Jour 134 – La caissière veut notre peau

Sutivan, Croatie – 11 Septembre 2014

Au levé, on s’aperçoit assez vite que voyager aujourd’hui serait très désagréable. Il y a de forts orages, et au court des prochaines heures, elles s’arrêteront et reprendrons de plus belle, tel une horloge. On se consulte, et décide que le plan de cette journée consistera… à ne pas avoir de plans. On confirme l’appartement pour une autre journée, qui à bien des égards, est moins cher que la plupart des campings qu’on a loué durant notre voyage. Pourquoi s’en passer?

Aucun sens comme journée de pogne beigne. On ne sortira que deux fois pour aller chercher de la bouffe à l’épicerie. Pour le reste Patrick lira toute la journée, les enfants jouerons ensemble, se chicanerons et alternerons entre les deux. (Honnêtement ils ont bien fait ça!). Annik, elle,  joue à Candy Crush et attend de nouvelles vies… Du délire.

En soirée lors de notre deuxième sortie de la journée, on tente de se « timer » sur les orages. En fait, l’objectif serait de marcher jusqu’au restaurant entre deux chutes de pluie. On sort et après quelques centaines des mètres, l’orage la plus gigantesque nous tombe dessus. Nous sommes bien dans nos habits de pluie et sous nos parapluies, mais il y a de ses pluies qui mouille autant du bas que du haut. C’est exactement ce qui se passe ici. La ville est évidement sur le bord de la mer, et comme le terrain est très escarpé, chaque route qui y descend est très abrupte. Qu’est-ce que ça fout dans notre histoire? Eh ben, si vous avez une pente vers la mer, vous verrez soudainement apparaître des rivières, ou même littéralement des rapides, déferlé vers vous à une vitesse folle. La pluie tombe avec tant de vigueur que les flots nous attaquent de tous les côtés. Il y a plus d’un pied d’eau au sol, la pluie nous roule dessus. On bref, on s’enligne pour manger au restaurant dans du linge trempé.

Les enfants adorent. Chaque rue, ruelle et chemin est une rivière. Chaque dénivelé, muret devient une cascade ou une chute. On cri, on rit… Après une journée aussi relaxe, on s’imagine que cette pluie nous a été envoyé pour qu’on se rappelle de quelque chose de marquant.

Sous la pluie on se rend au restaurant. Ici ils ont une grande terrasse couverte mais comme ils doivent transiter entre le restaurant et la terrasse sous la pluie, à moins que la pluie ne cesse, le restaurant ne servira aucun repas. Considérant la journée pluvieuse qui vient de passer, il est plus que possible, qu’attendre l’arrêt des averses nous amènera au déjeuner de demain. Allons-nous chercher de la bouffe à l’épicerie avant que ça ferme?

Sur place après une autre marche sous la pluie battante, on arrive à l’épicerie déserte. L’endroit ferme d’ici une heure, et considérant le temps, on y a déjà entrepris le ménage de fin de journée. L’endroit est vide… jusqu’à ce que des monstres mouillés y entre!

On ouvre la porte, et les deux caissières nous regarde avec du feu dans les yeux. Vous n’allez pas entrer tous les quatre ici, et nous saloper la place au complet? On se regarde et demande aux enfants de rester à l’extérieur. Nous on se place sur les deux cartons placés au sol après le seuil. On observe la scène, on se regarde littéralement relâcher un litre d’eau chacun au sol, et tente de décider si on est prêt pour un possible bain de sang…notre sang. Une des caissières a le gabarit parfait pour vous asséner de sauvages coups de caisse enregistreuse.  On préférerait éviter ça.

On a faim, c’est un lieu public, qu’est-ce que tu veux qu’on fasse d’autre?

Sur la pointe des pieds, on commence à marcher dans l’épicerie sous l’œil sévère des deux mégères qui aimerais mieux rouler leur crotte de nez que de venir torcher leur épicerie après nous. On s’avance vers les fruits légumes et tombe face à face avec un autre employé qui passe la machine à nettoyer les plancher, comme dans un effort pour rendre l’endroit propre avant la fermeture. On évite son regard, il évite le nôtre. On se sent trop mal. À chaque pas, on laisse de grosse trace d’eau mouillé, et de moins en moins propre, derrière nous. S’avançant telle des loups, on tente de réduire nos traces au minimum tout en récupérant le maximum d’ingrédients pour faire de délicieux tortillas au poulet. Furtivement, on monte presqu’aux étagères pour éviter les dégâts. D’ici quelque minute, nous serons, ou bien en état d’arrestation ou à l’extérieur de l’épicerie sous la pluie. Les enfants, nous regarde le nez dans la vitre espérant pouvoir embrasser leurs parents une dernière fois avant l’exécution. On se rend à la caisse. L’ambiance est morose, les échange de mots inexistant. Un doigt qui pointe sur le montant de la caisse, un paiement rapide et une course vers la porte où la sécurité nous attends. Nous sommes sauvés, nous mangerons au moins un dernier repas ce soir.

Il ne pleut plus, et on croirait même voir un peu de soleil. Devant nous, l’orage est passé du côté du continent et fait rage sur Split. Il fait si noir là-bas, que la ville semble être en pleine nuit. Au retour, on observe les bouches d’égout soulevé et hors de leur socle.  Mika, sachant qu’il retourne à la maison, tente de mouiller ce qui pourrait lui rester de sec sur le corps. N’empêche, on s’est amusé.

Retour à l’appartement où on retrouve une bonne veillé d’antan. Pas d’internet et pas de télévision. On se couche même avant 9:00… C’est brûlant de rien faire!

Jour 133 – Un zoo de marde!

Sutivan, Croatie – 12 Septembre 2014

On n’a rien à glander aujourd’hui, autre que d’aller se coucher dans un champs de roche sur la plage, donc, on pourrait faire un détour dans le haut de la montage au Sutivan Nature Park.  C’est assez rare qu’on se tape un petit périple sans tout notre matériel et cette fois-ci, puisque nous restons à la petite maison jusqu’à demain, on gravira la montagne jusqu’au zoo, et ceci, sans baguage. 

La journée est chaude ensoleillé.  On enfourche nos vélos et gravit longuement la montagne au nord du village.  On se présente à l’entrée, et n’y trouve aucune voiture, aucune trace de vie.  Le site est ouvert.  On s’y engouffre, chemine le long de petit tracé en roche et longe un bâtiment vitré qui semble le centre d’accueil. 

Hey….. y’a quelqu’un?

Pas de réponse…. On crie à nouveau, fracasse une vitrine, met le feu aux poubelles, invite une fanfare de 420 tubas désaccordés…. rien à faire… il y a pas un chat ici. Bon, c’est sûr que l’endroit manque un peu d’amour, mais, on s’attendrais au moins à voir une grand-mère sur le balcon nous dire d’entrer de de visiter à son aise, mais ça n’arrivera pas. On est là, pourquoi pas visiter, on croisera bien quelqu’un à moment donné.

La première question qui vient l’esprit, c’est pourquoi un zoo à Sutivan? Il y a toujours des limites à vouloir couper ses frais, mais quand t’a personne pour collecter l’argent à l’entrée, c’est pas mal certain que ton sort ne s’améliorera pas. Parce qu’ici, il semble que de la chance il va en falloir pour remonter la pente. La ménagerie d’animaux est un peu limite pour s’appeler un zoo. Le plus exotique est une autruche, pas mal, mais à côté de l’âne, les coqs, les cochons et les chevaux, à moins de tripper sur les clôtures rouillés déconcrissé par terre, ça se peut que tu y trouve pas ton compte.

Quand que ça fait une heure que t’es ici, qu’il n’y a pas un chat, incluant un tenancier de zoo, t’a pas mal fait le tour. On a beau espérer des événement choc du genre; se faire manger les lacets par une chèvre, trouver un enfant de 4 ans du dernier groupe scolaire pogné entre deux bottes de foins, ou simplement avoir du fun, mais y a rien a faire, c’est pas ici que ça se passe.

On remonte sur nos vélos, redescend à Sulivan, bouffe un ananas sur la plage en regardant les enfants se baigner. A simple life, babe, simple life!

Quelques images de Sutivan…. Pas de nous mais quand même.

http://www.otok-brac.info/park_sutivan/

Jour 130 – Pour l’île de Brac

SuperTar Croatie, 7 Septembre 2014

Ce matin on quitte notre appartement. Les propriétaires arrivent vers 10:00 et nous force, un peu malgré eux, à accélérer pour quitter. La dame parle un peu l’anglais, mais son mari ne connaît presque rien de cette langue. Malgré tout, ils sont super sympathiques et nous remettent une bouteille de leur liqueur d’amande maison et nous aide à descendre nos bagages jusqu’à la rue. Ça aurait été très agréable de pouvoir discuter plus longuement avec eux, mais nos limitations mutuelles nous en empêches.

On sait qu’on quittera pour l’Ile de Brac aujourd’hui, mais d’abord, nous devons faire quelques emplettes qui finissent par prendre quelque heures. On s’achète une nouvelle caméra qui est bien moins bonne que notre ancienne, mais considérant que tous les bidules électroniques coûtent le double du Canada, on devra se comptenter. Ce qui tourne un peu mal pour nous est que notre internet vient de lâcher et malgré de nombreux efforts, à moins de trouver un magasin T-Mobile, nous sommes sans internet. C’est toujours un peu plus compliqué pour nous,

Sur le traversier, après une bonne bouffe dans un fastfood au nom de notre famille (Burger POMA – Patrick, Océanne, Mika et Annik), on se retrouve sur le bateau pour une traversé de moins d’une heure sur l’île la plus proche. Pourquoi cette île? Deux raisons; le traversier accepte les vélos et on en dit, malgré sa proximité, qu’elle est la moins visité des trois îles à proximité..

À l’approche de l’île, Mika avec ses yeux de lynx, a bien vite pu remarquer la présence de jeux gonflables flottant et de glissades. C’est garantie qu’on va là, et pas demain si on s’en tient au disque qui saute (Mika qui répète la même chose tout le temps) Parce qu’on a rien de mieux à faire et qu’il est encore raisonnablement tôt, on s’y rend dès notre arrivée et profite un peu de la plage avant de revenir au port pour tenter de trouver un endroit pour dormir.

À l’Office de tourisme, la gentille jeune femme appelle le propriétaire d’un appartement qui se présente à nous à l’intérieur de 10 minutes. On roule a vélo derrière lui et arrive à cette superbe maison blanche où nous pouvons louer une des appartement pour 50€ par jour (370 Kuna). On le prendras pour deux jours. Ça nous donnera le temps de relaxer et de décider de la suite.

Retour à la plage, qui est un tapis de galet plus ou moins rond, on s’assoit par terre pour éviter d’avoir à payer l’utilisation de chaise. Ici, nous l’apprenons lentement, on peut vous fournir une chaise et un parasol moyennant une petite somme d’argent (Environ 10$ par jour). L’émiettement avec ce système, c’est qu’il sont loin d’avoir un système progressif car si vous voulez louer le kit pour une heure ou pour 10 c’est le mêmé prix. Ça mène invariablement à la même discussion préposé/client où le dernier tente de convaincre qu’il ne restera qu’une heure, qu’il a les fesses propres et qu’il ne collera pas sa gomme sous la chaise. Dans ses conditions, pourquoi doit-il payer le plein prix? Même si le préposé ne parle pas anglais, la scène est si fréquente qu’il peut apprendre un texte typique et être parfaitement fonctionnel.

Les enfants profitent de l’eau pendant que les parents tentent de trouver une position qui leur permettra de ne pas repartir avec des plaies profondes dans le derrière. Les roches sont superbement blanches mais elles sont aussi piquantes, et comme on a été trop « cheap » pour se payer des chaises, on a qu’à souffrir maintenant. Si vous jetez un coup d’œil sur la petite foule peuplant la plage, vous pouvez immédiatement identifier qui vient d’arriver. C’est simple; les épais comme nous n’ont pas encore de souliers d’eau. On a tous l’air de débiles légers essayant de marcher dans la roche les pieds nus. Par exemple, à la sortie de l’eau, au moment où vous passer de l’apesanteur au monde de la gravité terrestre, il y a cette seconde où vos pieds touchent le sol et vous relèvent en position debout. Si vous êtes sur une plage de sable, vous pouvez vous relever avec grâce, pectoraux vers le ciel et le sourire au lèvre. Dans le cas de la plage plein de cailloux de l’endroit, votre posture n’aura rien de grandiose en tentant de trouver « le spot » qui vous transpercera pas les pieds, ça c’est si vous ne tomber pas simplement sur le lit de fakir près à vous accueillir; à mettre sur la « to do list », acheter des souliers d’eau.

De toute façon, on se baignera pas aujourd’hui. On se sent pas suffisamment courageux pour entrer dans de l’eau qui, sans être congelé, est tout de même assez fraîche.

Ce soir, on décide d’aller profiter de la vue qui nous est offert et d’aller manger au port, espérons le, de la bonne bouffe croate. On s’assoit, et devant nous se trouve le port avec ses innombrables bateaux, la mer et en arrière plan, les montagnes derrière leur voile nuageux de fin de journée. Le soleil est sur sa descente et ses rayons colorent les nuages devant nous. Comment ne pas être heureux?

Dans le port, il nous apparaît qu’un des gros joueurs dans la location de bateau s’appelle Robert, On rigole parce que ce génie du marketing à concocté un fabuleux slogan : Rent a Robert. Ça veut dire quoi? On craint une façade pour un un club d’escorte mâle. (Aller maintenant expliquer cette ligne à vos enfants)

La bouffe est mangeable, mais loin de nos espérances de dépaysement. Il semble qu’il faudra quitter Supertar, la principale ville l’île, pour manger quelque chose de moins adapté aux touristes.

On est au anges ici. De retour à « l’appart », on passe une bonne nuit de sommeil sous les attaques d’une armada de maringouins voraces. On sait qu’on se répète, mais depuis les débuts, nous n’avons toujours pas vu l’ombre du petit doigt d’un moustiquaire. Voulez-vous en acheter? C’est super simple et efficace!!!

 

Jour 129 – Il n’y aura pas de Grèce!

Split, Croatie – 6 Septembre 2014

On a le morale un peu bas ce matin. Malgré toutes nos recherches on apprend que se rendre en Grèce serait très compliqué et/ou dispendieux et/ou dangereux.

D’abord le danger; les routes côtières de Croatie ont la réputation d’être dangereuse par le nombre de véhicules qui y circulent, leurs largeurs par toujours adéquates mais aussi par les habitudes de conduite. Plusieurs nous ont fait part de leurs craintes pour notre sécurité, particulièrement dans le sud du pays. En effet, la section d’autoroute qui déplace une partie de la circulation vers elle, n’est pas complété dans le sud. Même si on devait réussir à compléter cette section, il faudrait encore passer par l’Albanie, qui est réputée dangereuse. (Pour les touristes). La dangerosité est toujours un peu difficile à évaluer parce que tout le monde à sa propre vision de ce que ça représente. On pense avoir tendance à être capable de prendre un peu plus de risque que bien des gens, particulièrement pour ce qui est de rouler sur des routes plus difficiles…mais tant qu’on ne l’a pas fait, on ne sait pas.

Si on parle de complications, elles sont nombreuses. D’abord, aucun traversier n’existe pour la Grèce à moins de traverser en Italie pour ensuite reprendre le bateau pour le pays de Platon. Combien ça coûterait? Ça reste à voir. Pour ce qui est du train, les informations disponibles nous porte à croire qu’il faudrait fort probablement faire 30 heures de train avec d’innombrables détour à travers la Bosnie, L’Albanie et dieu sait où. Comme ses pays ne sont pas organisés comme en Europe Continental, savoir si nos vélos pourront y trouver place reste à voir. Tout ça ressemble à plusieurs jours stressants et éreintants…pas sûr que ça nous tente!

Ça nous amène aux coûts: Pour la première fois, on a regardé plus sérieusement combien ça coûterait pour revenir de Grèce à la fin octobre…6,000$, sans les extra dé vélos! Il y a de quoi t’enlever le goût d’y aller!

On se donne le droit d’y penser encore, mais à moins de trouver une solution alternative ça commence à sembler de moins à moins probable. N’empêche, on doit arriver à rester dans des endroits où la température est clémente. On est simplement pas équipé pour le froid pour plus de quelques jours.

Ça nous amène à finalement décider d’aller sur l’île de Brac demain. Ça nous donnera quelques jours pour réfléchir à nos options et relaxer. Il faudra peut être encore changer nos plans mais on verra.

On passe la journée sur le bord de la mer. La température n’a pas été aussi belle depuis plus d’un mois et demi. Mika, comme on le connaît, ne peut s’enlever de la tête de retourner dans les jeux gonflables flottants. Quand il a une idée, il l’a pas ailleurs. Pour être honnête, ça peut vous amener aux limites de la folie.

Une journée de repos entre la plage et l’appartement. Des vacances quoi!

Note; La moustache est encore très à la mode ici; si on devait faire un « Movember » ici, il faudrait l’appeler le « Pas-de-pintch-vember » parce que personne ne saurait que vous faites quoi que ce soit de spécial.

Jour 128 – Visite de Split

Split, Croatie – 5 Septembre 2014

La ville de Split nous a déjà beaucoup impressionné hier. N’ayant à ce moment aucun plan de visite, on a plutôt marché un peu à l’aveuglette. Aujourd’hui, notre intention est de visiter avec un peu plus « d’organisation » la vielle ville qui est sur la liste des sites du patrimoine mondiale de l’Unesco…et il le mérite.

Ici, l’immense majorité des maisons sont blanches, du moins celle qui se trouve près du centre. Avec leurs toits d’argile, l’endroit est génial. Comme cette partie de la ville est en constante transformation depuis des temps immémoriaux, la base tourne autour de minuscules petites rues probablement appropriés dans une ville fortifiés où l’espace est rare. Ça lui donne un charme fou. En plein centre, on y trouve l’immense mausolée d’un empereur du III siècle qui fut éventuellement transformé en église. Les vestiges entourant l’endroit donnent l’impression d’être à l’époque romaine. Juste au côté, se trouve une grande place entourée de quelques marches, un peu comme un petit agora. Un café a eu la bonne idée d’y installer de petits coussins et de petites tablettes pour s’y assoir et boire un café. Une fois par jour, on recréer la sortie de l’empereur avec sa femme sous le sons des tambours des soldats. On est tout excité d’assister à l’événement, mais l’affaire est d’une « platitude » sans nom. Les deux « royaux » sortent, font des « tatas » pendant que trois soldats en habit romain tapent sur des tambours en faisant une petite marche militaire. Il s’adresse à la foule avec quelques mots et c’est fini. Un peu plus long et nous serions tous tombé dans un profond sommeil. On est content de ne pas avoir fait 300 kilomètres pour ça.

La ville renferme plein de petits coins secrets dans d’innombrables petites ruelles partant dans toutes les directions; un véritable terrain de jeu pour les enfants. On regrette d’avoir envoyé nos walkie talkies à la maison, on aurait pu jouer à toutes sortes de jeux de cachette tellement l’endroit ressemble à un labyrinthe. Tous les petits cafés, dans ces petites rues, ont énormément de charme. Souvent, elles n’ont que quelques minuscules bancs contre les mur interrompu par de très petites tables. La ville fortifiée donne sur la mer devant lequel se trouve une grande et magnifique allée piétonnière où les touristes s’attablent à une terrasse.

Nos attentes du pays n’étaient pas celles-ci. Par ignorance, on s’imaginait arriver dans un endroit beaucoup plus dépaysant mais surtout plus pauvre. On avouera que la côte ne représente certainement pas la réalité du reste du pays, moins touristique, mais c’est tout de même beaucoup moins chaotique qu’imaginé. À bien des égards, l’Italie est beaucoup, beaucoup plus bordélique. Pour l’heure, la Croatie bat l’Italie pour la propreté et l’entretien des bâtiment…à plat de couture.

Que dire des différences?

– La Croatie utilise le Kuna, la monnaie local. C’est très facile de faire la conversion, parce que 5 kuna valent environ 1$. Chaque Kuna vaut 100 Lupa. Quand vous obtenez 1 Lupa, vous avez en main assez de monnaie pour acheter… absolument rien. (Ça vaut 1/5 de cent canadien). Même pour eux, c’est des vidanges,

– Les prix dans les magasins donnent initialement le vertige; 25 Kuna pour du Quick (oui, on voit notre Nestle Quick même ici). On va s’habituer, mais notre petit cerveau n’arrive pas encore tout à fait à assimiler le concept.

– Le change reçu dans les magasin est variable. Ça semble être un gros embarras, même pour les caissières. Certains vous donnerons jusqu’au dernier Lupa tandis que d’autres s’offrent la liberté de retourner la monnaie jusqu’au 20 Lupa près. On s’en formalise certainement pas, parce que 5 cent, même ici ça sert à rien.

Les croates sont pas mal plus à date qu’on pourrait le penser. Même des pays beaucoup plus développés font pâle figure en comparaison.

– Tous les cafés et restaurants ont un excellent WIFI gratuit.
– l’Internet mobile est très abordable. (4$ pour 2 Gig)
– Absolument tout le monde prend la carte de crédit – les pires à ce chapitre; les allemands, puis les autrichien suivi des italiens. Si vous voyagez longtemps, assurez-vous d’avoir de bonnes limites de retrait parce que vous aller crever de faim, dormir dans la rue et appeler votre maman en pleur dans la semaine. En Croatie, par contre, vous êtes bien servi. En passant, en Italie ils prennent théoriquement la carte presque partout mais ils offrent souvent la bonne vielle raison voulant que la machine soit brisée. Ce qui est cassé c’est l’état italien parce plusieurs tentent de cacher des revenus au fisc…

On passe une excellente journée à découvrir toutes les petites choses qui font nos différences. On adore!

À demain!

Un petit apperçu de Split, Croatie.

Jour 127 – Croatie baby!

4 Septembre 2014, Split, Croatie

On se lève tôt, et non, la houle n’a fait vomir personne cette nuit. Par contre au matin, on comprend mieux la présence de la toilette à l’intérieur de la douche. Si il y a trop de vagues et que vous êtes malade; agenouillez-vous simplement devant la « bol », et partez-vous une bonne douche. Les débordements autour de la toilette seront lavés au fur et à mesure de leur sortie; utile et l’agréable, n’est-ce pas?

Dans un traversier de nuit comme celui-ci, le sommeil n’est pas mauvais, mais on a tout de même l’impression d’être coupé du monde. On se retrouve littéralement dans un boîte de sardine, le moment de la journée ne peut être deviné, ni par le bruit, ni par la lumière. Par manque d’habitude, ça empêche les parents de dormir sur leurs deux oreilles. Manquerions nous l’arrivé au port? Surtout que dans ce cas, on devrait être sur le quai tôt le matin; un peu avant 7 heures. Évidement, ce genre de craintes est absolument infondées puisqu’à partir de 6 heures, un haut-parleur nous rappelle que déjeuner est le plus important repas de la journée. Par conséquent, vous devez vous lever… bande de lâches. D’ailleurs, on vous le rappellera toutes les 3 minutes, dans 14 langues différentes jusqu’à ce que vous soyez levé, en fil à la cafétéria, et à genoux devant le proposé en le suppliant de prendre votre 37$ pour une toast et un verre d’eau…la seul condition? Mon dieu, arrêtez ce haut-parleur!

Quoi qu’il en soit, on se retrouve sur le quai, le sourire aux lèvres! ON EST EN CROATIE! (Split). De quoi à l’air cet endroit? Sur le bord de la mer bien sûr! Le terrain est aride mais il y a beaucoup de verdure. La vue est magnifique avec son arrière plan des montagnes qu’on imaginait un peu plus petites et une ville remplie de maisons blanches, résultat de l’utilisation de la pierre typique de la région. Pour l’heure, on ne sait rien de plus. On a faim. N’a t’on pas toute la journée de toute façon?

Les habituels achats de cartes cellulaires pour l’Internet et le déjeuner nous amènent à la mi-journée. Entre temps, on a pu faire une visite de surface de la vielle ville où se trouve des bâtiments antiques datant de plus de 1500 ans. Jusqu’à maintenant, on aime vraiment beaucoup.

On ère un peu sans but et visite la ville avec l’idée de se louer un appartement. Avec notre expérience fortuite de Venise où on nous a refusé l’accès, on se dit qu’on devrait aller voir l’emplacement d’une possible location. Comme la ville est très dense, on essai de se trouver un endroit qui aurait un minimum de potentiel pour y accueillir nos vélos. On fait donc un arrêt à une première adresse, puis à une deuxième, pour finalement statuer sur celle-ci. On prend notre réservation et donnons rendez-vous aux propriétaires dans les prochaines heures pour la prise de possession.

En attendant, on descend sur le bord de mer qui a des ressemblances avec certains endroits d’Italie. Peu de sable, plutôt des petites roches quand plage il y a, et beaucoup, beaucoup de grands cailloux. Comme on est en ville, tout ceci est aménagé à grands coups de petits trottoirs de béton pour que les gens en profitent.

Sur la route, on rencontre un Alen et sa femme, tout deux, d’Angleterre. Alen, en particulier, veut tout savoir sur notre voyage. Il est un passionné de vélo et aimerais partir avec nous. Pendant un long moment, on a beaucoup de plaisir à jaser avec lui. Il promet de nous suivre sur notre blog pour le reste du voyage. (Il va trouver notre français un peu « abrupte »)

Marchant sur le bord de mer, on remarque plusieurs choses particulières; d’abord, la baignade ici, c’est comme le hockey chez nous. Il ont ça dans le sang. Ça peut se voir par la qualité de la nage des très nombreuses personnes âgés qui viennent passer leur temps libre sur la côte. Il a un « vibe » super ici et les gens sont relaxe. Évidement, on apprivoise les sonorités d’une toute nouvelle langue (le croate). Elle a des sonorités un peu russe, et toute ces personnes ont des discussions autour de nous. C’est très différent pour nous et on écoute avec attention tout ces nouveaux sons.

Bientôt, on aperçoit quelque chose qui changera la vie des enfants; une apparition pour leurs petits yeux, leur rappelant que le monde est un endroit magnifique. Sur les vagues, à moins de 100 pieds, se trouve une grande structure gonflable comparable au jeux « terrestres » qui jonchent les fêtes de quartier du Québec. (Vous savez le bateau de pirate où vous devez attendre 3 heures derrière de la marmaille criarde?). C’est ce genre de chose à quelques exceptions près. Ici, il n’y a pas de fil d’enfant parce qu’il faut payer 10$ par personne pour une heure, les structures sont en fait une série de plus petits « bâtiments » attachés ensemble pour y fait des courses et finalement tout ça flotte sur l’eau. L’eau est vitale ici, car elle vous permet de détacher votre gilet plein de sang une fois vos dents avalés. Les enfants y vont seul seul. On va les laisser aller, on craint un peu les chutes violentes.

Les parents s’assoient au bord, pas trop loin des vélos qui sont toujours chargés, et observe la marmaille s’amuser sur ces jeux. À la lumière des chutes continuelles des enfants sur le vinyle mouillé, on apprécie de ne pas avoir à se déboîter les vertèbres aussi. En regardant tout ça, on se demande si ce genre de chose serait possible au Québec. D’abord, les enfants doivent nager seul jusqu’à la structure qui est tout de même éloignée du bord. Il a aussi l’absence de surveillance; aucun « lifegard » n’est en charge d’éviter les accidents ou les noyades. La jeune fille qui collecte votre paiement en est à passer le niveau 248 de Candy Crush. Elle n’a certainement pas le temps de lever les yeux pour sauver un bambin, elle a des bonbons à faire descendre! Finalement, la structure est tellement haute, que derrière, si quelqu’un tombe à l’eau et se retrouve en difficulté, il y a fort à parier que personne ne le verrait où l’entendrait. Peut-être est-ce l’habitude? Voir des enfants se baigner dans un « pays de mer » est normal; Aller jouer dans le vagues, c’est leur patinoire à eux.

Un peu plus loin sur la plage, on apprend à connaître le jeu local qui consiste à se « garocher »dans l’eau pour empêcher une petite balle de toucher aux flots. Des groupe de 2 à 6 personnes, les pieds dans le « pas creux », mettent la balle en mouvement et doivent simplement la frapper, avec n’importe quelles parties du corps, pour la garder dans les airs. C’est du aki extrême quoi! Il y a des groupes qui se donnent sérieusement entre plongeons et « back flip » spectaculaires, c’est quelque chose à regarder.

Les enfants sortent du jeux, et on décide d’aller rejoindre les propriétaires pour le rendez-vous. Passant devant un bar/café, une dame nous interpelle. Elle a reconnu nos vélos et nous invite à la suivre. Son mari, qui comme elle, n’a que peut de connaissance de l’anglais sont admirablement gentil. On nous aide à monter notre matériel, dans l’appartement se trouvant…évidement à la limite des nuages. Louer un rez-de chaussée, ça pourrait pas nous arriver. L’appartement est bien équipé et on pourra se faire à manger ici. On est conquis, et compte tenu du prix, on voit pas pourquoi on devrait courrir après les campings.

Une petite bouffe dans un petit restaurant pour essayer la bouffe locale. On marche un peu en ville, mais l’arrivée en ville, tôt le matin, et le transport par bateau nous a plombé. On revient tôt et relaxe devant la télévision avant de s’endormir paisiblement dans un pays qui nous promet, nous l’espérons, des merveilles.

Jour 125 – Venise – Notre pire journée du voyage.

2 Septembre 2014
Départ Basovissa, Italie (Vélo) pour Trieste, Italie
Départ de Trieste, Italie (Train) pour Venise, Italie
Départ de Venise, Italie (Train) pour Dolo, Italie

Départ de la ville de Basovizza près de la frontière Slovène. On a espoir de se rendre en Croatie aujourd’hui. On reste au lit assez longuement sans pour autant dormir sur nos deux oreilles. Le curé zélé de la municipalité nous fait le plaisir de commencer à faire sonner ses cloches aux 15 minutes et de jouer Bohemian Rapsody à la cloche toute les heures (mais c’est quoi l’affaire? « We get the point »! Il y a personne à ta messe et tu cherche à nous le rappeler?

Au pied de notre lit après avoir jeté un œil dehors… Il vente à écorner les bœuf et il pleut. Ça regarde mal pour notre périple. On se lève pour traverser de notre building jusqu’à un autre l’autre côté de la rue ou on sert notre déjeuner inclu. À notre sortie, on part presqu’à pleurer. Il fait probablement 10 degrés et c’est honnêtement le pire temps depuis nos premiers jours en mai dernier. Si on était à Québec, on se roulerait dans une grosse « doudou », se louerait deux films avec le ferme intention de pas mettre le pied dehors.

Selon notre « planning », on devrait traverser la Slovénie aujourd’hui et arriver éventuellement à Rijeka en Croatie. La dame à l’accueil nous annonce que ce temps de chien devrait accabler toute la région pour encore une semaine… On est simplement à « boutte »…complètement à « boutte »!!! Toute l’idée derrière la Croatie, est d’avoir du beau temps et il fait probablement plus beau autour du cercle polaire.

L’autre chose qui nous met dans le doute c’est le terrain entre ici et notre objectif; de quoi parle t’on exactement? Est-ce que ça monte ou descend? Peut-être un peu des deux? On en sait rien. Il vaut mieux vérifier tout ça et explorer nos options.

Annik et Patrick s’assoient dans le Lobby et regarde de leur options;

– Rester ici, et dépenser une fortune la nuit prochaine à l’hôtel.
– Maintenir le cap, faire 60 kilomètres vers Rijeka sous la pluie et des vents violents. Maintenant qu’on a regardé les données, on devra monter plus de 1000 mètres avant de redescendre vers la côte. Dans ces conditions météo, c’est pas évident.
– Se planter sur le bord de la route, attendre une autobus, et espérer un miracle qui nous permettrait d’y entrer 4 vélos, direction Rijeka.
– Redescendre à Trieste, y rester une nuit et prendre le Ferry pour le nord de la Grèce demain soir (voyage de 36 heures).
– Retourner à Trieste, prendre le train vers Venise et un autre pour Ancône. De là, prendre le traversier pour aller à Split en Croatie (l’autre côté de la Mer Adriatique)
– Retourner sur nos pas des deux derniers jours, prendre le train pour Zagreb et ensuite pour la côte croate.

On discute avec les enfants, et à la lumière de la mauvaise temperature à venir dans la région, on prend la décision de donner un coup de fouet… Ce sera un voyage vers Venise aujourd’hui. Tant qu’à y passer, c’est impossible de ne pas y arrêter. On fera donc un arrêt sur place pour une à deux nuits.

Après un dernier moment d’hésitation, on décide finalement de commencer la descente vers Trieste, littéralement vers notre point d’arrivé d’hier; la gare de la ville. On en a déjà parlé, mais on ne réalise pas toujours l’ampleur d’une monté… avant de la descendre. On se doutait que c’était une des plus haute qu’on avait fait, mais on le confirme maintenant; une descente de 1250 mètres. Avec les autres pentes montés et descendus dans la journée d’hier, il est certain qu’on a battu solidement notre ancien record. On estime que 1400 à 1500 mètres ont été monté hier. Dire qu’il y a quelques mois, lors de nos premières montés en Espagne, 250-300 mètres dans la journée tirait les larmes des enfants. Impressionnant n’est-ce pas?

À la gare, on fait les derniers préparatifs pour notre départ pour Venise. Le train part dans 20 minutes et on se sent prêt pour le défi. Patrick court vers le guichet et après trois machines qui ne veulent pas prendre sa carte, il obtient les billets. Annik, pendant ce temps, passe à l’épicerie d’à côté et ramasse un lunch dans quelques courtes minutes. On roule tous avec nos vélos sur le quai (à bas les règles!) et se rend au bout d’un long train pour y entrer nos vélos… Tout roule #1

Dans le train, tout le monde relaxe en attendant l’arrivée. Malheureusement le ciel est encore gris; on va commencer à croire qu’un nouvelle ère glacière a commencé.

VENISE L’ARRIVÉE – Note globale 10/10

On entre en ville à bord du train et s’arrête à la belle gare de Venise. Dès qu’on met le nez dehors, on reconnaît bien l’endroit; Un grand canal devant nous, un pont typique en arche, des bâtiments les pieds dans l’eau et du monde partout. On s’attendait évidement à de larges foules. On a aucun problème avec ça, parce qu’au fond, on sait que dans un endroit comme celui-ci c’est leur pain et leur beurre. On prend quelques photos…sans notre caméra…mais avec un iPod. (Vous vous rappellerez sa mort il y a quelques jours) Notre plan pour les prochaines heures; se brancher à Internet, retirer de sous, et se trouver un hôtel pour les 2 prochaines nuits.

Vous êtes vous déjà senti comme un chien dans un jeu de quille. Nous, avec nos vélos chargés à bloc, on ne peut pas être plus chien, et Venise, plus quille. Dans les prochaines heures, malgré la foule, nous ne verrons qu’un seul autre vélo, celui d’un enfant de 3 ans. Il faut savoir que sur cette série d’îles que forme Venise, tous les canaux sont séparés par des centaines de petits ponts voûtés munis d’escalier. Absolument le contraire de ce qui convient aux vélos. On a simplement pas rapport là! Il va falloir faire avec.

VENISE L’INTERNET ET L’HÔTEL: Note globale 9/10 (-1)

Trouver un fournisseur d’Internet n’a pas été trop compliqué mais un hôtel, un paquet de trouble. On s’assoit à une terrasse, vous l’aurez deviné, hors de prix, et se met à la recherche d’une option qui convient à la classe moyenne. Être quatre dans la ville de l’amour n’est pas idéal pour votre porte-feuille. L’autre problème, est qu’avec nos vélos on ne peut tout simplement pas se permettre de passer par dessus 30-40 ponts pour s’y rendre. (Plusieurs minutes par ponts pour gravir les escaliers) C’est deux choses compliquent énormément notre sélection. On commence déjà à penser que des vélos sur l’archipel n’est peut être pas l’idée du siècle.

Après près de 2 heures, on fini par accepter de payer près de 500$ pour deux nuit dans un endroit qui ne semble pas nécessiter le passage de nombreux ponts.

VENISE – MALADIE MENTALE DOUBLE – Note globale 7/10 (-2)

Encore au bar et sur le point de partir, on est victime d’une grande malade. Nous avons spécifiquement choisi cette terrasse, parce qu’elle est légèrement à l’écart et qu’on a pu y mettre nos vélos sur une des rares sections de mur disponibles. Ici, tout est à l’étroit, et trouver suffisamment d’espace pour y « accoter » quatre vélos tout en y gardant un œil est difficile. Donc, nos bécanes sont devant nous de l’autre côté de la rue. On les a placé de chaque côté de portes donnant sur la rue. Par manque d’espace, une petit partie de la roue d’un vélo est devant la porte. À un certain moment, une dame âgée sort et Mika, voyant que ça pouvait l’empêcher de sortir complètement librement, s’offre pour bouger le vélo. La vielle dame refuse; il y a amplement de place pour passer. Mais voilà, que sa sœur jumelle méchante arrive et veut entrer. (elle est pas jumelle du tout, elle n’a même pas le même âge)

La porte est légèrement couverte par la roue. Ça nous fera plaisir de déplacer nos choses si elle le veut. Mais à la lumière de sa demande mais surtout à la manière…on a soudainement pas trop le goût de collaborer. Madame se met à crier, les bras dans les airs. Son mari avec elle, ont le voit, trouve sa réaction un peu exagéré. Elle veut pouvoir être en mesure d’entrer un cachalot par sa porte en tout circonstance, et présentement, c’est évidement impossible. Annik se lève, et lui dit;

Avec un beau sourire comme ça, ça nous fera plaisir madame!

Elle n’aime pas son humour parce qu’elle vient de monter de niveau. Elle passe de fâché à enragé. Les propriétaires du bar se regardent, les clients observent et en reviennent tout simplement pas de la scène. On se battra pas avec elle, et de tout façon, on veut pas avoir de « marde ». Par contre, on accepte pas de se faire traiter comme des mongoles. On se lève, et elle n’arrête pas.

Patrick, un peu moins conciliant avec les niaiseries, est un peu « tanné » de se faire gueuler après au moment où il déplace le vélo. Il s’arrête et la regarde.

Do you know how ridiculous you are?.. Franky your just an idiot!

Elle aime pas ça du tout la madame. Elle continu et continu. Tant qu’à se faire gueuler après, on va s’amuser. Patrick déplace son velo, et sous ses cris, feint de le déplacer directement à l’intérieur…son mari la « pogne » par le bras’ parce qu’elle est sur le bord d’exploser, et la tire à l’intérieur avant qu’elle commente un meurtre.

On se rassoit au bar. Tous ces gens de la terrasse, et de différentes nationalités, connaissent le signe universelle qui consiste à tourner sa main sur le côté de sa tête; c’est une folle. Plusieurs d’entre eux nous font des signes d’approbation pour notre gestion de la crise. Wow, c’était intense!

On décide de partir pour se diriger lentement vers notre hôtel. Il y a beaucoup de monde et on marche donc à côté de nos vélos. Notez bien la dernière phrase parce qu’elle est importante…

Il y a beaucoup de monde et on marche donc à côté de nos vélos

On sait utiliser notre jugement et sommes très respectueux. (De gens qui ne nous crient pas après) Si il y a du monde, comme presque partout ici, on marche évidement à côté de nos vélos, de toute façon, rouler ici est impossible. Nous avons par contre deux enfants, et bien qu’ils n’enfourchent pas les bécanes, il est possible qu’ils mettent leur pied sur une pédale et se pousse comme sur un skate (Quand l’espace le permet) On virera pas fou. Hé bien, on le sait pas encore, mais rouler à vélo ici est strictement interdit, et le règlement est sous la surveillance de milliers de personnes spécialement formées par la Gestapo. Le moindre manquement à cette règle vous place en danger de mort.

Au départ, Mika a le malheur de placer son pied sur sa pédale, sans même y monter, et honnêtement, il avance moins vite qu’un piéton. (Il est en arrière de nous qui marche de tout façon). Le pauvre petit se fait engueuler. À vrai dire, se fait crier après d’une manière incroyablement violente. Les cris de l’homme se rapproche d’une sirène anti-aérienne; une réaction complètement démesurée pour le reproche. Avec ces deux débiles en 5 minutes, on regarde l’homme tout rouge, part à rire, et quitte…en marchant,

VENISE – PAS DE VÉLOS – Note globale 6/10 (-1)

On le sais déjà, monter sur son vélo ici est passible de la peine de mort. Par contre, rouler dans un stationnement au côté de voitures qui circulent semble logique non?

On tente à tout prix d’éviter les ponts piétonniers. On fait donc de grands détours dont on vous évite les détails. Ceci étant dit, ces manœuvres nous amènent à nous retrouver dans la seule partie de la ville qui accueille les voitures. On navigue donc entre les voitures pour se rendre le plus près possible du pont piétonnier où nous devrons gravir nos premières escaliers. Le pont en question est environ 50 pieds du stationnement. On ne se formalise donc pas d’y rouler sans descendre de nos vélo. De toute facon, il y a énormément d’espace et peu de gens ici. En plus, on s’entend, qu’on voit des voitures rouler à quelques mètres.

Ben non! La Gestapo est au aguet. On se fait apostropher pour une deuxième fois. On a beau essayer d’expliquer que, si il se la fermait une seconde , que dans trois pieds on aurait descendu de nos vélos. Trois pieds, c’est trois pieds de trop! On commence à être un peu échaudé par le manque de politesse. On vous jure que si vous nous laissez pas tranquille, on va se terrer dans notre chambres pour la nuit… Vous aurez plus de problème avec nous; famille de hooligans sanguinaires.

VENISE – Signalisation merdique- Note globale 5/10 (-1)

Essayer pas de vous retrouver ici, les indications sont difficile à suivre et, ça c’est pas de leur faute, mais l’endroit est vachement mélangeant. On pourrait vraiment faire mieux, mais comme on commence à être un peu à bout, on enlevé un point de plus à Venise!

VENISE – PLUS D’HÔTEL – Note globale 2/10 (-2)
On se rend finalement à l’hotel, qui est rien d’autre qu’un appartement. Ne pensez pas qu’on y rentre comme on veut, parce qu’on est sur le point de rencontrer un responsable qui écoute la télévision et qui a pas le goût de se faire déranger. Dès l’ouverture de la porte, il a l’attitude de gars, qui se poignait le « péteux »et qui se fait déranger ENCORE par un maudit client (c’est tu « tannant » des clients!). Ces premières paroles, avant même les salutations d’usage.

TROU DUQ

Les vélos, il faut aller les porter à la gare, ça n’entre pas ici!

NOUS

Ok…mais on pourrait les entrer dans nos sacs. C’est comme un bagage normale

Quand tu parle à un attardé, qui veut pas t’écouter, c’est pas mal difficile d’aller loin avec ça. On continue de lui exposer la situation, qu’un sac avec un vélo c’est une sac et qu’à la rigueur si tu pas ce qu’il y a dedans, tu pense que c’est un gros sac. Après lui avoir répété plusieurs fois les même faits, il s’arrête et dit…(quel connard)

MEGA TROU DUQ

Oui mais…vous savez qu’après 19:00, il y un frais supplémentaire de 20€?

Hey le « tarla »! Jusqu’à maintenant, tu t’enligne pour pas avoir de clients « pantoute », pis là, tu veux nous charger un autre 20€… C’est vrai, à 19 heures , les gens arrêtent de vivre parce que ta grosse face à goût de se la pogner!

Le plus gentiment possible, on ignore ce qu’il vient de nous dire et lui redemande qu’est-ce qu’on fait avec les vélos?…

ULTRA MEGA SUPER EXTRA TROU DUQ

Mettez les dans les sacs, et on verra ensuite si je vous autorise à les monter.

Wooooo…ben c’est le « boutte »! Il est 8 heures et on a deux enfants qui attendent dans le noir sur le trottoir. Toi, pendant que tu va bouffer ton popcorn, nous les épais, on va défaire nos 4 vélos, les mettre dans des sacs et attendre que tu nous donne ton verdict de Dieu de l’Univers Intersidéral? Une fois, que ça sera fait et qu’on y aura mit les dernières énergies qui nous reste, quoi d’autres? Tu va nous demander 25€ par vélo pour le désagrément causé au Pacha? No way! Ça vient de finir ici!

NOUS

Tu nous prend comme ça ou tu garde ton appart!

1er TROU DUC DU MONDE

Ça m’est égale, rester à mes conditions ou partez

NOUS

C’est bon, t’aura pas unE cenne de nous autre!

C’est comme ça que quelqu’un a décidé, en tout bonne conscience, de laisser une famille au complet sur le trottoir parce qu’il voulait pas s’enlever le petit doigt d’où on pense..incroyable!

VENISE – ULTIME AFFRONT 0/10 (-1)
Si vous pensez que ça conclu notre liste de déficient de la journée, vous n’avez pas rencontrer le dernier.

Donc, nous sommes sans logis dans une ville pas fait pour les vélos. Rappelez-vous que nous sommes dans un quartier atteint parce qu’on a gravi, on ne sait combien de ponts piétonniers. On a pas mangé et il est plus que 8 heure et on sait encore moins ou on couche…

On arrête sur la rue, s’assoie par terre, et mange un morceau pendant qu’on cherche des alternatives pour le dodo. C’est pas mêlant, des hôtels, il en a encore moins que tout à l’heure…on est dans la « schnoutte ». Au moment où on on réalise qu’on va peut être devoir quitter définitivement avant minuit, on entend;

C’est pas un air de pic-nic ici, allez vous en!

Un homme au dessus de nous, à la fenêtre, vient d’émettre son opinion définitive et sans appel. S’en est trop pour Annik! Elle te l’enligne et lui dit;

Pense ce que tu veux, on reste ici! On sera parti dans 10 minutes!

Il est pas d’accord le monsieur, et il commence à s’énerver! Patrick, qui est accoter contre le mur et n’a pas encore vu l’homme, lui lance

Que c’est terrible! Pourquoi tu n’appellerais pas la police?

Ça, il aimes pas ça beaucoup plus. Il nous menace d’appeler la police pour vrai…oooooooohhhh, on a peur! Être sur la rue, est maintenant un crime sans nom. On a atteint notre « top », et lui, il va payer pour les autres… Patrick se lève, et l’engueule solide.

On a pas de place à coucher ce soir, « faque sacre » nous patience…

Et là, la métamorphose a lieu. La plus ignoble des personnes vient de se révéler. De toute notre vie on a jamais vu une personne aussi dégoûtante.

AAAAahhh, vous avez pas de place pour rester, avez vous de l’argent?

Ben oui espèce d’épais, on a plus d’argent en équipement sur nos vélos que dans ton appartement minable de « looser »! Qu’est ce que tu pense?

Dans ce cas là, je peux vous aider…

Là, tu viens pas de t’adresser au bon gars! Même si il fallait que qu’on « tente » dans la rue, on voudrait pas de ton aide espèce d’opportuniste répugnant. Il y a deux minutes, tu voulais nous faire brûler vif tellement ont t’importunait et maintenant tu vois une opportunité d’affaire? Mais qu’elle genre de merdeux es-tu?

Après une longue liste de méchancetés bien enfilés, Annik et Patrick se regarde et se disent à l’unisson;

La visite de Venise est fini, on part ce soir!

On ramasse nos affaires, refait le chemin contraire et se rend à la gare. Une fois à proximité dans la grande place devant la station, on embarque sur les vélos et roule malgré la règle qui nous l’interdit. Les trains ne roulent pas la nuit en Italie, on a pas de temps à perdre.

Veuillez descendre de vos vélo immédiatement!

On a pas de temps à perdre avec leurs conneries, on a un train a prendre! On lui lance;

Call the cops!

On roule sans mentir, un maximum de 200 mètres dans une grande place où peu de gens se trouvent maintenant. On commence les recherches pour trouver un endroit à aller et où on pourrait dormir…et voilà pas que la « police » du bicycle qui vient nous écœurer… elle nous a suivi jusqu’ici. Vous avez pas des jobs vous autres, une œuvre de charité à vous occuper, des petits enfants? Mais qu’est-ce que vous avez tous? On s’en va… On vous écœura plus jamais! Malgré tout, elle est la, prêt à nous faire la morale.

Elle là, elle ne sait pas reconnaître une situation explosive!

Annik, est près à l’écouter, mais Patrick, n’a absolument plus la patience pour entendre une seule niaiserie de la journée. Malheureusement, et c’est ça la vie, des fois on en a assez. Elle n’a probablement pas aimé la suite de ses paroles. N’empêche, vous avez pas mieux à faire?

On prend le train, en direction de la seule destination restante, et se jure de ne plus jamais remettre les pieds dans cet endroit. À Dolo, on loue une chambre pour la nuit, et pour la première fois de la journée, on rencontre des gens gentils qui ne peuvent pas se permettre de cracher dans la main qui les nourrit.

Bonne nuit.

Note 1
On comprend la perspective des habitants de Venise qui sont submergés de touristes à l’année longue. Par contre, leur petite île, elle aurait l’air d’une « dump » si tous ces gens ne venaient pas y dépenser des sommes considérables. Vous-pensez que c’est quoi vos alternatives au tourisme? Construire une aluminerie? C’était peut-être un erreur d’y aller en vélo, et nous nous sommes peut être emporté par moment à force de harcèlement, mais Venise nous laisse un goût amer. Voyager 6 mois nous a appris qu’on n’accepterait pas de se faire traiter sans respects. La fierté, veut parfois dire se donner du « trouble » pour la garder. En partant d’ici, on dit qu’on accepte pas d’être des lavettes.

Note 2
Mika se demande si l’eau de Venise est salé. C’est la mer ou une rivière? Sans demander la permission, il s’y plonge le doigt et y goute. Quand il apprend que les égouts de Venise sont pas les plus étanches du monde, il se visualise déjà avec une diarrhée explosive. Soyez assuré que c’est la dernière fois qu’il goute de l’eau d’un cour d’eau sans s’informer!

Jour 124 – Un café italien et atteindre la Slovénie

1er Septembre 2014
Dormi à Udine, Italie (Train) vers Trieste, Italie

On est de retour en Italie et on est si heureux. Malgré une grande proximité géographique entre l’Autriche et Udine en Italie, c’est deux mondes absolument et complètement différents. C’est difficile de s’expliquer pourquoi tout semble si différent à tout les niveaux et les causes de tout ça. C’est drôle comment on s’en souvenait plus, mais aujourd’hui, on préfère l’Italie à l’Allemagne et l’Autriche.

Malgré nos espoirs de beau temps, il faudra encore attendre parce que c’est pluvieux. « Who cares? » On est en route pour la Croatie, il devrait faire beau!

On a un déjeuner inclu à l’hôtel, on descend donc au restaurant du premier étage, le même qu’hier soir. On ne repassera pas sur la description exhaustive de l’endroit parce qu’on croit en avoir assez fait dans le « post » d’hier. Par contre, on doit vous parler du déjeuner le plus copieux qu’on a vu depuis des lunes. Dès le départ, nous sommes conquis par la présence d’un grille-pain. On en avait pas vu depuis des mois, mais depuis 3-4 jours, on en est à notre deuxième apparition. Avec tant de signes, si il y avait un dieux « toasteur », nous serions maintenant des convertis (Pour les besoins de la cause, nous appellerons ce dieu: Cora Déesse du Déjeuner.

Cora nous remercie copieusement çe matin, puisqu’on mange des toasts, du jambons, des crêpes et à peu près tout ce que la terre à offrir. Comme hier, la propriétaire est présente et elle nous fait de fabuleuses façons. Elle semble obnubilée par tant de beauté (on extrapole évidement) . La serveuse, elle aussi super sympathique, nous prépare les meilleurs chocolat chaud « ever », et c’est pas des blagues! C’est à ce moment que Patrick entends, venant des cieux, les paroles d’une autre déesse, la Mégantiçoise Andréanna la Notarius. Elle lui rappelle qu’on ne peut pas finir sa vie et rejoindre les sages au Panthéon du Pain Doré sans avoir bu, au moins une fois dans sa vie, un expresso italien. Patrick, ayant cessé d’en boire depuis presque 5 ans, et n’ayant pas mit les lèvres sur le délicieux nectar depuis, sent l’appel. Abandonner toute ses anciennes convictions pour toucher le nirvâna? Que faire? La tentation est trop grande!

Une petit main levée, l’attention de l’ange du capucino attiré, une commande de café et finalement une tasse de café devant soit, Patrick admire la douce mousse du breuvage l’appeler tel un nuage dans les cieux. Mika, Annik et Océanne, sachant très bien qu’il brise un ancien vœux sont sur le gros nerf.

T’es sûr que tu veux faire ça?

Je recommence pas à prendre de l’héroïne quand même!

Il dépose ses lèvres, et déguste. Soudainement dans un tunnel, il revoit sa vie; de vielles images de cafetières dégoûtantes du Cégep explosant et de café aromatisé « au Irish Cream » dans une tasse croutée « flashent » devant ses yeux. Il faut bien revoir les démons du passée pour atteindre une nouvelle plénitude. Boom, c’est fait! Le bonheur est atteint…

J’ai bu mon café italien, mais seulement pour aujourd’hui. Merci Andréanne.

On quitte, non avant d’essayer de communiquer avec la propriétaire qui vient voir Océanne, lui caresse les cheveux en disant;

Bella, bella!

Vous n’aurez jamais vu un peuple aussi tactile et aussi expressif face à la beauté. C’est vraiment remarquable (elle est quand même jolie notre grande Océanne!)

À la gare, on cherche un moyen de se diriger vers la Croatie. On fait le tour des infos disponibles et réalise qu’on devra commencer par descendre au sud, à Triestre avant la frontière slovène. De là, il n’y a apparemment que deux façons de rejoindre la Croatie. Ou bien prendre l’autobus (pourrons nous amener nos vélos?) ou pédaler à travers la cinquante de kilomètre de Slovénie entre l’Italie et la Croatie. Rien ne nous indique qu’elle sera la solution avant d’arriver à Trieste. On est prêt à se jeter dans le vide, les risques ne sont pas tellement grand!

Le train est dans environ une heures et on attend sur le quai. Mika, qui adore montrer qu’il est fort, pousse les vélos complètement chargés des parents en haut des escaliers (Il est vraiment fort comme un bœuf). On attend notre train. Il arrive, quelque minutes plus tard en nous, passant devant le visage assez lentement pour qu’on puisse identifier le « wagon à vélo » en queue de convoie. On y accourt… pour trouver des portes barrées! On se regarde quelques secondes se demandant quoi faire… On repart à courir dans l’autre direction, en panique, se disant qu’il y a peut être un autre compartiment à l’avant du train; qui sait? À quelque wagon de l’autre bout, on sent la soupe chaude. Tout le monde est maintenant à l’intérieur du train, et nous, on est toujours dehors! Finalement, un préposé saute de la locomotive, et avec le sourire, nous informe qu’on était au bon endroit et qu’elle nous ouvrira. Fiouuuu!

Court voyage et arrivée à Tierste. On est sur le bord de la mer Adriatique et le vent est très violent. Depuis nos premiers jours sur la côte française, en mai dernier, on a pas vu de vents comme ceux-ci. Inévitablement, le temps est frais (et c’est une grosse déception pour nous) . Enfin, la Croatie nous attend n’est pas? Pas si vite papillon, va sera pas facile… pas du tout!

On mange à la gare et se met à la recherche d’une solution pour traverser en Croatie. En effet, pour une raison qu’on ignore, les trains italiens s’arrêtent ici et pour se rendre à la première ville d’importance en Croatie, le train n’est pas un option.

À 2 heures, on part le chronomètre. Combien de temps ça prendra pour trouver une solution. À cet heure, absolument tout les magasins sont fermés et pas moyen d’avoir une carte de la région. Sans internet, on doit se fier au seules info. sur les affiches. Patrick a un « flash ». Peut être un ferry?

3:00
Plusieurs kilomètres de vélos plus tard, suivant la côte, on arrive au port. En cherchant le ferry, on s’adresse à deux employés du port qui nous pointent le bas d’une rue où se trouverait un bateau pour la Grèce… Seulement pour la Grèce? Il nous informe aussi que des autobus partent pour la Croatie tous les jours…. La gare d’autobus est juste à côté de la gare de train…exactement d’où on arrive.

3:15
Il n’y a que des départs pour la Grèce ici!

3:45
Retour à la gare de train. Elle est où la maudite gare d’autobus? elle est absolument introuvable. Imaginez-vous donc, que dans un building en réparation et qui a l’air franchement abandonné, elle est là la gare; Endroit super crade! On s’informe et nous indique que c’est peu probable que le chauffeur veuille accepter les vélos. Si il n’y a pas trop de monde, peut être accepterait-il, à sa discrétion et au prix qu’il décidera, de nous prendre. Aussi bien prévoir de se faire voler! De toute façon, il faudra attendre quelques minutes avant le départ de 4:30 pour savoir. On jette un coup d’œil à la foule à côté du bus et on devient convaincu qu’on va prendra l’autobus. (Il y a bien trop de monde) en étudiant la carte de la région, on décide de faire la route en vélo. Sortir de la ville semble simple; quelques kilomètres seulement. De la frontière avec la Slovénie jusqu’à celle de la Croatie, il n’y a que 32 kilomètres. Malgré l’heure tardive, tout ça semble faisable.

4:15
On part. La carte que nous possédons ne couvre que l’ensemble de la Croatie. Autant dire que la partie dédiée à Trieste tiens sur le bout d’un pouce…et c’est exactement le problème…on voit pas les détails de la ville. On tente de sortir de la ville pendant presqu’une heure trente mais n’arrive pas trouver la bonne voie. Il y a deux sorties vers la Slovénie, et pour atteindre celle qui convient, on tourne en rond. Faire du surplace ici, veut aussi dire monter, et monter et monter encore, parce que la ville est construite sur une série de montagnes; très demandant comme terrain!

17:15
On est désespéré. Près de 25 kilomètres en ville et on y est toujours…sans la moindre idée comment en sortir. C’est vraiment comme dans « Traboulidon »! (référence à une vielle émission jeunesse). On s’arrête et s’informe auprès d’un groupe dans un petit bar minable. Sans aucune langue commune, il tente de nous expliquer où aller . À deux pas, il y a un tunnel. C’est apparemment le seul passage pour se rendre sur la route recherchée… Pas surprenant qu’on réussi pas à sortir d’ici!

17:45
On est sur la bonne route, le tunnel est dernière nous et on est au moins sur le bon chemin. On a aucune idée du type de terrain que l’on rencontrera. On est sur le point d’avoir une mauvaise surprise.

18:00
Ça fait quinze minutes qu’on monte. On est toujours en ville sans la moindre indication que ça va « slaquer »

18:30
On arrête à une station service pour s’assurer que les 45 minutes de monté qu’on vient de faire sont dans la bonne direction. (Pas d’Internet ou de cartes c’est de la « marde »). On est encore sur le bon chemin, mais depuis le tunnel la pente s’accentue et continue de plus belle.

19:15
Une heure trente qu’on pédale en montant, et on ne blague pas, il n’y avait aucun plat nul part. On est toujours à 4km de la frontière avec la Slovénie et on s’inquiète de la suite… À gauche, un petit village où on décide d’arrêter pour voir…ou dormir. Les dernières heures nous ont épuisé. On reste ici ce soir. Le vent se lève, la noirceur arrive et il n’y aucune chance de se rendre en Croatie aujourd’hui. Si on devait se rendre en Slovénie, trouverions-nous un hôtel? La chambre ici, est très très cher mais on a pas le choix.

20:45
Dans notre lit, on écoute Super Tennis, une chaîne qui ne passe que d’anciens matches de tennis de toutes les époques (c’est de la spécialité rare) Contrairement à nos postes de sport qui payent les droits des Canadiens beaucoup trop cher et qui doivent en parler 23 heures sur 24 pour rentabiliser l’investissement, les canaux d’ici ont de la variété; On regarde une compétition de pigeon d’argile…(pas fameux à la télé) et un match de volleyball où le Canada se fait « torcher » par les russes.

On s’endort tous un après l’autre très rapidement. On convient qu’en voyage, on contrôle pas tout, et qu’aujourd’hui, on s’attendait pas du tout à ça!

Note: Demain matin, après vérifications, on constate qu’on a monté plus de 1,400 mètres; de loin notre record.

Jour 123 – Bye Autriche

30 Août 2014
Départ Spittal, Autriche (Vélo) vers Villach Autriche (50km)
Villach (Train) vers Udine, Italie

On roule une cinquantaine de kilomètres sur les piste tortueuse suivant la rivière qui nous amène de Spital à Villach. Inévitablement, si vous regardez une carte, elle vous indiquera toujours une distance plus courte que celle qu’on fini par faire. Par exemple aujourd’hui, si vous êtes en voiture, 39 kilomètres auraient suffit, mais pour nous, ce sera plus de 50.

La bonne nouvelle, est que les éléments sont avec nous, surtout au début de la journée. Des belles pistes, un vent de dos et une légère pente descendante. On se gâte et roule rapidement. Vers midi, on s’arrête à mi-chemin pour prendre un lunch en plein-air. On est forcé de se faire quelque chose de plus élaboré qu’à l’habitude, parce que tout ce qui nous reste, c’est des pâtes. Durant la cuisson, probablement par intervention divine, un pneu crève bruyamment devant nous et pour aucune raison apparente. Évidement, c’est un bris de valve..impossible à réparer. Heureusement, prévoyant comme nous pouvons l’être parfois, nous avons encore une chambre à air de rechange.

De retour sur la route à un rythme beaucoup moins soutenu. C’est « plate » mais le vent nous a viré dans la face. On fini la route avec moins d’enthousiasme entre à Villach en suivant la rivière. Ça nous amène en ville dans un très belle endroit. La ville est tranquille et très jolie. Une belle rivière qui la traverse, de jolies terrasses dans un quartier piétonnier et des montagnes au loin. On se demande si on dort ici. Pour décider, il y a rien comme aller faire un tour à la gare. En effet, on considère notre défi relevé. On est à moins de 20 kilomètres de la frontière Slovéne, ce qui confirme que nous avons traversé l’Autriche du nord au sud.

Bravo les poilus!

Ce qu’il nous faut maintenant, c’est de la chaleur et du soleil et on espère les trouver en Croatie. Mais comment si rendre? Seuls deux trains quittent pour le sud ici; un pour Zagreb en Croatie (dans le nord du pays et vraiment loin de la côte) et au autre pour Usine en Italie. Cette dernière ville a l’avantage d’être plus près de la Mer Adriatique que Zagreb. Les deux trains partent, tous les jours, en fin de journée. Si on ne se décide pas maintenant, il faudra attendre jusqu’à demain soir pour prendre les mêmes exactes trains. Après mûres réflexions, on décide en faveur de l’Italie.

On achète donc les billets et attend deux heures avant le départ.

On en convient, une journée comme ça n’est pas super divertissante pour nos « avides » lecteurs. On a donc décidé, pour chacun d’entre nous, de faire une petite liste des choses qui nous manquent le plus en voyage.

Patrick
Du linge propre
On s’habitue à sentir le swing…mais pas les gens autour de nous.
Une douche « qui se peut »
Quand on vit dans les campings, plusieurs d’entre vous le savent, c’est toute une gymnastique pour prendre une douche; sans salir ou mouiller son linge propre, ne pas pogner de verrues, peser sur le maudit boutons à toutes les 13 secondes, la prendre quand il reste de l’eau chaude, ajuster le jet pour avoir une pression suffisante pour au moins éteindre une allumette et on j’en passe.
Prise de courant
Tenir tout nos bidules électroniques chargés demande de la gestion. Je rêve de tout brancher et charger au même endroit et en même temps.
Comprendre de quoi à la télé
On écoute pas beaucoup la télévision évidement, mais quand on peu c’est un réel plaisir…surtout un film…ce serait beaucoup plus agréable si on comprenait quelque chose.
mon oreiller
J’ai un oreillé gonflable qui vient de rendre l’âme. C’est un détail, parce que de tout façon, ce genre de choses, même quand elle fonctionnent bien, ne sont qu’un pale substitue à la vraie affaire.

Annik
Un bac de recyclage
L’âme écologique d’Annik saigne tous les jours. Comment survivre à tant de gaspillage? Comme on achète tout en petite quantité, la tonne d’emballage qui prenne le chemin de la poubelle la désespère, surtout qu’on a l’habitude de faire attention à ce genre de chose. Quand on change de pays, et qu’il y a du recyclage, comprendre ce qui va ou tient du miracle. En Autriche, par exemple, on fini par comprendre qu’une canette d’aluminium va avec le papier (pourquoi?).
Des jeans!
Je suis tanné d’être habillé en « sport woman » – qu’est-ce qu’il y a de plus beau qu’une paire de Jeans?
Bagel au creton
Des croissants au beurre « n’accote » pas un gros bagel grillé aux graines de sésame, couvert d’une fine couche de moutarde jaune et d’un pouce de creton Bilopage bien gras!
serviettes douces
On a des serviettes légères de type chamois avec nous. Le poids est super important mais s’essuyer avec ça offre la même sensation que de se frotter avec tapis « sauve-pantalon ». Il faut absolument tapoter au lieu d’essuyer parce ça cous arrache l’épiderme.
Des « pas espadrilles » – Idéalement des bottes
J’aime les bottes!
La famille et les amis
C’est convenu et prévisible!

Océanne
Tarte aux pommes et les compotes de Mamou
Tarte au sucre de grand-maman
Sucre à la crème de grand- maman
Mon lit
Plaqueur à cheveux
Faire du ski-doo

Mika
Mes amis me manquent beaucoup
je m’ennuie de faire semblant de tuer des zombies. (ce sont ses mots, comme quoi les choses les plus futiles sont les plus amusantes)
L’école… pour faire plaisir à la directrice
Faire du ski-doo
Jouer au hockey

Évidemment la famille et les amis nous manquent tous beaucoup.

On vient de compléter la liste et on arrive en Italie en soirée. (9 heure trente) Changement de pays = pas d’Internet. On pas la moindre idée où se trouve l’hôtel qu’on a réservé avant de partir. Annik impressionne par son niveau de prévoyance; Elle a pris un « snap shot » de la carte sur son cellulaire avant de perdre Internet. C’est finalement la seule information à notre disposition pour trouver notre hôtel. Le problème avec cette idée, qui est d’ailleurs meilleure que rien, c’est qu’un « jpeg » de 72dpi d’une carte sans aucun noms de rue, c’est presqu’aussi utilie qu’une carte de la Malaisie (aucun lien avec l’avion disparu – ils l’ont retrouvé au fait?)

On traverse la ville qui est superbement animé. Il fait passablement chaud, ce qui fait changement pour nos peaux maintenant redevenus pâles par le soleil absent du dernier mois. On passe dans toutes ces superbes petites rues. Les cafés sont bouillonnant d’activités, même à cette heure tardive. On est sous le charme. Ça n’enlève rien à l’Allemagne et l’Autriche, mais c’est une des partie qui nous a déplu un peu. Il semble, que peut importe où et quand on sortait, il n’y avait rien de festif. La plupart du temps, même la musique était absente des bars et restaurants. On est donc heureux d’être ici!

On cherche donc le fameux hôtel dans la noirceure d’une ville anciennement fortifiée avec ces rues tortueuses. C’est sûrement la première fois que ça arrive, mais on est perdu, complètement perdu. Généralement, quand on connaît la direction général, on fini par se retrouver éventuellement. Les rues sont ici si « moyenne-âgeuse » qu’on finira pas comprendre qu’on a fait un 180 degrés et qu’on se redirige vers le point de départ… la gare. Finalement, un bon 45 minutes plus tard, on finit par trouver l’hôtel où on se fait accueillir, super gentiment par un serveur, (l’hôtel est aussi un restaurant) qui nous explique tout dans nos deux langues. On est sous le charme! Une fois tout en place, on descend au resto pour prendre un verre.

Ce restaurant est incroyablement italien, et bizarre à la fois. C’est super propre, ça a la classe d’une autre époque mais on y a rajouté un « container » de bibelots et de décorations de tout les styles et époques. On parle ici de chandails de foot, de fleurs en plastiques, de lampes rococo, de photos, de sculptures, tout ça à travers de boiseries à excès et des fenêtre à vitraux.

La proprietaire, est aussi ce qu’on peut s’imaginer d’une patronne italienne; massive, autoritaire mais qui sourit à tout le monde, se promène avec présence et s’assure que ses clients, qu’elle considère comme sa famille, sont bien servis. Elle nous fait des sourires toute la soirée pendant qu’on boit et mange une pizza Margarita…avec des frites dessus…(on avait oublié que ça existait). L’endroit est honnêtement atroce, mais il a quand même de ces charmes qui vous donne le goût de rester; un sentiments vraiment unique.

Retour dans notre chambre au draps des années 70. On dort aux sons de la pluie qui tombe (c’est pas supposé être le paradis ici?)