Jour 123 – Bye Autriche

30 Août 2014
Départ Spittal, Autriche (Vélo) vers Villach Autriche (50km)
Villach (Train) vers Udine, Italie

On roule une cinquantaine de kilomètres sur les piste tortueuse suivant la rivière qui nous amène de Spital à Villach. Inévitablement, si vous regardez une carte, elle vous indiquera toujours une distance plus courte que celle qu’on fini par faire. Par exemple aujourd’hui, si vous êtes en voiture, 39 kilomètres auraient suffit, mais pour nous, ce sera plus de 50.

La bonne nouvelle, est que les éléments sont avec nous, surtout au début de la journée. Des belles pistes, un vent de dos et une légère pente descendante. On se gâte et roule rapidement. Vers midi, on s’arrête à mi-chemin pour prendre un lunch en plein-air. On est forcé de se faire quelque chose de plus élaboré qu’à l’habitude, parce que tout ce qui nous reste, c’est des pâtes. Durant la cuisson, probablement par intervention divine, un pneu crève bruyamment devant nous et pour aucune raison apparente. Évidement, c’est un bris de valve..impossible à réparer. Heureusement, prévoyant comme nous pouvons l’être parfois, nous avons encore une chambre à air de rechange.

De retour sur la route à un rythme beaucoup moins soutenu. C’est « plate » mais le vent nous a viré dans la face. On fini la route avec moins d’enthousiasme entre à Villach en suivant la rivière. Ça nous amène en ville dans un très belle endroit. La ville est tranquille et très jolie. Une belle rivière qui la traverse, de jolies terrasses dans un quartier piétonnier et des montagnes au loin. On se demande si on dort ici. Pour décider, il y a rien comme aller faire un tour à la gare. En effet, on considère notre défi relevé. On est à moins de 20 kilomètres de la frontière Slovéne, ce qui confirme que nous avons traversé l’Autriche du nord au sud.

Bravo les poilus!

Ce qu’il nous faut maintenant, c’est de la chaleur et du soleil et on espère les trouver en Croatie. Mais comment si rendre? Seuls deux trains quittent pour le sud ici; un pour Zagreb en Croatie (dans le nord du pays et vraiment loin de la côte) et au autre pour Usine en Italie. Cette dernière ville a l’avantage d’être plus près de la Mer Adriatique que Zagreb. Les deux trains partent, tous les jours, en fin de journée. Si on ne se décide pas maintenant, il faudra attendre jusqu’à demain soir pour prendre les mêmes exactes trains. Après mûres réflexions, on décide en faveur de l’Italie.

On achète donc les billets et attend deux heures avant le départ.

On en convient, une journée comme ça n’est pas super divertissante pour nos « avides » lecteurs. On a donc décidé, pour chacun d’entre nous, de faire une petite liste des choses qui nous manquent le plus en voyage.

Patrick
Du linge propre
On s’habitue à sentir le swing…mais pas les gens autour de nous.
Une douche « qui se peut »
Quand on vit dans les campings, plusieurs d’entre vous le savent, c’est toute une gymnastique pour prendre une douche; sans salir ou mouiller son linge propre, ne pas pogner de verrues, peser sur le maudit boutons à toutes les 13 secondes, la prendre quand il reste de l’eau chaude, ajuster le jet pour avoir une pression suffisante pour au moins éteindre une allumette et on j’en passe.
Prise de courant
Tenir tout nos bidules électroniques chargés demande de la gestion. Je rêve de tout brancher et charger au même endroit et en même temps.
Comprendre de quoi à la télé
On écoute pas beaucoup la télévision évidement, mais quand on peu c’est un réel plaisir…surtout un film…ce serait beaucoup plus agréable si on comprenait quelque chose.
mon oreiller
J’ai un oreillé gonflable qui vient de rendre l’âme. C’est un détail, parce que de tout façon, ce genre de choses, même quand elle fonctionnent bien, ne sont qu’un pale substitue à la vraie affaire.

Annik
Un bac de recyclage
L’âme écologique d’Annik saigne tous les jours. Comment survivre à tant de gaspillage? Comme on achète tout en petite quantité, la tonne d’emballage qui prenne le chemin de la poubelle la désespère, surtout qu’on a l’habitude de faire attention à ce genre de chose. Quand on change de pays, et qu’il y a du recyclage, comprendre ce qui va ou tient du miracle. En Autriche, par exemple, on fini par comprendre qu’une canette d’aluminium va avec le papier (pourquoi?).
Des jeans!
Je suis tanné d’être habillé en « sport woman » – qu’est-ce qu’il y a de plus beau qu’une paire de Jeans?
Bagel au creton
Des croissants au beurre « n’accote » pas un gros bagel grillé aux graines de sésame, couvert d’une fine couche de moutarde jaune et d’un pouce de creton Bilopage bien gras!
serviettes douces
On a des serviettes légères de type chamois avec nous. Le poids est super important mais s’essuyer avec ça offre la même sensation que de se frotter avec tapis « sauve-pantalon ». Il faut absolument tapoter au lieu d’essuyer parce ça cous arrache l’épiderme.
Des « pas espadrilles » – Idéalement des bottes
J’aime les bottes!
La famille et les amis
C’est convenu et prévisible!

Océanne
Tarte aux pommes et les compotes de Mamou
Tarte au sucre de grand-maman
Sucre à la crème de grand- maman
Mon lit
Plaqueur à cheveux
Faire du ski-doo

Mika
Mes amis me manquent beaucoup
je m’ennuie de faire semblant de tuer des zombies. (ce sont ses mots, comme quoi les choses les plus futiles sont les plus amusantes)
L’école… pour faire plaisir à la directrice
Faire du ski-doo
Jouer au hockey

Évidemment la famille et les amis nous manquent tous beaucoup.

On vient de compléter la liste et on arrive en Italie en soirée. (9 heure trente) Changement de pays = pas d’Internet. On pas la moindre idée où se trouve l’hôtel qu’on a réservé avant de partir. Annik impressionne par son niveau de prévoyance; Elle a pris un « snap shot » de la carte sur son cellulaire avant de perdre Internet. C’est finalement la seule information à notre disposition pour trouver notre hôtel. Le problème avec cette idée, qui est d’ailleurs meilleure que rien, c’est qu’un « jpeg » de 72dpi d’une carte sans aucun noms de rue, c’est presqu’aussi utilie qu’une carte de la Malaisie (aucun lien avec l’avion disparu – ils l’ont retrouvé au fait?)

On traverse la ville qui est superbement animé. Il fait passablement chaud, ce qui fait changement pour nos peaux maintenant redevenus pâles par le soleil absent du dernier mois. On passe dans toutes ces superbes petites rues. Les cafés sont bouillonnant d’activités, même à cette heure tardive. On est sous le charme. Ça n’enlève rien à l’Allemagne et l’Autriche, mais c’est une des partie qui nous a déplu un peu. Il semble, que peut importe où et quand on sortait, il n’y avait rien de festif. La plupart du temps, même la musique était absente des bars et restaurants. On est donc heureux d’être ici!

On cherche donc le fameux hôtel dans la noirceure d’une ville anciennement fortifiée avec ces rues tortueuses. C’est sûrement la première fois que ça arrive, mais on est perdu, complètement perdu. Généralement, quand on connaît la direction général, on fini par se retrouver éventuellement. Les rues sont ici si « moyenne-âgeuse » qu’on finira pas comprendre qu’on a fait un 180 degrés et qu’on se redirige vers le point de départ… la gare. Finalement, un bon 45 minutes plus tard, on finit par trouver l’hôtel où on se fait accueillir, super gentiment par un serveur, (l’hôtel est aussi un restaurant) qui nous explique tout dans nos deux langues. On est sous le charme! Une fois tout en place, on descend au resto pour prendre un verre.

Ce restaurant est incroyablement italien, et bizarre à la fois. C’est super propre, ça a la classe d’une autre époque mais on y a rajouté un « container » de bibelots et de décorations de tout les styles et époques. On parle ici de chandails de foot, de fleurs en plastiques, de lampes rococo, de photos, de sculptures, tout ça à travers de boiseries à excès et des fenêtre à vitraux.

La proprietaire, est aussi ce qu’on peut s’imaginer d’une patronne italienne; massive, autoritaire mais qui sourit à tout le monde, se promène avec présence et s’assure que ses clients, qu’elle considère comme sa famille, sont bien servis. Elle nous fait des sourires toute la soirée pendant qu’on boit et mange une pizza Margarita…avec des frites dessus…(on avait oublié que ça existait). L’endroit est honnêtement atroce, mais il a quand même de ces charmes qui vous donne le goût de rester; un sentiments vraiment unique.

Retour dans notre chambre au draps des années 70. On dort aux sons de la pluie qui tombe (c’est pas supposé être le paradis ici?)

Jour 122 – Rafting…et une visite extra terrestre

29 Août 2014
Départ de Obervellach, Autriche (Vélo) vers Villach, Autriche (35 km)

Deux jours de beau temps; c’est possible? Avant de traverser cette section des Alpes, on nous avait assuré, que de l’autre côté, il faisait beau beaucoup plus souvent. On s’amusait à dire depuis quelques jours;

On a assez hâte de traverser au paradis! Il paraît qu’il y a des licornes et des arc-en-ciel

Ben non! Il n’y a ni licorne, ni arc-en-ciel et même pas de soleil. C’est encore très beau, mais ce matin après une nuit pluvieuse, c’est gris. On va quand même donner un point à tous ces Nostradamus; il fait un peu plus chaud, et c’est pas de refus. On a pas gelé cette nuit. Donc, on se lève parce qu’on va faire du rafting à 10 heure. Océanne est particulièrement motivée par la tâche de ramassage. C’est drôle de voir les enfants réagir différemment selon les circonstances. Océanne déteste être en retard. La seule chose qu’elle détesterait plus serait qu’être forcé de dire « j’aime Mika » dans un auditorium au secondaire. Son frère est différent. Voici sa réaction à un échéance; l’aphasie! Il dort, encore et toujours, pendant que sa sœur s’active. Si il y avait une fable pour ces deux là, ce serait la cigale et la fourmi. Il faut quand même donner à Mika, qu’il a à peine 10 ans, n’a pas la personnalité d’Océanne et il s’est beaucoup amélioré au cours des 4 derniers mois.

Après un déjeuner élaboré d’oeufs, de toasts faites dans la poêle et de chocolat chaud, on se présente à l’entrée où la tente de rafting se trouve. On y rencontre l’organisateur qui nous explique, dans un excellent anglais, tous les détails de la descente. On nous équipe de remarquables « wetsuits » (on en a jamais mis autant de tout notre vie) et on se regarde tous en riant; nos attributs sont si bien moulés et/ou écrasés.

On descend donc le bateau à la rivière manuellement. Patrick prétend que ce n’est pas lourd du tout au moment où sa rate explose et que sont « wetsuit » craque de partout. On arrive tu à la maudite rivière?

Nous sommes en équipe avec une autre famille allemande (un papa et ses deux filles). On discute un peu, et comme tout le monde ici, ils ont aussi visité Vancouver. (Comme quatre autres personnes depuis hier) Ils sont tous sans mot devant le mix, selon eux parfait, de la ville. (Mer et montagnes). Y a pas de quoi se surprendre du prix des logements quand l’humanité entière voudrait y déménager.

La rivière n’est pas hyper sportive à ce moment de l’année, mais il faut bien en profiter quand les occasions se présentent. Notre guide est vraiment super. Il nous parle de plein de détails de l’Autriche et de la rivière dans les moments plus tranquilles. Ça vaut la peine de vous parler un peu de ce qu’on a apprit.

1- Dans les montagnes tout près, se trouve la plus grande station de pompage d’Europe. En fait, c’est une centrale hydro-électrique à partir d’un réservoir en altitude dans lequel on y pompe l’eau de la rivière où nous descendons. Vous vous dites sûrement, mais pourquoi dépenser de l’électricité pour pomper de l’eau et ensuite produire de la nouvelle électricité? C’est là que c’est brillant. Les centrales nucléaires, au charbon et autres sont des machines qui ne changent pas facilement de vitesse. La quantité d’électricité qu’elles produisent le jour ne change presque pas la nuit, au moment où la demande chute dramatiquement. L’électricité, il n’y a pas vraiment de façon facile de s’en debarasser à moins de la stocker sous forme d’eau (derrière un barrage). Parce qu’il y a une si grande offre d’électricité la nuit, l’opérateur de la station de pompage se fait même offrir de l’argent pour la prendre! Vous avez bien compris, ils le paye pour donner leur électricité. Une fois la journée arrivée et les réservoirs pleins, il ouvre les vannes pour les période de pointe où il obtient d’excellents tarifs.

2- En Autriche, il n’y a que deux passages pour les trains (nord-sud) . Y construire un chemin de fer est un travail colossal. Dans la vallée, on retrouve une de ces lignes qui passe par le tunnel dans lequel nous avons passé hier. Les infrastructures initiales datent de 1909 et comprennent un incroyable 400 tunnels et 300 ponts, le tout perchés à flanc de montagne. D’ici, on peu apercevoir les trains défiler au dessus de nos têtes. Construire tout ça aura prit six ans et 80 000 hommes, donc 20 000 italien spécialistes de la taille de pierre. (pour construire tous ces ponts en maçonnerie) Dans les années 70, on a condamné le vieux système qui était très tortueux. Le trajet demandait 2h30 de Bad Hofgastein à Villach. On l’a remplacé par un autre rail, cette fois-ci double et beaucoup plus droit, et qui permet de faire le même voyage en 35 minutes. Pour réussir ça, ils ont construis d’énormes viaducs entre chaques montagnes et petites vallées. On peut apercevoir tout ça d’où nous sommes.

3- Depuis un moment déjà, on se doute que les maisons autrichiennes, avec leurs bases en béton/pierre et leurs étages supérieures en bois, sont fait ainsi pour des considérations autres qu’esthétiques. Il y a souvent une raison pratico-pratique pour ce genre de chose. On pose la question à notre guide qui nous donne enfin la réponse. En Autriche, il y a beaucoup de neige au sol. La base des maisons est construit en pierre évitait que les fondations pourrissent et se dégradent. Jusque-là, c’est logique, mais pourquoi les autres étages sont en bois? D’abord, beaucoup de maisons sont en altitude, et y monter des tonnes de pierres de rivière était un travail titanesque. Le bois, lui, à l’avantage de pousser même très haut dans la montagne. L’autre raison et que le bois est beaucoup plus léger pour la construction en hauteur et qu’à épaisseur égale, le bois est beaucoup plus isolant que la pierre. Il y aurait des maisons de bois qui ont des structures d’un demi-millénaire, signe que si vous le garder au sec, il peut durer très très longtemps.

Revenons à notre rafting. Le guide s’organise pour qu’on s’emmerde pas trop, parce que durant la première partie du 13 kilomètres de descente, c’est pas mal tranquille! Il fait marcher tout le monde sur le contour du bateau gonflable, et essaie évidement de nous faire tomber à l’eau. Ici, c’est l’eau des glaciers, la température de l’eau ne monte jamais à plus de quelques degrés…Il y a de quoi perdre le souffle en y tombant. Mika y tombera en premier, mais il faudra attendre un peu plus tard pour voir les autres goûter aux glaçons liquides (Le Ice Bucket challenge, c’est de la p’tite bière à côté de ça).

Annik se méfiant de rien, c’est ce qui arrive quand on est de bonne nature, se fait prendre par le guide. Elle l’aide presqu’à se faire jeter à l’eau. Elle est assise sur le bord pour pouvoir ramer et celui-ci commence à passer le manche de sa rame sous ses genoux. Annik, se demande pourquoi, mais se dit qu’il doit avoir une bonne raison; c’est l’autorité après tout! Il termine la manœuvre, utilise la rame comme levier et lui fait faire une culbute dans l’eau congelé…

On fait d’autre jeu comme celui du Titanic où il faut imiter Kate Winslett à la poupe du bateau. Patrick y goute à ce moment là. Océanne s’en sauvera presque complètement, mais le guide, dans un moment d’inattention la fout à l’eau juste avant notre arrivé.

À mi-parcours, on nous fait sauter à l’eau à partir d’une petite crête rocheuse. Mika et Patrick s’exécutent. Au contact de l’eau nos craques de fesse se fusionnent et nos doigts frisent. On doit nager jusqu’à l’autre côté de la rivière et juste ces quelques secondes sont assez pour se geler les mains.

La deuxième partie est plus dynamique, rien de bien fou, mais les enfants aiment bien se faire arroser et brasser dans les vagues. Le tout s’achève donc après une heure trente et 13 kilomètres de descente. On nous remonte en camion jusqu’au camping où en s’empresse de se ramasser pour prendre la route. On a pas mit les pneus sur l’asphalte, qu’il se met à pleuvoir. On prend donc une pause à l’épicerie et mange en compagnie de gentils paniers d’épicerie.

Nous voilà finalement sur la route en direction de Spittal. On peut pas être trop ambitieux, parce qu’il est déjà plus de deux heures trente de l’après-midi. Au moins, la pluie a cessé. On s’avance dans une vallée qui s’élargie et qui a une pente générale descendante. Il y a bien des vallons, où ça brûle un peu, mais pour le reste, on descend gentiment dans un environnement qui n’a pas d’égal. Il y a trois autres groupes qui font la même route que nous. On les croise, dépasse, recroise et redépasse au grès des arrêts de l’un et de l’autre. On passe de petits villages, boisés, champs de mais et pâturages. On donne même à mange à des Yaks…(le genre de bœuf à poil) Pourquoi pas?

On arrive au camping en fin de journée, et après une petite visite pour constater que le « Night Life » de Spital ressemble à celui de Breakeyville, on décide de manger au restaurant à l’entrée du camping. En Autriche, on retrouve beaucoup de ces « maisons d’hôte », qui sont en fait des habitations qui ont, au premier un restaurant, au deuxième les appartements des proprios, et le étages subséquente et bâtiments attenants des espaces pour les touristes. Fréquemment, on y adjoint un camping comme c’est la cas ici. Tout est très propre, mais le camping ne semble pas une grosse priorité au niveau de l’entretien. Il faut faire preuve d’ingéniosité pour trouver assez grand de gazon pour se « parquer » entre toutes les pommes et poires tombés des arbres.

Au restaurant de la place, les gens sont sympathiques mais le service est très lent. (Ça peut jamais battre la Dune de Pyla) Ça nous dérange pas ce soir parce qu’on a rien d’autre a faire à part ça. Le thème de la soirée;

Pas manger de saucisses!

On s’assure de poser les questions qui s’imposent pour gagner le défi. Les premiers plats arrivent…on est en marche pour en sortir victorieux.
– Cordon Bleu pour Mika et Annik; un morceau de porc coupé en deux avec du fromage et du bacon au centre le tout dans un pouce de panure accompagnés de légumes… qui sont plutôt des frites (on se demande ce que ça a de Cordon bleu)
– Patrick obtient un morceau de porc aux champignons en canne dans une sauce douteuse, avec lui aussi, des tubercules frits.

Gagnerons nous notre défi? Il ne reste qu’Océanne. La serveuse s’approche, elle descend lentement l’assiette vers elle. (On vit tous les moments importants de notre vie au ralenti) oh,oh,oh, c’est une brochette, on le savait pas…..NOOOOOOONNN…. Il a deux « ti-boutte » de saucisse au bout…nous sommes fait. GAME OVER!

On mange et on s’ennuie de la bouffe française, parce que pour pas beaucoup plus cher, on mange tellement mieux. On s’amuse quand même bien dans cette ambiance de salon funéraire. On quitte et se dirige vers nos tentes pour se rendre compte qu’il n’est que 20 heure trente… C’est ça qui est ça!

Note: Cette nuit, Annik sort pour un pipi (c’est absolument impossible de ne pas avoir envie la nuit dans une tente…il semble) Dans le ciel, on aperçoit des carrées lumineux qui tournent sur eux même; un peu comme une projection sur les nuages. Ça nous rappelle tous une soirée vraiment bizarre près de Louiseville il y a quelques années… tu t’en rappelle Céline?

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Jour 121 – On peux-tu embarquer dans le train?

28 Août 2014
Départ de Bad Gastein (Train) vers Mallnitz (Gare Tunnel)
Départ de Mallnitz (Vélo) vers Obervellach

Wow! Il fait beau pour vrai ce matin. Quelques nuages, mais si peu, qu’on pourrait officiellement appeler ça une belle journée. On se lève, et on sait que ce matin, on devra remonter dans la vallée vers la gare pour y prendre un train. Le train, on admet nous permet de tricher, mais celui-ci est obligatoire pour passer les hautes montagnes devant nous. C’est vraiment la seule option possible, il n’y a pas de route. Il y a tout de même « trichage » dans la mesure où, si on était vraiment « hard core », on se « tapperait » les centaines de mètres de monté vers la gare dans le haut du village. Comme on a aperçu cette route en autobus hier, et qu’on a jamais rien vu de pire, une petite aide n’est quand me pas un pêcher.

Comme à l’habitude, on ramasse nos affaires pour le départ avant de déjeuner (meilleure méthode pour garde tout le monde motivé). Ce matin par contre, on peut se payer un luxe rare; DES TOASTS. Nos amis Gilles et Hélène nous font le plaisir de nous faire griller du pain, une chose qu’on n’a pas fait depuis très longtemps. Il y as tu quelque chose de meilleur qu’une bonne toast au beurre de peanut? On mange plus qu’on devrait et finalise le « paquetage » avant de faire nos adieux, ou du moins, au revoir à nos voisins; échange d’adresses, petites photos, bisous et poignées de main plus tard, on se dirige vers la gare de Bad Hofgastein.

Sept ou huit kilomètres faciles pour y arriver… Ce qui suit, le sera un peu moins. La gare, tout de même assez grande, n’est dotée que de toilettes et d’une machine pour acheter des billets. On s’en formalise pas. On commence à avoir l’habitude, et de toute façon, l’appareil offre plusieurs langages d’utilisation, une fonction utile quand ton allemand ressemble à rien de bon. On achète donc nos billets passagers, pour ce court trajet de 25 minutes, ainsi que nos droits d’entrée pour le vélo; du gâteau!

On a pas encore vu aucun train passer de près. On s’attend, à la vue de ceux aperçus de loin, à des trains similaires à ceux d’Allemagne; on devrait avoir qu’à rouler nos vélos à l’intérieur. Comme nous avons maintenant l’habitude, on se place exactement où le wagon désigné devrait s’arrêter pour ne pas retarder le convoi. Un peu d’attente, et soudainement, les fils au dessus de la voie se mettent à vibrer, signe de l’arrivée du train. On est prêt!

Oooppps! Il est même pas encore arrêté, qu’on voit qu’on aura des difficultés. Le quai est beaucoup plus bas que d’habitude, ce qui fait que pour monter les vélos à bord, il faudra monter 3-4 marches dans un très petit espace… Ça va pas être facile! On a assumé qu’on ne devait pas enlever nos sacs de transport.

La porte ouvre, le responsable sort sur le quai, nous regardes et hoche la tête de droite à gauche. Quand vous rencontrez quelqu’un en autorité, vous savez généralement dans la seconde, si il sera sympathique ou une tête à claque. Celui là, on le comprend immédiatement, est le chef mondial du deuxième groupe. Il commence à nous parler en allemand, puis dans un mauvais anglais. On se sent soudainement comme des enfants en train de se faire gronder par la « maîtresse » en première année… On comprend pas trop ce qui se passe, mais il nous trouve « épais rare »,

Mais vous avez pas réserver une place pour vos vélos dans le train? Comment est-ce possible de ne pas avoir réservé? Mais qu’est-ce que vous pensiez? J’ai pas de place moi! (on peut clairement en voir à travers les vitres). Pas de réservation, pas de train!

On a beau lui expliquer, qu’ici le service à la clientèle se résume à un robots, pas à un humain, et qu’on en savait rien. Le monsieur, il veut pas se mettre en retard, et commence à remonter les marches de son wagon. On lui demande, mais comment on doit réserver exactement? Ça réponse dépense l’entendement… il nous garoche un numéro de téléphone, comme ça, par la tête, (c’est juste si t’es capable de prononcer les chiffres en anglais, et on a pas de papier espèce de « tarla ») Il s’apprête à remonter définitivement quand Annik l’interpelle une dernière fois lui demandant si il peut faire preuve de flexibilité. Est-ce qu’il peut faire quelque chose pour nous? Après tout, on sort ns deux stations. À ce moment, il nous met officiellement en maudit.

Ce qu’on peut faire?… Il part à rire, hoche la tête, fait signe de pédaler vers le haut de la montagne et ferme la porte……$&$!….le prochain train est dans deux heures.

On a les deux bras à terre devant quelqu’un qui devrait au minimum tenter de nous aider GENTIMENT… On passe la prochaine heure à essayer de prendre une réservation. Évidement, tout se passe très bien. Le site internet, où se devrait être possible de le faire, n’indique nul part comment procéder. On cherche un numéro de téléphone pour le service à la clientèle, qu’on trouve et qu’on s’empresse d’appeler. L’affiche sur lequel le numéro à été repéré date de la construction de la gare. Un coup de fil et la seul voix qu’on entendra sera celle de « madame FIiiiiiDOUDA!!! (Pas de service) On tente d’autres numéros sans succès. On est un peu pogné. On se demande si on va pouvoir prendre le prochain train.

On pèse nos options; reprendre la route et finalement remonter jusqu’à la station juchée dans les nuages (qui a des wagons pour les voitures… donc pour les vélos), trouver un taxi assez grand pour nous amener à cette station, qui apparemment à un guichet avec un humain, ou tenter notre chance dans le prochain train. Devant la station, un taxi s’arrête et on tente de communiquer avec le chauffeur. Il a un très grand camion et notre première idée est d’y monter avec tout notre stock. Le monsieur, heureusement, à l’air de vouloir faire preuve de gentillesse. Il répète 10 fois;

it’s complicated!

…avant de finalement nous tirer par le bras vers l’horaire où on retrouve une image de la composition des wagons de chaque train. Il pointe le prochain et nous explique, comme il le peut, que celui là a un compartiment dedié aux vélos et que tout devrait être correct. On remarque effectivement la difference entre le prochain et celui qui vient de passer. On se sent reprendre espoir. Plusieurs fois, on lui demande si on a besoin d’une réservation. Convaincu, il répond NON!

Nous voilà sur le quai l’espoir dans le cœur. On doit attendre encore une heure, mais on en profite pour faire du ménage dans les textes du blog. Nous y sommes presque. L’heure du train approche. Encore une fois, sur le quai, dans la position de départ du sprinter, on attend le train. Yes! On voit le wagon avec une grande porte….mais l’ouverture est à hauteur d’épaule… il va falloir monter nos vélos chargés à bout de bras… On a jamais essayé ça!

La porte ouvre…

You have a reservation?

NOOOOOOON!!!

C’est pas vrai? On a essayer! On est pas capable! On est presqu’à genou….inutilement. Le monsieur montre plus d’ouverture que le précédent, et lui, pose la bonne question. Quand sortez vous du train? Dans deux stations! Le wagon est vide à l’exception d’un seul vélo, à moins d’avoir à faire monter le Tour de France au complet au prochain arrêt, il y a de la place en masse, c’est aussi grand qu’un wagon à bétail. ll voit bien qu’il peut nous accommoder, Fiiiiiiooooou! ! On va entrer! C’est déjà ça! On se tape dans la main mentalement…oui ou ça se peut.

Bon maintenant l’épreuve de l’homme fort, parce que monter les vélos, particulièrement les deux versions adultes, demande un effort considérable. Le contrôleur nous donne un coup de main, mais on se « grafigne » à peu près tout le corps dans l’exercice. C’est simplement impossible de « balancer » les vélos à cause de leurs « gros derrières » et ils sont très très lourds. On y arrive tout de même, et malgré les petites blessures, on a le gros « smile »

On reste dans le wagon à « bestiaux » pour les prochains 25 minutes. Jusqu’à l’entrée dans le tunnel, on profite d’une vue sans pareille de la vallée. Le train entre finalement sous la montagne pour une traversé de 10 kilomètres dans le noir. On passe actuellement sous des centaines de mètres de roches…assez cool merci! Nous voilà à la sortie et approchant la gare. On sait que la route descend à partir d’ici, et pour un moment. On va se payer la traite au lieu de continuer sur le train. On descend donc ici. Même exercice, et de nouvelles « grafignes » plus tard,,nous sommes sur le quai, heureux et affamé. Le prochain village est à environ 9 kilomètres, on espère y trouver un supermarché..

Quelques centaines de mètres plus loin sur la route, on atteint un petit plateau qui nous donne une INCROYABLE vue sur la vallée.. et nous nous apprêtons à descendre…. Yahhooooo! Ça a l’air à descendre longtemps longtemps. On est pour ça les pente descendante! On monte sur nos vélos, et on se paye un super « trip »; presque 10 kilomètres de descente sans le moindre coup de pédale. Ça descend tellement que même avec le vent on sent les freins chauffer. Le bonheur total! On tente de battre notre record de vitesse, mais le vent est trop fort et ça rend nos vélos instables. 57 km/h!… On devra attendre pour battre le 61 km/h de la semaine passée.

Au bas de la pente, on arrête à l’Office de Tourisme pour se faire dire que le meilleur camping de l’univers est à nos pieds. On pensait continuer plus longtemps vers la frontière slovène, mais on doit bien ça aux enfants. L’endroit est rempli d’activités; kayak, arbre en arbre, rafting, skate parc et autres…C’est ici qu’on reste ce soir. À tout les autres niveaux, le camping est très très ordinaire…mais on est heureux d’y être. On décide de réserver pour une descente en rafting demain matin avant de reprendre la route. On passe la soirée entre écrire pour le blog, souper, prendre un verre et regarder un match de soccer amical entre adultes… Il sont bon pas rien qu’un peu!

On se couche tôt, et la température cette nuit s’annonce la plus clémente depuis trois jours. Ça devrait aller!

120 – Une Soupe à la Saucisse.

BadGastein , 27 Septembre 2014
Visite de Sportgastein

Hier, la gentille hôte du camping nous a parlé de Québécois à la retraite qui habitant ici plusieurs mois par années depuis 15 ans; Gilles et Hélène. On aimerait bien les rencontrer, mais ce matin, on ne les aperçoit pas avant notre départ pour Sportgastein dans la montagne.

On s’est réveillé de la nuit la plus fraîche de notre voyage. Il semble que la température a descendu à près de 0 degrés. Avec ce genre de froid et cette humidité, on atteint la limite de nos équipements, qui doit on le rappeler, sont conçus pour L’ÉTÉ. Nous avons tous plus ou moins mal dormi à l’exception de Mika qui, pour une raison inconnu, ignore complètement le concept du froid, On pourrait le coucher en bobette sur un bloc de glace, et il se réveillerait probablement qu’une fois…pour aller au toilette. (On est un peu jaloux de son super-pouvoir) Annik, elle, en a arraché cette nuit. Elle a eu froid, et son seul désir ce matin, c’est de partir d’ici au plus vite.

En dehors de notre tente, on profite pour la première fois de quelques rayons de soleil, une nouveauté après 10 jours de grisaille. Il fait assez frisquet, mais on nous promet du beau temps aujourd’hui. Pour les amateurs de montagne, il n’y a rien de plus beau qu’un peu de soleil pour rendre le paysage magnifique. C’est ce qu’on planifie ce matin, parce que depuis un moment, on a l’impression de visiter les 400 premiers mètres des montagnes d’Autriche. Comme on reste la plupart du temps sur la route, les sommets sont que de lointaines images qu’on a l’intention d’aller voir de plus près aujourd’hui.

Donc, notre plan ce matin est d’aller à Sportgastein en autobus, ce qui nous donnera accès à une une vallée avec des montagnes de près de 3000 mètres. On pense y faire un peu de hiking, revenir au camping, se ramasser et définitivement partir vers le sud. Pas plus tard qu’hier, on vous annonçait notre intention de ne pas prendre le train en Autriche, mais on comprend maintenant, que même si on voulait, on ne pourrait pas. Un tunnel d’environ 10 kilomètres, à l’usage exclusif des trains, est le seul accès à l’autre côté de cette haute masse montagneuse.

Nous voilà parti dans le bus pour notre petite promenade en montagne. On passe à travers la ville qui est honnêtement grandiose. Elle a, dans sa configuration à flanc de montagne, un peu de Monaco sans le « pédant » et la beauté des immeubles d’Autriche.

Notre excellente caméra a brisé hier, et comme on passe en autobus ici, les photos qu’on a pu en prendre se limite à du flou en mouvement avec des reflets de fenêtres de bus…de la photo artistique?

La montée vers cet endroit croise éventuellement le tunnel où nous devons nous rendre aujourd’hui. Contrairement à notre habitude en vélo, où nous sommes généralement ignorant des défis qui nous attendent, ici, on a un « preview » de ce qui va falloir monter pour se rendre au tunnel; les 7 kilomètres les plus terrifiants qu’on ai jamais vu! Les parents se regardent inquiet pendant que les enfants ignorant que le chemin qu’ils parcourent actuellement est celui à prendre plus tard dans la journée. Chargé comme on est, on se demande même si c’est possible de le faire sans faire un arrêt cardiaque…à voir.

L’autobus monte longuement et avec beaucoup de peine. Elle quitte la ville pour se retrouver dans une mince vallée où coule une rivière. Le spectacle est incroyable. On monte, et monte encore avant d’arriver à ce centre de ski qui a un des plus beau paysage qu’on est jamais vu. Une grande partie des montagnes et du plateau en son bas sont couvert de pâturages, devant nous, d’immenses montagnes avec quelques plaques de neiges, et plus haut encore, quelques petits « glaciers »…pour ce qu’on peut en voir à travers les nuages. La seule chose qui manque de romantisme, c’est les bâtiments du centre de ski… d’une laideur jamais vu. On y retrouve la beauté du style international soviétique et la chaleur du béton cramoisi par le temps. Wow!

Ici en altitude, il fait un peu froid et on doit se mettre en marche vers notre piste de « hiking » aux risques de geler sur place. À une heure de marche, dans des pentes ardues, se trouve un petit restaurant où on peut prendre une bouché et observer la montagne. On s’y avance et constate rapidement que faire de la marche en montagne c’est pas faire du vélo. On utilise bien les mêmes p’tite jambes, mais les muscles utilisés diffèrent…en bref, on a mal. On s’en tire tout de même bien, marchant à bon pas et s’arrêtant fréquemment pour observer le panorama changeant au fur et à mesure de l’ascension. Sur le plateau, bien avant le sommet, on fini par apercevoir, d’abord un drapeau autrichien, puis le restaurant et enfin un lac perché dans les hauteurs (un réservoir pour un barrage)… Superbe! Il y a quelques chèvres qui nous fuient mais qui s’assurent de bien placer toute leurs petites crottes rondes de façon stratégique sur la piste de manière à ce que ça soit impossible de ne pas y mettre les pieds.

On s’assoie quelques dizaines de minutes près du restaurant pour profiter du moment. Il y a encore passablement de nuage et on ne réussi pas à voir un panorama parfait avec tout les sommets dégagés. À l’abris du vent où nous sommes l’endroit est très agréable. Mika court après un chien qui a l’habitude des montagnes. il a l’élan d’une chèvre et c’est absolument impossible de l’attraper.

Comme on est au restaurant, pourquoi ne pas manger quelque chose hors de prix? (on comprend quand même pourquoi c’est si cher) Considérant qu’un steak se paye à l’aide du brouette de lingot d’or, on se limite a se commander des soupes, qu’on a peine à identifier sur le menu exclusivement en allemand (on s’habitue pas). On sait que c’est de la soupe, mais on a aucune idée à quoi. On se met à imaginer ce qui apparaîtra sur notre table. Après âpres débats, on conclu que peu importe la soupe, il y aura certainement une grosse saucisse flottante au centre. Les deux premières soupes arrivent et…déception! C’est de la soupe aux nouilles. Les autres arrivent à l’instant et nous avons encore espoir. Le serveur tourne le coin du bar, et d’ici, on ne peut pas voir le contenu du bol….aura t’on une saucisses? Il s’approche, on retient notre souffle…et VLAN!

On n’aura pas une grosse saucisse mais bien l’équivalent de trois saucisses à hot-dog coupées en rondelles et flottant au centre d’un épais bouillon

C’est de la soupe à la saucisse!!!

Qui eu cru que ça se pouvait? Eh bien oui! Une soupe à la saucisse est évidement un plat adoré des autrichiens. En quelques minutes, trois des autres convives, aux tables voisines, obtiennent aussi leur « bouillon saucissois » – un gros vendeur. On rit de notre capacité à voir l’affaire venir. Revenons au potage. Le problème avec la soupe à la saucisse c’est que… c’est pas bon. Le bouillon est mangeable, mais les saucisses sont fabriqué avant tout pour leurs flottabilité et non pour leur goût. On en mange un peu peu de peur de voir une grosse autrichienne sortir de sa cuisine pour nous forcer à manger… On boit le bouillon et quelques saucisses mais c’est pas mangeable. Voudrait mieux lécher le dessous de nos souliers que de manger ça.

On descend sur la même piste et le temps se fait encore plus beau. On admire et travaille nos jambes dans cette descente abrupte et par moment assez dangereuse pour les chutes. De retour dans le bus, il est beaucoup plus tard que prévu, presque deux heures. Maintenant qu’on revisite la route à monter, on se pose des questions sur l’intelligence de vouloir gravir ça aujourd’hui pour atteindre le tunnel. Avant longtemps les enfants s’aperçoivent de ce qui les attend…les visages s’éteignent.

PAS VRAI?

On leur explique qu’on va regarder nos options mais qu’il est possible qu’on soit obliger de monter… et que tout est possible.

De retour au camping, on s’assoit pendant que les enfants joue sur la trampolines un peu plus loin. Remettre ça a demain? Prendre le train à une autre gare dans la vallée? Donner un coup et partir maintenant malgré la fatigue accumulée à la montagne? On s’arrête au moins sur une chose, on partira demain question d’un prendre un repos et d’entreprendre la journée un peu plus tôt. Sur le fait, nos voisins québécois Hélène et Gilles, qu’on n’avait pas encore aperçu se pointent le nez à notre table. Ils semblent heureux de pouvoir parler « québécois » avec nous. Comme le monde est petit! On apprend qu’ils habitaient autrefois à un kilomètre de notre maison à Limoilou… Il faut le faire!

C’est très agréable de discuter avec eux, et on sens, malgré nos différences d’âges, qu’on se rejoint vraiment. Ils ont tout laissé pour voyager. Plus tôt dans leur vie, ils ont prit des périodes sabbatiques pour pouvoir parcourir l’Europe et autres. Ils comprennent le rythme de vie que ça impose, les sacrifices et les bonheur qui viennent avec ça. Superbe rencontre. Ils nous offrent de nous amener à l’épicerie au village. On accepte, et entre dans une voiture pour la première fois depuis 4 mois.

Retour au camping où on se fait une bonne bouffe et on se ramasse finalement confortablement au chaud, dans la roulotte de nos voisins où nous passons une excellent soirée à discuter. On apprend, entre autres, qu’ils quitte demain après trois mois ici. Quel drôle de coïncidence!

Patrick couchera dans sa tente seul parce qu’Annik a décidé qu’elle avait besoin de deux petits fourneaux à ces côtés pour dormir au chaud (on verra comment ça ira). Avant d’aller au lit, nous avons pris connaissance d’une excellent nouvelle gracieuseté de Gilles. Monter demain au tunnel est inutile. Il y a une gare à quelques kilomètres dans la vallée.

119 – Départ de Wagrain

26 Septembre 2014
Départ de Wagrain, Autriche (Vélo) vers Bad Gastein (55km)

Une journée encore un peu difficile. Aux risques de se répéter, il fait vraiment frais et le ciel est couvert, il y a pas moyens de le dire autrement. On est un peu triste de quitter notre petit paradis autrichien. On se « tanne » pas du tout et les enfants sont franchement heureux ici. Cette expérience nous fait réaliser que des vacances à la ferme au Québec serait probablement une excellent idée pour relaxer et permettre aux enfants de s’amuser. C’est à considérer pour le futur.

Donc ce matin, on doit se « retaper » la route à l’envers du chemin d’arrivé. On est heureux parce que vous vous souviendrez qu’on en avait arraché pour se rendre ici, il y a maintenant 4 nuits. Au lieu de monter, on devrait descendre un bon moment. Un petit arrêt au magasin de vélos pour acheter des câbles et à l’épicerie pour…manger. Comme d’habitude, ça été si long pour décoller que par le moment où on quitte Wagrain, il est l’heure du lunch.

Une dizaine de kilomètres généralement sur la descente et nos petites fesses atterrissent dans le village de St-Johann, le dernier point croisé sur la route du sud il y a quelques jours. On s’arrête au magasin de sport pour évaluer nos chances de trouver un « shifter » pour le vélo de Patrick toujours bloqué sur la petit « gear ». Nos espoirs sont anéantis. Il n’y a pas la moindre pièce de vélos ici. Avant de repartir, sur le trottoir, on en profite pour faire un dernier tour de nos options d’itinéraire. Ou bien on roule jusqu’à la frontière de la Slovénie à 150-200 kilomètres ou on prend le train pour se rapprocher de la Croatie et de la CHALEUR!

On fait le tour de la famille. Pour les enfants, le train l’emporte. Si ils peuvent se sauver du vélos, ils seraient prêt à bien des bassesses. Les parents se consultent, et nous on a le goût du défi; traverser complètement et sans l’aide du train l’Autriche. On a pas choisi le pays le plus facile, mais ce n’est pas le plus grand non plus. Si tout ce passe bien, on pourrait bien être en Slovénie dès le début de la semaine prochaine. On se décide, et c’est la dernière option qui l’emporte. Océanne est particulièrement en désaccord avec cette décision. Elle nous le fera savoir pendant plusieurs heures dans l’entrain, ou le manque d’entrain, qu’elle mettra à pédaler. À sa défense, c’est pas arrivé souvent, mais cette fois-ci, elle n’avale pas trop le droit de veto des parents…

Nous voilà donc finalement parti. On se retrouve de nouveau sur des routes assez difficiles; peu d’espace, beaucoup de voitures et de la pluie qui part et arrête. On se rend, sans trop de difficultés jusqu’à Lend, avant de changer de cap, plein sud, en direction des plus hautes montagnes des Alpes autrichienne. On quitte la rivière, que l’on suivait jusqu’alors, et prend l’embranchement d’une autres qui descend de montagnes assez impressionnantes merci. Là, on a « pogné » la côte de notre vie! Elle n’est pas tellement longue, un kilomètres seulement mais avec 120 mètres de dénivelés c’est du costaux. Chargé comme on est, on s’amuse pas. Océanne à fini sa phase de militantisme et réussi à la monter sans débarquer même une seule fois de son vélo. En haut de cette monté, on apprend à apprécier les excellentes décisions de génie civil prisent ici. Au lieu de nous faire contourner et puis monter la grosse montagne devant nous, on y a creusé deux tunnels d’environ 3 kilomètres. Yeahhhh!

On s’amuse à crier comme des dingues pour entendre le fort écho du tunnel. De l’autre côté, on rejoint une autre rivière, qui elle descend dans une large vallée en direction de Bad Gastein, notre destination d’aujourd’hui. Ce qui est bien ici, c’est que contre toutes attentes, on descendra pour une vingtaine de kilomètres. On s’en plaindra pas!

À Bad Hofgastein, on croise un autre magasin de vélos et décide de prendre une chance et de s’y arrêter. Peut-être aurons-nous finalement la chance d’y trouver ce qui nous manque? De un, un pneu spécial, l’actuel risquant l’explosion à tout moment et un nouveau « shifter » pour Patrick. À l’intérieur, on y rencontre de sympathiques personnages; un vieux mécanicien, ne parlant pas un mot d’anglais, et son gendre qui nous fait la traduction. On se sent chanceux d’un arrêt si inattendu, parce qu’on y trouve finalement le fameux pneu impossible à trouver dans toute l’Europe. Le mécanicien, qui lui sait ce qu’il fait, nous sauve de larges sacs d’argent en sauvant le « shifter » qu’on croyait détruit pour de bon! Définitivement le meilleur 75€ d’investissement depuis longtemps. Patrick n’aura plus à pleurer de désespoir ou se couper la jugulaire par accident…avec une clef allen… nos problèmes immédiats sont réglés. Le monsieur nous arrange, des « bearings » et un « shifter » en 3/4 heure; c’est ce qu’on appelle de l’efficacité!

Tout le monde à son « tas » au départ du magasin. On a presque fait 50 kilomètres, et on s’attend au pire dans notre recherche de camping. On doute fortement de le trouver à l’endroit prévu. Peur avortée; notre carte, très peu précise, nous fait croire à des distances incroyables ce qui s’avérera faux. Après un peu moins de 55 kilomètres, on plante nos tentes près du site de deux québécois dans leur motorisé. On n’arrive pas à les croiser dans la journée, mais on se promet de les rencontrer d’ici demain.

Petit lunch, petite bière, et sous les « pas-étoiles » et la « pas-lune » dans un froid qui nous fend en deux, on se prépare pour un dodo et une autre journée (pluvieuse?) demain matin.

Jour 118 – Cheveux blond; le complot!

26 Septembre 2014
Wagrain Autriche

Voici le plan, on fait rien aujourd’hui! On bouge pas d’ici, et si on peu se gratter les « foufounes » en écoutant le silence, on le fera. On s’apprête à implémenter le plan d’action, avant qu’Annik et Océanne décident que cette journée ne peut pas être perdu à de si futiles choses. Elles ont l’intention de sortir en fille en bas, au village, pour se faire faire une teinture. (Seulement Annik)

Depuis le début du voyage, Annik pense à se faire teindre en blonde. Si elle déteste, seul de pures inconnus pourront se « foutre » de sa gueule, ce qu’elle croit en mesure d’endurer. Les voilà parti, pendant que les gars accélèrent la cadence… à ne rien faire. Patrick en profite pour mettre à jour beaucoup du matériel du blog.

Au village, d’étranges et de lugubres événements se préparent sans que le moindre indices ne puissent en dévoilée la funeste conclusion. Annik se présente au salon de coiffure avec la ferme intention de se faire teindre. S’informant des possibilités d’obtenir satisfaction à cet égard, on lui demande de revenir à 14 heure; le salon ferme pour une période de deux heures dans quelques minutes;

La première pièce de l’échiquier est en place! On sent déjà le souffle chaud des profondeurs de l’enfer s’infiltrer dans cette histoire, encore à ses débuts.

Annik et Océanne, complètement ignorantes des événements plus grand qu’eux prenant place dans l’ombre, font le tour des boutiques le sourire au lèvres. Quelques minutes avant 14 heures, confiante de se présenter à temps pour obtenir une place de choix, elles se dirigent, le cœur léger, vers le salon plus bas sur la rue.

À l’intérieur, l’endroit est déjà plein. Comment est-ce possible? Tel d’ignobles goules aux vertu douteuses, des femmes complotant contre l’étrangère, ont réussi à entrer à l’intérieur, probablement par d’anciennes canalisations longuement oubliés, avant l’arrivé du couple mère, fille. Quelle surprise de trouver toutes ces dames, n’ayant probablement même pas besoin de soins capillaires, déjà assises sur toutes les chaises de ce salon de plus en plus curieux. Comment on t’elles déjà pu être à l’intérieur? À quel minables bassesses on t’elles du s’adonner pour profiter d’un laissez- passer avant eux? Quoi qu’il en soit, toute ces dames n’ont qu’un objectif en tête; s’assurer que l’horloge du temps s’écoule, que les heures s’égrainent et que devant l’inévitable, la gentille coiffeuse, complètement extérieur au complot, soit placé devant une tâche impossible avant la fermeture; celle de transformer une brune en blonde dans un temps impossible.

Annik, dans son inconfort croissant, devant toutes ces femmes criardes et colorées, se demande quand tout cela va en venir à elle? Un œil exercé au subtiles étreintes de la noirceur aurait déjà vu, qu’une de ces femmes est bel et bien en charge de ce complot. Les indices ne mentent pas à ceux qui savent voir; plus de 70 ans, et elle opte pour la teinture « charbon des ténèbres ». Seul le plus éloigné des trous de noir est plus foncé. Tant qu’à y être, pourquoi ne pas se faire teindre les sourcils et les cils du même ton ténébreux? Cruella n’aurait qu’à bouffer la tête de quelques truites vivantes pour dévoiler ses vils intentions. De toute façon, sa mission est accomplie, la petite brune ne pourra jamais être blonde à temps!

Quinze heure trente; déjà de longues heures sont passés et Annik a finalement l’occasion de faire part de ses besoins. Annik a les cheveux foncés et elle veux être blonde comme le blé. Si cette gentille autrichienne avait pu dire le fond de sa pensé, à se moment là, elle aurait sûrement dit;

T’es folle ou quoi? On passe pas du noir au blanc en 2 heures!

Devant le devoir accompli, toutes ces figures ayant placé l’employé devant l’impossible, quittent le salon dans un nuage de fumé et dans des bruits de battement rappelant quelques chauve-souris sanguinaires.

Un premier bleach; Annik est jaune-orange.
Une première couleur; Annik est jaune-orange
Un petit coup de lance flamme; Annik est jaune-orange.
Une visite de Marie Denise Pelletier pour valider le jaune orange
Une petite prière, allumage d’encens; Annik est Jaune-Orange
Une deuxième couleur; Annik est jaunes… Un peur plus pâle.

Dix-neuf heure trente, le fond de la tête « galés » avec les cheveux de Lisa Simpson, Annik se regarde dans le miroir avec effroi. À moins de se faire tremper la tête dans le peroxyde pour la nuit, ça sera pas mieux que ça. En désespoir de cause, la coiffeuse tend sa main pour le paiement, pousse Annik à travers le cadre de porte et barre à double tour. Annik maintenant sous le soleil couchant, « flash » jaune dans le noir. Elle décide de ne pas allumer ses feux de position sur son vélo; ses cheveux seront bien suffisant pour être vu de l’espace.

Pendant ce temps Mika et Patrick, eux aussi absolument ignorant de tous ces événements, mangent des saucisses et de la « banik » sur le feu préparé par nos gentils hôtes. Il y a pas à dire, même si ça fait 20 ans qu’ils font ça, ils ont encore du plaisir avec leur boulot. On mange et on s’amuse, mais on commence à s’inquiéter d’une scèance de coiffure qui a débuté à leur départ à 11 heures ce matin. Ça fait quand même huit heures et demi chez la coiffeuse! On est tous sur le point de partir dans la voiture du propriétaire, quand dans la directions de la ville, on aperçoit une forte lumière; un nouvel astre en mouvement suivant les courbures de la routes dans la vallée ci-bas. Au départ, la lumière est assez intense pour éclairer quelques carrés de maison au village, mais plus elle s’avance, plus son intensité augmente, au point où une immense zone est noyée dans la lumière la plus blanche imaginable. Ce point bouge toujours dans notre direction et nos genoux claques d’inquiétude devant un phénomène si singulier. Nous ne sommes pas prêt à une visite d’extra terrestre; ça fait longtemps qu’on a pas écouté E.T. et on se souvient pas ce qu’il faut faire. Le point s’approche de plus en plus et nous sommes maintenant submergés dans la lumière qui s’évanoui subitement en passant derrière la maison. Tout à coup apparaît, dans une nuée d’étoile; Lisa Simpson.

Je t’aime Annik, t’es belle en blonde!

Jour 117 – Le dindon Hugo

25 Septembre 2014
Wagrain Autriche

On aime beaucoup la ferme sur laquelle nous sommes restée hier. On y reste d’ailleurs et passe la journée à s’assurer que notre prochain départ ne sera pas ponctué de nouveaux bris de vélos. On débute donc par descendre au village pour acheter des pièces mais aussi pour demander l’aide d’un professionnelles pour arranger, pour de bon, les sacrés « bearing » de roues du vélo de Mika. Si l’occasion s’était présentée dernièrement, il est probable que cette cochonnerie serait quelque part au fond d’un lac ou d’une rivière.

On descend donc, pour la première fois, vers la ville et on réalise qu’on souffrait pas pour rien lors de la montée, c’est à pic. Pour tous les cyclistes qui ont déjà fait un peu de pente sportive, vous savez que c’est souvent difficile d’apprécier le degré d’une pente en la montant. La descendre vous donne une perspective complètement différente et qui apporte parfois la fierté.

On s’arrête au magasin de sport qui est doté d’un petit atelier de vélo durant l’été (l’hiver c’est réellement le ski ici). Le préposé connaît la ville de Québec puisqu’il a competitionné à Stoneham, il y a presque que 15 ans… comme quoi le monde est petit. Il donne un bon coup de main à Patrick et réussi à mettre les « bearings » de Mika en ordre. Il nous offre tout de même ses commentaires sur l’état de la chose

It´s not the best,

On s’en doutait! Patrick récupère un pneu pour remplacer celui qui est maintenant si usé qu’il est percé, achète chambre à air, câbles de freins et autres bidules essentiels à la santé mentale. (Essayer de réparer un vélo sans les bonnes pièces sous la pluie peut rendre fou). La mauvaise nouvelle, c’est que le « shifter » du dérailleur avant du vélo de Patrick est mort pour de bon… Trouver une pièce de remplacement sera pas facile. On se console en se disant, qu’avec le montagnes ici, Patrick n’utilisera que la petite « gear » pour aussi longtemps que c’est possible d’imaginer.

Le gentil préposé s’intéresse à notre voyage et nous suggère les meilleures routes pour passer les plus hautes montagnes des Alpes devant nous. Il reste à savoir si on ira vraiment. Descendrons-nous plutôt en train vers le Sud? Il faut le dire, la température du mois d’août commence à peser sur notre morale, et on pense sérieusement à faire un grand bon vers la Croatie, et ceci, dans les prochains jours.

Annik rejoint Patrick au magasin après avoir fait l’épicerie. On commence à prendre goût au luxes d’une vraie cuisine parce qu’elle a acheté assez de stock pour ouvrir un Costco… sauf que pour l’ouvrir ce magasin, il faut amener toute la bouffe en haut de la montagne de la mort…avec tout ça sur le dos… merci Annik! Au moment de commencer à monter, le dérailleur arrière du vélo de Patrick flanche et le voilà doté d’une seul grosse vitesse pour gravir le chemin jusqu’à la ferme…. On s’en serait passé!

Quinze litres de sueurs plus tard, arrivé à l’appartement, les enfants nous attendent en s’amusant avec les chats, et autres bestioles.

Patrick se met au travail, et malgré tous ses efforts pour réparer toutes cette mécanique rapidement, il lui faudra jusqu’à 18:00 pour tout compléter. C’est pas aujourd’hui que le blog va prendre de l’avance!

On prend tout de même le temps de relaxer, jouer une « couple » de « games » de 21. (basket) Les enfants s’amusent beaucoup ici. On les sent vraiment heureux, parce qu’au fond ici, c’est la vraie liberté.

Mika s’est fait un nouvel ami du nom d’Hugo. On parle ici d’un coquet dindon de 4 mois, qui a déjà de la difficulté à marcher à cause de son poids. Mika, dès la première rencontre, a l’idée de le caresser. (On rappelle à Mika qu’on ne fait pas ça avec les filles). Avez-vous déjà vu un dindon de proche? Le mot mignon ne vient pas facilement en bouche à la vue de son cerveau bleu extérieur. (ce sont les mots des enfants pour décrire se qu’il a sur la tête et qui est très laid…et bleu) Il a aussi, ce que les enfants appellent son pénis de face. (Sa protubérance rouge recouvrant son bec). He bien, l’expérience de « flatage » fini par une attaque en règle, de l’agile animal, à l’endroit d’un Mika, surpris par l’agressivité de la poule géante. À la défense d’Hugo, personne aime ça se faire « pogner la zone » par un inconnu…

Après cet épisode, aussitôt que Mika se montre le nez sur le terrain, la bête s’en approche avidement et tente de l’impressionner à grand coup de roucoulement dindonnier…. sexy pour une dindonne? …mais surtout hilarant.

Le souper venu, on mange super bien, s’assoie sur le gigantesque balcon, qui fait le tour de notre appartement, et on se couvre pour éviter de prendre des engelures (on se répète, mais le temps est frais). On prend définitivement goût à l’endroit, il n’y a ni « track » de chemin de fer, ni clocher ici!

Jour 116 – La fermette de nos rêves

24 Septembre 2014
Wagrain, Autriche

Une première journée à la ferme et on est sous le charme. Pour le moment, ça se limite à regarder la pluie qui tombe par la fenêtre. On espère quand même mieux aujourd’hui.

Pour une des rares fois du voyage, on a prévu que nous étions dimanche et que tout est fermé. On a bouffe et boissons et on pourra simplement se la couler douce sans avoir à quitter ce palace ou descendre en ville pour aller au restaurant.

Au début du voyage, on ne pouvait pas sortir au restaurant assez souvent. (après tant d’année à ne presque jamais y aller). Maintenant, on vit le retour de balancier. Se retrouver dans une appartement pour se faire à bouffer nous fait beaucoup de bien. Annik confesse même avoir du plaisir à faire la vaisselle… Qui voudrait lui enlever cette petite joie?

La pluie cesse, et les enfants ne peuvent attendre la visite des lieux. Il y a apparemment de nombreux animaux sur place; poules, vaches, dinde, lapins, truites et Oh my Goodness!… Des bébé chats… Océanne frétille de bonheur. Patrick descend rencontrer les propriétaires et payer son dû. On « trippe » déjà tellement qu’on décide de rester pour une troisième nuit (Aussi parce qu’il y a mille heures de maintenance à faire sur les vélos)

Les hôtes sont simplement super. Il ne parlent que peu anglais mais Erica nous fait faire le tour comme si on était les premiers visiteurs (ça fait 20 ans qu’ils font ça). Tout est expliqué en détails et on se sent vraiment super bienvenu. Il on également absolument tout les jeux inimaginables sur place; trampoline, trottinette, ping pong, basket, baby foot et autres patentes avec des raquettes (Marco, c’est tu ça du badminton?)

On passe une journée extraordinaire entre les jeux, la pluie et la relaxation. Patrick « sacre » bien après ses vélos. Tenter de réparer ce qui est possible sans trop de pièces de rechange est pas évident.

En soirée, on fait un peu le party autour de la table. C’est bien sûr une question de perpective, mais les derniers jours ont été extrêmement difficiles. On a beaucoup de plaisir à se retrouver ensemble au chaud, au sec, le ventre plein; le confort quoi!

Ah oui, il y a aussi des lits douillets….Bonne nuit.

Jour 115 – Journée infernale et tranches de pute???

On quitte ce matin après une des nuits de sommeil les plus merdique envisageable. Vouloir imaginer une affaire comme ça aurait été impossible. Tout d’abord, vous vous rappellerez qu’on se trouvait pas mal génial d’avoir trouvé un camping aussi près du village hier en soir.

Hé bien, chers amis, les plus grands génies sont par fois les plus profonds aveugles. Manquer les quelques détails qu’on s’apprêtent à vous révéler est une véritable honte après tant d’expérience en camping… Tout d’abord on nous avait fortement conseillé de se mettre à l’abris de la pluie sous les grands arbres à la limite du camping. Cette partie n’était pas si folle compte tenu que l’arche de Noé a probablement navigué à quelques pas durant les orages de la nuit dernière. Pour le reste, c’était pas l’idée du siècle. Derrière la rangée d’arbre placée sur le bute dernière nous se cachait… deux « tracks » de chemin de fer habillement dissimulées derrière la masse de verdure. À mois de 500 mètre, la gare vient ajouter une superbe touche à l’extraordinaire décor bucolique de ce camping. En Autriche, comme vous le savez fort probablement, il y a des montagnes…beaucoup de montages. Sans doute une évidence! Mais si vous ne pensez pas que chaque route ou rail est utilisé à pleine capacité, c’est que vous ne savez pas que l’alternative cosnsiste littéralement à y déplacer des montagnes pour y construire de nouvelles routes. Pour cette raison, peu être futiles pour certains, les trains passent littéralement à tous les 10 minutes. (Passager et freight). Autre détail important, ici les rails sont entretenus avec soin contrairement à nos « track » canadiennes ou même celles de la MMA (Salut Lac Mégantic). Le résultat est que les trains peuvent se déplacer très très rapidement sans danger. Vous devinez la suite, le boucans qu’ils font est absolument infernal.

À 3 heures du matin, les parents sont définitivement réveillés tentant de se rendormir entre le passage de deux convoies ferroviaires. Ça c’est avant cette délicieuse habitude de faire sonner les cloches des églises à des heures ridicules. On se demande qui a besoin de ça depuis l’invention de l’électricité, de la montre au quartz et des horloges coucous. Ici, on en fait plus que le « boss » en demande.. comme faire sonner les cloches à partir de 5 heure du matin, Normalement vous vous attendriez à ce que 5 heures demande 5 coups de cloche… Hé bien non… Le p’tit bonhomme qui les « shake » le matin s’est dit, que tant qu’à être levé, pourquoi pas faire le triple?

5 heures = 15 coup… 6 heures = 18 coups etc… et bien sûr, il faut nous rappeler à toutes les 15 minutes qu’un quart d’heure vient de passer….

Entre le passage des trains aux 10 minutes et les cloches qui sonnes au 15, si vous n’êtes pas capable de vous endormir comme une roche entre 75 et 90 secondes, vous êtes assuré de profiter du tintamarre agrémenté de la forte pluie sur votre double-toit… le véritable bonheur!

On se lève donc, comme aime dire Patrick, avec la tête dans le derrière. (poqué). Il ne mouille pas au réveil et on en profite pour emballer nos tentes complètement trempés et serrer notre « stock » avant la prochaine averse. Une petite douche et on se met en marche pour notre destination situé à environ 20 kilomètres (Werner). Depuis notre départ de Salzburg, la route est superbement agrémentée de montagnes comme on se les imagine en Autriche. La route, par contre, celle qui est emprunté pour aller de ville en ville est raisonnablement plane, suivant la rivière dont nous ne connaissons pas le nom. À partir d’ici, par contre, le party est définitivement fini. Dès notre départ, ça monte longuement, et pour être honnête, on souffre un peu. Océanne en arrache particulièrement et on ne s’explique pas pourquoi. La pauvre chouette avait un break partiellement collé, et son père s’aperçoit du problème….après plus de 20 kilomètres…

Les paysages sont incroyables. La route est sinueuse et coupe à travers les montagnes. De chaque côté, les plus hautes sommets que les enfants aient jamais vue. Tout ce qui manque, c’est du beau temps parce que l’observation des montagnes se fait difficilement sous les nuages… et maintenant, il pleut à plein ciel. La route, elle, est de bonne qualité mais vous comprendrez qu’elle n’est pas « spacieuse » pour le vélos. Elle est fortement chargée, autant par les voitures que les poids lourds. À droite, sur une grande partie du trajet, on retrouve une barrière métallique pour délimiter l’espace des trains passant parallèlement à la route. À chaque passage, on se sent enserré entre les véhicules et le train. Tout ça transforme l’activité récréative du vélos en un défi de sang froid et de contrôle dans la mince bande offerte pour les cyclistes. À plusieurs reprise, on s’arrête tout de même pour profiter de la vue.

Un peu après-midi, trempé et content de notre arrivée à Werner, on se convint, que cette fois-ci, manger un lunch d’épicerie sous la pluie ne fera pas l’affaire. Direction; le restaurant Italien le plus proche, plus que disposé à accueillir une gang de canadien en lavette. On se sent sur le party, avec autant de confort, on prend quelques « drinks » sur l’heure du midi… ce qui n’est jamais de bonne augure pour les décisions éclairés.

Parlant de décision, la pluie et le manque de sommeil on en a assez! Jetons un coup d’œil au possibles options accommodantes pour dormir dans un lit. Les prix nous semble raisonnable et une jolie fermette notée « fabuleux » par Booking.com est disponible pour deux nuit à un prix très alléchant (60€ la nuit) Comment résister à tant de charmes et en plus ce n’est qu’à 16 kilomètres?

Note pour les utilisateurs de http://www.Booking.com; Ces génies s’imaginent certainement que tout le monde voyage en hélicoptère, et en ligne droite par dessus tout, parce que le 16 kilomètres, il le calcule comme ça. Avec les montagnes autrichienne, à moins de faire de l’escalade, il faut se taper de larges et long détours… Le résultat est,qu’au moment du départ, on réalise qu’on devra faire 28 kilomètres… sous la pluie. Enfin, il n’est que 14 heures. On devrait être arrivé sur place d’ici la fin de l’après midi même si le terrain est difficile.

On ne pouvait pas être plus dans le champs, parce qu’en voyage de vélo, des imprévues ils en arrivent! Tout d’abord, on découvre le problème qu’Océanne rencontre depuis le début avec ses freins. On arrête, à trois reprises, fait de longs ajustements pour finalement se rendre compte qu’on ne se sauvera pas d’une réparation plus complexe et en bord de rue; changer des câbles de freins. Heureusement, c’est pas notre premières fois,. Le tout se passe dans la frustration mais tout de même assez rapidement. Mika, lui, a des problème avec sa roue arrière qui se bloque constamment et qui lui font grossir les cuisses à vu d’œil. Ces $&@ de « bearings » sont encore « grippés ». Malgré les nombreux ajustements du passé (sûrement 20-25 fois), ils se « désajustent » constamment et aujourd’hui ils sont particulièrement coriaces. On s’arrête à trois occasions, démonte, réajuste puis repart pour finalement se retrouver avec le même problème quelques kilomètres plus tard. En bord de piste; ça roue est encore bloqué pour la 4ème fois! Pas le choix, on a pas de pièces de rechanges, mais il va falloir démonter les bearings, les nettoyer, les graisser et s’assurer de ne rien perdre dans le gazon… Le tout sous la pluie…. On teste sérieusement la patience de Patrick, qui doit aussi composer avec sont propre pneu qui dégonfle à répétition, parce qu’il est troué et « patché » avec un bout de « duct tape » Tout ceci nous coûte presque que 4 heures.

On fini par repartir sur la route, qui depuis notre arrêt au village a
a été raisonnable en terme de dénivelé. Tout ceci nous a mis vachement en retard. Il reste, nous le savons, le pire de la route à faire; des centaines de mètres de monté, à un moment où notre fatigue commence à nous ralentir, que le temps gris additionné à une journée qui s’achève, nous amène la noirceur très rapidement.

On débute la montée, et le dénivelé est infernal. On se répète sans cesse qu’on a pas le choix et quoi doit se rendre avant qu’il fasse trop noir. La pluie ne nous donne pas trop de « break » non plus, mais ce qui est le plus épuisant, c’est de ne pas s’avoir à quelle distance nous nous trouvons réellement de notre fermette si désirée. En effet, Internet n’aime pas particulièrement les montagnes isolés que nous traversons. Donc, nous sommes sans signal. On monte, on monte et on monte encore pour finalement atteindre le point le plus haut. Finalement, on redescend vers cette petite rivière de montage qui devrait nous amener vers Wagrain. La nuit tombe, et l’espace pour pédaler est limitée. On a s’inquiète d’être vu à temps par les voitures qui empruntent généralement une route exempte de vélos. (surtout avec cette température et cette heure). Évidement, la rivière ne pouvait pas descendre tranquillement vers Wagrain… Elle doit absolument monter sans arrêt et ceci pendants de très longs kilomètres au moment où nous sommes épuisés. On souffre en comptant les sections de route de 200 mètres indiqués par les affiches en bord de route. On égraine les kilomètres en passant qu’on pourra réellement se reposer à l’arrivée et se faire un lunch de roi.

Parlant de lunch de roi, étonnamment, on s’est rappelé que demain, nous ne pourrions pas faire l’épicerie. Nous avons donc aquis une quantité phénoménale de bouffe jour se nourrir jusqu’à lundi. Par contre, ce que ces 100 watts n’avait pas calculé, c’est tout l’effort que ça prendrait pour transporter ce poids additionnel sur un dénivelé total de 1019 mètres.

Les enfants montrent une détermination sans failles jusqu’à la fin. Annik, qui souffre généralement en silence, se tait question de maintenir les enfants dans des conditions acceptables « d’enthousiasme ». On se rend finalement au village qu’on doit traverser, puis finir le tout par une dernière montée destructrice. Tout le monde tient le coup, mais à moins de 1 kilomètre de l’arrivé, Patrick, toujours chargé au maximum pour l’équipe, flanche! Plus de jambes, absolument à bout de force. Les quelques centaines de mètre restants se passeront à pousser son vélo en direction de du but.

Vous aurez de la difficulté à apprécier le bonheur ressenti en apercevant l’appartement et en arrêtant finalement devant la porte. Quel fierté d’avoir une famille aussi déterminée. On sonne et la porte ouvre. Notre hôte, Erica, est sous le choc. Qu’est-ce qu’une famille canadienne peut bien faire ici en vélo? Elle compassionne avec nous et nous porte toute les attentions. Ils nous aident à entrer notre matériel, à mettre nos vêtements mouillés au séchage, chauffe notre appartement à bloc (inutilement puisque la température normale est déjà suffisant comparativement au froid sibérien de l’extérieur). Erica est super curieuse de notre aventure malgré son anglais limité (son fils traduit partiellement). Son mari, plus terre à terre, l’arrête voyant nos visages épuisés et affamés. Elle nous offre quelques bières en cadeau de bienvenu et on monte au troisième pour finalement apprécier tout ce luxe.

L’appartement est superbe, exactement ce qu’on avait besoin . Deux chambres, cuisine complète avec lave-vaisselle et autre luxe qu’on considere généralement comme normale. On sort sur le balcon donnant sur la vallée et le village. À la brunante, on y trouve le plus extraordinaire des paysages, encore plus fantastique dans les circonstances. Le ciel et les nuages, maintenant très bas, ne nous empêche pas d’envisager ce qui sera fabuleux à voir demain matin.

On s’aime, se félicite, se colle, les quatre dans le même lit, en pensant à nos épreuves et à nos accomplissement d’aujourd’hui. Bonne nuit la famille POMA.

Mines de sel

22 Août 2014
Départ Aufeld, Autriche (Vélo) vers Mine de Sel de d’Hallein (10km)
Départ de Mine de Sel (Vélo) vers Golling an der Salzach (10km)

Méchante grosse journée aujourd’hui. On se lève tôt après une autre nuit froide et humide. Avec tout les nouvelles de beau temps au Québec, on doit dire qu’on commence à être jaloux de cette partie là de l’affaire. Depuis notre arrivé en Allemagne, soit presque l’ensemble de mois d’août, la météo est pas vraiment pas super adorable…

On lève le camps, un peu avant 10 heure, en direction de la mine de sel qui a façonnée la vie de la région durant des siècles. Salzburg, à quelque dizaines de kilomètres, a longtemps été la plaque centrale du commerce du sel à une époque où il était essentiel à la conservation des aliments. La mine, maintenant fermé mais qui a une histoire de près de 2500 ans, est maintenant un endroit touristique fréquenté de la région. Le site est dans la direction générale de notre route mais nécessite qu’on monte une haute montagne pour y accéder. Parce qu’on ne couchera pas au même endroit ce soir, on devra accéder aux hauteurs avec tout le poid de nos bagages; un « challenge » supplémentaire.

On s’était pas trompé, c’est du « challenge » solide. On doit monter, absolument sans endroit plat, pendant plus de 6 kilomètres. La plupart du temps, le dénivelé oscille entre 9 et 12%. Chargé comme on est, c’est un peu de la folie. (Note à nous même – se débarrasser de tout ce qui pourrait resté de superflu). De tout le voyage, cette montée est la plus difficile. Impossible de ne pas avoir la « patate dans le fond »; simplement très, très difficile. On se motive en rappelant aux enfants qu’on devra la redescendre au retour.

Nous voilà à la mine de sel. C’est sans équivoque. Les gens qui montent en vélo ici sont rare, et ceux qui le font n’ont pas de bagages… On nous observe avec curiosité.

Notre visite; qu’en dire? Au final, tout à été fait pour plaire à la masse et on a évacué presque toutes les informations de l’affaire. On essaie d’en faire une attraction remplie d’émotions plutôt que « d’enseigner » quelque chose. Au cour de la visite, il y a bien quelques vidéos explicatifs, mais on en ressort avec l’impression de ne pas en avoir appris beaucoup plus que sur le pamphlet trouvé à l’Office de Tourisme. Ça vaut qu’en même la peine de parler de ce qui se passe à l’intérieur, parce que c’est tout de même assez unique.

La première étape consiste à vous « enlignez » sur un grand banc d’école (comme si vous le chevauchiez – une jambe de chaque côté). On est pas sûr que c’est rassurant de voir les bancs montés sur des roues de chemin de fer, attaché un en arrière de l’autre et tiré par une petit locomotive. Dire que des compagnies comme Bombardier dépensent des centaines de millions de dollars pour s’assurer que les wagons de train sont sécuritaires. Ici, on s’apprête à vous descendre dans une mine, ventre contre dos et assis sur un bande de bois tiré par une locomotive. On vous averti de bien
garder vos bras « à l’intérieur », parce que le tunnel dans lequel on passe, se chargera de vous les arracher assez vite si vous faites le con. La pancarte qui annonce le danger, et qui se veut internationalement compréhensible, présente un petit bonhomme, les bras en croix. Parce que le graphiste était en maternelle, les mains du personnage ressemblent… à des pénis.

(7 ans et moins fermez l’ordinateur maintenant)

On est les seuls francophone sur place..on pense enfin. On se rappelle constamment les règles de sécurité.

Attention! Tes pénis dépassent!

Gardez vos pénis en dedans!

Y a pas à dire, le mot pénis fait encore rire même à 39 ans (27 ans pour Annik)

Au fond du tunnel, une grand pièce où on nous présente un premier vidéo. Pour être honnête, une mine c’est pas mal un trou dans la terre. Si vous ne savez pas qu’on y a extrait du sel, ça pas l’air de grand chose. On traverse de nombreux tunnels à pieds et atteint ce qu’ils appellent les « toboggans » des mineurs. C’est en fait une drôle de glissade sur lequel on descend à deux. Malgré nos efforts de compréhension, on ne sait pas si ces équipements étaient utilisés pour descendre, monter les mineur…ou peut-être êtes-ce pour déplacer le sel?

Donc, on y descend, et c’est assez amusant, mais Patrick se plaint que ça lui chauffe les fesse. Chochotte! Au cour de la visite, on fera une descente du genre à deux occasions, traverserons un lac sous-terrain et visiterons des galeries qui datent d’aussi longtemps que 1550. Un des point cocasse de l’affaire, c’est que puisqu’on se trouve à la limite de l’Autriche et de l’Allemagne actuelle, nous passerons à deux reprises la « frontière » entre les deux pays. (Sous-terre) En fin de visite, on nous fait remonter un long escalier roulant, le même genre qu’à Place laurier, pour nous extirper des profondeurs. (On est pas mal sûr que cette partie là est pas historique, mais on a pas d’informations officielles)

On sort de là avec une opinion mitigée. Fun, mais sans plus. Considérant le travail pour s’y rendre, on est pas convaincu. heureusement uneu plus haut sur la montages, quelque chose de vraiment cool nous attends.

Les centre de ski, comme au Québec, essaient de se diversifier. Durant la saison chaude, et même l’hiver, l’endroit où nous sommes offre aux visiteurs de descendre la montagne dans des petits véhicules individuels sur rail, dans le type montagne russe. Dans le cas qui nous importe, on contrôle la vitesse avec un levier de frein. On avait déjà fait quelque chose de similaire en Allemagne, mais celui là, est d’une magnitude bien plus grande. La descente a 2.2km. On commence par monter dans un remonte-pente récupéré dans les déchets du mont St Castin. L’affaire est tellement âgée que lorsqu’on s’y assoit, on doute soudainement pour sa sécurité. On est tous très fébrile, parce que durant la montée, on a pu apercevoir des gens y descendre autant dans les champs que dans les sous-bois. À la vitesse qu’on remonte la pente, on a le temps de faire un somme, compléter un mot croisé de 40 x 40 et apprendre le wolof…interminable…

Avant de continuer l’histoire, le problème avec ses installations, c’est qu’il n’y a qu’une piste. On y retrouve aussi bien des Jacques Villeneuve que des grand-papas à chapeau s’imaginant dans leur Crown Victoria. Il faut donc habillement classer les gens dans des catégories passant du « têteux » roulant le break le fond (les plus lents) et les ti-vites (les plus rapides). Une fois l’exercice complété, vous vous placez au bout de la file derrière ceux qui ne connaisse pas les freins.

Pour notre première descente on a mal évalué notre affaire. Le petit gars de 10-11 ans devant nous est un « risk taker ». Non mais ça va pas! C’est juste si il est pas debout pour freiner plus fort. À la moindre impression d’accélération, si il pouvait, il se mettrait en marche arrière. Sa mère, pas beaucoup mieux, l’encourage à être plus prudent… Prudent à quoi? C’est conçu pour descendre sans danger cette affaire là… Mme galapagos!

Nous on est le quatres derrière arrière et malgré une brillante stratégie. (Le premier descend 200 mètres et attend les trois autres en s’arrêtant sur la piste – ça met pas loin de 3 minutes de distances entre nous et le groupe de paresseux sur la morphine) vous croyiez que ça a fait une différence? Pas du tout! On les rattrape après le troisième « croche ». (Note à nous même; les éviter à la prochaine descente)

DEUXIÈME DESCENTE
Retour en bas, montée dans la chaise pendant quatres heures et arrivée en haut où on évalue, avec le plus d’acuité possible, qui pourrait être dans notre chemin. Évidement on se tient loin de l’enfant aphasique et de sa mère et identifie un petit couple dynamique sur lequel nous fondons tout nos espoirs. On se trompe pas! On descend comme des dingues, sans aucune distraction et personne dans le chemin… Absolument fantastique! Quand on peut prendre de la vitesse, l’affaire est complètement folle. Ça prend ça à Québec.

Une dernière descente (parce qu’on a droit à 3) pour un abordable 90$. Cette fois-ci, c’est le guet-apens! On se retrouve derrière un garçon de 8-9 ans qui pleure et qui ne veut pas descendre. Pourquoi l’obliger? On profite du chaos, pour passer devant lui mais son frère, un peu plus vieux est déjà devant. On espère qu’il sera un peu plus téméraire que sont frère en larme. Patrick et Mika quitte après avoir vu le plus grand partir.. Hé bien, cette famille fait pas dans le rapide. Le jeune devant nous est pas beaucoup mieux que la tortue du début, mais lui au moins, il nous « entertain », puisqu’il crie lorsqu’il atteint 10 kilomètre/heure. On freine sur la piste en attendant que son frère en pleurs nous rejoigne derrière . (Ce qui est long parce que lui aussi il descend sur les « brakes ».) Les filles, elle, sont pognées derrière et prennent garde à la piste mouillée par les larmes du chérubin. Elles ne peuvent que souffrir devant une descente si monotone. On s’amuse qu’en même un peu mais on espérait mieux de la dernière descente.

Nous voilà de retour sur la route avec l’intention de descendre cet infernale côte qui nous a tellement fait souffrir plus tôt. Découverte navrante; le pneu de Patrick est à plat. (celui du vélo bien sûr) On découvre qu’il est usé au point qu’un trou expose la « trippe ». On a évidement pas de pneu de rechange, on doit donc improviser. Un peu de « duct tape » à l’intérieur du pneu, une patch sur la chambre à air… On se souhaite que ça marche!

On descend la côte tout en restant prudent. On essaie de battre notre record de vitesse… 61km/h… Yes!… Ce serait possible de faire plus vite encore, mais la chaussée est mouillée et un record qui fini par un « petit bec » avec un semi-remorque est un peu moins agréable.

On roule sur une vingtaine de kilomètre avec un arrêt forcé par un gros orage. Le « timing » est bon puisqu’on arrête à l’épicerie et mange notre lunch « évaché » sur le trottoir à l’abris de la pluie mais pas du ridicule. (Assis sur nos chaises de camp, notre lunch sur un carton au sol placé à l’entrée de l’épicerie – on fait une peu tier-monde)

On se rend à ce fabuleux petit village où nous irons prendre un verre dans la soirée. Comme il ya un camping à deux pas, c’est très pratique. Nous sommes aux anges parce qu’on en a assez pour la journée. Le préposé du camping est super « sympa » et nous offre ses conseils pour la région. Comme bien des gens ici, le fait de voyager en vélo avec nos enfants dans un environnement si hostile l’impressionne! C’est toujours bon pour leur ego, avec ce qui s’en vient, ils vont en avoir besoin.

Bonne nuit!

Jour 114 – On aura vu mieux!

21 Septembre 2014
Départ Salzburg, Autriche (Vélo) vers Aufeld, Autriche

Ok, c’est pas notre meilleure journée, mais sur le nombre, ça doit arriver de temps en temps. Depuis quelques jours, on a rencontré une série de désagréments qui commencent à tomber sur la patate. Le premier, si en est un, est que le temps passe continuellement d’exécrable à ordinaire et vis versa. On vient de passer notre troisième nuit sous la pluie continuelle, et malgré la bonne qualité de notre équipement, tout fini par être mouillé. La température est tombée sous les 10 degrés cette nuit, et après avoir passé la soirée dans nos habits de pluie, (on était humide un ti-peu) dormir dans l’humidité constante nous gruge.

Il y a quelques jours, Patrick a vu sont seul gilet chaud disparaître, son cellulaire a tombé de son vélo et l’écran a craqué. (Désolé Kent) Hier dans la nuit, son matelas a commencé à délaminer et finalement son Iphone a décidé, qu’à partir d’aujourd’hui, il ne chargerait plus. Si vous connaissez Parrick, vous savez que ça lui en prend pas mal moins que ça pour pogner les nerfs…ahhhhh, pis « l’ostif » de pneu qui dégonfle toute les nuits et dont on ne trouve pas la fuite…

Enfin, ça nous prend une éternité pour se mettre en marche, et comme le matelas de Patrick a delaminé, il faut en prioritairement en trouver un nouveau. Le délaminage est un phénomène dramatique qui résulte en de petites explosions durant votre sommeil. Les membranes internes au matelas retiennent les parois supérieurs et inférieurs à exactement deux pouces de distance. Quand ces structures lâchent, dans un grand boucan, vous vous ramassez sur de grosses bosses très inconfortables. Dans le cas qui nous importe, on parle ici de dormir en équilibre sur la bosse d’un dromadaire; ça avec la pluie et le froid, ça met son homme de bonne humeur.

Nous voilà donc à la recherche du fameux magasin qui ne tient finalement pas le modèle qui convient. Celui qui pourrait faire coûte presque 300$. On va endurer le dromadaire encore un peu. Arrêt dans un deuxième magasin en direction et même constat. Tout est ou bien hyper minable ou hors de prix… Optons donc pour le minable en attendant de trouver mieux. On achète donc un matelas à 15€ en se gardant bien de se débarrasser du camélidé (si jamais la « réguine » est vraiment merdique)

On continue notre route et rencontre plein de problèmes mécaniques et autres . Il est 15:30 et on vient à peine de passer les 20 kilomètres. On s’arrête donc dans un très beau parc, et parce que la vue est superbe, on finit par oublier un peu nos désagréments. On joue une petite « game » de basket aux pieds des Alpes. Océanne et Patrick l’emportent contre l’équipe « pactée » de Mika et Annik.

De retour sur la route vers Hallein, notre destination finale pour aujourd’hui, on entre assez abruptement dans les montagnes. Ça nous rappelle immédiatement Heidi qui passait, à l’époque, à Radio-Québec. Les enfant nous regardent avec un point d’interrogation dans la face…

C’est quoi ça Heidi?

C’est ça, continuez donc à écouter Johnny Test!

Au camping, on réinstalle notre stock complètement trempé en espérant que le ciel ne nous amènera pas plus de pluie ce soir. On ce tape un super souper sur nos réchaud. On évite la bouffe autrichienne du restaurant d’à côté. Il semble que leur guide alimentaire soit différent du nôtre.

Groupe alimentaire 1 – Saucisses
Groupe alimentaire 2 – Patate et/ou chou vinaigré
Groupe alimentaire 3 – Saucisson
Groupe alimentaire 4 – Bière
À manger avec extrême modération; fruits et légumes

Dans la soirée, on fait des jeux de ballons complètement débiles sous les yeux de nos gentils voisins français rencontrés un peu plus tôt. Ils se demande sûrement qu’est-ce qu’on prend pour s’amuser autant!

Ciao!

Jour 113 – Les « boules » de Mozart!

PHOTOS À VENIR – BRIS D’ÉQUIPEMENT

Il a plut toute la nuit sans répit. Océanne est toujours fiévreuse et fait de mauvais rêves ce qui nous force à bouger d’une tente à l’autre au beau millieu de la nuit. Les nuits commencent à être fraîche et on y dort moins confortablement lorsqu’il pleut autant. Au matin, tout le monde porte un peu la fatigue sous ses yeux, c’est pourquoi on reste plus longtemps sous nos tentes qu’à l’habitude… Ça et il y a la pluie qui continue.

Vers 11 heure, on se décide finalement à partir pour la ville en autobus. Le ciel est encore gris mais la pluie a cessé. On saute dans le bus qui nous amène à la gare et puis se rapproche de la vielle ville dans une deuxième, le tout dans un temps record.

On commence notre marche dans une ville qui est vachement belle et qui malheureusement est submergée de touristes… Les rue sont bondés et c’est difficile de se sentir unique dans la découverte du monde. On arpente les rues les plus fréquentées. Ces endroits touristiques sont maintenant une longue série de magasins de grandes marques placées dans d’anciens édifices. Adidas ou Puma, c’est encore les même guenilles dans un immeuble de 300 ans. Nous on cherche à rire et à essayer des choses… et parlant de choses inutiles mais amusantes, ici, on peut manger des boules de Mozart…en tout cas, nous on appelle ça comme ça.

En effet, Mozart est né à Salzbourg et comme les droits d’auteur, à l’époque, on s’en foutait pas mal, le nom de Mozart est utilisé pour vendre absolument tout et n’importe quoi. Il y a bien sur les boules de Mozart, sur lequel on reviendra, mais en attendant voici pèle-mêle, certains produits à son effigie.

– Du parfum Mozart (il en avait besoin parce que se laver à l’époque était plutôt facultatif…) Mika l’a essayé, et il sent encore les vidanges.
– Des canards pour le bains avec la « moumoute » de Mozart
– Des balles anti-stress Mozart
– Des bibelots, des mobiles et même des couteaux…

Mais les boules de Mozart, on pouvait pas résister. On en achète et on les déguste. Ce sont en fait de chocolats avec de la pâte d’amande et des pistaches à l’intérieur. C’est bon, mais au fond, c’est juste un « racket »

Salzbourg, c’est la ville du sel. Il y a une mine de sel qui a été exploité pendant 2500 ans à l’extérieur de la ville. Tout son histoire et même son nom (Sel-bourg pour Salzburg) sont intimement reliés à cette richesse. Sur une haute colline de la ville, un immense château, transformé beaucoup plus tard en forteresse, la surplombe. On la visite avec intérêt durant près deux heures, mais ce qu’il y a de plus impressionnant ici, c’est la vue des environs. On est au pieds des Alpes et on commence à voir ce qui nous attend en se dirigeant vers le sud. Encore une fois, la température est assez ordinaire, on doit donc se contenter de la moitié de la beauté de l’endroit, parce que sans ciel bleu et soleil, les contrastes intenses sont simplement absent.

On continue notre tour de ville et découvre de superbes bâtiments, qui sont tous d’un époque où les riches se faisaient construire des palais et les petites gens mangeaient ce qui restait. Un des moments les plus drôle de la journée, est lorsque Mika fait la connaissance du tapis rouge. Pour une raison que l’on ignore, un grand tapis a été laissé sous la pluie devant l’opéra de Salzburg. Ça ressemble plus à une installation publicitaire qu’à autre chose. Enfin, le tapis est gorgé d’eau et comme on est en habit de pluie de la tête aux pieds (on a mentionné qu’il mouillait tout le temps?!?), Mika décide qu’il pourrait peut être s’y lancer pour glisser. Le tapis est si mouillé que l’affaire agit comme une véritable glissade. Il est pas « arrêtable » On a beau vouloir partir, il refuse, c’est trop amusant! Quand on a 10 ans, ce qu’on se souvient de Salzbourg, c’est un tapis rouge mouillé pas la forteresse de l’Archibishop.

On passe une grosse journée à marcher en ville mais Océanne est pas à son meilleure. On la ramène au camping où on se concocte un souper sur une table à pic-nic. (On fera pas de « joke » sur les tables, on en a déjà assez fait). On est relaxe et les parents sont dans un bon « mood ». La pluie commence et comme tout est prêt, qu’on est en habit pluie; on mangera sous l’averse. C’est bien parce qu’il y a du vin qu’on endure ça. Il « mouille » sans arrêt et qu’il fait froid. On fait les fous, on rit, mais à un moment, la dure réalité nous rattrape. Si on entre pas se coucher, on sera mouillé même sous nos habits et on risque de ne pas trop bien dormir…

À quand le beau temps???

Jour 112 – La grippe d’Océanne nous amène à Salzbourg

PHOTOS À VENIR – BRIS D’ÉQUIPEMENT

Bon, Océanne est malade ce matin et le camping le plus proche est à presque 60 kilomètres. Après avoir dépensé 250$ pour dormir dans un lit hier, on peut certainement pas répéter l’expérience des gens riches et célèbres tous les jours. On jette un œil dehors, il pleut. On met l’orteil à l’extérieur, il fait froid. On peut juste pas demander à notre grande fille de rouler la dedans avec sa fièvre

On descends prendre notre déjeuner pour y penser. Eh oui, le déjeuner est inclu à ce prix là; Mika, comme d’habitude, veut les mettre en faillite. Il va manger comme un défoncé.

Au restaurant, le style est le même que dans les chambres. Il faut le dire, l’endroit est tout ce qu’on attend d’un hôtel allemand; les boiseries, des peintures historiques et des bibelot un peu partout. On mange et on se donne le défi de trouver un objet qu’on ramènerait chez nous et qu’on accepterait de garder à la maison.

Patrick
Une grande peinture d’époque de Régis Labaume alors duc allemand à Ebersburg. (Ça lui ressemble) Je la placerais au dessus de notre lit et percerait des trous pour que les voisins regardent dans notre chambre juste parce que ce serait « épeurant ».

Mika
Il ramène l’horloge coucou d’une absolue horreur. Il est convaincu qu’une fois au mur de la cuisine, on acceptera de lui permettre de la vendre. Il obtiendrait donc un bon profit (Il est mercantile celui-là!)

Annik
Plus pragmatique, elle opte pour les deux canards en bois qui sont les deux objets les moins à risque de déclencher une gastro-entérites chez les visiteurs.

Océanne
Étant pratico-pratique elle opte pour des fleurs. On a beau lui dire que c’est pas vraiment un objet, elle argumente avec brio, que notre jeu c’est n’importe quoi!

Retour sur notre dilemme; mais où allons-nous et comment? On retourne à la chambre, enferme les enfants dans leur chambre, avale la clef et se dirige vers la gare pour connaître nos options. C’est pas trop long, parce qu’on se décide presqu’immédiatement à se rendre à Salzburg en Autriche. Au lieu de le faire en vélos on le fera en train. (On traine pas un enfant fiévreux sur un vélo sous la pluie)

D’après nos recherches, il y a des campings près de Salsburg (donc pas de dépenses princières) et on voulait y aller de toute façon. Voici la « twist ». On a 40 minutes pour retourner à l’hôtel, « packer » nos affaires, aller à la gare et sauter à bord du train…

On est tu hot? Océanne sort du lit et oublie qu’elle est sur le radar (il y a une chose qu’elle déteste, c’est d’être en retard). Plus de 10 minutes à l’avance à la gare, on se pète les brettelles… jusqu’au moment où on s’aperçoit qu’on doit faire deux transferts de train sur un voyage de 2 heure dix. La dessus, un des transferts nous oblige à passer du quai #1 au quai #8 en exactement 8 minutes. Si vous nous avez lu notre blog depuis le début, vous savez que ça implique descendre notre matériel dans un tunnel, sous les rails, et de repasser l’autre côté. (Passer du quai 1 à 8)

Tel des coureurs du 100 mètres, on se prépare à l’ouverture des portes. Nos vélos sont déjà dans la direction de la porte, nous avons tous les mains sur les poignées de nos motocross…pas de gaz. Elles ouvrent, on sort à tour de rôle, on aperçoit une accès sur notre droite à environ 100 mètres. Annik une puriste, se dirige vers les escaliers pendant que le reste du groupe convient que l’ascenseur est la meilleure option. Patrick et s’engouffrent tout deux dans la cabine, on se demande comment on a fait pour réussir un tel exploit. (Mika a la face dans la vitre de l’ascenseur et Patrick se rentre le ventre – pas qu’il en est un) Ça permet à tout l’équipement de ne pas faire éclater l’habitacle du monte-charge. Annik, toujours une foulée en avant de nous, nous attend à la sortie de la sortie de l’ascenseur tapant du pied…

C’était pas un peu long?

Le trio cour vers l’escalier du quai #8 pendant qu’Océanne descend dans l’ascenseur. Patrick tel Superman accablé de Kryptonite se pète le dos et se foule le poignet en poussant un vélo trop lourd pour faire ce genre de chose. En bref, c’est une course pas trop saine qu’on exécute pour ne pas manquer le transfert. Au dessus de la balustrade, des curieux un peu perplexes observent la scène et se demandent comment on peut faire vivre ça à ses enfants…

On est convaincu qu’ils sont fières et que tout ces petits « rush » d’adrénaline les transforment en des personnes qui seront réagir et s’adapter à tout.

Nous voilà à Salzbourg. Bienvenue en Autriche notre cinquième pays! Personne ne pourra pas nous accuser de vouloir visiter tous les pays de l’Europe! La sortie de la gare est un peu décevante. On se croirait dans un ghetto de Vladivostok (ça se peut?) Less immeubles sont laids et en béton. Les autobus électriques sont sur des câbles et chargent le ciel de tout ces inesthétiques « grêmants ». D’ici on ne voit aucune montagne…tout le monde nous vantes pourtant Salzburg!

On est sorti de l’Allemagne et notre Internet ne fonctionne plus. Peut être seront nous chanceux et réglerons la question des cartes pré-payés rapidement? Patrick part à la recherche d’une solution pour l’Internet et réussi le meilleur coup de filet de sa carrière… Après 5 pays, on sait que le coût des connections varient presque indécemment. Pourquoi ne pas en parler?

Le cancre – 5ieme position
Orange en France – Acheter une clef internet pour 60€ et payer 20€ pour 2 Gig.

Le mauvais garçon – 4ieme position
Espagne – 45€ pour 2Gig et une ligne téléphonique

Le gars « smart » avec qui tu veux juste être ami – 3ème position
Tim en Italie – 40€ pour 6 Gig

Lui, je lui donnerais bien un p’tit bec – 2ieme position
O2 en Allemagne – 35€ plus une sim à 5€ pour 7gig

Why don’t you come in my bed? – 1er position
T1 – Autriche – 10€ incluant SIM et 10 Gig!

En tout cas, on règle ça à l’intérieur de quelques minutes se qui nous permet rapidement de faire des recherches sur internet et de trouver un camping très près de la ville. On s’en plaindra pas. Une petite bouffe de sans-abris sur le trottoir et un petit périple vers le camping nous amènes sur un terrain boueux dans un bel endroit. On y passera certainement au moins deux nuits. Rien de bien plus spécial pour cette journée qui s’achève: un petit lunch sur nos réchauds… (On va manquer de gaz) et un dodo dans un endroit assez frisquet merci.

Jour 111 – Saucisses et Ketchup Chaud

PHOTOS À VENIR – BRIS D’ÉQUIPEMENT

Le levé sur le bord de notre petit lac privé se passe bien. Il a fait froid cette nuit et Annik en a souffert. Son sac de couchage refusait de se fermer (zipper brisé) et elle a dû se contenter de sa soie et d’un sac de couchage déposé sur elle. En temps normal, ce n’est pas un problème, mais c’était si humide et froid hier soir, que c’était nettement insuffisant. Au matin, elle dort plus longtemps qu’à l’habitude, dans l’espoir futile de reprendre le temps perdu d’une nuit trop courte.

Note: Ce qu’on appelle une soie est un sac de couchage additionnel en soie naturelle très léger et qui fourni quelques degrés de plus durant la nuit – ça garde aussi votre « sleeping » propre plus longtemps.

On ramasse nos affaires et se régale, encore une fois, d’être si bien placé à l’écart de la civilisation tout en étant si proche. En effet, le site et le lac sont placé à la pointe d’une triangle formé par le croisement d’une autoroute et d’un boulevard. On se retrouve presque chez nous. Pour ceux qui connaissent où nous habitons à Limoilou, on a simplement l’habitude du bruit des voitures.

Sur la route, nous prenons la direction générale de Salzburg en Autriche en évitant, le plus possible, de croiser Munich. On aime la ville, mais y rouler est très long et stressant. On préfère prendre un détour pour l’éviter.

Assez rapidement on se retrouve à nouveau dans la campagne allemande. Toujours aussi beau, et jusqu’à un certain point, elle a de grandes ressemblances avec nos paysages de la vallée du St-Laurent. On y roulera aujourd’hui plus de 65 kilomètres avec de nombreux arrêts. On sent qu’on se rapproche lentement des montagnes puisque le terrain se transforme lentement de plat à valloné. Comme on dit, le party est fini!

On s’arrête sur le bord d’une jolie rivière et Mika, compétitif comme il est, décide qu’il va envoyer une roche de l’autre bord. Patrick a honte d’en parler, mais il ne réussi même pas. Croyiez le ou non, Mika en envoi pas loin d’une dizaine de l’autre côté, directement dans les débuts du boisé…C’est tu payant être joueur de baseball? Ou bien Patrick est une moumoune sans non (c’est possible), ou Mika est le prochain Louis Sir.

Pour dîner, on s’arrête dans un petit village où sont construit une quantité incroyable d’infrastructures sportives. C’est comme si on avait construit les suivants à Blanc Sablon;

– Stade de tennis sur terre battue avec 500 places assises
– 3 terrains de tennis bétonné.
– 2 terrains de soccer avec 1000 places assise.
– Une arena avec piste de karting
– Un lac ainsi que des installations pour le « rowing »

Tout ces équipements dispendieux sont malheureusement sous-utilisés; pas la moindre âme en vu. Nous, on fait assez de sport comme ça. On veut pas courrir, nager ou faire des efforts musculaires, on veut juste avoir du fun. Qu’est-ce quI rime avec fun? KARTING!!! (on sait, ça rime pas pantoute mais on s’en « sacre » c’est trop l’fun)

L’équipement est tout électrique, ce qui est nouveau pour nous. Comme tout véhicule propulsé à l’électricité, ça a du « torque » et c’est hyper silencieux. Le plus drôle, c’est que le préposé à une télécommande qui peut contrôler la vitesse maximale de chaque machine. Comme il nous dit si bien.

Si vous savez « chauffer », je vais vous laisser aller dans le fond.

Il nous regarde aller quelques tours et bientôt on peut rouler à des vitesses folles sur cette petite très bien faite. On s’amuse ferme pour environ 25 minutes. Mika conduit vraiment bien mais quelques fois, sous la pression de son père qui le suit derrière, il perd le contrôle. Ça permet à Patrick de le dépasser comme un véritable conducteur professionnel. N’empêche, il est très surprenant pour un jeune de son âge (assez de compliment pour Mika aujourd’hui) Océanne se donne à fond. Elle est moins téméraire même si elle essaye de nous empêche de passer à plusieurs occasions. Elle craque par contre assez facilement sous la pression, Mika et Patrick lui crit simplement

TASSE TOÉ

… Et elle se tasse…c’est une qualité la politesse!

Un belle arrêt amusant en milieu de journée qui recharge nos batteries et qui nous permet de donner un dernier coup pour se rendre à Ebersberg.

Soixante cinq kilomètres, ce sera assez pour aujourd’hui. Ça monte pas mal et ça gruge notre énergie très très rapidement. On s’arrête finalement à Ebersberg avec pas la moindre idée de l’endroit où nous dormirons ce soir. On est brûlé. L’idée de trouver un autre camping sauvage ce soir ne nous plait plus beaucoup. On s’assoit à une terrasse et on commande de la bouffe… La bouffe allemande « on trippe » pas tellement. Le mot finesse n’est pas dans leur vocabulaire.

Patrick commande un repas qui comprend saucisses au curry et frite. On veut rendre à César ce qui revient à César, mais dans ce cas, l’empereur fait dure.

Commençons par le positif, les frites sont bonne. Elle sont malheureusement submergées dans une mer de ketchup. L’immense saucisse prend un bain en plus de n’être qu’une vulgaire saucisse à hot dog Hygrade plus grosse et plus longue. On l’a déposé dans l’assiette et l’a submergée d’un liquide rouge qui n’est qu’une quantité hallucinante de ketchup chauffé au micro-onde. C’est pas des « jokes », il y a au moins une soupière de liquide rouge dans l’assiette; absolument infecte. Pour une touche de finesse, on y a ajouté deux types de curry, du rouge et du jaune… Quoi de mieux pour rendre une délicieuse cuilleré de ketchup délectable.

Le coin n’est pas du tout touristique, mais les gens n’ont jamais été aussi intéressé par nous. Au moins une demi-douzaine de personnes viennent nous voir, nous pose des question, d’abord en allemand et ensuite dans leur meilleur anglais. Très agréable d’avoir autant d’attention.

On a beau chercher mais il n’y en a pas; Pas le moindre camping dans les environs, les hôtels sont très cher. On pile sur notre orgueil et on se paye une chambre pour 250$/la nuit! Ça écœure, mais c’est difficile de s’imaginer essayer de trouver un endroit pour dormir gratuitement. On paye et on se ferme.

La chambre est en fait un espèce d’appartement très bavarois, (ils aiment le bois). Chacun a sa chambre. Comment dire? On a beau avoir les meilleures installations hôtelière, notre linge est puant et croustillant. Le lavage ne peut plus attendre; On se fait tous couler un bain à tour de rôle. On se lave d’abord et on lave quelques pièces de vêtements dans le même eau. Peut être que demain, les gens ne grimacerons plus à notre rencontre.

Ce voyage va nous avoir changé c’est sûr. À notre retour à Québec, on prendra ou bien 4 douches par jour, ou on nous appellera la famille « Swing »

Jour 110 – Dachau – l’horreur des camps

PHOTOS À VENIR – BRIS D’ÉQUIPEMENT

Un hôtel à Munich c’est hors de prix. On a réussi à s’en sortir honorablement avec les points accumulés sur notre carte Visa Marriott. Pour la suite, et après deux dodos à prix raisonnable, on n’arrivent pas à trouver quoi que ce soit qui ne ruinerait pas les finances d’une grande puissance mondiale. (Partir en Europe 6 mois sans boulot ça coûte cher)

Notre deuxième difficulté ce matin, c’est qu’on aimerais aller à Dachau, le camps d’internement Nazi. Il est à 25km de notre hôtel. Y aller et revenir dans la même journée en ferait toute une épopée (il faut prendre le temps de le visiter) Devrait-on s’installer dans une hôtel à Dachau? Rouler vers un camping après notre visite du camps? Mais où? il ne semble pas vraiment y avoir de sites pour camper dans les environs. On est « tanné » de se perdre en conjoncture. On roulera donc vers Dachau. Là bas, on trouvera bien une solution quitte à dormir sur le bord de la route.

On fait un 25 kilomètre principalement en ville sur une cyclable entrecoupée d’un million de rues et d’intersections. Faire une distance comme celle-là, dans ce genre de conditions, double facilement le temps de déplacement.

On arrive à Dachau et se met à la recherche du camp; quelque détours en trop, mais on le trouvent rapidement. Le premier coup d’œil est terrifiant. Les miradors, ceux qu’on a vu si souvent au cinéma, sont ce qu’on aperçoit en premier. Ils donnent sur la route d’accès, on devine donc que le camps se trouvent à l’opposé. D’ici, on ne voit rien de plus. À notre gauche, la route donne sur le centre d’information. On s’y dirige avec l’appréhension d’en voir plus… Qu’elle endroit unique et chargé.

Il y rare que c’est arrivé, mais nous devrons visiter cet endroit s’en s’être préalablement débarrassé de nos bagages dans un camping ou un hôtel. L’embarras, si il en est un, c’est qu’on doit laisser nos bagages sans surveillance une fois les vélos verrouillés. On ramasse nos objets de valeur, qu’on place dans un sac à dos en se disant, que si il y a un endroit où le vol est peu probable, c’est à 100 pieds de l’entrée d’un camps de concentration; un lieux de souvenir et d’émotion.

Les enfants connaissent un peu l’histoire des camps mais n’ont certainement pas nos connaissances. On veut leur donner un peu le contexte pour comprendre se qu’on s’apprête à visiter. On se branche sur Internet et écoute le court vidéo de 4 minutes de la libération de Dachau par les américains; les gens décharnés, les piles de cadavres… Du contexte, en veut tu? En voilà!

On s’avance dans l’allée qui mène à la porte du camp. On appréhende tous le premier regard de sur ce qu’on a tous déjà vu sur l’écran mais jamais en vrai. Inscrit sur la porte grillagée à l’entrée; l’ultime synthèse de l’horreur. On y lit: Le travail rend libre

L’endroit est immense, deux baraques subsistent ainsi que les bâtiments administratives, les bunkers qui sont en fait le quartier des cellules d’isolement, l’enceinte barbelé, canaux et miradors, quelques lieux de cultes construit après la guerre et finalement les fondations silencieuses de baraques aujourd’hui disparus,

L’endroit est d’un sobriété absolu; très peu de verdure et énormément de ces roches grisâtres qui couvrent tout les endroits découverts. Ce qui est marquant dès les premiers instants, c’est cette immense place où on faisait l’appel matin et soir dans toutes les conditions météo possibles; l’endroit de tout les abus.

Dans le grand bâtiment administratif en « U »‘ se trouve un musée retraçant l’histoire du Parti National socialiste et l’histoire du camps. Brillamment, on a laissé l’intérieur des premières pièces du musée dans son états initial; des murs abîmés, mal peints, un éclairage minimal et lugubre. Ça donne le ton.

On y marche longuement, et réussi à entendre des séquences de présentation des nombreux guides anglophones sur place. Patrick traduit toute l’horreur que chaque mot transporte ici; les traitements, les abus, les punitions, les tortures, les maladies et la mort. Après un moment, ça devient extrêmement lourd pour tout le monde. Il y a un monde de différence à en parler ici et à regarder un documentaire sur Canal D. Il faut y être pour comprendre. À plusieurs moments, Patrick et Annik ont le « moton » et quelques larmes coulent.

Patrick raconte;
Je salue le courage des allemands à faire face à leur histoire, si terrible soit-elle. Il faut se rappeler que lorsqu’on a transformé tout ça en mémorial, tout était encore bien frais. Bien des gens qui l’on subit et y on participé (de gré ou de force) était et sont encore vivant. Maintenant, même si il reste encore bien des gens encore témoins de cette époques terrible, il serait probablement un peu plus facile d’en faire ce mémorial destiné à la liberté. Je salue donc ceux, dont je ne connais pas le nom, qui ont dû bataillé en faveur de la mémoire de ceux qu’y ne sont plus ici, à une époque où cette décision devait faire grincer bien des dents. Nous le dirons jamais assez; se souvenir est bien la seule chose qui peut, peut être, nous empêcher de répéter les horreurs d’hier. Pour ma part, je me recueille sur toute cette souffrance inutile et brutale et m’assure que mes enfants ne seront pas ignorant d’un si grand malheur. Ils seront bien les seuls à empêcher un rappel de l’histoire le temps venu, et seront aussi ceux qui s’assureront que leurs enfants sachent, eux aussi à leur tour.

Au fond du site, une dernière visite lugubre nous attend; la chambre à gaz et le crématorium. Que dire la dessus autre que de verser des larmes sur autant méchanceté.

Patrick en profite pour appeler ces parent sur Skype et leur offrir la même visite sur vidéo.

Patrick raconte;
Je sais que l’endroit les intéresse beaucoup, mais les circonstances de la vie ne leur permettra probablement jamais de venir ici. Si je suis ici aujourd’hui c’est un peu à cause d’eux. Je vous aimes Papa et Maman!

On sort du site, et même si on n’est pas à plaindre, on a aucune idée de l’endroit qui nous accueillera ce soir pour dormir; hôtel hors de prix ou camping à 50 kilomètres, On se dirige vers la ville de Dachau où on monte sur le point le plus haut. Pour la première fois, et malgré les nuages on aperçoit les Alpes.. superbe. On a pas trop de temps à perdre, le soleil est sur sa descente et on ne sait toujours pas où nous allons dormir. Il ne fait pas extrêmement beau, mais si on trouve un endroit tranquille à l’abris de regards, on ferait bien du camping sauvage.

On se met à la recherche de cet endroit. On cherche, et cherche pendant presqu’une heure. À l’aide des images satellites de Google, on « spot » un endroit qui pourrait être propice…

Une pause pour vous parler de Google Maps. On veut pas se plaindre, mais pour ce qui est des pistes cyclables et des endroits un petit plus obscures, Google est pas toujours sur la coche. Durant les trois dernières semaines, on a eu droit aux pires pistes cyclables tous proposé par Mr. Google; des détours infernales et des informations erronés. Dans le cas qui nous importe, pour ce rendre à ce « spot » de camping, il nous indique un chemin qui n’existe pas. En fait, il nous invite à simplement rouler sur l’AutoBanh… au côté des Porches qui roulent à 220km/h… i don’t think so!

On désespère pas complètement, mais on a hâte de trouver. Un peu plus de recherche et on obtient satisfaction en utilisant notre jujotte et un peu de flaire. Nous voilà donc sur une petite route de terre qui longe un lac. Au bout de ce petit lac, qui semble artificiel, une petite zone ensablée qui serait parfait pour camper. Parfait; c’est loin de toute attention et on pourra se faire un feu.

Superbe soirée, pas une goute de pluie, pas vraiment de maringouin, un superbe feu, une bouteille de vin et des enfants qui adorent; comme jouer dans la braise… Qu’est-ce qu’on pourrait demander de plus?

Jour 109 – Attention aux carillons!

PHOTOS À VENIR – BRIS D’ÉQUIPEMENT

On est confortablement à l’hôtel et la journée s’annonce encore une fois un peu so, so. Le temps oscillera entre les nuages et la pluie toute la journée. On décide de laisser nos vélos bien attachés à l’hôtel et de faire un tour de la ville avec quelques arrêts spécialement pour les enfants.

Nous voilà donc dans le tramway en direction de la ville. On s’arrête à l’arrêt qui donne sur le Palais Royal. Si le temps nous le permet, on aimerait bien le visiter plus tard, mais nous devons d’abord nous diriger vers la Place de l’Hôtel de Ville où la plupart des monuments les plus connus se trouvent. Ça tombe bien, parce que toute les grandes boutiques de sport s’y trouvent et on doit trouver un nouveau gilet pour Patrick (perdu sur la route, il y a quelque jours) L’affaire tourne au cauchemar. Question de poids et d’espace, on ne garde qu’un seul gilet à « zipper » qui doit être ni trop chaud, ni trop mince avec idéalement un capuchon. C’est le meilleur compromis pour permettre de s’en servir à toutes les sauces et être capable de l’enlever sans retirer son casque de vélo. Tout ces requis rendent l’affaire aussi difficile que de faire compléter un navire à la Mill Davie. On commence nos recherches sans succès avant de se rendre, en courant, vers l’événement le plus incroyable qui soit et qui a lieu à tous les jours à 11 heure; le spectacle du carillon de l’Hôtel de Ville.

Il faut contextualiser l’affaire pour vous permettre d’apprécier. Tout d’abord, on parle d’une place immense où une large foule se masse tous les jours. Malgré le mauvais temps, l’endroit est « pacté » à capacité. Il y a des groupes organisés, et des « freelancer » comme nous. On attend tous avec impatience le début du spectacle. Sur l’Hôtel de Ville de style néo-gothique, se trouve, sur une des tours, un carillon construit à une lointaine époque et qui faisait la fierté de la ville. On vous rappelle qu’un carillon fait de la musique exclusivement avec des cloches, et celui-ci à ceci de particulier qu’il a aussi des dizaines de personnages animés.

Si vous avez aimé le dernier Transformers pour l’action et la musique enlevante, il est possible que le spectacle sur le point de prendre place, vous donne d’extrêmes moments de somnolence (attention de ne pas conduire de machinerie lourde). Le spectacle commence par une petite « toune » exécutée à l’aide d’une série de cloches qu’on ne peut voir d’ici. Désolé pour les amateurs de carillons, mais l’harmonie qui se dégage du petit morceau est suffisant mauvais pour être considéré comme une arme à contrôler. Par moment, c’est absolument impossible de suivre la mélodie. Cette première séquence prend une éternité. Vous avez souffert des ralentis sans fin dans les amoureux imaginaires de Xavier Dolan? Imaginez maintenant qu’on met les mêmes scènes au super ralenti, qu’on vous fait jouer du Normand d’Amour à l’envers et qu’on vous brûles les oreilles avec des chalumeaux… C’est à peu près comment on se sent. Des groupes de jeunes, qui sont venus voir le spectacle, on déjà décroché après 15 secondes et ont déjà la tête dans leurs cellulaires pour passer le temps. Woooooo! Là, ça commence pour vrai…. Les personnages sur le balcon du haut se mettent à bouger. Bon,… si vous êtes déjà allez à Walt Disney ou même à la maison des horreurs d’Expo Québec, les mouvements pourront vous paraître légèrement « basics ». Le « hit » de cette séquence est le moment où le bras d’un des chevaliers sur un cheval bouge vers le bas après une collision avec un autre cheval. Pour ceux qui ne dorment pas déjà, la foule s’exclame de bonheur à travers la « p’tite bave » qu’y leur coulent sur le bord de la bouche.

Troisième acte; la deuxième rangée de p’tit bonhomme se met en marche dans une délicieuse cacophonie digne des meilleures mélodies de xylophone Ficher Price. Avant la fin, ou juste avant que les ambulances amènent tout ces gens catatoniques hors de la place, un dernier clown nous fait un « tata » dans une grandiose… indifférence générale. On admet, qu’à une certaine époque, une attraction comme celle-ci a du impressionner les foules. Maintenant par contre, si vous ne mettez pas vos yeux d’historien, le plaisir retiré du spectacle n’a d’égal qu’un traitement de canal sans anesthésie.

On quitte la place vers le grand marché aux victuailles. C’est un endroit très amusant parce qu’on y voit tout ce que les gens mangent ici; un mot; saucisses. Il y en a tellement, qu’à demander une pomme de salade, on y trouverait certainement une petite saucisse dissimulée à l’intérieur. (Que serait une délicieuse salade sans son accompagnement de saucisses). Les enfants se commandent des jus de fruits frais fait sur place. Comme on ne sait pas lire l’allemand, on est convaincu que chacune des boissons proposées contient une portion de « weiner »

On quitte les lieux pour prendre le métro (sous la pluie battante) vers un magasin de jouets qu’on nous a fortement conseillé. Ils ont vraiment énormément de jouet, mais c’est un peu une déception. La magie du magasin lui même n’est pas à la hauteur. En plus, on visite ce genre d’endroit que pour le plaisir. On va pas commencer à faire le dernier château Lego sur la route.

Nous voilà à nouveau chez le Clown McDonald’s où on essai les spécialités allemandes…Hey oui! Un hamburger avec une boulette au goût de saucisses ça existe ici, (Yeuurk!)

On quitte maintenant en direction du Musée des Sciences et Technologie, un endroit immense et très intéressant. On commence par l’exposition sur les bateaux, sous-marins et autres choses qui vont dans l’eau. On y retrouve un U-boat allemand de la Première Guerre Mondiale complet qu’ont a coupé en deux. Il y a plein d’expériences intéressantes pour les enfants (il y apparemment mille activités interactives pour les « flo » dans tout le musée) On y présente plein de concepts mécaniques complexes bien expliqués. Ce qui, pour Patrick en particulier, est particulièrement hallucinant, est le nombre absolument ahurissant de maquettes de bateaux qu’on y trouvent. Franchement, les plus complètes et les plus belles jamais vues. Certains de ces modèles on été fait à une époque, pas si lointaine, où tout était encore fait à la main. Il y a certainement des milliers d’heures de travail dans chacune d’elle. Fabuleux!

Toute cette exposition nous a prit environ une heure trente et le niveau d’intérêt des enfants s’éteint rapidement. Ils ont beaucoup aimé, mais au moment où on entreprend la section sur l’aérospatiale, on sent qu’il va falloir faire vite. Il reste de toute façon une heure avant la fermeture et il faut se garder du temps pour la section pour enfants. Patrick fait le tour en vitesse d’une grande salle où se trouve de nombreuses avions de toute les époques.

On descend au sous-sol dans l’antre du « criage » d’enfants. On vous remets des protections auriculaires contre les cris sauvages ainsi que des « full face » pour vous protégez contre l’ebola infantile. Dès votre entrée, vous êtes submergé par un flot d’enfants sanguinaires qui, sans aucun but, sautent d’un endroit à l’autre en se grattant l’arrière train. Heureusement pour nous, nos enfants ont passé l’âge de jouer dans un camion de pompier ou de gratter une guitare géante. On y reste au plus 30 minutes, ce qui considérant les danger pour l’ouïe, probablement plus dangereux que de visiter le cœur du réacteur de Chernobyl.

Le plus drôle dans cet endroit, est de retrouver des exemplaires des premiers iMac de la fin des années 90 sur lesquels on retrouve de très mauvaises applications (enfin ça a mal vieilli). Les jeunes enfants, ignorant la vitesse d’évolution des technologies, utilisent les iMac d’une façon qui en dit long sur leur époque. Ils essaient d’y jouer à touchant l’écran! C’est marquant, parce qu’il suffit de s’arrêter pour deux minutes et regarder les enfants pour voir l’immense majorité vouloir interagir comme sur une tablette… Comme quoi, il y a rien de plus intuitif!

Nous voilà à nouveau sur la rue et on cherche quelque chose d’intéressant à faire pour ce soir. À l’Office Touristique, visité un peu plus tôt, on nous a fortement suggéré une visite au parc Olympique où on y trouve une fête foraine et des « show live » On arrête pour prendre une bouché et monte dans le métro pour s’y rendre. Dès la sortie, on se retrouve devant le musée BMW (Munich a le siège social). Le bâtiment est impressionnant et nous donne le goût d’y entrer. On est en soirée et c’est évidement fermé. On s’approche rapidement des installations olympiques qui nous impressionnent malgré leur âge. Pour les Jeux de 1972, les bâtiments sont encore extrêmement beau. Il y a pas à dire, se devait être très avant-gardiste à l’époque.

Arrivée sur le site de la fête foraine, il se met à « mouiller des cordes » On y marche mais ne participe absolument à rien. Il reste que parc olympique, illuminé comme ça le soir, ça rend de bonne humeur. Contrairement à chez nous (à L’EXPO) on ne se fait pas gueuler après par un pré-pubère pour « garocher » une grenouille sur une nénuphar ou par tirer dans la bouche d’un clown.

Sur place, et dans un petit amphithéâtre extérieur, un « band » joue de l’excellente musique. Leur malheur, et le nôtre parce que ça nous tentait, c’est qu’il pleut à boire debout. On y reste quand même un moment, mais le « fun » est pas tout à fait là. On se dirige donc vers la sortie, non sans s’arrêter dans les petites boutiques extérieures en chemin. Patrick, dans son infini recherche de l’objet inutile, s’achète une bague ouvre-bouteille.

Sur place, on assiste impuissant et fasciné à la vente d’un objet singulier. Vous vous êtes toujours demandé qui achetait des gilets de loup ou des serviettes avec des femmes tout-nue montant une moto sur la lune? « Ben », nous on le sait!

Quelques minutes avant l’arrivé des acheteurs, Annik et Patrick avaient déjà découvert le joyau. On parle ici d’une affiche métallisée couvert des loups placés devant la pleine lune, le tout dans un 3D digne des cochonneries trouvé dans les boîtes de céréales. Le contour de l’affiche est savamment découpé pour lui donner une forme naturelle et est attaché par de jolies cordelettes à un cadre rustique en bois foncé. Rendez-vous compte! Du 3D métallisé de loup dans un cadre rustique! On se « pisse » dessus juste à le regarder.

Voilà pas l’acheteur mystère qui s’avance. En fait, ils sont deux; un jolie petit couple, qui nous pourrions l’affirmer aime la moto et les belles choses (Ils adorent Def Leppard, c’est certain). À l’écart, on les voit pointer vers les détails les plus significatifs de l’œuvre. Comment est-ce possible de trouver une si belle création en dehors des galeries new-yorkaises? Ils font signe au vendeur qui avait probablement acheté le produit parce que ça le faisait rire. Il répond aux nombreuses interogations des futures acquéreurs… Qui est l’artiste? Est-ce que les loups on été peint à partir de véritable loup? On les sent passionné par la chose…ils se consultent, discute un moment….Oui, oui, oui…ils l’achètent! On en croit pas nos yeux!

Pour nous, c’est une épiphanie! On comprend désormais mieux le monde dans lequel on vie. Oubliez les cours universitaires, se promener à l’EXPO est le meilleur endroit pour comprendre le monde.

On saute dans le métro, en riant mais épuisé et rentre à l’hôtel en hurlant à la lune…