


3 Septembre 2014
Départ Dolo, Italie (Train) – Arrivé Ancona, Italie
On vient de se lever à Dolo et sommes content de prendre excellent petit déjeuner. Patrick annonce à Annik, que lorsqu’elle dormait, il a « pogné » la météo à la télévision et qu’on est victime d’un mauvais sort. La carte européenne est absolument emplie de beau temps…sauf pour les Balkans et l’Italie. Ces deux régions subissent un système dépressionnaire qui durera plusieurs jours!! C’est à croire, qu’à vouloir avoir du beau temps, on nous donne le contraire!
Quoi qu’il en soit, on désire se rendre à Ancona en Italie, où nous pourrions prendre un traversier pour Split en Croatie. C’est notre plan d’aujourd’hui.
Pourquoi en sommes nous là? Hé bien, malgré toute nos bonnes intentions, on fait parfois des erreurs de jugement, ou du moins, des erreurs d’appréciation. Lors de notre départ d’Autriche, nous aurions pu prendre un train pour Zagreb en Croatie. C’est loin de la côte et ça nous semblait plus approprié de descendre jusqu’à Trieste en Italie pour rejoindre le nord de la Croatie. Ce que nous ne réalisions pas complètement à ce moment, est que la première option, malgré des apparences de détour, aurait été la plus simple et la plus abordable. Voyez la différence.
Option 1 (tout en train)
Autriche – Zagreb(Croatie) – Rijeka (Croatie) – Split (Croatie)
Réalité
Autriche – Train vers Udine (Italie) – Train vers Trieste (Italie) – Vélo vers Basovizza (Italie) – retour en vélo vers Trieste (italie) – Train vers Venise – Train vers Dolo – train vers Acona (Italie) – Ferry pour Split (Croatie)
Pas besoin de vous dire que l’itinéraire réel a amené son lot de frustration… et on a pas encore rendu. Plusieurs se demanderont; pourquoi tant d’efforts pour aller à cet endroit en particulier? Vous pourrez certainement apprécier, qu’après près de 35 jours de « mauvais temps », on veut finir le voyage en beauté avec, idéalement, quelques couleurs au visage. La Croatie est moins chère, et voyager 6 mois prend beaucoup beaucoup d’argent. On a besoin de réduire un peu les dépenses. L’autre raison, c’est que la Grèce, c’est dans le sud, et si on veut si rendre avant la fin du voyage, il faut commencer la descente maintenant.
On se retrouve donc dans cette petite gare avec seul service, une machine à billet. Comme d’habitude, trouver un moyen d’amener les vélos avec nous est la complication qui nécessite généralement l’aide d’un préposé en chair et en os. On a pas cette chance ici.
On commence d’abord par considérer tout les trains qui sont dotés d’un compartiment à vélos. On regarde toutes les options possibles, et à notre grand désespoir, pour arriver à Ancona, il faut passer par trois des plus grandes villes d’Italie, faire cinq transferts et rouler un total de 30 heures…Ça, c’est si on ignore qu’on remplirait probablement nos cartes de crédit pour accomplir le voyage. On est sans mots! On se regarde, et on en revient pas… On s’est ramassé ici, et le « Traboulidon » nous a rattrapé. On se gratte la tête longuement. On considère même de retourner à Venise pour y prendre un bateau. On regarde les possibilités du côté des autobus, et simplement une longue route par vélos. Il y a simplement pas de bonnes options…
Finalement, on allume! On a été si gâté par les trains depuis un moment, qu’on a oublié qu’on pouvait simplement « mettre les vélos en sac ». Tout ça nous ouvre de nombreuses possibilités parce qu’on peut maintenant embarquer dans n’importe qu’elle train. (Des fois, on se trouve épais!)
Le train est dans deux heures, et il nous amène directement à Ancona où nous devrions pouvoir dormir et prendre le traversier le lendemain soir. Au moins, on serait près du but.
En attendant, on doit s’occuper dans un endroit qui n’a absolument rien de Walt Disney. Les gares de campagne en Italie sont affreusement dégradées et mal entretenues. À leur défense, ce serait comme si on devait entretenir toutes les anciennes gares de tous les petits villages du Québec, nous qui les avons abandonné depuis longtemps. On se rabat donc sur le bar/restaurant près de la gare pour y passer le temps. Qui espère toujours de l’excellente bouffe en Italie, n’a jamais mit les pieds là. Le cuisinier nous annonce qu’il a deux délicieux repas au menu; du macaroni et du poulet. Ce sera deux assiette de chaque. Avec sa commande, monsieur repart à la cuisine avec sa belle camisole blanche tachée et pleine de sueur. On préfère ne pas voir la cuisine! La bouffe est absolument dégoûtante; du poulet mal cuit et des macaronis trop cuits. À croire qu’il a inversé les « timers » lors de la cuisson.
On quitte pour la gare avec le plaisir de ne plus avoir faim, mais avec l’arrière goût d’avoir « mangé » une facture beaucoup trop salée. N’empêche, le train arrive, on y monte tout notre stock et se dirige vers une gare à 30 minutes où le train pour Ancona nous attend. Sur place, on fait face à une foule dense qui se déplace sur les quais. La sortie et difficile mais la suite sera encore plus compliqué.
Cette fois-ci, on a tout de même la chance de trouver un vieux panier d’épicerie abandonné sur le quai d’arrivé. Il nous servira bien pour les déplacements de nos sacs. Ça nous prendra toute l’aide nécessaire parce qu’il y a plusieurs handicaps à surmonter ici. D’abord, le train n’arrête qu’un court 4 minutes et nous n’avons pas la moindre idée de l’endroit où notre wagon s’arrêtera. Advienne que pourra, le mot d’ordre est simple; si on est au mauvais endroit (loin du wagon 8), on monte tout simplement notre matériel et les vélos dans le wagon le plus proche. La famille s’occupe des sacs et papa des vélos. Le train ralenti, mais on arrive à voir les numéros de wagon qu’une fois le train presque arrêté. Merde! On est devant le 3ème wagon. Mais de quel côté est le wagon 8? Patrick, dans son étonnement, décide de prendre trois vélos en bandoulière et se dirige vers la droite en marchant le plus vite possible. Il franchi la distance du wagon devant lui pour finalement s’apercevoir, que dans cette direction, il trouvera seulement le #3. Dans la surprise et sous l’adrénaline, il repart dans l’autre direction pour apercevoir la famille, qui conscient du problème, monte s’implement le « stock » dans « l’anti-chambre » du wagon 4. Lui est encore loin, parce que faire une longueur de wagon avec trois vélos sur les épaules, c’est pas mal plus long qu’on pense. Il a pas trop réfléchi, parce que toute l’énergie qu’il avait pour lever autant de vélos est maintenant épuisée. Difficilement, cette fois-ci, en traînant plutôt qu’en soulevant, il s’approche de la porte la plus proche. Pendant ce temps, Annik récupère le dernier vélo laissé, plus loin, contre un mur. On est à l’intérieur et on sourit.
Si vous pensez que l’histoire fini là, vous nous connaissez mal. On est pas dans le bon wagon. Il faut donc passer trois longs compartiments, remplis de monde, pour atteindre le nôtre. Il est hors de question de laisser les vélos à l’entrée, le souriant chef de train nous le rappelle gentiment. De toute façon, on doit garder un œil sur les vélos. Avec les 25 arrêts à venir, on se lèvera pas, à chaque fois, pour arpenter les wagon et vérifier que nos vélos sont toujours là. Aussi bien s’inscrire à un marathon, parce qu’on serait pas souvent assis.
Avec ce plan bizarre, on est la cible de tout les regards. On bouge tout notre « stock » à travers les wagon, et un sac de vélo ça passe pas facilement dans l’allée centrale.
Ça leur tentait pas d’entrer dans le bon wagon les idiots du village?
On porte le plus d’attention possible à ne pas déranger les clients, mais il reste que faire un si grand nombre d’aller-retour avec des paquets aussi peu pratique fait jaser. Il y a évidement les désagréables, qui par principe, refusent de se rentrer le coude ou bouger la moindre parcelle de leur univers pour nous accommoder. Il y a aussi les curieux qui nous regardent avec étonnement et finalement ceux qui veulent nous parler, mais avec qui nous ne pouvons qu’échanger quelques mots dans une langue qu’on ne connaît pas bien.
Un bonne trentaine de minutes plus tard, complètement trempé de sueur, on s’assois avec tout notre matériel à distance de vue.
Dans les quelques heures qui nous retiennent dans le train, on discute de nos aventures absolument ridicules d’hier, rigole sur le fait que tant qu’on est pas en Croatie, tout peut encore arriver et que finalement on a hâte de passer au beau temps et en mode bonheur. Les derniers jours ont été plus pénibles qu’on aurait voulu et on prendrait bien un « break » de courir après notre queue.
Dans le train, on s’affaire à trouver un hôtel ou un camping ayant comme simples attributs d’être à une distance qui ne nécessiterait pas la visite d’un aéroport et qui n’a pas le prix d’un gros porteur. Il s’avère, qu’Ancone n’a n’y un ni l’autre. On est à nouveau placé devant un problème qui consiste à brûler une quantité considérable d’argent sans en retirer vraiment de plaisir ou d’essayer de fuir à un autre endroit. Tout ce qu’on cherche à faire, c’est de rester une nuit ici pour ensuite prendre le traversier pour Split demain soir. On est si focusé à prendre le bateau dans 24 heures, qu’on oublie qu’il y en a un autre ce soir. Quelques minutes avant que le train arrive, on réalise finalement qu’on doit partir ce soir; traverser la Mer Adriatique dans le prochain bateau. On aura peu de temps; ce sera encore une corse folle.
On quitte le train, remonte nos vélos et attache notre matériel dans un temps record. Sur la rue, on s’informe immédiatement du chemin à prendre pour les traversier. Information reçu, nous voilà à rouler sur la route en suivant les indications qui sont, malgré tout, pas trop mal. Assez rapidement, on se retrouve devant cette affiche qui nous invite à monter sur ce qui semble une autoroute surélevée. On hésite. On décide de prendre une chance et on s’y engage. La route est effectivement une autoroute, mais comme nous sortons à la prochaine sortie et que le bas côté est très large, on fait sembler d’ignorer le problème. Au bâtiment de service, beaucoup trop grand pour les services rendus, on s’informe, prend acte du 450€ que ça prend pour une couchette, discute, débat sur les moyens pour ne pas dépenser cette somme, envisage de dormir sur le pont…non pas avec deux enfants… On se décide pour la dépense, quel autre option avons nous de toute façon?
Les billet acquis pour 349€ grâce au rabais enfants, on monte sur nos bécanes. On a pas de temps à perdre à moins de 30 minutes du départ. Les indications obtenues sont confuses. On hésite et choisi de suivre les voitures. Le bateau se trouve derrière un dédale de rues et de bâtiments. On pédale le plus vite possible. Dans notre hâte, on réussi tout de même à trouver la guérite qui donne sur la section du port accueillant le traversier. C’est vrai! Il y a des contrôles de douane ici, la Croatie est une petite nouvelle de l’Union Européenne. Le garde frontière nous regarde, et décide que ça lui tente de jaser. Nous, on veut juste « pogner » notre bateau…on est sur le gros nerfs bonhomme! Il n’a véritablement aucune intention de nous causer problème, mais ça lui tente de nous raconter une histoire fascinante. Le monsieur connaît quelqu’un, qui a déjà vu à la télé une personne qui racontait avoir entendu parlé de Toronto dans un livre…. QUE C’EST INTÉRESSANT!
La rencontre d’un touriste résulte invariablement en la recherche de choses qui pourraient nous rapprocher…c’est la nature humaine. Dans le cas qui nous importe ici, ce qui nous rapprocherais, c’est que tu nous laisse passer avant le départ! Un gros coup d’étampe dans nos passeport, on nous voilà devant le bateau. À moins d’une catastrophe, on sera en Croatie demain!
Pour prendre le bateau, vous devez toujours payer environ 15-20€ pour vos vélos. Par contre, quand vient le temps de vous fournir un endroit « qui se peut » pour ranger ceux-ci, on vous dirige vers l’endroit le moins susceptible de pouvoir les accueillir. Pas une seule fois,dans les quatres traversiers prit depuis le début du voyage, on a déposé les bécanes dans quelque chose qui ressemblait à un « rack » à vélo. Ici, on nous pointe une porte, on y entre et découvre un espace de rangement ou s’empile boîtes de carton, pièces de remplacement et un établi empli de cochonneries. On saute par dessus les obstacles et tente de faire tenir nos vélos sur une pile quelconque. Au moins ici, il sont à l’abris des regards. Il est à gager, que même les employés ignorent l’existence de cette pièce.
Des mois de voyage nous on mît beaucoup plus à l’aise avec l’idée de laisser nos sacs sans surveillance. On se contente donc d’amener l’essentiel pour la nuit. Pour le reste, tout restera sur les vélos. On prend possession de notre cabine. Rien de spacieux mais propre. Le bateau date des années 80. Une visite sur le pont vous ramène à une époque où écouter la télé se faisait encore avec un « Jerold » et ou un groupe rock devait avoir du maquillage. Dans notre cabine, la salle de bain nous offre un spectacle unique. Comment entrer, lavabo, toilette et douche dans une boîte d’allumette? La seule solution logique est de…mettre la toilette dans la douche, et c’est exactement ce qu’ils ont fait. Si vous voulez vous soulager et ensuite prendre une douche, plus besoin de se baisser les culottes deux fois: un véritable bonheur! Patrick tente l’expérience et constate que toute bonne idée n’est pas toujours bonne à répéter. Il y a quand même des limites à vouloir faire deux choses en même temps.
On s’attend à de la houle cette nuit, le vent est fort. On visite le bateau en tentant de rester debout tellement le bâtiment tangue. On se laisse tenter par une bouteille de vin au restaurant, qui contrairement à nos craintes, reste abordable. Les bateau de nuit comme ceux-ci, cherchent leur identité. Sont-il des bateau de croisière ou de simples traversiers? Sera-t’il cool ou simplement pratique? Celui penche définitivement vers le bateau de croisière mais sans la masse critique pour rendre l’expérience intéressante.
Les restaurants sont vide ou presque et le bar présente un spectacle. Celui-ci est si pénible que même boire un coup ne diminue en rien l’extrême douleur ressentie à l’écoute du talentueux clavieriste. On s’assoie tout de même et considère la possibilité d’y assister plus longuement. Ça c’était jusqu’au moment où le chanteur, qui par ailleurs a une belle voix,
commence à chanter du Julio Eglesias sous le sons d’une bande préenregistrée agrémentée de ses propres notes de piano. Au départ, on le trouve un peu « off », mais après un moment, on devient convaincu d’une chose….il ne sait pas jouer le piano. On cherche l’harmonie, on prie pour trouver le lien au rythme…rien…absolument rien. Il donne littéralement l’impression de frapper sur son clavier en espérant qu’on s’en apercevra pas. Enough! Tant qu’à saigner des oreilles, on va aller vomir dans nos chambres. De toute façon, n’est-ce pas ce qui nous attend avec toute cette houle?
Bonne nuit.












