez toujours payer environ 15-20€ pour vos vélos. Par contre, quand vient le temps de vous fournir un endroit « qui se peut » pour ranger ceux-ci, on vous dirige vers l’endroit le moins susceptible de pouvoir les accueillir. Pas une seule fois,dans les quatres traversiers prit depuis le début du voyage, on a déposé les bécanes dans quelque chose qui ressemblait à un « rack » à vélo. Ici, on nous pointe une porte, on y entre et découvre un espace de rangement ou s’empile boîtes de carton, pièces de remplacement et un établi empli de cochonneries. On saute par dessus les obstacles et tente de faire tenir nos vélos sur une pile quelconque. Au moins ici, il sont à l’abris des regards. Il est à gager, que même les employés ignorent l’existence de cette pièce.

Des mois de voyage nous on mît beaucoup plus à l’aise avec l’idée de laisser nos sacs sans surveillance. On se contente donc d’amener l’essentiel pour la nuit. Pour le reste, tout restera sur les vélos. On prend possession de notre cabine. Rien de spacieux mais propre. Le bateau date des années 80. Une visite sur le pont vous ramène à une époque où écouter la télé se faisait encore avec un « Jerold » et ou un groupe rock devait avoir du maquillage. Dans notre cabine, la salle de bain nous offre un spectacle unique. Comment entrer, lavabo, toilette et douche dans une boîte d’allumette? La seule solution logique est de…mettre la toilette dans la douche, et c’est exactement ce qu’ils ont fait. Si vous voulez vous soulager et ensuite prendre une douche, plus besoin de se baisser les culottes deux fois: un véritable bonheur! Patrick tente l’expérience et constate que toute bonne idée n’est pas toujours bonne à répéter. Il y a quand même des limites à vouloir faire deux choses en même temps.

On s’attend à de la houle cette nuit, le vent est fort. On visite le bateau en tentant de rester debout tellement le bâtiment tangue. On se laisse tenter par une bouteille de vin au restaurant, qui contrairement à nos craintes, reste abordable. Les bateau de nuit comme ceux-ci, cherchent leur identité. Sont-il des bateau de croisière ou de simples traversiers? Sera-t’il cool ou simplement pratique? Celui penche définitivement vers le bateau de croisière mais sans la masse critique pour rendre l’expérience intéressante.

Les restaurants sont vide ou presque et le bar présente un spectacle. Celui-ci est si pénible que même boire un coup ne diminue en rien l’extrême douleur ressentie à l’écoute du talentueux clavieriste. On s’assoie tout de même et considère la possibilité d’y assister plus longuement. Ça c’était jusqu’au moment où le chanteur, qui par ailleurs a une belle voix,
commence à chanter du Julio Eglesias sous le sons d’une bande préenregistrée agrémentée de ses propres notes de piano. Au départ, on le trouve un peu « off », mais après un moment, on devient convaincu d’une chose….il ne sait pas jouer le piano. On cherche l’harmonie, on prie pour trouver le lien au rythme…rien…absolument rien. Il donne littéralement l’impression de frapper sur son clavier en espérant qu’on s’en apercevra pas. Enough! Tant qu’à saigner des oreilles, on va aller vomir dans nos chambres. De toute façon, n’est-ce pas ce qui nous attend avec toute cette houle?

Bonne nuit.