Grenade, perle de l’Andalousie (On dort pas ici non plus)

21 au 23 août 2019

Je sais que vous êtes probablement hors de vous seulement à l’idée de m’entendre parler de notre dernière nuit.

Est-ce qu’ils ont bien dormi les petits enfants ?

Quand tu te cherches des aubaines dans une ville comme Grenade, ça reste une bonne question ! Parce que nos choix sont souvent guidés par le prix, les surprises sont nombreuses.

L’hôtel en question est une espèce d’Auberge de Jeunesse. Le bâtiment est divisé en petites sections, chacune avec sa chambre de bain, douche et cuisine commune. Plusieurs chambres, avec 6 lits, se greffe autour. Nous avons l’accès exclusif à un de ses espace qui contient 3 lits à deux-étages, une table à café et un tabouret. À part te coucher il n’y a rien à faire ici.

On s’essaye pour la première nuit, et deux d’entre-nous osent se coucher au deuxième étage ; mauvaise idée ! Ces lits-là, surtout la partie du deuxième étage ont de la vie, et ont mangé beaucoup trop de coup de hanche. On s’entend qu’à l’entrée, il n’y a pas une balance pour vérifier si votre masse «  lipideuse » est excessif pour les structures en question. Ben c’est ça ! Il y a beaucoup trop de ti-gros et swingers du dimanche qui ont abusé des pauvres petites membrures d’acier de ses lits. Maintenant, par le seul fait de penser à respirer, le lit plie en deux et émets dans des fréquences encore inconnues de la science qui s’apparentant aux sons entendus lorsque le Titanic a frappé un iceberg en 1917. C’est l’horreur. Comme c’est le confort total…tu passes ton temps à changer de position ce qui rend tout le monde complétement supra-dingue. Moins tu dort, plus tu bouges, plus tu réveilles le voisin, qui puisse qu’il ne dort pas, bouge…et ainsi de suite. Annik se réveille avec une «  écoeurite aiguë »

«  J’ai n’ai pas vraiment dormi depuis une semaine, j’suis tanné ».

Il n’y a pas à dire, on se fait vieux.

On a tenté le coup, mais tout le monde devra se coucher au premier dès demain, et comme il y a seulement trois lits, le dernier matelas se retrouvera au sol, fin de l’histoire.

Port du Palacio de la Madraza

Au matin, on tente de se reconstituer une motivation et entreprend la journée avec un petit déjeuner dans une des cuisines les plus mal conçus de l’univers. Pour accéder à l’évier, vous devez déplacer la table, faire lever trois personnes et déplacer le frigo sur le toit de l’immeuble. C’est tellement ridicule.

Quand seule notre famille est autour de la table, ça va encore, mais quand t’a un couple de Polonais dans la cuisine, la gestion de l’espace atteint un niveau qui dépasse les limites des mathématiques modernes.

Notre auberge est située dans le quartier gai, au centre de la vielle ville. Tout ce fait à pied d’ici. Aux points de vue de l’organisation des rues, cette ville est un véritable labyrinthe. Ça va du boulevard à 4 voix, à l’allée la plus exiguë inimaginable. Une chose est certaine, si vous n’avez pas le sens de l’orientation et êtes sans carte, vous avez des chances de coucher dans la rue.

Dans certaines allées piétonnières, il faut parfois passer presque de côté ou en voiture plier les miroirs pour passer dans certaines rues. Lors de notre arrivée à Grenade, notre GPS à bord de l’auto était tellement mélangé, qu’il nous a fait faire des détours dans des rues assez étroites pour nous faire crier.

Ça rentre pas là !

Il faut dire, qu’avec une ville si compacte, les signaux GPS sont épouvantablement imprécis. Conduire ici pour la première fois ici est incroyablement compliqué. Pour un nord-américain, c’est vraiment déstabilisant. Chaque fois qu’on roule et qu’on se retrouve dans un passage de largeur douteuse, on se demande immédiatement si on a le droit d’être ici. La réponse est toujours oui, mais je vous assure, à première vue, ça ne coule pas de source.

Une ville comme ça a des problèmes difficiles à gérer dans le monde moderne ; livraison, gestion des déchets, évacuation des égout et de l’eau et j’en passe. Je suis certain qu’ils ont pensé niveler tout ça, repartir à zéro et recopier le schéma urbain d’endroit fabuleux comme le Boulevard Kennedy à Lévis, ou le paradis des piétons qu’est le Boulevard Hamel. Cependant, ils ont cru valable de ne pas sacrer à terre des monuments centenaires et des places publiques presque millénaire se disant que si ça avait marché aussi longtemps, peut-être que le vrai problème ce n’est pas la ville elle-même, mais les putains de chars.

À l’évidence, les camions n’ont pas accès à tous les recoins d’une ville où chaque rue a ses commerces. J’admire les livreurs qui doivent se trouver une place de stationnement temporaire entre deux craques de mur, pour ensuite transporter avec un diable, des boites dans des allées éloignées pour ce faire dire

J’ai jamais commandé ça!

Une cour privé quelque part à Grenade

La question du stationnement est une plaie. Nous sommes heureux d’habiter en ville puisque nous sommes à proximité de tout. Cependant, parce qu’il y a des épais comme nous avec leurs «  chars », de gentils hommes d’affaire on construit des stationnements sous des immeubles existants dans le but principal de te faire cracher ton cash! C’est une affaire de gros sous. Sans la passe mensuelle, il en coûte au bas mot 25 Euros (40$) par jour pour stationner ta voiture. Ils ont aussi un système très avancé pour te soutirer l’ensemble de la somme dans les 15 secondes de ton arrivée, du genre, 4 euros la minutes jusqu’à concurrence de 25$ euros. Avec les espaces minuscules disponibles, je n’ai même pas fini de «  virailler » à tenter de me stationner, que j’ai déjà atteint le maximum pour la journée. Nous qui croyions avoir eu le deal du siècle avec notre chambre (130$ pour trois jours !), vla ti pas qu’on s’enligne pour le même montant juste pour le parking.

Je reviens au stationnement souterrain parce qu’ils sont surréalistes. Bâtis sous d’énormes bâtiments, la structure des stationnements est super robuste, ce qui fait qu’il y a énormément de pilier. C’est tellement ridicule. Tu fais le tour d’un parking, et en plein centre de la voie apparait une poutre, puis une autre, tous placé si bizarrement qu’on se demande ce qui s’est passé. C’est comme s’ils avaient construit le stationnement, puis l’ingénieur avait déclaré.

Ça va tomber cette affaire-là !

Rajouter des poutres dans le milieu de l’espace libre ici, et là ! Notre Peugeot Rifter, que je décrirais comme une grosse voiture pour les standards d’ici, ne nous aide pas tellement. Je rêve de voir un F-350 entrer par erreur là-dedans. Une fois entré, le seul moyen de ressortir, est de démonter le véhicule à la torche et d’en sortir les morceaux dans des sacs.

Aujourd’hui et demain, on se tapera des simples tours de ville à la marche ; on vagabonde d’un endroit à l’autre, visite des places publiques, marche pendant des heures, se perdant et se retrouvant tour à tour à travers cette ville fabuleuse. Superbes églises et cathédrales, bâtiments richement décorés par milliers et une vie de rue absolument sans pareil. Évidement, à part quelques commerces dans les zones touristiques, tout ferme durant l’après-midi. C’est extraordinaire de voir la transformation dans le rythme de vie. Tous les rideaux de fer de commerces s’ouvrent en fin de matinée et se ferme autour de 2 heures. D’un coup, la ville s’endort en plein jour. Les rues se vident. La vie reprend entre 5 et 6 heures, ou même vers 8 ou 9 heures pour les restos, eux qui ferment parfois plus tard en après-midi. Les mêmes rideaux s’ouvrent à nouveau en soirée, les gens inondent les rues, font des achats, s’assoit aux pieds d’un arbre, ou dans une de ces places ou les gens se rencontre. Les enfants, cours et joue comme sur un terrain de banlieue. Cette animation durera jusqu’à tôt dans la nuit au moment où les gens retourne se coucher, dans des appartements, qui ne sont certainement pas tous climatisé.

Comme Grenade est au pas de la Sierra Nevada, la chaine de montagne la plus haute d’Espagne continental, le terrain est hyper escarpé. La ville est une succession de pentes abruptes où on peut circuler en voiture, mais ou on peut clairement voir que les routes étaient avant tout piétonnières. Ça rend la marche vraiment éreintante, surtout sous le soleil d’août.

Un petit musée d’art contemporain visité à Grenade. On a préféré l’escalier à l’exposition

Vendredi soir, avant de quitter demain, on se paye notre toute première bouffe au restaurant, question de rester dans nos budgets. Le resto est super. On déguste des spécialités repensées de la région, ce qui inclue de la queue de bœuf, qui n’est pas sans nous faire penser au goût d’un rôti de palette cuit pendant des heures.

Durant ses deux jours, nous serons charmés par la ville, son histoire et ses racines. Des périodes romaines, en passant par les périodes plus récentes, jusqu’aux dynasties musulmanes qui dominèrent la région pendant des siècles. C’est une ville à découvrir.

Aguilas et l’adaptation à la vie Espagnol – Prise 2

18 et 19 Août 2019

Notre dernier voyage, j’adorais écrire tous les jours, mais il s’avère que c’est extrêmement exigeant et je n’ai pas nécessairement le goût de me donner cette contrainte. En dehors des activités de voyages et de vie sur la route, écrire prend tout mon temps libre.  J’ai décidé de me simplifier la vie et d’écrire des textes qui pourrons s’étendre sur 2,3 ou même 4 jours, dépendant des circonstances.  En voici le premier exemple.

Nous quittons Mulcie ce matin et nous dirigeons vers la côte.  Tout le monde a le goût de passer du temps près de la méditerrané.  Cette fois-ci, nous habiterons un petit camping du nom de Bellavista, tout près de la mer et en périphérie de Águilas, une petite ville de 35,000 habitants. 

On commence à voir une constante avec les campings, et même s’ils ont des différences, ils ont tous la structure et l’organisation pour prévenir un débarquement militaire. D’abord, la fameuse enceinte clôturée, le portail à contrôle électronique et le passage obligé à travers les milles et un contrôles administratifs du bâtiment d’accueil.  On ne sait pas trop ce qu’ils essaient de prévenir avec ça, mais c’est du sérieux leur affaire. On arrive juste avec un sac à dos et une glacière, ne faudrait pas paniquer.  Je ne sais pas ce qu’il s’imagine comme scénario apocalyptiques, mais je ne me sens pas encore capable de faire une bombe à fragmentation avec une boite de verres de contact et un coupe ongle.  De toute façon, à la taille des sites de camping, tout le monde sait ce que tu fais avant même d’y avoir pensé.

Pour l’accès d’abord, on doit s’identifier.  Je reste toujours inconfortable avec la prise de photocopies des passeports, mais quand tu penses que tes clients peuvent te voler un rouleau de papier toilette, ou pire encore, te subtiliser un sachet de sucre près de la machine à café, tu ne peux pas prendre de chance. Tu dois être certain d’être en mesure de mettre Interpol sur les traces de ces malfrats avant une récidive, comme par exemple, sauter dans la piscine avant de prendre ta douche.

Ensuite, on doit remplir des formulaires et lire un paquet de règlement, qui soit dit en passant, sont incompréhensible pour moi. Voici comment je m’en sors. Je me fous des règlements. Je pars seulement du principe qu’il y a des règles de base élémentaires dans un camping, comme ne pas déranger les campeurs après 11 heures, ou ne pas faire frire un banc de poisson à 3 pieds de la tente d’un voisin. Oh, pardons! Ses règlements là s’appliquent seulement à l’extérieur de l’Espagne.

Sur le site, plusieurs autres endroits sont également super sécurisés; sa prend une clef pour accéder la laveuse, une pour le frigidaire, et une pour entrer et sortir du site. Évidemment, ils veulent seulement éviter la répétition des événements de juillet 2017. Vous vous rappellerez certainement des nouvelles mondialement médiatisées, quand un homme a utilisé la laveuse commune pour laver une nappe avec une tache de Ketchup SANS la faire tremper préalablement. Et l’autre événement, au dénouement tragique, ou une mère de famille, complètement hors de contrôle, a déposé une bouteille de vin rouge au frigo, un crime sérieux en Espagne. On garde d’ailleurs bien en vue la photo de son arrestation à l’entrée du camping.

Le Camping Bellavista et vraiment jolie et bien entretenu. Nous sommes sur un site qui est couvert d’une de ses toiles vertes pour faire de l’ombre et survivre au rayon du soleil durant la journée.  Il y a de la verdure partout, piscine, barbecue, table de ping pong et une petite salle pour… pas être dehors.

Camping BellaVista – Juste assez d’espace pour l’auto et nos deux petites tentes.


Nous nous installons et décidons d’aller passer le reste de l’après-midi à la plage a quelques pas. Quel endroit extraordinaire. La vue est époustouflante, avec ses grandes murailles rocheuses angulée vers la mer et le Castillo de San Juan perché sur sa colline projetant sont ombre sur  l’eau azur de la méditerrané.  On s’installe sur la plage pour une bonne baignade, et réalise qu’à 14h, un parasol c’est une nécessité.  Le soleil est brutal, et on doit se réfugier le plus possible à l’eau, après s’être enduit d’un ¼ pouce de crème solaire.

En soirée, nous déambulons dans les rues de Anguila et en bord de mer.  C’est le moment où les gens sont réellement dehors. On aperçoit toutes ses personnes âgées descendre dans les rues, petite chaise pliante à la main.  Ils se dirigent tous vers la plage pour une jasette. On ne sait pas pourquoi, mais une fois sur place, homme et femmes forment de petits groupes distincts d’homme et de femmes. Vaut mieux les séparer. Dieu sait combien de fringantes octogénaires tombe enceinte, malgré elles, après une partie de carte déchaînée sur la plage.

Mémés à la Plage de Aguilas

Au camping, on aura déjà mieux dormi. Ça commence à être un « running gag  », mais notre conclusion est simple; les campings espagnols ne sont pas faits pour dormir à moins de s’être enfilé un 26 onces de vodka.

C’est un long weekend pour les espagnols. Trois jours de congé, et certains ont décidé qu’ils dormiraient seulement de retour au bureau mardi.  Le gang de gars l’autre coté de l’allée sont d’avides buveurs, mais également d’efficaces déménageurs. Ils s’assurent toujours d’avoir de la bière froide en ayant l’équipement adéquat. Les trio Einsteinien, ont déplacé, tenez-vous bien, un frigo pleine grandeur au camping!  À leur départ le lendemain, ça leur a pris des heures a démonter leur site; même le kit de tournée d’Iron Maiden est plus léger que ça.  En attendant, un fois la fameuse bière froide bu, le duo d’un gros gras bien imbibé nous a offert un fabuleux « medley de ronflerie » seulement dépassé en intensité par l’explosion d’une étoile massive aux confins de l’univers…ohhh misère.

Nos champions de voisins avec leur frigo au camping

Pour notre deuxième journée à Águilas, les enfants décident de rester au camping pour profiter de la piscine, pendant qu’Annik et moi partons à l’aventure en ville.  Comme les nuits sont courtes et que la fatigue nous rattrape, il est fréquent qu’il soit midi passé avant qu’on soit prêt à faire quoi que ce soit.  En Espagne, cet horaire ne convient pas trop.  De un, il fait chaud sans bon sens, de deux, même les attractions touristiques sont fermées en pleine après-midi.  Pour le moment, on n’arrive pas à s’ajuster.

Come On! Comment ça marche?  La nuit, vous nous empêchez de dormir, pis quand on a réussi à réunir assez d’énergie pour faire quelque chose, vous fermez tout. En passant, ça inclue les endroits, qui en théorie sont utile pour passer le temps, comme les musées et sites touristiques, seul endroit où on peut flâner sans subir une brulure au 3e degrés, et en attendant que vous vous ouvriez vos commercés à 18h.

On finit donc par arpenter les rues de la ville et découvrir la vie citadine en Espagne.  Águilas, est sur la mer, mais elle est entourée de terres semi-désertiques. Dans ses circonstances, et sans le savoir, on pourrait conclure qu’il y a de l’espace a profusion pour étendre la ville.  Cependant, la ville est compacte, petites rues, bâtiments de 8-10 étages enserrées autour de ses artères comme pour créer le maximum d’ombre.

Il y a une vraie vie de quartier, parce que tout doit se passer à pieds, tout les types de commerce sont au premier étage des bâtiments, de l’épicerie au garagiste.

Trouver un stationnement est cependant compliqué, mais quand vous en avez un, il ne coûte jamais rien; pas de parcomètre, pas de restrictions d’heures et un nombre important terrain de stationnement sont sans frais.  Le nôtre aujourd’hui, est le lit d’une rivière asséchée et bétonnée, qui s’est transformé en stationnement jusqu’à la prochaine pluie.

La rivière bétonné et à sec transformé en stationnnement

Nous visitons, en début de soirée, le Castillos de San Juan.  Pour y accéder, vous devez prendre un ascenseur complètement vitré, qui par sa configuration serait l’endroit idéal pour expliquer à la jeunesse le concept de l’effet de serre.  Même si on doit y rester au maximum 1 minute, on croit que la vie nous quitte par les pores de notre peau. Je fais une crise de panique juste à m’imaginer l’ascenseur en panne au soleil.  Ce n’est pas une blague, c’est la mort assurée en 15 minutes.

Le Castillo, même si c’est l’emblème de la ville, est très peu visité, quelques personnes ici et là.  Apparemment le tourisme est en train de changer, les gens recherches plus les expériences que les lieux historiques.  Je ne sais pas si c’est vrai? Je ne me plaindrai cependant pas d’éviter les contacts rapprochés avec des touristes dégoulinants de sueur et qui laissent couler leurs cornets sur vos pieds. Quoi qu’il en soit, un endroit sympathique, bien restauré ou on peut admirer toute la beauté de la région, de la mer, aux déserts en passant par les plages magnifiques de Águilas