Maladie incurable; La touristite aigues dégénératice.

Au matin, on ramasse nos affaires et quitte pour la ville de Ronda. Elle est réputée pour son Toréador célèbre qui aurait tué plus de 4,000 bœufs sans jamais être touché. Il y aussi son pont, au-dessus d’un profond canyon directement au milieu de la ville, qui est extraordinairement photogénique.

Mais avant tout, comme les enfants ont eu leur fun hier, c’est notre tour de leur faire vivre l’horreur d’une vraie journée de visite traditionnelle.  Au menu, d’effrayant sites archéologique paléolithique assez plate pour mettre dans le coma un adolescent. Cela sera suivi par la visite d’un parc naturelle donc l’objectif est de faire une randonnée sans aucune raison particulière.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 87% des fugues adolescentes sont causées par le trauma d’une randonnée en forêt. L’autobus ne les a peut-être pas frappés hier, mais aujourd’hui, on a les statistiques de notre côté. (Voir article d’hier)

Quand ils croiront leur chemin de croix terminé, je vais leur assénée un coup fatal. Croyant se rendre à l’appartement, j’arrêterai l’auto, et mine de rien, faignant de leur payer une crème glacé, je leur fait visiter une cathédrale et un autre Alcazaba! 

Bang, vous n’avez pas vu ça venir, hein!

Vous pensiez que j’étais encore en train de fabuler, mais c’est exactement ce qu’on a fait. 

Première arrêt au temps de la préhistoire se vit au site de Dolmens de Antequera.

On y retrouve deux Dolmens, des monuments fait d’immenses pierre aplaties déplacées pour créer une caverne artificielle qu’on croyait utilisée comme sépulture collective. À l’arrivée, nous avons de la chance, il y a un vidéo explicatif, en français SVP, qui passe dans l’accueil.

Tout ce que je me souviens par contre, c’est la musique absolument horrible de ce vidéo, une série de grincement équivalent au passage d’un violoncelle dans une épandeuse à fumier. Imbuvable!

J’ai trouvé, par pur chance le vidéo sur YouTube. Pour bien profiter de la musique, je vous conseille la dernière portion à partir de 8 minute 40 secondes.

De la musique qui vous fera oublier le contenu du vidéo.

Étape 1 – L’intoxication et l’atteinte neurologique légère
Visitant les Dolmens, Mika et Océanne sont soudainement pris de spasmes incontrôlables. Mika tombe au sol, et sans aucune raison particulière, Océanne commence à le mordre derrière la nuque.  Nous les séparons, et rapidement, leur présente un iPad avec des images d’Occupation Double. La grosse face de Jay Du Temple, c’est connu, a la capacité thérapeutique de réaligner les ondes cérébrales des adolescents.  Une seule séance offre les même bénéfices qu’une injection de Propofol directement dans les yeux.  Le seul effet secondaire cependant, est un désir soudain de se mettre en couple avec la personne la plus proche équipées de lèvres « boostés » ou des pectoraux surdimensionnés.

Sur la route, nous contournons longuement cette montagne d’un gris froid, qui se démarque complètement du paysage environnant. C’est le El Torcal.

El Torcal

Sur la face nord, nous entreprenons de la monter longuement et y croisent un nombre impressionnant de cycliste le descendant à toute vitesse.  Se rapprochant du sommet, le paysage est saisissant; des structures calcaires verticales pointant vers le ciel, certaines avec la prétention incertaine de rester dans cet équilibre précaire pour les prochains millénaires. Le site est truffé de sentier et je ne peux attendre pour m’y aventurer.

Étape 2 – Lésion cortex frontale pulpeux.
À l’annonce de la randonnée, les pupille des enfants se dilate. l’idée d’une heure sans internet est simplement insoutenable. Soudainement Océanne, pris de frissons, se jette sur le pneu de la voiture et tente d’y planter ses dents pendant que Mika se frotte les aisselles sur le sapin le plus proche. Ce sont évidemment des signes d’un démence naissante qui mènera inévitablement à une inscription au collège O’Sullivan.

Heureusement, nous sommes équipés pour ce genre de situation.  Nous les calmons à l’aide d’une petite fiole qui sent le McDonalds et les rassure en leur susurrant à l’oreille, que même en Espagne, ils ont des McFlurry. 

On l’a échappé belle!

La randonné est agréable et l’endroit, selon moi, se rapproche en beauté avec le Grand Canyon.

Maintenant, cependant, leur seule motivation c’est de faire un arrêt au McDonalds au retour. Leurs petits cerveaux reptiliens ont enregistré l’information et ils ne peuvent plus penser à rien d’autres. Pour les faire avancer, nous devons maintenant feindre d’entendre la fille du service à l’auto derrière les arbres.

Quitté El Torcal, j’aperçois les vestiges de ce que semble être une forteresse ou un château.  Ceux qui me connaisse savent que je ne peux résister à la vue d’une ruine ancienne. Pour moi, c’est une vision plus puissante que l’appel d’une sirène à l’apogée de son ovulation.

Même Annik en a marre, mais moi je ne me « tanne » pas.  J’adore ce genre de chose, je ne sais pas pourquoi! Si mon seul vice c’est de caresser une pierre féodale une fois de temps en temps, Annik est prêt à vivre avec ça. 

Je descends donc des hauteurs surplombant la ville, et nous stationne non-loin des sites qui m’émoustillent.  Les enfants crachent déjà du sang.

Je les prends par la main, et les amène doucement dans la direction de L’Alcazaba.  Feignant de leur caresser les cheveux, je leur mets sur l’oreille un audio-guide relatant, pendant une heure les mille dernières années du site.

Étape 3 – Dose fatale de sites historiques.
L’audio-guide les fait basculer. De coup, plus de son ou de lumière. Il s’assoit et se mettent à se tortiller comme des poissons dans le fond d’une chaloupe. C’est la fin, c’est évident!

À de moment, j’abandonne. Je continue la visite de l’Alcazaba avec Annik, pendant qu’ils sont maintenant à faire des ballounes au sol la face tout gommée d’épines de pin.  Je le ramasserai tantôt espérant, qu’aux moins je n’aurai pas à payer pour leurs audio-guides

Je vous évite les détails de la visite, parce que même Annik, s’exclame.

Ce n’est pas un peu « platte »?

À la sortie de la ville, j’ai bien attaché les enfants à l’arrière après les avoir passée à la « hose ». J’ai évidemment enterré les quelques touristes morts suite à leurs folie passagère. J’ai hâte que les archéologues les retrouvent.

Ehhh, check Indiana! Pourquoi ce paysan avait une « Canon » dans le cou?

On s’arrête au McDonalds. Je n’ai pas le choix si je veux être capable de les détacher sans me faire dévorer la face. Les effluves du vieux clown ont leur effet, le voila de nouveau des adolescents désagréables

  • Contrairement à ce qui est dit dans Pulp Fiction, le quart de livre est disponible en Europe.
  • Les croquettes; même affaire que chez nous
  • Leur « poutine ». Une frite avec du jambon et de la béchamel; Bof
  • Des croquettes de Jamon : Des boules panées remplies de sauce blanche dans lequel flotte des morceaux de simili-bacon mou; Infecte!
  • On goûte au McFleury; beaucoup plus petit avec option de chocolat blanc.
  • Cornet de crème glacé classique; Même chose que chez nous mais dans un cornet sucré. Ça fait la job!
  • McValeur au poulet. Pas de bacon, mais de la sauce barbecue. Pas « vargeux »
  • Fait surprenant, même quand tu achètes un Big Mac ou s’attendent que tu y ajoute du ketchup, et les gens le fond. Je comprend pas….

Maintenant arrivé à Ronda, je vous rassure, on ne parlera pas de lit ou d’appartement de marde. Avec le temps, la haute saison qui s’achève, les options potables sont de plus en plus fréquentes. L’endroit qu’on a choisi est fabuleux, on relaxe et jette un œil à la ville avant de prendre une pose pour la nuit… dans un vrai de vrai lit.

Mika survivra pour voir Malaga!

29 et 30 Août 2019

Une mise à jour ce matin. Mika a été malade un bon moment hier soir et est encore fiévreux au levé du jour. Suite à notre randonné en montagne d’hier, on croit qu’il a fait une insolation. On le laisse dormir un moment question de le laisser récupérer.

On a ignoré des millénaires d’expérience pratique, marché au gros soleil pendant des heures au zénith de la journée, pis on se surprend d’une insolation!

On va leur apprendre comment ça marche le soleil aux espagnols!

Essayer donc de profiter du soleil, à place de chialer.  Y a du monde, comme les québécois qui tueraient pour en avoir plus!

Pis, là arrêter de dire que vous êtes mieux.  Combien d’entre vous, aux premiers rayons de juin, s’enfile une douze de Coors Light en bedaine et se réveille le lendemain avec un mal de tête, le corps plus rouge qu’une Supernova et le dessus du nez qui émet plus de rayonnement que le réacteur de Fukushima?

Tard dans la matinée, ont fini par sortir Mika du lit et l’installer dans la voiture en direction Malaga.

Comme représentant officiel d’Opération Minoune depuis 1996, conduire une voiture qui n’a pas 15 ans, c’est déstabilisant. J’aurais assez d’histoire de char merdeux pour vous tenir occuper une soirée complète.

Avec les années, on a eu des autos, qu’il fallait pousser pour reculer. D’autres tellement fini qu’on « shiftait » en tirant sur les tapis sauve-pantalon ou cette fameuse Toyota Corolla 1994 qu’on a amené à la dompe à son 21ieme anniversaire, et dont le coffre ne fermait plus depuis deux ans.

À l’aréna avec la Corolla :
Hey Pat! Ton coffre de char est ouvert dehors. Ça ne me dérange pas, mais il est en train de se remplir de neige.

Ce n’est pas grave j’ai une pelle…

« Anyway », tout à coup, on a un char qui ne boit pas un litre d’huile au 100km, mais en plus, on a une radio Bluetooth, l’équivalent de la découverte de la roue pour nous. C’est évident que Océanne va en abuser et nous faire découvrir de balades « fabuleuses ».

Elle nous fait vivre des moments d’anthologies avec plein de musique « sans instrument » (Du rap), des « tounes » entendues chantées à tue-tête dans le sous-sol chez nous, et bizarrement, on apprend à connaitre ses goûts, parce que les jeunes de nos jours, ils écoutent de la musique presqu’exclusivement dans leurs écouteurs.

À Malaga, nous avons loué une maison en banlieue, à 35 minutes de voiture du Centre-Ville. Après trois nuits, je suis heureux de partir, mais j’y reviens.

À notre première après-midi, et en arrivant, on laisse Mika se reposer, pendant que les filles tentent de trouver un endroit pour se faire faire les ongles.  La vie des gens riche et célèbres.

Moi et Mika, tous les deux à l’appartement, à l’air climatisé…

Je vous niaise, il n’y en a pas!  Voyez-vous, le gentil propriétaire c’est une agace pissette de compétition.  Le gars a installé la tête d’air climatisé à l’intérieur, le système de climatisation, à l’extérieur, mais a décidé que ce ne serait pas inclus dans le prix.  Pourquoi?

4 heures plus tard, elles reviennent les ongles enjolivés. Vous avez bien lu, 4 heures plus tard!

En gros, elles ont dû faire le tour de tous les salons d’ongle de la grande région métropolitaine de Malaga, se sont fait offrir des rendez-vous à Pâques 2020, retrouvé devant des commerces fermés et finalement, après avoir vider la moitié de la « tank à gaz » du char, trouvé un endroit pour obtenir les service attendus.

Annik n’a plus l’air d’avoir travailler dans une mine, c’est bien.  Océanne, a opté pour le kit d’ongle à colonoscopie. Il y a des outils de chirurgies moins longs que ça. Depuis sa « transplantation », elle doit actionner son cellulaire avec sa langue et ses plantes de pieds.

Le lendemain, au levé, on est tellement frais et dispo, qu’on décide de crisser le lit par la fenêtre.  Une autre de ses nuits.  Pas que le matelas est inconfortable, mais les gens d’Airbnb on l’art de vouloir décorer avant d’acheter des meubles de qualités. La base de lit est fait de deux tiges de métal sur lequel on a déposé des « ti-bouttes » de planches.

Tu ne peux pas dormir là-dedans, j’ai l’impression d’être sur le traversier des Iles de la Madelaine durant une tempête. Ce matin, mes dispositions émotives sont idéal pour rétablir la peine de mort au Canada.

Je réveille donc Annik en la poussant en bas du lit.

Bon matin…chéri…. ostie de Tabarnak!

Je pogne le matelas, le sacre à terre, prend gentiment la base de lit avec la douceur d’un chaton Cottonelle et te le « calisse » au vertical sur le mur. À soir, on couche à terre, un point c’est toute! Je ne peux pas croire que le plancher en béton va bouger, non?

Bonne nouvelle, Mika est remis de ses émotions systémiques digestive. On « s’enligne » pour une visite de Malaga. La ville est en bord de mer et est apparemment l’une des premières villes d’Espagne à avoir poussé le principe du tourisme de masse dans les années 70.  Vous savez ce que je pense de ça!  Visiter Venise en file indienne pogné entres les boules d’une bonne sœur et le gras de dos d’un américain suintant, j’adore!

En tout cas, à la fin août, j’admets que ce n’est pas trop mal.

Les trotinettes de Lime à Malaga

Le plan de la journée c’est qu’on va faire le tour de la ville en trottinette électrique. La génération de nos enfants, ce n’est pas facile à garder heureux.  Ils sont terrorisés à l’idée de devoir marcher sans but précis. Regarder un immeuble historique ou déambuler dans une ville pour la première fois, c’est pire que de fumer ses propres yeux aux couteaux.

Je sais que c’est arrivé dans plein de ville du monde, mais pour nous, c’est une première expérience.  Un peu partout des centaines de trottinettes électriques sont déposés partout autour de Malaga pour une utilisation en libre-service. Il y au moins 5 ou 6 compagnies qui tentent de dominer le marché local, donc « l’infame Uber »

J’avais lu sur le sujet et je m’attendais à une hécatombe; des jeunes fauchant les grand-mères pour le plaisir, des rues devenues aussi dangereuses que des pistes de Nascar et bien sûr des montagnes de trottinettes empilées devant chaque lieu touristique.

Il n’y a rien de ça, en tout cas à Malaga.  C’est évident que c’est un ajustement, mais en général, ça a l’air de bien se passer.  Par exemple, c’est bidule sont équipées d’un GPS, ce qui fait que quand tu roule sur les pistes cyclables, tu peux atteindre 25km/h, mais aussitôt que tu arrives dans certaines zones sensibles, la trottinette se bloque à 10km/h.

On descend la piste cyclable le long de la plage et se rend en ville.  On est partie de si loin que ça ne nous prend pas loin d’une heure pour arriver dans le quartier historique.  Les enfants adorent.  Devant la Cathédrale de l’Incarnation de Malaga on « libère » nos trottinettes et entreprends de marcher la ville à pieds. 

La cathédrale est le lieu d’un débat particulier.  Celle-ci a seulement un grand clocher mais sur les plan originaux, elle aurait dû en avoir deux. Faute d’argent, celui-ci n’a jamais été construit. 

Des siècles plus tard, les autorités ont suggéré de la « terminer » en y ajoutant cette partie.  Si vous pensez que le débat du deuxième lien est houleux, ce sujet déchaîne apparemment les passions.  Pour les tenants, c’est seulement logique de terminer l’œuvre.  Pour les autres, y rajouter le fameux clocher, c’est enlevé sa particularité à ce monument, puisque cette asymétrie est unique.

Les enfants sont fascinés par cette histoire, tellement qu’ils sont en train de magasiné un T-Shirt…

Qu’est-ce que j’ai faits pour avoir des incultes de même. Va vraiment falloir que je les oublies au centre d’achat à moment donné!

On commence notre petite tournée dans les alentours du Colisée Romain.  J’adore cette histoire, mais celui-ci qui a seulement été découvert, par hasard dans les années 50, sous un bâtiment gouvernemental.  « Drette-là » sous vos pieds.

Les abords du Colisée Romain à Malaga

On marche une bonne partie de l’après-midi.  La quantité de café, de restaurants dans des villes comme-celle-ci est ahurissante.  Dans chaque avenue, ruelle et avenue, tu peux te soûler la gueule, te relever, marcher dix pas, boire un café pour te remettre sur le « piton » et recommencer.

De retour en soirée à notre petite maison de banlieue, on commence à découvrir que le gars qui a construit ça n’aurait pas gagné la finale de la maison Rona.

J’ai beaucoup à dire sur la maison. À première vue, et surtout à travers ces photos, la maison a l’air moderne; nouvelle céramique, meubles contemporains et douche grandiose.  Tout est bien là, mais la maison c’est du « fake ».  C’est comme les chirurgies plastiques de Cher. Ça a l’air « ben beau » de loin, mais quand tu t’approches, ou malheur quand tu y touches, ce qui est en dessous ressemble plus à un vieux raisin sec qui a passé un millénaire dans une tombe égyptienne.

Pour aujourd’hui, je m’arrêterai à la cour extérieure et à sa « magnifique piscine ». J’admet qu’on avait été conquis par l’idée sur Airbnb, mais maintenant que je l’ai vu, je n’y déposerais même pas le chat mort de mon pire ennemi.

D’abord, la piscine a un système de filtrage qui ne fonctionne pas. À 40 degrés au soleil, même un centre de recherche sur l’Ébola est moins dangereux que l’eau qui se trouve là-dedans. Quand tu regardes l’eau couleur café au lait, tu peux bien voir que le fond est plus attirant pour les sangsues que pour les pieds humains. Parlons maintenant du « deck ». Dans l’histoire d’une surface « pas droite » construite par l’humain, il est certainement dans le top 10.  La qualité de la finition est simplement paniquante. Impossible d’y mettre le pieds sans rouler en bas, ou tomber entre deux planches. 

Une piscine rafistolé a grand coup de Duck Tape,

Question de se rafraichir en soirée, on boit quelques bières sur « la terrasse » garochée dans le coin de la cour, deux palettes, des coussins, le tour est joué.  Les enfants, eux, passe des heures sur internet à s’informer sur l’histoire de la ville et des choses à faire dans la région.

Annik confortablement assise sur une palette.

Je vous naise! Ils sont comme les vôtres, ils préfèrent regarder des vidéos de gars qui fume du tabasco ou de fille qui parle des ravages de leur vaginite à levure au monde entier. Tellement pertinent!