Jour 121 – On peux-tu embarquer dans le train?

28 Août 2014
Départ de Bad Gastein (Train) vers Mallnitz (Gare Tunnel)
Départ de Mallnitz (Vélo) vers Obervellach

Wow! Il fait beau pour vrai ce matin. Quelques nuages, mais si peu, qu’on pourrait officiellement appeler ça une belle journée. On se lève, et on sait que ce matin, on devra remonter dans la vallée vers la gare pour y prendre un train. Le train, on admet nous permet de tricher, mais celui-ci est obligatoire pour passer les hautes montagnes devant nous. C’est vraiment la seule option possible, il n’y a pas de route. Il y a tout de même « trichage » dans la mesure où, si on était vraiment « hard core », on se « tapperait » les centaines de mètres de monté vers la gare dans le haut du village. Comme on a aperçu cette route en autobus hier, et qu’on a jamais rien vu de pire, une petite aide n’est quand me pas un pêcher.

Comme à l’habitude, on ramasse nos affaires pour le départ avant de déjeuner (meilleure méthode pour garde tout le monde motivé). Ce matin par contre, on peut se payer un luxe rare; DES TOASTS. Nos amis Gilles et Hélène nous font le plaisir de nous faire griller du pain, une chose qu’on n’a pas fait depuis très longtemps. Il y as tu quelque chose de meilleur qu’une bonne toast au beurre de peanut? On mange plus qu’on devrait et finalise le « paquetage » avant de faire nos adieux, ou du moins, au revoir à nos voisins; échange d’adresses, petites photos, bisous et poignées de main plus tard, on se dirige vers la gare de Bad Hofgastein.

Sept ou huit kilomètres faciles pour y arriver… Ce qui suit, le sera un peu moins. La gare, tout de même assez grande, n’est dotée que de toilettes et d’une machine pour acheter des billets. On s’en formalise pas. On commence à avoir l’habitude, et de toute façon, l’appareil offre plusieurs langages d’utilisation, une fonction utile quand ton allemand ressemble à rien de bon. On achète donc nos billets passagers, pour ce court trajet de 25 minutes, ainsi que nos droits d’entrée pour le vélo; du gâteau!

On a pas encore vu aucun train passer de près. On s’attend, à la vue de ceux aperçus de loin, à des trains similaires à ceux d’Allemagne; on devrait avoir qu’à rouler nos vélos à l’intérieur. Comme nous avons maintenant l’habitude, on se place exactement où le wagon désigné devrait s’arrêter pour ne pas retarder le convoi. Un peu d’attente, et soudainement, les fils au dessus de la voie se mettent à vibrer, signe de l’arrivée du train. On est prêt!

Oooppps! Il est même pas encore arrêté, qu’on voit qu’on aura des difficultés. Le quai est beaucoup plus bas que d’habitude, ce qui fait que pour monter les vélos à bord, il faudra monter 3-4 marches dans un très petit espace… Ça va pas être facile! On a assumé qu’on ne devait pas enlever nos sacs de transport.

La porte ouvre, le responsable sort sur le quai, nous regardes et hoche la tête de droite à gauche. Quand vous rencontrez quelqu’un en autorité, vous savez généralement dans la seconde, si il sera sympathique ou une tête à claque. Celui là, on le comprend immédiatement, est le chef mondial du deuxième groupe. Il commence à nous parler en allemand, puis dans un mauvais anglais. On se sent soudainement comme des enfants en train de se faire gronder par la « maîtresse » en première année… On comprend pas trop ce qui se passe, mais il nous trouve « épais rare »,

Mais vous avez pas réserver une place pour vos vélos dans le train? Comment est-ce possible de ne pas avoir réservé? Mais qu’est-ce que vous pensiez? J’ai pas de place moi! (on peut clairement en voir à travers les vitres). Pas de réservation, pas de train!

On a beau lui expliquer, qu’ici le service à la clientèle se résume à un robots, pas à un humain, et qu’on en savait rien. Le monsieur, il veut pas se mettre en retard, et commence à remonter les marches de son wagon. On lui demande, mais comment on doit réserver exactement? Ça réponse dépense l’entendement… il nous garoche un numéro de téléphone, comme ça, par la tête, (c’est juste si t’es capable de prononcer les chiffres en anglais, et on a pas de papier espèce de « tarla ») Il s’apprête à remonter définitivement quand Annik l’interpelle une dernière fois lui demandant si il peut faire preuve de flexibilité. Est-ce qu’il peut faire quelque chose pour nous? Après tout, on sort ns deux stations. À ce moment, il nous met officiellement en maudit.

Ce qu’on peut faire?… Il part à rire, hoche la tête, fait signe de pédaler vers le haut de la montagne et ferme la porte……$&$!….le prochain train est dans deux heures.

On a les deux bras à terre devant quelqu’un qui devrait au minimum tenter de nous aider GENTIMENT… On passe la prochaine heure à essayer de prendre une réservation. Évidement, tout se passe très bien. Le site internet, où se devrait être possible de le faire, n’indique nul part comment procéder. On cherche un numéro de téléphone pour le service à la clientèle, qu’on trouve et qu’on s’empresse d’appeler. L’affiche sur lequel le numéro à été repéré date de la construction de la gare. Un coup de fil et la seul voix qu’on entendra sera celle de « madame FIiiiiiDOUDA!!! (Pas de service) On tente d’autres numéros sans succès. On est un peu pogné. On se demande si on va pouvoir prendre le prochain train.

On pèse nos options; reprendre la route et finalement remonter jusqu’à la station juchée dans les nuages (qui a des wagons pour les voitures… donc pour les vélos), trouver un taxi assez grand pour nous amener à cette station, qui apparemment à un guichet avec un humain, ou tenter notre chance dans le prochain train. Devant la station, un taxi s’arrête et on tente de communiquer avec le chauffeur. Il a un très grand camion et notre première idée est d’y monter avec tout notre stock. Le monsieur, heureusement, à l’air de vouloir faire preuve de gentillesse. Il répète 10 fois;

it’s complicated!

…avant de finalement nous tirer par le bras vers l’horaire où on retrouve une image de la composition des wagons de chaque train. Il pointe le prochain et nous explique, comme il le peut, que celui là a un compartiment dedié aux vélos et que tout devrait être correct. On remarque effectivement la difference entre le prochain et celui qui vient de passer. On se sent reprendre espoir. Plusieurs fois, on lui demande si on a besoin d’une réservation. Convaincu, il répond NON!

Nous voilà sur le quai l’espoir dans le cœur. On doit attendre encore une heure, mais on en profite pour faire du ménage dans les textes du blog. Nous y sommes presque. L’heure du train approche. Encore une fois, sur le quai, dans la position de départ du sprinter, on attend le train. Yes! On voit le wagon avec une grande porte….mais l’ouverture est à hauteur d’épaule… il va falloir monter nos vélos chargés à bout de bras… On a jamais essayé ça!

La porte ouvre…

You have a reservation?

NOOOOOOON!!!

C’est pas vrai? On a essayer! On est pas capable! On est presqu’à genou….inutilement. Le monsieur montre plus d’ouverture que le précédent, et lui, pose la bonne question. Quand sortez vous du train? Dans deux stations! Le wagon est vide à l’exception d’un seul vélo, à moins d’avoir à faire monter le Tour de France au complet au prochain arrêt, il y a de la place en masse, c’est aussi grand qu’un wagon à bétail. ll voit bien qu’il peut nous accommoder, Fiiiiiiooooou! ! On va entrer! C’est déjà ça! On se tape dans la main mentalement…oui ou ça se peut.

Bon maintenant l’épreuve de l’homme fort, parce que monter les vélos, particulièrement les deux versions adultes, demande un effort considérable. Le contrôleur nous donne un coup de main, mais on se « grafigne » à peu près tout le corps dans l’exercice. C’est simplement impossible de « balancer » les vélos à cause de leurs « gros derrières » et ils sont très très lourds. On y arrive tout de même, et malgré les petites blessures, on a le gros « smile »

On reste dans le wagon à « bestiaux » pour les prochains 25 minutes. Jusqu’à l’entrée dans le tunnel, on profite d’une vue sans pareille de la vallée. Le train entre finalement sous la montagne pour une traversé de 10 kilomètres dans le noir. On passe actuellement sous des centaines de mètres de roches…assez cool merci! Nous voilà à la sortie et approchant la gare. On sait que la route descend à partir d’ici, et pour un moment. On va se payer la traite au lieu de continuer sur le train. On descend donc ici. Même exercice, et de nouvelles « grafignes » plus tard,,nous sommes sur le quai, heureux et affamé. Le prochain village est à environ 9 kilomètres, on espère y trouver un supermarché..

Quelques centaines de mètres plus loin sur la route, on atteint un petit plateau qui nous donne une INCROYABLE vue sur la vallée.. et nous nous apprêtons à descendre…. Yahhooooo! Ça a l’air à descendre longtemps longtemps. On est pour ça les pente descendante! On monte sur nos vélos, et on se paye un super « trip »; presque 10 kilomètres de descente sans le moindre coup de pédale. Ça descend tellement que même avec le vent on sent les freins chauffer. Le bonheur total! On tente de battre notre record de vitesse, mais le vent est trop fort et ça rend nos vélos instables. 57 km/h!… On devra attendre pour battre le 61 km/h de la semaine passée.

Au bas de la pente, on arrête à l’Office de Tourisme pour se faire dire que le meilleur camping de l’univers est à nos pieds. On pensait continuer plus longtemps vers la frontière slovène, mais on doit bien ça aux enfants. L’endroit est rempli d’activités; kayak, arbre en arbre, rafting, skate parc et autres…C’est ici qu’on reste ce soir. À tout les autres niveaux, le camping est très très ordinaire…mais on est heureux d’y être. On décide de réserver pour une descente en rafting demain matin avant de reprendre la route. On passe la soirée entre écrire pour le blog, souper, prendre un verre et regarder un match de soccer amical entre adultes… Il sont bon pas rien qu’un peu!

On se couche tôt, et la température cette nuit s’annonce la plus clémente depuis trois jours. Ça devrait aller!