Une metropolis de rats dans nos matelas.

17 août

À notre arrivé à Mulnie en début de soirée, on n’est pas frappé par les prix beaucoup plus abordables, mais on a quand même des options potables pour dormir. Ce qui nous frappe beaucoup plus, c’est que même au camping, le préposé ne parle qu’espagnol. Dans une ville côtière du sud-est c’est simplement impensable. Au nombre de français sur place, je ne vois pas comment ça pourrait marcher.

Suite à la rencontre d’une informatrice dans le camping quitté ce matin, et que j’aime appeler affectueusement « la place de marde où on peut coucher mais pas dormir » ou en en catalan, « tara una roc denlcu » nous avons décidé de rouler une bonne partie de la journée pour se rendre beaucoup plus au sud. C’est devenu une obsession, mais on ne peut pas se permettre d’être ici avec les prix élevés « du logement ». Selon cette personne bien informé, on pourra mieux respirer financièrement dans le sud

Aujourd’hui, nous nous sommes contentés de rouler dans notre super voiture bleue, une Peugeot Rifter. Nous l’avons acquis en format achat-rachat, une formule populaire et moins chère pour les voyages de plus de 30 jours. Nous quittons le camping de « Playa del Marda » vers 11:00. On comprend pourquoi il y a des spectacles jusqu’à un heure du matin, parce que même à 9 heure, tout le monde dort encore. Seules les moitiés de la population mondiale de tourterelles, savamment installé dans l’arbre au-dessus de notre tente, fait quelques jolis bruits dans le camping.

Question, catégorie Camping
Quel bruit peut cacher celui des roucoulements des tourterelles?

Un coup de douze!

Nous roulons sur la route secondaire, à peu près parallèle à l’autoroute, et ceci pour un moment. On y trouve une épicerie, mais également une manière d’éviter les péages. En effet, on est resté surpris de leurs coûts élevés depuis le début de la semaine. Ceci étant dit, les routes sont vraiment agréables à conduire, super sinueuses, et puisque les ronds-points sont d’usage au lieu des arrêts et des lumières de circulations, on a vraiment l’impression de rouler rondement.

L’affaire cependant, c’est que c’est n’est pas viable de rouler sur une route comme celle-ci si on veut descendre assez bas au sud aujourd’hui.

Sur l’autoroute, la journée se passe rondement, sans trop d’anicroches. On arrête faire le plein bouffe dans une épicerie question de remplir notre coffre-fort (glacière). On apprend à vivre avec la cohue des épicerie espagnols.

D’abord, pour nos standards, l’espace est plus qu’exiguë, même pour les grandes épiceries. Également, comme si les locaux étaient comme nous, ils deviennent fous avec les heures d’ouverture. S’il voit les lumières allumées dans l’épicerie, il se garoche en masse vers les supermarchés. Nous on est encore à s’habituer aux horaires, et on en perd la boule. Notre manière de gérer; toujours avoir trop de bouffe en main.

Règle 1
T’a besoin d’un déjeuner? Eux, ils ne déjeunent pas, rappelle-toi, ils se couchent à 1AM. Toi, vu que t’es une merde canadienne, t’a faim à 7:30. Mangent une napkin avec du sable, parce que l’épicerie ouvre au minimum à 10 heure.

Règle 2
Si tu penses que tu comprends quelques choses à leurs horaires, tu vie dans un monde parallèle. C’est la maison des fous. Dans une grande épicerie visitée deux fois, elle est soudainement fermée à 12:15.  Je suis certain qu’ils ouvrent et ferment, juste pour nous observer, perplexe, devant l’épicerie à se gratter la tête jusqu’au sang.  

Je ne comprends rien, ce n’est pas l’heure du petit-déjeuner?

Règle 3
Attention, celle-là est difficile. Le Dimanche s’est fermé, sauf si ce n’est pas fermé. Assume que c’est fermé, mais c’est peut-être ouvert faque allez-y pareil. Si c’est ouvert, assure-toi que c’est vraiment ouvert, parce que quand ce n’est pas ouvert c’est ce qu’on appelle, en jargon d’épicier professionnel, être fermé.

Règle 4
Les règles ils s’en sacrent. On est en Espagne, est c’est pour ça qu’on aime ça.

De retour à notre camping, où nous avons loué un petit chalet, les premières impressions sont déstabilisantes.  D’abord, la zone près du camping de la Paz, est désertiques, et pour créer des environnement semi-luxuriant, on créer des parcelles de terrains complètements aménagés, clôturés, généralement circonscrit d’hautes haies. C’est leur manière à eux de te faire vivre dans un monde imaginaire. D’ailleurs chaque parcelle de terrain est littéralement couverte de bâche grillagés verte pour créer de l’ombre, pas seulement au-dessus, mais tout autour. Sans celle-ci, pas de confort, juste du gros soleil qui t’arrache la face.

Ce qui est encore plus bucolique, c’est que le Camping la Paz est extraordinairement bien situé, à la sortie d’une autoroute. La touche magique, juste à l’avant, est un immense stationnement de truck stop, ou s’harmonise gracieusement le subtil ballet des semi-remorques, la poussière soufflée sur le bitume chauds, et l’odeur vivifiante d’un container à déchet en pleine explosion de vie sous les chauds rayons du soleil.

Notre petite villa, elle, a bien besoin d’amours, parce qu’elle a été construite en 1967, et tient encore debout par la seule force des couches successives de peinture appliquée pour lui redonner un semblant d’air de jeunesse.  En ce moment, on est vraiment content, parce qu’on moins, il y a des lits, et pas n’importe quels lits, ceux des surplus d’entrepôt du Emmaüs. 

Description d’un matelas du surplus d’entrepôt du d’Emmaüs (Service d’entraide)

Étape 1
Un gentil citoyen constate, qu’après ses vacances, son chat est mort, en pleine été sur son matelas. Il n’y a qu’une petite tache odorante autour du chat maintenant soudé au tissues. Pourquoi jeter quelques choses de presque neuf? Donnons-le aux pauvres!

Étape 2
Emmaüs, le place dans son entrepôt, attendant le bon acheteur. Une famille de rat s’y installe, et bientôt, une ville entière y fourmille.

Étape 3
Constatant qu’une Metropolis existe à l’intérieur du matelas, les employés du Emmaüs le positionne juste en dessous d’une fuite d’eau dans le toit de l’entrepôt, qui finisse par noyer toute la faune à l’intérieur.

Étape 4
Étant tout trempe et légèrement odorant, le matelas est disposé sur le trottoir durant la canicule d’été. Il sèche suffisamment pour que les itinérants y dorment quelques nuits, après quoi, le fameux matelas est placé en liquidations.

Étape 5
Le Camping La Paz, l’achète, l’amène dans le chalet, y dissimule les quelques imperfections avec un jolie draps repêché de la rivière après un déversement de l’usine d’équarrissage. Eh, voilà!

C’est sur ça qu’on dort.

Je vous fais visiter dans ce joyeux petit vidéo. Attention à vos oreilles, le plancher craque suffisamment pour faire une faille spatio-temporelle.

Hasta la Vista folks!

Dormir dans l’auto, une idée de génie ;(

16 Août

Comme un bon film de Tarantino, je vais commencer par la fin de notre journée, entre autres parce que c’est ce qu’il y a de plus cocasse à raconter. Je serais prêt à gager, que si je m’en tenais aux simples descriptions du voyage, vous préfériez faire du « binge watching » de Terre Humaine à Art TV, au lieu de lire notre blog.

On va donc, agir comme les gens en manque d’attention que nous sommes, et vous raconter notre expérience d’adaptation à la vie espagnol.

Aujourd’hui, nous sommes pathétiquement mésadaptés. On se trouve dans la zone côtière qui s’appelle la Costa Daurada. Selon l’information obtenue, la moitié de l’Europe descend ici durant le mois d’août pour profiter des plages et de l’eau chaude de la méditerranée. En tout cas, sur le terrain, si ce n’est pas la haute saison, on se demande ce que ce serait. Les plages sont pleines, on croise beaucoup, beaucoup de français, et dans ses circonstances, se trouver un endroit à coucher tient du miracle. Ce serait facile si on acceptait de payer entre 250$ et 400$ la nuit.

J’ai cependant une chose à dire là-dessus; Ils peuvent bien manger un char, pour être poli. Donc, nous voilà sans options vraiment intéressantes. C’est ce qui nous amène à la fin de l’histoire.

Il est minuit; nous sommes couchés dans nos tentes, enfin, Annik et moi, le sommes. Les enfants, eux, on eut l’idée fabuleuse de dormir dans la voiture. Matelas installé au fonds du coffre et déformé par la bosse du banc arrière, courant d’air inexistant et chaleur accablante. Pourquoi se taper le montage d’une tente quand on peut profiter de conditions aussi propices à la vie.

D’ailleur, j’observe la scène et j’en conclu que le bouillon de culture que les scientifiques décrivent comme l’endroit où la vie aurait pu apparaître, devait être en fait un char bleu sur la Costa Dorada.

Pour le moment, ce n’est pas la teneur de nos propos, mais pas d’inquiétude on reviendra sur le sujet. La chose intéressante à cette heure tardive est que le tenancier du camping a trouvé parfaitement adéquat d’offrir une prestation musicale, bien sonorisé, à partir de 11:30 PM.  Nous sommes passablement loin, mais je vous assure qu’il n’avait aucunement l’intention d’accommoder les gens qui veulent dormir.

Hey, il est 11:30, qu’est-ce que vous faites? Vous ne devriez pas être en train de souper?

Quand tu te lèves à 7:00 parce que t’est encore sur le décalage, t’a fait le tour de la région au soleil, rendu à 11:30 PM, t’a comme le goût de dormir.

Mais ça, ils s’en battent pas mal de notre rythme de Québécois. Je me suis fait expliquer qu’à toute fin pratique, ils sont décalés de trois heure avec nous, et ça explique pourquoi des centaines de saisonnier du site trouve absolument normal qu’un band, de marde par ailleurs, joue jusqu’à 1 heure du matin.

En attendant, on sait plus quoi faire, parce qu’en plus d’être couché par terre dans un champs de roche à 90$ la nuit, il fait chaud que le tabarn…. J’aimerais bien enlever mon double toit pour respirer un peu mieux mais je ne peux pas me résoudre à offrir un spectacle gratuit aux personnes âgées de l’autre côté de la rue. En effet, faute d’aération, j’effectue la plus outrageuse des étoiles, et ceci en bobettes trempée de sueur.

Pour la plupart des gens, un demi-bedonnant de 44 ans donnerait la nausée, mais pour une dame de 84 ans, je suis un beau fruit frais à peine abîmé.

Dans les faits, je me cache simplement parce que je suis pudique et que malgré les minuits bien sonnés, les caravanes d’en face sont aussi bien éclairé qu’un terrain de baseball en pleine nuit.

Ohhh misère; il fait clair, il y a une band qui joue les meilleurs succès de Tina Turner dans la nuit, et nos corps de mi-quarantaine se demande si on est encore fait pour les dodos au sol.

Voilà que l’ingrédient « ados idiots » se rajoute à la recette.  Déjà, à minuit, on sent que leur plan de marde consistant à dormir dans le char commence déjà à tomber. Il y a une règle universelle. Si tes parents d’indiquent que ton plan est merdeux au point où il préfèrerait d’échanger contre une douzaine de pizza pochette au guacamole, ou un autographe de Jean-Charest sur un gilet de loup en 3D, tu devrais savoir que c’est le temps d’abandonner.

Vous savez que ça ne marche pas comme ça. Ils veulent coucher dans l’auto, va falloir les laisser faire.

Voici la scène; les enfants ont installé la tente sur le dessus de la voiture, aligné ses moustiquaires devant les fenêtres des portes et « tapé » le tout sur le char. On a l’air d’une caravane de gitan, mais bon. Les moustiques ne peuvent pas entrer, mais l’air non plus. Il fait tellement chaud dans l’auto que même des bactéries thermophiles s’exclamerait :

Y fait un chaud un ti-peu. Partirais-tu la clim?

Je fini par leur suggérer s’ouvrir les deux portes coulissantes.  Ça semblait une bonne idée à l’exception du facteur Mika.

En effet, il est réputé mondialement pour son attractivité aux moustiques. Même Annik, qui est championne canadienne, n’arrive pas à la cheville de Mika. L’éradication de la malaria en Afrique tient probablement simplement à sa présence sur le continent; un vrai aimant à maringouin.

On finit par s’endormir vers 1 et quart.  Vers 4 heure, Mika est sur le bord de la crise de nerfs. Pendant qu’Océanne est abandonné par les moustiques, Mika se fait dévorer, et comme il fait chaud comme sur la surface du soleil, il est dans son plus simple apparat. Il capote en tout cas, et il a décidé qu’il ne pouvait plus dormir dans ses conditions, donc nous non plus.

Patrick l’avait prévu; il devra se lever cette nuit pour monter la deuxième tente; Ahhhh, douce vengeance, c’est à notre tour de vous montrer qu’on est décalé de 3 heures cher espagnols! On donne une dose massive de Benadryl à Mika et l’envoie se coucher.

Avant toutes ses péripéties, la journée fut très agréable. Nous avons quitté Mou de Gaïa au matin. Juste l’autre côté de la vallée, où notre appartement était, ont avait aperçu un château couvert de lumière dans la nuit. C’est intrigant, on s’y rend donc dès le départ, et ceci sans aucunes attentes. On y retrouve une forteresse/château transformé en ce qui semble un cimetière.  On arpente le site empli de cactus en fleur, d’arbre à pommes grenade et de figuiers.  D’ici la vue est superbe, et encore mieux, nous avons l’impression de découvrir un trésor par pur hasard. Pour moi, c’est ce qu’il y a d’extraordinaire en Europe, le moindre petit village a son petit bijou.

On fait un autre arrêt plage à Tarragone, où on pogne notre premier coup de soleil. (Lire Patrick pogne sont premier coup de soleil; l’homme à la peau plus blanche que la transparence elle-même)

La ville de Tarragone est très jolie et à, près de la mer, elle abrite un colisée romain. Ce qui est drôle avec ces ruines, c’est qu’il on construit l’équivalent des appartement Bardy dans St-Pie X juste à côté. Ça jure en viarge!

Je parierais que les archéologues du futur, à la découverte de ruines de tours Bardy, version tarragonaise, vont s’assurer de jamais en parler à personne.  Mais ne vous en faites pas, on laisse nos traces suffisamment partout pour que personne ne puisse ignorer notre passage… à moins bien sûr qu’il n’y plus personne pour le voir.

Tarragone

Un char neuf au départ de Barcelone

15 août 2019

Constat alarmant au jour 2: Ça coûte cher en viarge icitte. Pas qu’on soit à plaindre, mais voyager en Europe, en plein saison haute touristique, équipé de notre puissant dollar canadien, ce n’est pas la joie.

Notre stratégie était simple avant de partir. Louer un véhicule pour visiter Espagne et Portugal en évitant les zones touristiques durant la période de pointe. De plus, on a amené avec nous tout le matériel de camping pour essayer de minimiser les dépenses. Pour le moment, c’est un monumental « FAIL ». Imaginez-vous qu’ici, en haute saison, payer 90 Euro (140$), vous permet de coucher…dans votre tente. Les avantages sont cependant nombreux. On vous permet d’utiliser un site équipé…d’absolument rien.

Je rappelle les faits pour ceux qui ignore les arrangements typiques d’un camping européen: Un terrain généralement droit en p’tite roches, pas de tables et donc pas de chaises. Si vous voulez l’électricité il faut payer un extra d’environ 7$/nuit pour charger vos cellulaires, À ce prix-là Hydro Québec nationaliserait ça c’est garantie. Quand vous êtes chanceux, vous aurez du papier toilette et de l’eau chaude pour faire votre vaisselle (rien de garantie dans ces deux cas). Finalement, bien souvent, on vous demandera à vous stationner à l’extérieur du site, situé à l’abord d’un container de vidange et/ou dans le stationnement du propriétaire du camping, dans la ville voisine.

Vous comprendrez, que pour 140$, et avec ce niveau de service on a le goût de pogner les nerfs.

En 2014, on n’avait jamais élucidé les raisons derrière l’absence de table sur les terrains de camping. C’est pas mal la base selon nous.

Il s’avère que les enjeux autour de la question ont des ramifications d’une telle profondeur que la stabilité géopolitique mondiale est en jeux. Vous vous dites surement que j’exagère et que ce sont des inventions. Si c’est le cas, vous avez raisons.  Je suis pas l’ostic de New York Times moi!

Tout commence par une séance de magasinage. L’objectif est de trouver l’équivalent du bon vieux Coleman, version Europe.

Nous voilà donc au Décathlon. Moi j’appelle ça un magasin de sport pour les gros. Je ne sais pas pourquoi, mais il y a un « vibe » ici qui joue sur la culpabilité et sur l’espoir d’être en « shape ».

Quoi? T’a pas encore ton harnais d’escalade?

Ça doit être pour ça que t’es gros. ll te manque juste ça pour avoir ta nouvelle vie d’athlète qui peut s’agripper aux parois d’une montagne à la seule force de ses aisselles.

Inévitablement, tu achètes l’affaire, la sacre dans ta garde-robe, et recommence avec un kayak, ou un vélo à 4,000$ ou autre chose.  Tout ça pour dire que ce n’est pas mon genre de place. Pour le moi le mot cardio veux dire manger sans suer, faque les équipement de sport, c’est pas mon affaire.

Eh bro! Mon VO2Max est écœurant. J’ai mangé c’est deux boîtes de Joe Louis et je ne sue même pas de la raie.

Chez nous, une glacière c’est minimum 450 pieds carrée, pis si t’es pas un looser, il a deux étages dedans. En plus, quand t’a payé 100$, c’est de la bombe.

Pour faire simple, ÇA N’EXISTE PAS ICI!

36 litres, pour eux, c’est gigantesque. Pas rien que ça, si tu penses avoir une affaire en plastique à l’épreuve des balles, oublie ça. Un Coleman espagnol de qualité, c’est une affaire que tu gonfle.  Vous avez bien lu. GONFLABLE!

Moi le cave, j’essaie de le gonfler dans le stationnement, pour m’apercevoir qu’il est autogonflant. Si tu souffle dedans, le seul résultat que tu auras, c’est des gens pointant dans ta direction en croyant que tu faire l’amour à un objet inanimé.

Quand t’achète un Coleman en Espagne, il ne vient pas avec toutes les options…ohhhh que non! Imagine-toi donc que tu ne peux pas mettre de glace dedans, il n’est pas étanche !! QUOIIiiiiiiiii? Ça sert à quoi? Une valise à jambes de bois? Un rangement pour ta prochaine bouffée d’air dans l’espace? Je comprends pas.

Pas d’inquiétude par contre, Il appert que pour profiter des bienfaits d’un Coleman performant, il faut que tu achètes l’option à 15 Euro, qui consiste en un sac étanche que tu places à l’intérieur de fameux contenant, qui sans l’option sert crissement à rien. Va falloir faire avec.On dépense le fameux 100$, pour ce que Coors Light te donne gratuitement dans une caisse de bière à Québec.

Ça nous amène à la fameuse question de tables a picnic et de leur impact sur les événements mondiaux. La réponse est là, dans les premières rangés du magasin.

La fameuse première rangé. Il y a des tables pliantes en quantité! Donc tout le monde achète et traîne ses tables jusqu’au camping. Haaaa, c’est logique.

Ce qui est frappant, c’est qu’il y a un assortiment de tables suffisant pour garder le tier des usine chinoise ouverte. Des petite, des grosse, des hautes, des basses, « des couloré », certaines en L, d’autres avec des tiroirs, et la liste continue. Si les campings d’Europe commençaient à fournir des tables directement sur les sites, l’équilibre géopolitique serait en jeu. Imaginez le tier de la Chine sans emploi, le gouvernement aurait une révolution sur les bras.

Ma conclusion est simple. La démocratie en Chine tient aux seules actions des propriétaires de camping. Malheureusement, ils sont contrôlés par le lobby de la table à picnic. Le conglomérat des clips de nappes et le cartel « des petits blés d’inde en plastique pour pas se bruler les mains sur un mais » sont également derrière ça. Tous ses groupes sont des marionnettes du gouvernement chinois. La preuve; Avez-vous déjà remarquer la présence ce chaise et de tables en Chine? C’est ti pas une drôle de coïncidence?   J’appelle à la mobilisation de gens que crois que la terre est plate. Les tables à picnic, c’est ça la vraie conspiration!

Donc, comme on est du bon monde mais préfère notre confort aux droits fondamentaux du reste du monde, on va s’acheter une table pliante.

Nous voilà finalement sur la route, vers le sud du pays. L’autoroute est superbe. Des tunnels dans les montagnes, de l’asphalte impeccable. Wow. Le paysage est magnifique. On verse une petite larme de bonheur, tant d’attentes et de sacrifices pour ce moment.

Les autoroutes sont nickel mais ça semble se payer avec plus que des beaux sourires. On a roulé 75 km, et on a dû payer 12 Euro, (18$) pour le privilège. Y a fort à parier, qu’avec ses montants, on aurait aussi de bien belles routes, et comme eux peut-être bien, TGV, tramways, train de banlieue et métro.  À moins, bien sûr, que le truc ce soit d’être un « pays pauvre » des l’Union Européenne, et de profiter de ses largesses? Je laisse les experts trancher.

Comme tout est une question de prix, nous avons décider de prendre le AirBnB le moins chère de la région, littéralement. (88$ Can) C’est un peu loin, mais honnêtement on n’a pas le choix. On se retrouve à Pou de Gaia, une petite ville perchée sur une colline, comme bien d’autre en Espagne

L’endroit et à la fois, bizarre et fascinant. C’est un peu le choc. C’est une maison à 3 étages fait de pierre. Tout est croche. Même le mot croche veut pas être croche comme ça.  Dans le hall d’entrée, au sol, il y a quatre sortes de céramique, des trous dans les murs de pierre, des portes en bois probablement fabriqué avant la découverte de l’Amérique. La place est vraiment bordélique, mais l’endroit a un charme fou.  Une affaire impossible à imaginer et même à décrire. Il y a des pièces lugubres partout, le plancher, les murs, les structures de toit semblent littéralement tombées des pages d’un livre de Dungeon Dragon. Nous on adore, même si les lits sont un des premier modèle Matelas Dauphin, à 132 blocs des bétons ensachés.

Le confort total pour l’homme mort.

Nous avons fait une petite visite vidéo qu’on postera dans les prochains jours, vous pourrez constater par vous-même.

On y laisse nos affaires, et le gang a un goût de plage. Pas besoin d’être compliqué avec une voiture. On roule vers la direction générale de la Méditerranée et y trouve un super bord de mer. Le sable n’a absolument rien à envier à celui de Cuba. La plage est bondée, et bien des gens, même dans cet endroit passablement perdu, vienne de partout en Europe, particulièrement la France. L’eau est chaude. Nous y pensons quelques heures avant de se diriger vers Tarragone, un endroit réputé pour son Amphithéâtre romain, un des plus âgée de la région, et donnant directement sur la Méditerranée.

En se dirigeant en ville on s’aperçoit que notre planification de souper vos pas de la « shnoute ». On a une grosse omelette à faire cuire sur nos deux réchauds de camping. On ne va quand même pas se stationner en peine ville, sortir notre table pliante sur la rue, faire cuire l’affaire sur le trottoir, et manger en prétendant que tout est à sa place. En plus, les Espagnols sont des machines de parking en parallèle. Aucune chance d’être aussi performant qu’eux dans ses conditions. Nous sommes dans la vielle ville de Tarragone, il y a un trafic monstre, et en comparaison, nos habilités avec notre voiture est minable.  À la vue d’une voiture entamant un stationnement sur la rue, on crie invariablement.  ÇA NE RENTRE PAS LÀ!  On se sent juste pas capable.

On se rabat donc sur une option plus facile; un terrain vague avec facilité de parking.  Je présenterais l’espace comme un des endroits les plus jolie, après bien sûr, les abords du boulevard Hamel après un refoulement dégout. 

En bref, à force de vouloir éviter de se stationner en parallèle, on a opté pour bien pire. On ouvre le coffre, sort notre attirail : table, chaises plaintes, gamelles, et réchauds. La scène est ludique. Je vous décrit l’endroit.  Anciennement un building devait y être, probablement un grand commerce ou une usine. Le terrain est sur la terre, à l’exception d’un joli petit lac au centre de l’espace. Techniquement c’est un lac mais sont seul affluent est le jus du conteneur qui s’y déverse.  Soyons franc, c’est un très grand étang d’eau stagnante qui put.

Nous, en groupe, on a conclu que c’était un endroit idéal; l’odeur fabuleuse d’un étang de grenouille et l’apport apprécié de hordes de moustiques. On vient-tu tourner un documentaire animalier ou se faire un lunch?

Va falloir faire vite on s’active, fait la bouffe, la mange et garoche les vidanges dans la voiture avec l’espoir d’éviter la fièvre jaune.

Un lunch dans un bidonville de Calculta.

Une journée vraiment super, des heures sur la plage, des rires, et pour finir une petite visite de notre village de montagne en pleine nuit. Notre dernière activité est une chose à faire dans tous les villages que vous visiterez; faire une visite de nuit à la lampe frontal. Ultimement, un village le jour, c’est un peu plate, mais la nuit, ce sont de couloirs lugubres et intrigant, des endroits qui ont une âmes.  Un « must », c’est les cimetières

Savez-vous ce qui arrivera le lendemain de votre visite. Tout le monde saura ce que vous avez fait au village. Après tout vous êtes des « étranges ». Par conséquent, garder donc ça ludique.  Essayer de visiter un cimetière à la lampe frontale de nuit sans se faire remarquer, c’est l’équivalent de faire des « burns » en Trans Am dans une chambre à coucher sans réveiller grand-mère.

Visite de notre maison hantée

Le mystère du Jour; Un fumeur dans les murs à Barcelone

Après cette première loooongue journée de voyage, il fallait tout de même essayer de rester debout jusqu’en soirée question de minimiser les effets du décalage horaire. Après la récupération de notre voiture (oui, oui, pas de vélo en Europe pour nous cette fois-ci), on se dirige vers l’hôtel et tente de faire passer le temps en attendant de goûter aux délicieux plaisir d’un dodo. Dès 18:30 on est hors d’usage, c’est assez! Nous voilà au lit ronflant de bonheur.

En pleine saison touristique, et avec la moitié du monde descendant ici pour ses vacances, trouver un hôtel abordable et pas une mince affaire. La notre est genre dans la 17ieme banlieue et nous coûte la modique sommes de 230$, et ça c’est un « bargain»…

Ce sont en fait deux chambres, une pour les adultes, et une pour les enfants. Avant de vous exclamer; à mort les bourgeois! je vous assure qu’on parle ici de chambres BASIQUES. Deux lits avec draps blancs, petite commode et assez d’espace pour circuler de côté presque partout. Dans les faits, on s’en « contre-calisse » parce qu’on aurait dormi la tête en bas dans un tas de fumier avec le sourire dans l’état où on est.

On se réveille bien vers minuit avec énormément de difficulté à se rendormir, mais la vraie histoire à raconter est une gracieuseté de nos jolis bambins… Je vous rappelle qu’on parle de jeunes de 15 et 17 ans. Garder leur âge en tête à la lecture du prochain segment, parce que, dans le genre tapon préscolaire au peut pas faire pire.

Quatre heure trente, ça cogne à la porte. C’est Océanne. Quand un jeune de 17 ans se lève en pleine nuit pour interpeller ses parents, on s’attend à un cas de force majeur. À la maison, elle nous adresse généralement la parole pour trois raisons; elle à faim et il n’y rien dans le frigidaire, elle a besoin de lift ou du char, ou bien, elle a besoin qu’on lui sorte des drinks sucrés pas buvable pour qu’elle fasse de shot gun avec ses amis…

Elle est donc là, immobile au pied de la porte, la peur dans les yeux.

Ça sent la cigarette dans sa chambre et elle comprend pourquoi. Annik lui demande d’aller se recoucher, c’est probablement seulement un retour d’air, d’une autre chambre. Elle insiste. Cet événement mérite que son père se promène en pleine nuit en bobette entre nos deux chambres. Je ne commencerai pas à m’habiller, il n’y a qu’une porte entre nos deux chambres. En effet j’estime qu’avec une douzaine de chambre sur l’étage, à 4:30 du matin, les chances de je croise quelqu’un est minuscule. Je ne risque rien, c’est certain.

Je mets le pied en dehors du cadre de porte et une chaîne d’évènement cosmique se met en marche. Dans un univers parallèle, une dame pour qui il est 4:30 PM, décide d’aller prendre une bière dans un restaurant. Dans son monde les hommes qui se promène en bobette sont l’ultime geste de raffinement et de classe. Au restaurant, bien assise au bar, un homme s’approche, s’appuie au bar à ces côtés, et lui offre un verre. La femme en se retournant, est frappé d’horreur.  L’homme est en complet cravate, pas la moindre peau à l’horizon.  Quel être ignoble et sans classe. Elle croit rêver.

De retour dans notre univers, une femme, dans son lit, se réveille brusquement dans sa chambre d’hôtel à Barcelone. Il est que 4:30 du matin.  Elle en ignore les raisons, mais une pulsion étrange l’invite à se lever, s’habiller et quitter sa chambre.  En ouvrant la porte elle aperçoit un homme en bobette.

WTF?!? Elle croit rêver… qu’elle être ignoble et sans classe.

Eh ben!!!…  Qu’est-ce tu veux, ça ne sera pas la première de déçu!  Je presse le pas et entre dans la chambre.

Ça sent à peine la cigarette, mais tentons de désamorcer la crise.

Qu’est-ce qui mérite mon intervention urgente exactement?

Mika et Océanne, m’explique le plus sérieusement du monde, que puisqu’il ne trouve pas la source de l’odeur, une seule explication est possible. Un homme se cache dans les murs de la chambre pour fumer…

WHAT??!??  Ça c’est l’explication la plus logique que vous avez trouvé ????!??

Mika m’explique enfin qu’il a vu une légende sur internet ou un homme constatait que des choses bougeait dans la journée. Le soir venu, il y avait une odeur de cigarette qui venait et partait dans son appartement. Après recherche il s’aperçut que quelqu’un se cachait dans les murs de la maison et les observait. Wow, c’est crédible! Pas dans une pièce cachée, mais dans les murs directement…

Nous y voilà. Patrick tasse le rideau, trouve la fenêtre entre-ouverte et statue qu’un gars fumait probablement par la fenêtre de la chambre voisine. Tabarn… ça prend tout un Sherlock pour trouver ça! À ce moment-là, je m’effondre en larme! J’ai perdu presque 15 ans de ma vie à élever deux chimpanzés avec le quotient d’une cuillère à cantaloup. Ils n’iront jamais à l’université, c’est garantie.

Ben non…. Je pas pleuré pantoute !!! Je suis partie à rire et je me suis foutu sévèrement de leur gueule. AU SECOURS!

Sacrament! Il s’on venu nous réveiller pour ça. Enfin, je retourne me coucher en me disant que même si jamais je dormais toute la journée j’aurais tout de même une bonne histoire à raconter.

Au levé, on déjeune dans le lobby de l’hôtel à grand coup de pain et de confiture. On questionne les enfants s’il serait en accord pour quitter Barcelone sans la visiter à nouveau. Comme la ville est actuellement hors de prix, que nous devions la quitter une fois reposé, la question se pose.

Comme vous avez déjà visiter Barcelone, ça vous dérange de quitter maintenant?

Nous voilà foudroyé par la surprise. Il ne se souvienne de rien les petits bâtards!

Prenons une pause pour un moment, et ramenons-nous en 2014. Avant de quitter, presqu’unanimement, nos amis et membres de la famille nous ont lancé des phrases du genre;

C’est tellement extraordinaire, ils vont s’en rappeler toute leur vie.

Vous leur offrez une chance fabuleuse d’apprendre à tas de chose

Vous savez ce qu’ils ont appris? Sweet fuck all!

Savez ce qu’il se souvienne? Je leur ai demandé. Voici les souvenir vifs et impérissables relaté par Mika.

On a acheté du melon au restaurant et c’était super cher,

ON AURAIT DÛ RESTER CHEZ NOUS; ÇA AURAIT ÉTÉ PLUS SIMPLE!

Alors pour ceux qui pense qu’il offre à leurs enfants en bas âge, des souvenir à chérir pour des décennies, vous rêvez. Ce qui reste est probablement à l’intérieur et beaucoup plus subtils que se rappeler de choses bien précises. Faite le donc parce que c’est l’fun, et parce que vous pouvez le faire.

Donc, si vous avez encore les yeux ouverts après tant de lecture, on a fini par faire quelques choses qui ressemble à une visite aujourd’hui. D’abord puisque les enfants se rappelle autant de la première visite que du jour le film Mac et moi est sortie, nous décidons de faire une petite sauvette à Barcelone.

J’ai de superbe souvenir de ma première visite de la Sagrada Família, la cathédrale « grotique » de Gaudi. Je suis un fan de la folie de ce gars-là. Sa construction a commencé en 1890 et elle devrait être complété en 2026. En 5 ans, depuis notre dernière visite, plusieurs section, flèches et détails ont été rajouté. Je suis excité à l’idée de la revoir avec ses ajouts.

Le système de transport à Barcelone est top. On prend le train de banlieue qui croise éventuellement le métro. Un peu plus de 45 minutes plus tard, on re-émerge des tunnels sous-terrain à la droite de l’immense bâtiment. Dans l’intervalle, plusieurs parties on pris de l’ampleur. L’espace l’entourant est saturé de visiteur. Deux parcs, également empli de monde, fond face au deux façades principales de la cathédrale; celle du début du siècle construit par Gaudi lui-même a les allures d’un gros gâteau en train de fondre, surmonté d’un grand conifère. Le concept peut seulement venir d’un champignon magique sur le LSD; c’est à ce point malade! L’autre façade est ma préférée, plus cubique, avec de relents « picassotiens ». On déambule, prends des photos et dit au revoir à la cathédrale. J’aimerais y revenir en 2026 quand la tour gigantesque centrale sera terminé.

Pour la suite, puisque rien n’est à l’horaire, on descend vers la plage en partant des hauteurs de Barcelone. On marche longuement, mange thon en canne, pain et pâté sans le moindre ustensile dans un des nombreux parcs qui autour de la ville.

En chemin on retrouve des endroits visité la dernière fois… ce qui, surprise, ne rappelle rien à Mika.

Nous voilà à la plage. Il est 16 heures. Elle est bondée. La mer est chaude mais nous n’avons rien pour nous y baigné. Au centre de la plage, en ligne avec une des nombreuse digue brise-vague on visite « Doucheland » Barcelone style. Un immense terrain de jeux pour gros bras et 6 packs surdéveloppé s’offre à nous. L’endroit idéal pour un traitement choc dans la destruction de l’estime de soi. Pendant que je me vide le nombril de son sable, des gars fond des pompes sur une main et rampant du fromage avec leur abdos.

Il y a de quoi se motiver à faire de l’exerciez. Résolution prise; on se met en « shape »

Maintenant à l’ombre, une bière fraîche à la main. On raffine notre résolution : fuck l’exercice!

La journée s’achève et Océanne fait office de guide pour nous ramener à la maison. Elle nous guide de station en station, mais malgré d’énormes efforts, comprendre les connexions avec les trains de banlieue est incroyablement compliqué. Nous prendrons près d’une heure trente pour revenir.  Une première journée de voyage, heureux de se retrouver en famille

C’est un départ! Suivez-nous à nouveau!

11 Août 2019

Notre blog, Vélopoilu.com se réveille après une longue dormance. Les derniers visiteurs étaient probablement des gens cherchant autre chose qu’un blog de voyage… avec un nom comme ça, est-ce qu’on peut leur en vouloir?

Parce qu’on n’a pas trouvé de nouveau nom pertinent, on va en rester là pour le moment.  En fait, c’est de la fausse représentation, parce que dans les faits, il n’y pas de vélo de prévu à l’horaire. J’étais simplement trop paresseux pour remonter un nouveau site.

C’est quoi notre affaire cette fois-ci?

5 ans et des poussières plus tard, on refait le trip de notre vie en se donnant le défi de faire le tour du globe dans la prochaine année. Ça ne veut pas dire visiter deux cent pays, je vous rassure. C’est seulement l’idée folle de faire le tour du globe et d’arrêter où ça nous tente en chemin. Rien de bien plus compliqué que ça vraiment! Pas de « bucket list », juste de la grosse improvisation.

On va donc dépenser tous nos beaux « dollars du Dominion » amassés dans les 5 dernières années et essayer de profiter de la vie.

Océanne aura bientôt 18 ans, et Mika vient de basculer vers ses 15 ans. C’était maintenant ou jamais, parce que ses petites bêtes là, ils vont bientôt vouloir vivre leur vie d’adulte et nous placer à l’hospice.

Il faut dire que nos enfants ont des carrières aux trajectoire fulgurantes et que le temps pressait pour nous.

Forte de ses deux ans de caisse au Jean-Coutu et de l’expérience acquise en gestion des stocks de gomme Excel de devant de caisse, Océanne pouvait maintenant aspirer au plus grand poste de la région. On lui a offert de se joindre à l’équipe dynamique du Tigre géant comme préposé au gâteau aux fruits dans le temps de Fêtes. Une surveillance étroite en magasin est nécessaire; c’est tellement en demande le gâteau au fruit. À ce rythme elle aurait atteint les plus hauts sommets dans l’organisation et notre départ en voyage, avec elle, serait devenu impossible.

Mika lui, après ses débuts au McDo, a développé tellement de qualité que sa nomination comme CEO était devenue inévitable. Quand tu manie la poche de concentré de Milkshake avec autant de tendresse, que tes amis t’appelle le « boulette lover » et que tu exhume une délicieuse odeur de fond friteuse en tout temps, tu mérites le poste. Encore là, il était temps de partir, sinon sa carrière se serait emballée.

Il fallait le faire cette année, et c’est pourquoi nous voilà de nouveau sur la route.

Nous sommes heureux, Annik et moi, d’avoir le privilège de partir avec nos deux enfants. C’est une période de leur vie, où il n’est généralement pas normal de passer tout son temps avec ses parents. On sait que, malgré tout, c’est un gros sacrifice pour eux. C’est comme si, peu importe où ils sont, ils manqueront quelque chose d’intéressant. On les comprend, mais on est content de les avoir avec nous pour l’année.

Notre voyage débute en Espagne, et nous avons l’intention de rester en Europe pour une cinquantaine de jours. Pour le moment, la seule chose qu’on sait, c’est qu’on dort à Barcelone la première nuit. Le lendemain on prend la route vers l’inconnu. C’est vraiment excitant!

En attendant que tout ça commence, on s’est tapé une journée assez éprouvante. Ce texte prend forme au moment où on vient de passer 24 heures debout, et survol ce quoi croit être le Portugal. Nos deux vols ont eu du retard et venons de passer 8 heures à tenter de dormir dans l’équivalent de l’espace disponible dans le coffre à gants d’une Smart. À ça, je rajoute l’odeur. Ce n’est peut-être pas une évidence, mais des gens endormis, ça dégonfle…et il faut croire que ça ne les réveille pas. Nos deux voisins d’en face arrivaient directement d’une compétition internationale de mangeur de Burritos, c’est évident.

Au moment de conclure ceci, nous descendons vers Barcelone. Nous sommes heureux de vous retrouver et avons hâte de partager nos aventures de voyage avec vous. Suivez-nous encore cette fois et on vous promet des textes plus inspirés que cette merde écrite sans le sommeil nécessaire.

Ciao!

 

Jour 134 – La caissière veut notre peau

Sutivan, Croatie – 11 Septembre 2014

Au levé, on s’aperçoit assez vite que voyager aujourd’hui serait très désagréable. Il y a de forts orages, et au court des prochaines heures, elles s’arrêteront et reprendrons de plus belle, tel une horloge. On se consulte, et décide que le plan de cette journée consistera… à ne pas avoir de plans. On confirme l’appartement pour une autre journée, qui à bien des égards, est moins cher que la plupart des campings qu’on a loué durant notre voyage. Pourquoi s’en passer?

Aucun sens comme journée de pogne beigne. On ne sortira que deux fois pour aller chercher de la bouffe à l’épicerie. Pour le reste Patrick lira toute la journée, les enfants jouerons ensemble, se chicanerons et alternerons entre les deux. (Honnêtement ils ont bien fait ça!). Annik, elle,  joue à Candy Crush et attend de nouvelles vies… Du délire.

En soirée lors de notre deuxième sortie de la journée, on tente de se « timer » sur les orages. En fait, l’objectif serait de marcher jusqu’au restaurant entre deux chutes de pluie. On sort et après quelques centaines des mètres, l’orage la plus gigantesque nous tombe dessus. Nous sommes bien dans nos habits de pluie et sous nos parapluies, mais il y a de ses pluies qui mouille autant du bas que du haut. C’est exactement ce qui se passe ici. La ville est évidement sur le bord de la mer, et comme le terrain est très escarpé, chaque route qui y descend est très abrupte. Qu’est-ce que ça fout dans notre histoire? Eh ben, si vous avez une pente vers la mer, vous verrez soudainement apparaître des rivières, ou même littéralement des rapides, déferlé vers vous à une vitesse folle. La pluie tombe avec tant de vigueur que les flots nous attaquent de tous les côtés. Il y a plus d’un pied d’eau au sol, la pluie nous roule dessus. On bref, on s’enligne pour manger au restaurant dans du linge trempé.

Les enfants adorent. Chaque rue, ruelle et chemin est une rivière. Chaque dénivelé, muret devient une cascade ou une chute. On cri, on rit… Après une journée aussi relaxe, on s’imagine que cette pluie nous a été envoyé pour qu’on se rappelle de quelque chose de marquant.

Sous la pluie on se rend au restaurant. Ici ils ont une grande terrasse couverte mais comme ils doivent transiter entre le restaurant et la terrasse sous la pluie, à moins que la pluie ne cesse, le restaurant ne servira aucun repas. Considérant la journée pluvieuse qui vient de passer, il est plus que possible, qu’attendre l’arrêt des averses nous amènera au déjeuner de demain. Allons-nous chercher de la bouffe à l’épicerie avant que ça ferme?

Sur place après une autre marche sous la pluie battante, on arrive à l’épicerie déserte. L’endroit ferme d’ici une heure, et considérant le temps, on y a déjà entrepris le ménage de fin de journée. L’endroit est vide… jusqu’à ce que des monstres mouillés y entre!

On ouvre la porte, et les deux caissières nous regarde avec du feu dans les yeux. Vous n’allez pas entrer tous les quatre ici, et nous saloper la place au complet? On se regarde et demande aux enfants de rester à l’extérieur. Nous on se place sur les deux cartons placés au sol après le seuil. On observe la scène, on se regarde littéralement relâcher un litre d’eau chacun au sol, et tente de décider si on est prêt pour un possible bain de sang…notre sang. Une des caissières a le gabarit parfait pour vous asséner de sauvages coups de caisse enregistreuse.  On préférerait éviter ça.

On a faim, c’est un lieu public, qu’est-ce que tu veux qu’on fasse d’autre?

Sur la pointe des pieds, on commence à marcher dans l’épicerie sous l’œil sévère des deux mégères qui aimerais mieux rouler leur crotte de nez que de venir torcher leur épicerie après nous. On s’avance vers les fruits légumes et tombe face à face avec un autre employé qui passe la machine à nettoyer les plancher, comme dans un effort pour rendre l’endroit propre avant la fermeture. On évite son regard, il évite le nôtre. On se sent trop mal. À chaque pas, on laisse de grosse trace d’eau mouillé, et de moins en moins propre, derrière nous. S’avançant telle des loups, on tente de réduire nos traces au minimum tout en récupérant le maximum d’ingrédients pour faire de délicieux tortillas au poulet. Furtivement, on monte presqu’aux étagères pour éviter les dégâts. D’ici quelque minute, nous serons, ou bien en état d’arrestation ou à l’extérieur de l’épicerie sous la pluie. Les enfants, nous regarde le nez dans la vitre espérant pouvoir embrasser leurs parents une dernière fois avant l’exécution. On se rend à la caisse. L’ambiance est morose, les échange de mots inexistant. Un doigt qui pointe sur le montant de la caisse, un paiement rapide et une course vers la porte où la sécurité nous attends. Nous sommes sauvés, nous mangerons au moins un dernier repas ce soir.

Il ne pleut plus, et on croirait même voir un peu de soleil. Devant nous, l’orage est passé du côté du continent et fait rage sur Split. Il fait si noir là-bas, que la ville semble être en pleine nuit. Au retour, on observe les bouches d’égout soulevé et hors de leur socle.  Mika, sachant qu’il retourne à la maison, tente de mouiller ce qui pourrait lui rester de sec sur le corps. N’empêche, on s’est amusé.

Retour à l’appartement où on retrouve une bonne veillé d’antan. Pas d’internet et pas de télévision. On se couche même avant 9:00… C’est brûlant de rien faire!

Jour 133 – Un zoo de marde!

Sutivan, Croatie – 12 Septembre 2014

On n’a rien à glander aujourd’hui, autre que d’aller se coucher dans un champs de roche sur la plage, donc, on pourrait faire un détour dans le haut de la montage au Sutivan Nature Park.  C’est assez rare qu’on se tape un petit périple sans tout notre matériel et cette fois-ci, puisque nous restons à la petite maison jusqu’à demain, on gravira la montagne jusqu’au zoo, et ceci, sans baguage. 

La journée est chaude ensoleillé.  On enfourche nos vélos et gravit longuement la montagne au nord du village.  On se présente à l’entrée, et n’y trouve aucune voiture, aucune trace de vie.  Le site est ouvert.  On s’y engouffre, chemine le long de petit tracé en roche et longe un bâtiment vitré qui semble le centre d’accueil. 

Hey….. y’a quelqu’un?

Pas de réponse…. On crie à nouveau, fracasse une vitrine, met le feu aux poubelles, invite une fanfare de 420 tubas désaccordés…. rien à faire… il y a pas un chat ici. Bon, c’est sûr que l’endroit manque un peu d’amour, mais, on s’attendrais au moins à voir une grand-mère sur le balcon nous dire d’entrer de de visiter à son aise, mais ça n’arrivera pas. On est là, pourquoi pas visiter, on croisera bien quelqu’un à moment donné.

La première question qui vient l’esprit, c’est pourquoi un zoo à Sutivan? Il y a toujours des limites à vouloir couper ses frais, mais quand t’a personne pour collecter l’argent à l’entrée, c’est pas mal certain que ton sort ne s’améliorera pas. Parce qu’ici, il semble que de la chance il va en falloir pour remonter la pente. La ménagerie d’animaux est un peu limite pour s’appeler un zoo. Le plus exotique est une autruche, pas mal, mais à côté de l’âne, les coqs, les cochons et les chevaux, à moins de tripper sur les clôtures rouillés déconcrissé par terre, ça se peut que tu y trouve pas ton compte.

Quand que ça fait une heure que t’es ici, qu’il n’y a pas un chat, incluant un tenancier de zoo, t’a pas mal fait le tour. On a beau espérer des événement choc du genre; se faire manger les lacets par une chèvre, trouver un enfant de 4 ans du dernier groupe scolaire pogné entre deux bottes de foins, ou simplement avoir du fun, mais y a rien a faire, c’est pas ici que ça se passe.

On remonte sur nos vélos, redescend à Sulivan, bouffe un ananas sur la plage en regardant les enfants se baigner. A simple life, babe, simple life!

Quelques images de Sutivan…. Pas de nous mais quand même.

http://www.otok-brac.info/park_sutivan/

Jour 132 – Un vol de 300$

Départ de SuperTar, Brač, Croatie – 8 Septembre 2014
Arrivé à Sutivan, Brač, Croatie (10 km)

Passons immédiatement au plus sacrant événement de la journée. Annik retire des sous au guichet et pendant qu’on attend que le vélo de Mika soit réparé, on est victime du vol de notre petit sac d’argent qui contenait la rondelette sommes de 300$. 

Comme tout vol, on n’est pas sûr de ce qui s’est passé. A t’ont laissé le sac trop à la vue, est-ce que le monsieur à la location tout proche qui est soudainement très, très sympathique est responsable? On ne le sera jamais. Il faut ravaler et continuer le voyage… Qu’est-ce qu’on peut faire d’autres?

Le vélo de Mika est réparé!  Quelle putain de sacrement de vidange.  Il n’y a pas à dire, on le donnerait à l’Association Mondiale du Vélo Stationnaire, parce que c’est à peu près ce qu’il peut faire de mieux.  Dans tous les cas, le magasin visité a livré la marchandise, mais si on s’était fié aux premières impressions on aurait probablement quitté dans les secondes suivantes…  Vous avez déjà vu des images de côtes dévasté après un tsunami? Ben c’est ça que le commerce à l’air.  Un comptoir plein de vidanges fait avec le restant d’une porte directement repêché d’un naufrage.  Au fond de la pièce, des tonnes de pièces rouillé une par-dessus l’autre formant des tas d’immondices indescriptibles.  Tirez sur n’importe qu’elle des pièces pour en extraire une et il y a fort à parier, que le tout entraîne l’ensemble de l’immeuble dans un crash monumental.  Comme la patience de Patrick à l’égard de ce vélo est abyssal, il serait prêt à vendre un rein plutôt que d’avoir à essayer de réparer cette vidange une autre fois.

On se dirige vers le prochain village, lui aussi sur la mer, à environ 10km.  Rien pour faire brailler personne.  Il y a un petit camping près du centre-ville, qui s’avère être en fait une maison avec un terrain à l’avant sur lequel un pomme-grenadier se dresse et en dessous duquel quelques tentes peuvent être installé.  Un peu l’équivalent d’aller dormir chez un inconnu sur son terrain de banlieue.  

On entre à l’intérieur pour questionner sur les tarifs, et se fait proposer de dormir sous le pomme-grenadier pour le prix d’un kilo de platine. Quelqu’un trouve son terrain un peu vide, et cherche à payer son hypothèque des 3 prochaines années avec des pauvres petit canadiens.  Il y a une chose qu’elle ignore cependant, c’est qu’en l’attendant dans le lobby, on avait pris connaissance des prix d’appartement, également sur ce terrain.  Il s’avère que qu’une de celle-ci, avec deux chambres, coûte 4 fois moins qu’un terrain en garnotte; bizarre n’est-ce pas?  Quelle sensation agréable d’avoir une longueur d’avance.  On vous assure que l’inconfort était assez monumental au moment d’expliquer son système tarifaire byzantin. Devant les faits, nous voilà maintenant locataire d’une petite maison, super bien, pour un prix plus que raisonnable, et ceci pour les deux prochaines nuit.

Nous décidons de visiter le village.  Un grand mur de pierre longe la côte.  L’endroit est très peu fréquenté.  Sur la route, un groupe d’homme joue aux pétanques géantes. On échange quelque mot, et conclu que parce que c’est gros, ce n’est pas nécessairement plus l’fun. (No, no, don’t go there…)  Sur la plage, encore plein de galets, nous passons quelques heures à jouer dans l’eau pour finalement profiter de l’extérieur autour d’une bonne bouffe dans notre petite maison de Croatie.

Jour 130 – Pour l’île de Brac

SuperTar Croatie, 7 Septembre 2014

Ce matin on quitte notre appartement. Les propriétaires arrivent vers 10:00 et nous force, un peu malgré eux, à accélérer pour quitter. La dame parle un peu l’anglais, mais son mari ne connaît presque rien de cette langue. Malgré tout, ils sont super sympathiques et nous remettent une bouteille de leur liqueur d’amande maison et nous aide à descendre nos bagages jusqu’à la rue. Ça aurait été très agréable de pouvoir discuter plus longuement avec eux, mais nos limitations mutuelles nous en empêches.

On sait qu’on quittera pour l’Ile de Brac aujourd’hui, mais d’abord, nous devons faire quelques emplettes qui finissent par prendre quelque heures. On s’achète une nouvelle caméra qui est bien moins bonne que notre ancienne, mais considérant que tous les bidules électroniques coûtent le double du Canada, on devra se comptenter. Ce qui tourne un peu mal pour nous est que notre internet vient de lâcher et malgré de nombreux efforts, à moins de trouver un magasin T-Mobile, nous sommes sans internet. C’est toujours un peu plus compliqué pour nous,

Sur le traversier, après une bonne bouffe dans un fastfood au nom de notre famille (Burger POMA – Patrick, Océanne, Mika et Annik), on se retrouve sur le bateau pour une traversé de moins d’une heure sur l’île la plus proche. Pourquoi cette île? Deux raisons; le traversier accepte les vélos et on en dit, malgré sa proximité, qu’elle est la moins visité des trois îles à proximité..

À l’approche de l’île, Mika avec ses yeux de lynx, a bien vite pu remarquer la présence de jeux gonflables flottant et de glissades. C’est garantie qu’on va là, et pas demain si on s’en tient au disque qui saute (Mika qui répète la même chose tout le temps) Parce qu’on a rien de mieux à faire et qu’il est encore raisonnablement tôt, on s’y rend dès notre arrivée et profite un peu de la plage avant de revenir au port pour tenter de trouver un endroit pour dormir.

À l’Office de tourisme, la gentille jeune femme appelle le propriétaire d’un appartement qui se présente à nous à l’intérieur de 10 minutes. On roule a vélo derrière lui et arrive à cette superbe maison blanche où nous pouvons louer une des appartement pour 50€ par jour (370 Kuna). On le prendras pour deux jours. Ça nous donnera le temps de relaxer et de décider de la suite.

Retour à la plage, qui est un tapis de galet plus ou moins rond, on s’assoit par terre pour éviter d’avoir à payer l’utilisation de chaise. Ici, nous l’apprenons lentement, on peut vous fournir une chaise et un parasol moyennant une petite somme d’argent (Environ 10$ par jour). L’émiettement avec ce système, c’est qu’il sont loin d’avoir un système progressif car si vous voulez louer le kit pour une heure ou pour 10 c’est le mêmé prix. Ça mène invariablement à la même discussion préposé/client où le dernier tente de convaincre qu’il ne restera qu’une heure, qu’il a les fesses propres et qu’il ne collera pas sa gomme sous la chaise. Dans ses conditions, pourquoi doit-il payer le plein prix? Même si le préposé ne parle pas anglais, la scène est si fréquente qu’il peut apprendre un texte typique et être parfaitement fonctionnel.

Les enfants profitent de l’eau pendant que les parents tentent de trouver une position qui leur permettra de ne pas repartir avec des plaies profondes dans le derrière. Les roches sont superbement blanches mais elles sont aussi piquantes, et comme on a été trop « cheap » pour se payer des chaises, on a qu’à souffrir maintenant. Si vous jetez un coup d’œil sur la petite foule peuplant la plage, vous pouvez immédiatement identifier qui vient d’arriver. C’est simple; les épais comme nous n’ont pas encore de souliers d’eau. On a tous l’air de débiles légers essayant de marcher dans la roche les pieds nus. Par exemple, à la sortie de l’eau, au moment où vous passer de l’apesanteur au monde de la gravité terrestre, il y a cette seconde où vos pieds touchent le sol et vous relèvent en position debout. Si vous êtes sur une plage de sable, vous pouvez vous relever avec grâce, pectoraux vers le ciel et le sourire au lèvre. Dans le cas de la plage plein de cailloux de l’endroit, votre posture n’aura rien de grandiose en tentant de trouver « le spot » qui vous transpercera pas les pieds, ça c’est si vous ne tomber pas simplement sur le lit de fakir près à vous accueillir; à mettre sur la « to do list », acheter des souliers d’eau.

De toute façon, on se baignera pas aujourd’hui. On se sent pas suffisamment courageux pour entrer dans de l’eau qui, sans être congelé, est tout de même assez fraîche.

Ce soir, on décide d’aller profiter de la vue qui nous est offert et d’aller manger au port, espérons le, de la bonne bouffe croate. On s’assoit, et devant nous se trouve le port avec ses innombrables bateaux, la mer et en arrière plan, les montagnes derrière leur voile nuageux de fin de journée. Le soleil est sur sa descente et ses rayons colorent les nuages devant nous. Comment ne pas être heureux?

Dans le port, il nous apparaît qu’un des gros joueurs dans la location de bateau s’appelle Robert, On rigole parce que ce génie du marketing à concocté un fabuleux slogan : Rent a Robert. Ça veut dire quoi? On craint une façade pour un un club d’escorte mâle. (Aller maintenant expliquer cette ligne à vos enfants)

La bouffe est mangeable, mais loin de nos espérances de dépaysement. Il semble qu’il faudra quitter Supertar, la principale ville l’île, pour manger quelque chose de moins adapté aux touristes.

On est au anges ici. De retour à « l’appart », on passe une bonne nuit de sommeil sous les attaques d’une armada de maringouins voraces. On sait qu’on se répète, mais depuis les débuts, nous n’avons toujours pas vu l’ombre du petit doigt d’un moustiquaire. Voulez-vous en acheter? C’est super simple et efficace!!!

 

Jour 129 – Il n’y aura pas de Grèce!

Split, Croatie – 6 Septembre 2014

On a le morale un peu bas ce matin. Malgré toutes nos recherches on apprend que se rendre en Grèce serait très compliqué et/ou dispendieux et/ou dangereux.

D’abord le danger; les routes côtières de Croatie ont la réputation d’être dangereuse par le nombre de véhicules qui y circulent, leurs largeurs par toujours adéquates mais aussi par les habitudes de conduite. Plusieurs nous ont fait part de leurs craintes pour notre sécurité, particulièrement dans le sud du pays. En effet, la section d’autoroute qui déplace une partie de la circulation vers elle, n’est pas complété dans le sud. Même si on devait réussir à compléter cette section, il faudrait encore passer par l’Albanie, qui est réputée dangereuse. (Pour les touristes). La dangerosité est toujours un peu difficile à évaluer parce que tout le monde à sa propre vision de ce que ça représente. On pense avoir tendance à être capable de prendre un peu plus de risque que bien des gens, particulièrement pour ce qui est de rouler sur des routes plus difficiles…mais tant qu’on ne l’a pas fait, on ne sait pas.

Si on parle de complications, elles sont nombreuses. D’abord, aucun traversier n’existe pour la Grèce à moins de traverser en Italie pour ensuite reprendre le bateau pour le pays de Platon. Combien ça coûterait? Ça reste à voir. Pour ce qui est du train, les informations disponibles nous porte à croire qu’il faudrait fort probablement faire 30 heures de train avec d’innombrables détour à travers la Bosnie, L’Albanie et dieu sait où. Comme ses pays ne sont pas organisés comme en Europe Continental, savoir si nos vélos pourront y trouver place reste à voir. Tout ça ressemble à plusieurs jours stressants et éreintants…pas sûr que ça nous tente!

Ça nous amène aux coûts: Pour la première fois, on a regardé plus sérieusement combien ça coûterait pour revenir de Grèce à la fin octobre…6,000$, sans les extra dé vélos! Il y a de quoi t’enlever le goût d’y aller!

On se donne le droit d’y penser encore, mais à moins de trouver une solution alternative ça commence à sembler de moins à moins probable. N’empêche, on doit arriver à rester dans des endroits où la température est clémente. On est simplement pas équipé pour le froid pour plus de quelques jours.

Ça nous amène à finalement décider d’aller sur l’île de Brac demain. Ça nous donnera quelques jours pour réfléchir à nos options et relaxer. Il faudra peut être encore changer nos plans mais on verra.

On passe la journée sur le bord de la mer. La température n’a pas été aussi belle depuis plus d’un mois et demi. Mika, comme on le connaît, ne peut s’enlever de la tête de retourner dans les jeux gonflables flottants. Quand il a une idée, il l’a pas ailleurs. Pour être honnête, ça peut vous amener aux limites de la folie.

Une journée de repos entre la plage et l’appartement. Des vacances quoi!

Note; La moustache est encore très à la mode ici; si on devait faire un « Movember » ici, il faudrait l’appeler le « Pas-de-pintch-vember » parce que personne ne saurait que vous faites quoi que ce soit de spécial.

Jour 128 – Visite de Split

Split, Croatie – 5 Septembre 2014

La ville de Split nous a déjà beaucoup impressionné hier. N’ayant à ce moment aucun plan de visite, on a plutôt marché un peu à l’aveuglette. Aujourd’hui, notre intention est de visiter avec un peu plus « d’organisation » la vielle ville qui est sur la liste des sites du patrimoine mondiale de l’Unesco…et il le mérite.

Ici, l’immense majorité des maisons sont blanches, du moins celle qui se trouve près du centre. Avec leurs toits d’argile, l’endroit est génial. Comme cette partie de la ville est en constante transformation depuis des temps immémoriaux, la base tourne autour de minuscules petites rues probablement appropriés dans une ville fortifiés où l’espace est rare. Ça lui donne un charme fou. En plein centre, on y trouve l’immense mausolée d’un empereur du III siècle qui fut éventuellement transformé en église. Les vestiges entourant l’endroit donnent l’impression d’être à l’époque romaine. Juste au côté, se trouve une grande place entourée de quelques marches, un peu comme un petit agora. Un café a eu la bonne idée d’y installer de petits coussins et de petites tablettes pour s’y assoir et boire un café. Une fois par jour, on recréer la sortie de l’empereur avec sa femme sous le sons des tambours des soldats. On est tout excité d’assister à l’événement, mais l’affaire est d’une « platitude » sans nom. Les deux « royaux » sortent, font des « tatas » pendant que trois soldats en habit romain tapent sur des tambours en faisant une petite marche militaire. Il s’adresse à la foule avec quelques mots et c’est fini. Un peu plus long et nous serions tous tombé dans un profond sommeil. On est content de ne pas avoir fait 300 kilomètres pour ça.

La ville renferme plein de petits coins secrets dans d’innombrables petites ruelles partant dans toutes les directions; un véritable terrain de jeu pour les enfants. On regrette d’avoir envoyé nos walkie talkies à la maison, on aurait pu jouer à toutes sortes de jeux de cachette tellement l’endroit ressemble à un labyrinthe. Tous les petits cafés, dans ces petites rues, ont énormément de charme. Souvent, elles n’ont que quelques minuscules bancs contre les mur interrompu par de très petites tables. La ville fortifiée donne sur la mer devant lequel se trouve une grande et magnifique allée piétonnière où les touristes s’attablent à une terrasse.

Nos attentes du pays n’étaient pas celles-ci. Par ignorance, on s’imaginait arriver dans un endroit beaucoup plus dépaysant mais surtout plus pauvre. On avouera que la côte ne représente certainement pas la réalité du reste du pays, moins touristique, mais c’est tout de même beaucoup moins chaotique qu’imaginé. À bien des égards, l’Italie est beaucoup, beaucoup plus bordélique. Pour l’heure, la Croatie bat l’Italie pour la propreté et l’entretien des bâtiment…à plat de couture.

Que dire des différences?

– La Croatie utilise le Kuna, la monnaie local. C’est très facile de faire la conversion, parce que 5 kuna valent environ 1$. Chaque Kuna vaut 100 Lupa. Quand vous obtenez 1 Lupa, vous avez en main assez de monnaie pour acheter… absolument rien. (Ça vaut 1/5 de cent canadien). Même pour eux, c’est des vidanges,

– Les prix dans les magasins donnent initialement le vertige; 25 Kuna pour du Quick (oui, on voit notre Nestle Quick même ici). On va s’habituer, mais notre petit cerveau n’arrive pas encore tout à fait à assimiler le concept.

– Le change reçu dans les magasin est variable. Ça semble être un gros embarras, même pour les caissières. Certains vous donnerons jusqu’au dernier Lupa tandis que d’autres s’offrent la liberté de retourner la monnaie jusqu’au 20 Lupa près. On s’en formalise certainement pas, parce que 5 cent, même ici ça sert à rien.

Les croates sont pas mal plus à date qu’on pourrait le penser. Même des pays beaucoup plus développés font pâle figure en comparaison.

– Tous les cafés et restaurants ont un excellent WIFI gratuit.
– l’Internet mobile est très abordable. (4$ pour 2 Gig)
– Absolument tout le monde prend la carte de crédit – les pires à ce chapitre; les allemands, puis les autrichien suivi des italiens. Si vous voyagez longtemps, assurez-vous d’avoir de bonnes limites de retrait parce que vous aller crever de faim, dormir dans la rue et appeler votre maman en pleur dans la semaine. En Croatie, par contre, vous êtes bien servi. En passant, en Italie ils prennent théoriquement la carte presque partout mais ils offrent souvent la bonne vielle raison voulant que la machine soit brisée. Ce qui est cassé c’est l’état italien parce plusieurs tentent de cacher des revenus au fisc…

On passe une excellente journée à découvrir toutes les petites choses qui font nos différences. On adore!

À demain!

Un petit apperçu de Split, Croatie.

Jour 127 – Croatie baby!

4 Septembre 2014, Split, Croatie

On se lève tôt, et non, la houle n’a fait vomir personne cette nuit. Par contre au matin, on comprend mieux la présence de la toilette à l’intérieur de la douche. Si il y a trop de vagues et que vous êtes malade; agenouillez-vous simplement devant la « bol », et partez-vous une bonne douche. Les débordements autour de la toilette seront lavés au fur et à mesure de leur sortie; utile et l’agréable, n’est-ce pas?

Dans un traversier de nuit comme celui-ci, le sommeil n’est pas mauvais, mais on a tout de même l’impression d’être coupé du monde. On se retrouve littéralement dans un boîte de sardine, le moment de la journée ne peut être deviné, ni par le bruit, ni par la lumière. Par manque d’habitude, ça empêche les parents de dormir sur leurs deux oreilles. Manquerions nous l’arrivé au port? Surtout que dans ce cas, on devrait être sur le quai tôt le matin; un peu avant 7 heures. Évidement, ce genre de craintes est absolument infondées puisqu’à partir de 6 heures, un haut-parleur nous rappelle que déjeuner est le plus important repas de la journée. Par conséquent, vous devez vous lever… bande de lâches. D’ailleurs, on vous le rappellera toutes les 3 minutes, dans 14 langues différentes jusqu’à ce que vous soyez levé, en fil à la cafétéria, et à genoux devant le proposé en le suppliant de prendre votre 37$ pour une toast et un verre d’eau…la seul condition? Mon dieu, arrêtez ce haut-parleur!

Quoi qu’il en soit, on se retrouve sur le quai, le sourire aux lèvres! ON EST EN CROATIE! (Split). De quoi à l’air cet endroit? Sur le bord de la mer bien sûr! Le terrain est aride mais il y a beaucoup de verdure. La vue est magnifique avec son arrière plan des montagnes qu’on imaginait un peu plus petites et une ville remplie de maisons blanches, résultat de l’utilisation de la pierre typique de la région. Pour l’heure, on ne sait rien de plus. On a faim. N’a t’on pas toute la journée de toute façon?

Les habituels achats de cartes cellulaires pour l’Internet et le déjeuner nous amènent à la mi-journée. Entre temps, on a pu faire une visite de surface de la vielle ville où se trouve des bâtiments antiques datant de plus de 1500 ans. Jusqu’à maintenant, on aime vraiment beaucoup.

On ère un peu sans but et visite la ville avec l’idée de se louer un appartement. Avec notre expérience fortuite de Venise où on nous a refusé l’accès, on se dit qu’on devrait aller voir l’emplacement d’une possible location. Comme la ville est très dense, on essai de se trouver un endroit qui aurait un minimum de potentiel pour y accueillir nos vélos. On fait donc un arrêt à une première adresse, puis à une deuxième, pour finalement statuer sur celle-ci. On prend notre réservation et donnons rendez-vous aux propriétaires dans les prochaines heures pour la prise de possession.

En attendant, on descend sur le bord de mer qui a des ressemblances avec certains endroits d’Italie. Peu de sable, plutôt des petites roches quand plage il y a, et beaucoup, beaucoup de grands cailloux. Comme on est en ville, tout ceci est aménagé à grands coups de petits trottoirs de béton pour que les gens en profitent.

Sur la route, on rencontre un Alen et sa femme, tout deux, d’Angleterre. Alen, en particulier, veut tout savoir sur notre voyage. Il est un passionné de vélo et aimerais partir avec nous. Pendant un long moment, on a beaucoup de plaisir à jaser avec lui. Il promet de nous suivre sur notre blog pour le reste du voyage. (Il va trouver notre français un peu « abrupte »)

Marchant sur le bord de mer, on remarque plusieurs choses particulières; d’abord, la baignade ici, c’est comme le hockey chez nous. Il ont ça dans le sang. Ça peut se voir par la qualité de la nage des très nombreuses personnes âgés qui viennent passer leur temps libre sur la côte. Il a un « vibe » super ici et les gens sont relaxe. Évidement, on apprivoise les sonorités d’une toute nouvelle langue (le croate). Elle a des sonorités un peu russe, et toute ces personnes ont des discussions autour de nous. C’est très différent pour nous et on écoute avec attention tout ces nouveaux sons.

Bientôt, on aperçoit quelque chose qui changera la vie des enfants; une apparition pour leurs petits yeux, leur rappelant que le monde est un endroit magnifique. Sur les vagues, à moins de 100 pieds, se trouve une grande structure gonflable comparable au jeux « terrestres » qui jonchent les fêtes de quartier du Québec. (Vous savez le bateau de pirate où vous devez attendre 3 heures derrière de la marmaille criarde?). C’est ce genre de chose à quelques exceptions près. Ici, il n’y a pas de fil d’enfant parce qu’il faut payer 10$ par personne pour une heure, les structures sont en fait une série de plus petits « bâtiments » attachés ensemble pour y fait des courses et finalement tout ça flotte sur l’eau. L’eau est vitale ici, car elle vous permet de détacher votre gilet plein de sang une fois vos dents avalés. Les enfants y vont seul seul. On va les laisser aller, on craint un peu les chutes violentes.

Les parents s’assoient au bord, pas trop loin des vélos qui sont toujours chargés, et observe la marmaille s’amuser sur ces jeux. À la lumière des chutes continuelles des enfants sur le vinyle mouillé, on apprécie de ne pas avoir à se déboîter les vertèbres aussi. En regardant tout ça, on se demande si ce genre de chose serait possible au Québec. D’abord, les enfants doivent nager seul jusqu’à la structure qui est tout de même éloignée du bord. Il a aussi l’absence de surveillance; aucun « lifegard » n’est en charge d’éviter les accidents ou les noyades. La jeune fille qui collecte votre paiement en est à passer le niveau 248 de Candy Crush. Elle n’a certainement pas le temps de lever les yeux pour sauver un bambin, elle a des bonbons à faire descendre! Finalement, la structure est tellement haute, que derrière, si quelqu’un tombe à l’eau et se retrouve en difficulté, il y a fort à parier que personne ne le verrait où l’entendrait. Peut-être est-ce l’habitude? Voir des enfants se baigner dans un « pays de mer » est normal; Aller jouer dans le vagues, c’est leur patinoire à eux.

Un peu plus loin sur la plage, on apprend à connaître le jeu local qui consiste à se « garocher »dans l’eau pour empêcher une petite balle de toucher aux flots. Des groupe de 2 à 6 personnes, les pieds dans le « pas creux », mettent la balle en mouvement et doivent simplement la frapper, avec n’importe quelles parties du corps, pour la garder dans les airs. C’est du aki extrême quoi! Il y a des groupes qui se donnent sérieusement entre plongeons et « back flip » spectaculaires, c’est quelque chose à regarder.

Les enfants sortent du jeux, et on décide d’aller rejoindre les propriétaires pour le rendez-vous. Passant devant un bar/café, une dame nous interpelle. Elle a reconnu nos vélos et nous invite à la suivre. Son mari, qui comme elle, n’a que peut de connaissance de l’anglais sont admirablement gentil. On nous aide à monter notre matériel, dans l’appartement se trouvant…évidement à la limite des nuages. Louer un rez-de chaussée, ça pourrait pas nous arriver. L’appartement est bien équipé et on pourra se faire à manger ici. On est conquis, et compte tenu du prix, on voit pas pourquoi on devrait courrir après les campings.

Une petite bouffe dans un petit restaurant pour essayer la bouffe locale. On marche un peu en ville, mais l’arrivée en ville, tôt le matin, et le transport par bateau nous a plombé. On revient tôt et relaxe devant la télévision avant de s’endormir paisiblement dans un pays qui nous promet, nous l’espérons, des merveilles.

Jour 126 – Enfin le traversier pour la Croatie

3 Septembre 2014
Départ Dolo, Italie (Train) – Arrivé Ancona, Italie

On vient de se lever à Dolo et sommes content de prendre excellent petit déjeuner. Patrick annonce à Annik, que lorsqu’elle dormait, il a « pogné » la météo à la télévision et qu’on est victime d’un mauvais sort. La carte européenne est absolument emplie de beau temps…sauf pour les Balkans et l’Italie. Ces deux régions subissent un système dépressionnaire qui durera plusieurs jours!! C’est à croire, qu’à vouloir avoir du beau temps, on nous donne le contraire!

Quoi qu’il en soit, on désire se rendre à Ancona en Italie, où nous pourrions prendre un traversier pour Split en Croatie. C’est notre plan d’aujourd’hui.

Pourquoi en sommes nous là? Hé bien, malgré toute nos bonnes intentions, on fait parfois des erreurs de jugement, ou du moins, des erreurs d’appréciation. Lors de notre départ d’Autriche, nous aurions pu prendre un train pour Zagreb en Croatie. C’est loin de la côte et ça nous semblait plus approprié de descendre jusqu’à Trieste en Italie pour rejoindre le nord de la Croatie. Ce que nous ne réalisions pas complètement à ce moment, est que la première option, malgré des apparences de détour, aurait été la plus simple et la plus abordable. Voyez la différence.

Option 1 (tout en train)
Autriche – Zagreb(Croatie) – Rijeka (Croatie) – Split (Croatie)

Réalité
Autriche – Train vers Udine (Italie) – Train vers Trieste (Italie) – Vélo vers Basovizza (Italie) – retour en vélo vers Trieste (italie) – Train vers Venise – Train vers Dolo – train vers Acona (Italie) – Ferry pour Split (Croatie)

Pas besoin de vous dire que l’itinéraire réel a amené son lot de frustration… et on a pas encore rendu. Plusieurs se demanderont; pourquoi tant d’efforts pour aller à cet endroit en particulier? Vous pourrez certainement apprécier, qu’après près de 35 jours de « mauvais temps », on veut finir le voyage en beauté avec, idéalement, quelques couleurs au visage. La Croatie est moins chère, et voyager 6 mois prend beaucoup beaucoup d’argent. On a besoin de réduire un peu les dépenses. L’autre raison, c’est que la Grèce, c’est dans le sud, et si on veut si rendre avant la fin du voyage, il faut commencer la descente maintenant.

On se retrouve donc dans cette petite gare avec seul service, une machine à billet. Comme d’habitude, trouver un moyen d’amener les vélos avec nous est la complication qui nécessite généralement l’aide d’un préposé en chair et en os. On a pas cette chance ici.

On commence d’abord par considérer tout les trains qui sont dotés d’un compartiment à vélos. On regarde toutes les options possibles, et à notre grand désespoir, pour arriver à Ancona, il faut passer par trois des plus grandes villes d’Italie, faire cinq transferts et rouler un total de 30 heures…Ça, c’est si on ignore qu’on remplirait probablement nos cartes de crédit pour accomplir le voyage. On est sans mots! On se regarde, et on en revient pas… On s’est ramassé ici, et le « Traboulidon » nous a rattrapé. On se gratte la tête longuement. On considère même de retourner à Venise pour y prendre un bateau. On regarde les possibilités du côté des autobus, et simplement une longue route par vélos. Il y a simplement pas de bonnes options…

Finalement, on allume! On a été si gâté par les trains depuis un moment, qu’on a oublié qu’on pouvait simplement « mettre les vélos en sac ». Tout ça nous ouvre de nombreuses possibilités parce qu’on peut maintenant embarquer dans n’importe qu’elle train. (Des fois, on se trouve épais!)

Le train est dans deux heures, et il nous amène directement à Ancona où nous devrions pouvoir dormir et prendre le traversier le lendemain soir. Au moins, on serait près du but.

En attendant, on doit s’occuper dans un endroit qui n’a absolument rien de Walt Disney. Les gares de campagne en Italie sont affreusement dégradées et mal entretenues. À leur défense, ce serait comme si on devait entretenir toutes les anciennes gares de tous les petits villages du Québec, nous qui les avons abandonné depuis longtemps. On se rabat donc sur le bar/restaurant près de la gare pour y passer le temps. Qui espère toujours de l’excellente bouffe en Italie, n’a jamais mit les pieds là. Le cuisinier nous annonce qu’il a deux délicieux repas au menu; du macaroni et du poulet. Ce sera deux assiette de chaque. Avec sa commande, monsieur repart à la cuisine avec sa belle camisole blanche tachée et pleine de sueur. On préfère ne pas voir la cuisine! La bouffe est absolument dégoûtante; du poulet mal cuit et des macaronis trop cuits. À croire qu’il a inversé les « timers » lors de la cuisson.

On quitte pour la gare avec le plaisir de ne plus avoir faim, mais avec l’arrière goût d’avoir « mangé » une facture beaucoup trop salée. N’empêche, le train arrive, on y monte tout notre stock et se dirige vers une gare à 30 minutes où le train pour Ancona nous attend. Sur place, on fait face à une foule dense qui se déplace sur les quais. La sortie et difficile mais la suite sera encore plus compliqué.

Cette fois-ci, on a tout de même la chance de trouver un vieux panier d’épicerie abandonné sur le quai d’arrivé. Il nous servira bien pour les déplacements de nos sacs. Ça nous prendra toute l’aide nécessaire parce qu’il y a plusieurs handicaps à surmonter ici. D’abord, le train n’arrête qu’un court 4 minutes et nous n’avons pas la moindre idée de l’endroit où notre wagon s’arrêtera. Advienne que pourra, le mot d’ordre est simple; si on est au mauvais endroit (loin du wagon 8), on monte tout simplement notre matériel et les vélos dans le wagon le plus proche. La famille s’occupe des sacs et papa des vélos. Le train ralenti, mais on arrive à voir les numéros de wagon qu’une fois le train presque arrêté. Merde! On est devant le 3ème wagon. Mais de quel côté est le wagon 8? Patrick, dans son étonnement, décide de prendre trois vélos en bandoulière et se dirige vers la droite en marchant le plus vite possible. Il franchi la distance du wagon devant lui pour finalement s’apercevoir, que dans cette direction, il trouvera seulement le #3. Dans la surprise et sous l’adrénaline, il repart dans l’autre direction pour apercevoir la famille, qui conscient du problème, monte s’implement le « stock » dans « l’anti-chambre » du wagon 4. Lui est encore loin, parce que faire une longueur de wagon avec trois vélos sur les épaules, c’est pas mal plus long qu’on pense. Il a pas trop réfléchi, parce que toute l’énergie qu’il avait pour lever autant de vélos est maintenant épuisée. Difficilement, cette fois-ci, en traînant plutôt qu’en soulevant, il s’approche de la porte la plus proche. Pendant ce temps, Annik récupère le dernier vélo laissé, plus loin, contre un mur. On est à l’intérieur et on sourit.

Si vous pensez que l’histoire fini là, vous nous connaissez mal. On est pas dans le bon wagon. Il faut donc passer trois longs compartiments, remplis de monde, pour atteindre le nôtre. Il est hors de question de laisser les vélos à l’entrée, le souriant chef de train nous le rappelle gentiment. De toute façon, on doit garder un œil sur les vélos. Avec les 25 arrêts à venir, on se lèvera pas, à chaque fois, pour arpenter les wagon et vérifier que nos vélos sont toujours là. Aussi bien s’inscrire à un marathon, parce qu’on serait pas souvent assis.

Avec ce plan bizarre, on est la cible de tout les regards. On bouge tout notre « stock » à travers les wagon, et un sac de vélo ça passe pas facilement dans l’allée centrale.

Ça leur tentait pas d’entrer dans le bon wagon les idiots du village?

On porte le plus d’attention possible à ne pas déranger les clients, mais il reste que faire un si grand nombre d’aller-retour avec des paquets aussi peu pratique fait jaser. Il y a évidement les désagréables, qui par principe, refusent de se rentrer le coude ou bouger la moindre parcelle de leur univers pour nous accommoder. Il y a aussi les curieux qui nous regardent avec étonnement et finalement ceux qui veulent nous parler, mais avec qui nous ne pouvons qu’échanger quelques mots dans une langue qu’on ne connaît pas bien.

Un bonne trentaine de minutes plus tard, complètement trempé de sueur, on s’assois avec tout notre matériel à distance de vue.

Dans les quelques heures qui nous retiennent dans le train, on discute de nos aventures absolument ridicules d’hier, rigole sur le fait que tant qu’on est pas en Croatie, tout peut encore arriver et que finalement on a hâte de passer au beau temps et en mode bonheur. Les derniers jours ont été plus pénibles qu’on aurait voulu et on prendrait bien un « break » de courir après notre queue.

Dans le train, on s’affaire à trouver un hôtel ou un camping ayant comme simples attributs d’être à une distance qui ne nécessiterait pas la visite d’un aéroport et qui n’a pas le prix d’un gros porteur. Il s’avère, qu’Ancone n’a n’y un ni l’autre. On est à nouveau placé devant un problème qui consiste à brûler une quantité considérable d’argent sans en retirer vraiment de plaisir ou d’essayer de fuir à un autre endroit. Tout ce qu’on cherche à faire, c’est de rester une nuit ici pour ensuite prendre le traversier pour Split demain soir. On est si focusé à prendre le bateau dans 24 heures, qu’on oublie qu’il y en a un autre ce soir. Quelques minutes avant que le train arrive, on réalise finalement qu’on doit partir ce soir; traverser la Mer Adriatique dans le prochain bateau. On aura peu de temps; ce sera encore une corse folle.

On quitte le train, remonte nos vélos et attache notre matériel dans un temps record. Sur la rue, on s’informe immédiatement du chemin à prendre pour les traversier. Information reçu, nous voilà à rouler sur la route en suivant les indications qui sont, malgré tout, pas trop mal. Assez rapidement, on se retrouve devant cette affiche qui nous invite à monter sur ce qui semble une autoroute surélevée. On hésite. On décide de prendre une chance et on s’y engage. La route est effectivement une autoroute, mais comme nous sortons à la prochaine sortie et que le bas côté est très large, on fait sembler d’ignorer le problème. Au bâtiment de service, beaucoup trop grand pour les services rendus, on s’informe, prend acte du 450€ que ça prend pour une couchette, discute, débat sur les moyens pour ne pas dépenser cette somme, envisage de dormir sur le pont…non pas avec deux enfants… On se décide pour la dépense, quel autre option avons nous de toute façon?

Les billet acquis pour 349€ grâce au rabais enfants, on monte sur nos bécanes. On a pas de temps à perdre à moins de 30 minutes du départ. Les indications obtenues sont confuses. On hésite et choisi de suivre les voitures. Le bateau se trouve derrière un dédale de rues et de bâtiments. On pédale le plus vite possible. Dans notre hâte, on réussi tout de même à trouver la guérite qui donne sur la section du port accueillant le traversier. C’est vrai! Il y a des contrôles de douane ici, la Croatie est une petite nouvelle de l’Union Européenne. Le garde frontière nous regarde, et décide que ça lui tente de jaser. Nous, on veut juste « pogner » notre bateau…on est sur le gros nerfs bonhomme! Il n’a véritablement aucune intention de nous causer problème, mais ça lui tente de nous raconter une histoire fascinante. Le monsieur connaît quelqu’un, qui a déjà vu à la télé une personne qui racontait avoir entendu parlé de Toronto dans un livre…. QUE C’EST INTÉRESSANT!

La rencontre d’un touriste résulte invariablement en la recherche de choses qui pourraient nous rapprocher…c’est la nature humaine. Dans le cas qui nous importe ici, ce qui nous rapprocherais, c’est que tu nous laisse passer avant le départ! Un gros coup d’étampe dans nos passeport, on nous voilà devant le bateau. À moins d’une catastrophe, on sera en Croatie demain!

Pour prendre le bateau, vous devez toujours payer environ 15-20€ pour vos vélos. Par contre, quand vient le temps de vous fournir un endroit « qui se peut » pour ranger ceux-ci, on vous dirige vers l’endroit le moins susceptible de pouvoir les accueillir. Pas une seule fois,dans les quatres traversiers prit depuis le début du voyage, on a déposé les bécanes dans quelque chose qui ressemblait à un « rack » à vélo. Ici, on nous pointe une porte, on y entre et découvre un espace de rangement ou s’empile boîtes de carton, pièces de remplacement et un établi empli de cochonneries. On saute par dessus les obstacles et tente de faire tenir nos vélos sur une pile quelconque. Au moins ici, il sont à l’abris des regards. Il est à gager, que même les employés ignorent l’existence de cette pièce.

Des mois de voyage nous on mît beaucoup plus à l’aise avec l’idée de laisser nos sacs sans surveillance. On se contente donc d’amener l’essentiel pour la nuit. Pour le reste, tout restera sur les vélos. On prend possession de notre cabine. Rien de spacieux mais propre. Le bateau date des années 80. Une visite sur le pont vous ramène à une époque où écouter la télé se faisait encore avec un « Jerold » et ou un groupe rock devait avoir du maquillage. Dans notre cabine, la salle de bain nous offre un spectacle unique. Comment entrer, lavabo, toilette et douche dans une boîte d’allumette? La seule solution logique est de…mettre la toilette dans la douche, et c’est exactement ce qu’ils ont fait. Si vous voulez vous soulager et ensuite prendre une douche, plus besoin de se baisser les culottes deux fois: un véritable bonheur! Patrick tente l’expérience et constate que toute bonne idée n’est pas toujours bonne à répéter. Il y a quand même des limites à vouloir faire deux choses en même temps.

On s’attend à de la houle cette nuit, le vent est fort. On visite le bateau en tentant de rester debout tellement le bâtiment tangue. On se laisse tenter par une bouteille de vin au restaurant, qui contrairement à nos craintes, reste abordable. Les bateau de nuit comme ceux-ci, cherchent leur identité. Sont-il des bateau de croisière ou de simples traversiers? Sera-t’il cool ou simplement pratique? Celui penche définitivement vers le bateau de croisière mais sans la masse critique pour rendre l’expérience intéressante.

Les restaurants sont vide ou presque et le bar présente un spectacle. Celui-ci est si pénible que même boire un coup ne diminue en rien l’extrême douleur ressentie à l’écoute du talentueux clavieriste. On s’assoie tout de même et considère la possibilité d’y assister plus longuement. Ça c’était jusqu’au moment où le chanteur, qui par ailleurs a une belle voix,
commence à chanter du Julio Eglesias sous le sons d’une bande préenregistrée agrémentée de ses propres notes de piano. Au départ, on le trouve un peu « off », mais après un moment, on devient convaincu d’une chose….il ne sait pas jouer le piano. On cherche l’harmonie, on prie pour trouver le lien au rythme…rien…absolument rien. Il donne littéralement l’impression de frapper sur son clavier en espérant qu’on s’en apercevra pas. Enough! Tant qu’à saigner des oreilles, on va aller vomir dans nos chambres. De toute façon, n’est-ce pas ce qui nous attend avec toute cette houle?

Bonne nuit.

Jour 125 – Venise – Notre pire journée du voyage.

2 Septembre 2014
Départ Basovissa, Italie (Vélo) pour Trieste, Italie
Départ de Trieste, Italie (Train) pour Venise, Italie
Départ de Venise, Italie (Train) pour Dolo, Italie

Départ de la ville de Basovizza près de la frontière Slovène. On a espoir de se rendre en Croatie aujourd’hui. On reste au lit assez longuement sans pour autant dormir sur nos deux oreilles. Le curé zélé de la municipalité nous fait le plaisir de commencer à faire sonner ses cloches aux 15 minutes et de jouer Bohemian Rapsody à la cloche toute les heures (mais c’est quoi l’affaire? « We get the point »! Il y a personne à ta messe et tu cherche à nous le rappeler?

Au pied de notre lit après avoir jeté un œil dehors… Il vente à écorner les bœuf et il pleut. Ça regarde mal pour notre périple. On se lève pour traverser de notre building jusqu’à un autre l’autre côté de la rue ou on sert notre déjeuner inclu. À notre sortie, on part presqu’à pleurer. Il fait probablement 10 degrés et c’est honnêtement le pire temps depuis nos premiers jours en mai dernier. Si on était à Québec, on se roulerait dans une grosse « doudou », se louerait deux films avec le ferme intention de pas mettre le pied dehors.

Selon notre « planning », on devrait traverser la Slovénie aujourd’hui et arriver éventuellement à Rijeka en Croatie. La dame à l’accueil nous annonce que ce temps de chien devrait accabler toute la région pour encore une semaine… On est simplement à « boutte »…complètement à « boutte »!!! Toute l’idée derrière la Croatie, est d’avoir du beau temps et il fait probablement plus beau autour du cercle polaire.

L’autre chose qui nous met dans le doute c’est le terrain entre ici et notre objectif; de quoi parle t’on exactement? Est-ce que ça monte ou descend? Peut-être un peu des deux? On en sait rien. Il vaut mieux vérifier tout ça et explorer nos options.

Annik et Patrick s’assoient dans le Lobby et regarde de leur options;

– Rester ici, et dépenser une fortune la nuit prochaine à l’hôtel.
– Maintenir le cap, faire 60 kilomètres vers Rijeka sous la pluie et des vents violents. Maintenant qu’on a regardé les données, on devra monter plus de 1000 mètres avant de redescendre vers la côte. Dans ces conditions météo, c’est pas évident.
– Se planter sur le bord de la route, attendre une autobus, et espérer un miracle qui nous permettrait d’y entrer 4 vélos, direction Rijeka.
– Redescendre à Trieste, y rester une nuit et prendre le Ferry pour le nord de la Grèce demain soir (voyage de 36 heures).
– Retourner à Trieste, prendre le train vers Venise et un autre pour Ancône. De là, prendre le traversier pour aller à Split en Croatie (l’autre côté de la Mer Adriatique)
– Retourner sur nos pas des deux derniers jours, prendre le train pour Zagreb et ensuite pour la côte croate.

On discute avec les enfants, et à la lumière de la mauvaise temperature à venir dans la région, on prend la décision de donner un coup de fouet… Ce sera un voyage vers Venise aujourd’hui. Tant qu’à y passer, c’est impossible de ne pas y arrêter. On fera donc un arrêt sur place pour une à deux nuits.

Après un dernier moment d’hésitation, on décide finalement de commencer la descente vers Trieste, littéralement vers notre point d’arrivé d’hier; la gare de la ville. On en a déjà parlé, mais on ne réalise pas toujours l’ampleur d’une monté… avant de la descendre. On se doutait que c’était une des plus haute qu’on avait fait, mais on le confirme maintenant; une descente de 1250 mètres. Avec les autres pentes montés et descendus dans la journée d’hier, il est certain qu’on a battu solidement notre ancien record. On estime que 1400 à 1500 mètres ont été monté hier. Dire qu’il y a quelques mois, lors de nos premières montés en Espagne, 250-300 mètres dans la journée tirait les larmes des enfants. Impressionnant n’est-ce pas?

À la gare, on fait les derniers préparatifs pour notre départ pour Venise. Le train part dans 20 minutes et on se sent prêt pour le défi. Patrick court vers le guichet et après trois machines qui ne veulent pas prendre sa carte, il obtient les billets. Annik, pendant ce temps, passe à l’épicerie d’à côté et ramasse un lunch dans quelques courtes minutes. On roule tous avec nos vélos sur le quai (à bas les règles!) et se rend au bout d’un long train pour y entrer nos vélos… Tout roule #1

Dans le train, tout le monde relaxe en attendant l’arrivée. Malheureusement le ciel est encore gris; on va commencer à croire qu’un nouvelle ère glacière a commencé.

VENISE L’ARRIVÉE – Note globale 10/10

On entre en ville à bord du train et s’arrête à la belle gare de Venise. Dès qu’on met le nez dehors, on reconnaît bien l’endroit; Un grand canal devant nous, un pont typique en arche, des bâtiments les pieds dans l’eau et du monde partout. On s’attendait évidement à de larges foules. On a aucun problème avec ça, parce qu’au fond, on sait que dans un endroit comme celui-ci c’est leur pain et leur beurre. On prend quelques photos…sans notre caméra…mais avec un iPod. (Vous vous rappellerez sa mort il y a quelques jours) Notre plan pour les prochaines heures; se brancher à Internet, retirer de sous, et se trouver un hôtel pour les 2 prochaines nuits.

Vous êtes vous déjà senti comme un chien dans un jeu de quille. Nous, avec nos vélos chargés à bloc, on ne peut pas être plus chien, et Venise, plus quille. Dans les prochaines heures, malgré la foule, nous ne verrons qu’un seul autre vélo, celui d’un enfant de 3 ans. Il faut savoir que sur cette série d’îles que forme Venise, tous les canaux sont séparés par des centaines de petits ponts voûtés munis d’escalier. Absolument le contraire de ce qui convient aux vélos. On a simplement pas rapport là! Il va falloir faire avec.

VENISE L’INTERNET ET L’HÔTEL: Note globale 9/10 (-1)

Trouver un fournisseur d’Internet n’a pas été trop compliqué mais un hôtel, un paquet de trouble. On s’assoit à une terrasse, vous l’aurez deviné, hors de prix, et se met à la recherche d’une option qui convient à la classe moyenne. Être quatre dans la ville de l’amour n’est pas idéal pour votre porte-feuille. L’autre problème, est qu’avec nos vélos on ne peut tout simplement pas se permettre de passer par dessus 30-40 ponts pour s’y rendre. (Plusieurs minutes par ponts pour gravir les escaliers) C’est deux choses compliquent énormément notre sélection. On commence déjà à penser que des vélos sur l’archipel n’est peut être pas l’idée du siècle.

Après près de 2 heures, on fini par accepter de payer près de 500$ pour deux nuit dans un endroit qui ne semble pas nécessiter le passage de nombreux ponts.

VENISE – MALADIE MENTALE DOUBLE – Note globale 7/10 (-2)

Encore au bar et sur le point de partir, on est victime d’une grande malade. Nous avons spécifiquement choisi cette terrasse, parce qu’elle est légèrement à l’écart et qu’on a pu y mettre nos vélos sur une des rares sections de mur disponibles. Ici, tout est à l’étroit, et trouver suffisamment d’espace pour y « accoter » quatre vélos tout en y gardant un œil est difficile. Donc, nos bécanes sont devant nous de l’autre côté de la rue. On les a placé de chaque côté de portes donnant sur la rue. Par manque d’espace, une petit partie de la roue d’un vélo est devant la porte. À un certain moment, une dame âgée sort et Mika, voyant que ça pouvait l’empêcher de sortir complètement librement, s’offre pour bouger le vélo. La vielle dame refuse; il y a amplement de place pour passer. Mais voilà, que sa sœur jumelle méchante arrive et veut entrer. (elle est pas jumelle du tout, elle n’a même pas le même âge)

La porte est légèrement couverte par la roue. Ça nous fera plaisir de déplacer nos choses si elle le veut. Mais à la lumière de sa demande mais surtout à la manière…on a soudainement pas trop le goût de collaborer. Madame se met à crier, les bras dans les airs. Son mari avec elle, ont le voit, trouve sa réaction un peu exagéré. Elle veut pouvoir être en mesure d’entrer un cachalot par sa porte en tout circonstance, et présentement, c’est évidement impossible. Annik se lève, et lui dit;

Avec un beau sourire comme ça, ça nous fera plaisir madame!

Elle n’aime pas son humour parce qu’elle vient de monter de niveau. Elle passe de fâché à enragé. Les propriétaires du bar se regardent, les clients observent et en reviennent tout simplement pas de la scène. On se battra pas avec elle, et de tout façon, on veut pas avoir de « marde ». Par contre, on accepte pas de se faire traiter comme des mongoles. On se lève, et elle n’arrête pas.

Patrick, un peu moins conciliant avec les niaiseries, est un peu « tanné » de se faire gueuler après au moment où il déplace le vélo. Il s’arrête et la regarde.

Do you know how ridiculous you are?.. Franky your just an idiot!

Elle aime pas ça du tout la madame. Elle continu et continu. Tant qu’à se faire gueuler après, on va s’amuser. Patrick déplace son velo, et sous ses cris, feint de le déplacer directement à l’intérieur…son mari la « pogne » par le bras’ parce qu’elle est sur le bord d’exploser, et la tire à l’intérieur avant qu’elle commente un meurtre.

On se rassoit au bar. Tous ces gens de la terrasse, et de différentes nationalités, connaissent le signe universelle qui consiste à tourner sa main sur le côté de sa tête; c’est une folle. Plusieurs d’entre eux nous font des signes d’approbation pour notre gestion de la crise. Wow, c’était intense!

On décide de partir pour se diriger lentement vers notre hôtel. Il y a beaucoup de monde et on marche donc à côté de nos vélos. Notez bien la dernière phrase parce qu’elle est importante…

Il y a beaucoup de monde et on marche donc à côté de nos vélos

On sait utiliser notre jugement et sommes très respectueux. (De gens qui ne nous crient pas après) Si il y a du monde, comme presque partout ici, on marche évidement à côté de nos vélos, de toute façon, rouler ici est impossible. Nous avons par contre deux enfants, et bien qu’ils n’enfourchent pas les bécanes, il est possible qu’ils mettent leur pied sur une pédale et se pousse comme sur un skate (Quand l’espace le permet) On virera pas fou. Hé bien, on le sait pas encore, mais rouler à vélo ici est strictement interdit, et le règlement est sous la surveillance de milliers de personnes spécialement formées par la Gestapo. Le moindre manquement à cette règle vous place en danger de mort.

Au départ, Mika a le malheur de placer son pied sur sa pédale, sans même y monter, et honnêtement, il avance moins vite qu’un piéton. (Il est en arrière de nous qui marche de tout façon). Le pauvre petit se fait engueuler. À vrai dire, se fait crier après d’une manière incroyablement violente. Les cris de l’homme se rapproche d’une sirène anti-aérienne; une réaction complètement démesurée pour le reproche. Avec ces deux débiles en 5 minutes, on regarde l’homme tout rouge, part à rire, et quitte…en marchant,

VENISE – PAS DE VÉLOS – Note globale 6/10 (-1)

On le sais déjà, monter sur son vélo ici est passible de la peine de mort. Par contre, rouler dans un stationnement au côté de voitures qui circulent semble logique non?

On tente à tout prix d’éviter les ponts piétonniers. On fait donc de grands détours dont on vous évite les détails. Ceci étant dit, ces manœuvres nous amènent à nous retrouver dans la seule partie de la ville qui accueille les voitures. On navigue donc entre les voitures pour se rendre le plus près possible du pont piétonnier où nous devrons gravir nos premières escaliers. Le pont en question est environ 50 pieds du stationnement. On ne se formalise donc pas d’y rouler sans descendre de nos vélo. De toute facon, il y a énormément d’espace et peu de gens ici. En plus, on s’entend, qu’on voit des voitures rouler à quelques mètres.

Ben non! La Gestapo est au aguet. On se fait apostropher pour une deuxième fois. On a beau essayer d’expliquer que, si il se la fermait une seconde , que dans trois pieds on aurait descendu de nos vélos. Trois pieds, c’est trois pieds de trop! On commence à être un peu échaudé par le manque de politesse. On vous jure que si vous nous laissez pas tranquille, on va se terrer dans notre chambres pour la nuit… Vous aurez plus de problème avec nous; famille de hooligans sanguinaires.

VENISE – Signalisation merdique- Note globale 5/10 (-1)

Essayer pas de vous retrouver ici, les indications sont difficile à suivre et, ça c’est pas de leur faute, mais l’endroit est vachement mélangeant. On pourrait vraiment faire mieux, mais comme on commence à être un peu à bout, on enlevé un point de plus à Venise!

VENISE – PLUS D’HÔTEL – Note globale 2/10 (-2)
On se rend finalement à l’hotel, qui est rien d’autre qu’un appartement. Ne pensez pas qu’on y rentre comme on veut, parce qu’on est sur le point de rencontrer un responsable qui écoute la télévision et qui a pas le goût de se faire déranger. Dès l’ouverture de la porte, il a l’attitude de gars, qui se poignait le « péteux »et qui se fait déranger ENCORE par un maudit client (c’est tu « tannant » des clients!). Ces premières paroles, avant même les salutations d’usage.

TROU DUQ

Les vélos, il faut aller les porter à la gare, ça n’entre pas ici!

NOUS

Ok…mais on pourrait les entrer dans nos sacs. C’est comme un bagage normale

Quand tu parle à un attardé, qui veut pas t’écouter, c’est pas mal difficile d’aller loin avec ça. On continue de lui exposer la situation, qu’un sac avec un vélo c’est une sac et qu’à la rigueur si tu pas ce qu’il y a dedans, tu pense que c’est un gros sac. Après lui avoir répété plusieurs fois les même faits, il s’arrête et dit…(quel connard)

MEGA TROU DUQ

Oui mais…vous savez qu’après 19:00, il y un frais supplémentaire de 20€?

Hey le « tarla »! Jusqu’à maintenant, tu t’enligne pour pas avoir de clients « pantoute », pis là, tu veux nous charger un autre 20€… C’est vrai, à 19 heures , les gens arrêtent de vivre parce que ta grosse face à goût de se la pogner!

Le plus gentiment possible, on ignore ce qu’il vient de nous dire et lui redemande qu’est-ce qu’on fait avec les vélos?…

ULTRA MEGA SUPER EXTRA TROU DUQ

Mettez les dans les sacs, et on verra ensuite si je vous autorise à les monter.

Wooooo…ben c’est le « boutte »! Il est 8 heures et on a deux enfants qui attendent dans le noir sur le trottoir. Toi, pendant que tu va bouffer ton popcorn, nous les épais, on va défaire nos 4 vélos, les mettre dans des sacs et attendre que tu nous donne ton verdict de Dieu de l’Univers Intersidéral? Une fois, que ça sera fait et qu’on y aura mit les dernières énergies qui nous reste, quoi d’autres? Tu va nous demander 25€ par vélo pour le désagrément causé au Pacha? No way! Ça vient de finir ici!

NOUS

Tu nous prend comme ça ou tu garde ton appart!

1er TROU DUC DU MONDE

Ça m’est égale, rester à mes conditions ou partez

NOUS

C’est bon, t’aura pas unE cenne de nous autre!

C’est comme ça que quelqu’un a décidé, en tout bonne conscience, de laisser une famille au complet sur le trottoir parce qu’il voulait pas s’enlever le petit doigt d’où on pense..incroyable!

VENISE – ULTIME AFFRONT 0/10 (-1)
Si vous pensez que ça conclu notre liste de déficient de la journée, vous n’avez pas rencontrer le dernier.

Donc, nous sommes sans logis dans une ville pas fait pour les vélos. Rappelez-vous que nous sommes dans un quartier atteint parce qu’on a gravi, on ne sait combien de ponts piétonniers. On a pas mangé et il est plus que 8 heure et on sait encore moins ou on couche…

On arrête sur la rue, s’assoie par terre, et mange un morceau pendant qu’on cherche des alternatives pour le dodo. C’est pas mêlant, des hôtels, il en a encore moins que tout à l’heure…on est dans la « schnoutte ». Au moment où on on réalise qu’on va peut être devoir quitter définitivement avant minuit, on entend;

C’est pas un air de pic-nic ici, allez vous en!

Un homme au dessus de nous, à la fenêtre, vient d’émettre son opinion définitive et sans appel. S’en est trop pour Annik! Elle te l’enligne et lui dit;

Pense ce que tu veux, on reste ici! On sera parti dans 10 minutes!

Il est pas d’accord le monsieur, et il commence à s’énerver! Patrick, qui est accoter contre le mur et n’a pas encore vu l’homme, lui lance

Que c’est terrible! Pourquoi tu n’appellerais pas la police?

Ça, il aimes pas ça beaucoup plus. Il nous menace d’appeler la police pour vrai…oooooooohhhh, on a peur! Être sur la rue, est maintenant un crime sans nom. On a atteint notre « top », et lui, il va payer pour les autres… Patrick se lève, et l’engueule solide.

On a pas de place à coucher ce soir, « faque sacre » nous patience…

Et là, la métamorphose a lieu. La plus ignoble des personnes vient de se révéler. De toute notre vie on a jamais vu une personne aussi dégoûtante.

AAAAahhh, vous avez pas de place pour rester, avez vous de l’argent?

Ben oui espèce d’épais, on a plus d’argent en équipement sur nos vélos que dans ton appartement minable de « looser »! Qu’est ce que tu pense?

Dans ce cas là, je peux vous aider…

Là, tu viens pas de t’adresser au bon gars! Même si il fallait que qu’on « tente » dans la rue, on voudrait pas de ton aide espèce d’opportuniste répugnant. Il y a deux minutes, tu voulais nous faire brûler vif tellement ont t’importunait et maintenant tu vois une opportunité d’affaire? Mais qu’elle genre de merdeux es-tu?

Après une longue liste de méchancetés bien enfilés, Annik et Patrick se regarde et se disent à l’unisson;

La visite de Venise est fini, on part ce soir!

On ramasse nos affaires, refait le chemin contraire et se rend à la gare. Une fois à proximité dans la grande place devant la station, on embarque sur les vélos et roule malgré la règle qui nous l’interdit. Les trains ne roulent pas la nuit en Italie, on a pas de temps à perdre.

Veuillez descendre de vos vélo immédiatement!

On a pas de temps à perdre avec leurs conneries, on a un train a prendre! On lui lance;

Call the cops!

On roule sans mentir, un maximum de 200 mètres dans une grande place où peu de gens se trouvent maintenant. On commence les recherches pour trouver un endroit à aller et où on pourrait dormir…et voilà pas que la « police » du bicycle qui vient nous écœurer… elle nous a suivi jusqu’ici. Vous avez pas des jobs vous autres, une œuvre de charité à vous occuper, des petits enfants? Mais qu’est-ce que vous avez tous? On s’en va… On vous écœura plus jamais! Malgré tout, elle est la, prêt à nous faire la morale.

Elle là, elle ne sait pas reconnaître une situation explosive!

Annik, est près à l’écouter, mais Patrick, n’a absolument plus la patience pour entendre une seule niaiserie de la journée. Malheureusement, et c’est ça la vie, des fois on en a assez. Elle n’a probablement pas aimé la suite de ses paroles. N’empêche, vous avez pas mieux à faire?

On prend le train, en direction de la seule destination restante, et se jure de ne plus jamais remettre les pieds dans cet endroit. À Dolo, on loue une chambre pour la nuit, et pour la première fois de la journée, on rencontre des gens gentils qui ne peuvent pas se permettre de cracher dans la main qui les nourrit.

Bonne nuit.

Note 1
On comprend la perspective des habitants de Venise qui sont submergés de touristes à l’année longue. Par contre, leur petite île, elle aurait l’air d’une « dump » si tous ces gens ne venaient pas y dépenser des sommes considérables. Vous-pensez que c’est quoi vos alternatives au tourisme? Construire une aluminerie? C’était peut-être un erreur d’y aller en vélo, et nous nous sommes peut être emporté par moment à force de harcèlement, mais Venise nous laisse un goût amer. Voyager 6 mois nous a appris qu’on n’accepterait pas de se faire traiter sans respects. La fierté, veut parfois dire se donner du « trouble » pour la garder. En partant d’ici, on dit qu’on accepte pas d’être des lavettes.

Note 2
Mika se demande si l’eau de Venise est salé. C’est la mer ou une rivière? Sans demander la permission, il s’y plonge le doigt et y goute. Quand il apprend que les égouts de Venise sont pas les plus étanches du monde, il se visualise déjà avec une diarrhée explosive. Soyez assuré que c’est la dernière fois qu’il goute de l’eau d’un cour d’eau sans s’informer!

Jour 124 – Un café italien et atteindre la Slovénie

1er Septembre 2014
Dormi à Udine, Italie (Train) vers Trieste, Italie

On est de retour en Italie et on est si heureux. Malgré une grande proximité géographique entre l’Autriche et Udine en Italie, c’est deux mondes absolument et complètement différents. C’est difficile de s’expliquer pourquoi tout semble si différent à tout les niveaux et les causes de tout ça. C’est drôle comment on s’en souvenait plus, mais aujourd’hui, on préfère l’Italie à l’Allemagne et l’Autriche.

Malgré nos espoirs de beau temps, il faudra encore attendre parce que c’est pluvieux. « Who cares? » On est en route pour la Croatie, il devrait faire beau!

On a un déjeuner inclu à l’hôtel, on descend donc au restaurant du premier étage, le même qu’hier soir. On ne repassera pas sur la description exhaustive de l’endroit parce qu’on croit en avoir assez fait dans le « post » d’hier. Par contre, on doit vous parler du déjeuner le plus copieux qu’on a vu depuis des lunes. Dès le départ, nous sommes conquis par la présence d’un grille-pain. On en avait pas vu depuis des mois, mais depuis 3-4 jours, on en est à notre deuxième apparition. Avec tant de signes, si il y avait un dieux « toasteur », nous serions maintenant des convertis (Pour les besoins de la cause, nous appellerons ce dieu: Cora Déesse du Déjeuner.

Cora nous remercie copieusement çe matin, puisqu’on mange des toasts, du jambons, des crêpes et à peu près tout ce que la terre à offrir. Comme hier, la propriétaire est présente et elle nous fait de fabuleuses façons. Elle semble obnubilée par tant de beauté (on extrapole évidement) . La serveuse, elle aussi super sympathique, nous prépare les meilleurs chocolat chaud « ever », et c’est pas des blagues! C’est à ce moment que Patrick entends, venant des cieux, les paroles d’une autre déesse, la Mégantiçoise Andréanna la Notarius. Elle lui rappelle qu’on ne peut pas finir sa vie et rejoindre les sages au Panthéon du Pain Doré sans avoir bu, au moins une fois dans sa vie, un expresso italien. Patrick, ayant cessé d’en boire depuis presque 5 ans, et n’ayant pas mit les lèvres sur le délicieux nectar depuis, sent l’appel. Abandonner toute ses anciennes convictions pour toucher le nirvâna? Que faire? La tentation est trop grande!

Une petit main levée, l’attention de l’ange du capucino attiré, une commande de café et finalement une tasse de café devant soit, Patrick admire la douce mousse du breuvage l’appeler tel un nuage dans les cieux. Mika, Annik et Océanne, sachant très bien qu’il brise un ancien vœux sont sur le gros nerf.

T’es sûr que tu veux faire ça?

Je recommence pas à prendre de l’héroïne quand même!

Il dépose ses lèvres, et déguste. Soudainement dans un tunnel, il revoit sa vie; de vielles images de cafetières dégoûtantes du Cégep explosant et de café aromatisé « au Irish Cream » dans une tasse croutée « flashent » devant ses yeux. Il faut bien revoir les démons du passée pour atteindre une nouvelle plénitude. Boom, c’est fait! Le bonheur est atteint…

J’ai bu mon café italien, mais seulement pour aujourd’hui. Merci Andréanne.

On quitte, non avant d’essayer de communiquer avec la propriétaire qui vient voir Océanne, lui caresse les cheveux en disant;

Bella, bella!

Vous n’aurez jamais vu un peuple aussi tactile et aussi expressif face à la beauté. C’est vraiment remarquable (elle est quand même jolie notre grande Océanne!)

À la gare, on cherche un moyen de se diriger vers la Croatie. On fait le tour des infos disponibles et réalise qu’on devra commencer par descendre au sud, à Triestre avant la frontière slovène. De là, il n’y a apparemment que deux façons de rejoindre la Croatie. Ou bien prendre l’autobus (pourrons nous amener nos vélos?) ou pédaler à travers la cinquante de kilomètre de Slovénie entre l’Italie et la Croatie. Rien ne nous indique qu’elle sera la solution avant d’arriver à Trieste. On est prêt à se jeter dans le vide, les risques ne sont pas tellement grand!

Le train est dans environ une heures et on attend sur le quai. Mika, qui adore montrer qu’il est fort, pousse les vélos complètement chargés des parents en haut des escaliers (Il est vraiment fort comme un bœuf). On attend notre train. Il arrive, quelque minutes plus tard en nous, passant devant le visage assez lentement pour qu’on puisse identifier le « wagon à vélo » en queue de convoie. On y accourt… pour trouver des portes barrées! On se regarde quelques secondes se demandant quoi faire… On repart à courir dans l’autre direction, en panique, se disant qu’il y a peut être un autre compartiment à l’avant du train; qui sait? À quelque wagon de l’autre bout, on sent la soupe chaude. Tout le monde est maintenant à l’intérieur du train, et nous, on est toujours dehors! Finalement, un préposé saute de la locomotive, et avec le sourire, nous informe qu’on était au bon endroit et qu’elle nous ouvrira. Fiouuuu!

Court voyage et arrivée à Tierste. On est sur le bord de la mer Adriatique et le vent est très violent. Depuis nos premiers jours sur la côte française, en mai dernier, on a pas vu de vents comme ceux-ci. Inévitablement, le temps est frais (et c’est une grosse déception pour nous) . Enfin, la Croatie nous attend n’est pas? Pas si vite papillon, va sera pas facile… pas du tout!

On mange à la gare et se met à la recherche d’une solution pour traverser en Croatie. En effet, pour une raison qu’on ignore, les trains italiens s’arrêtent ici et pour se rendre à la première ville d’importance en Croatie, le train n’est pas un option.

À 2 heures, on part le chronomètre. Combien de temps ça prendra pour trouver une solution. À cet heure, absolument tout les magasins sont fermés et pas moyen d’avoir une carte de la région. Sans internet, on doit se fier au seules info. sur les affiches. Patrick a un « flash ». Peut être un ferry?

3:00
Plusieurs kilomètres de vélos plus tard, suivant la côte, on arrive au port. En cherchant le ferry, on s’adresse à deux employés du port qui nous pointent le bas d’une rue où se trouverait un bateau pour la Grèce… Seulement pour la Grèce? Il nous informe aussi que des autobus partent pour la Croatie tous les jours…. La gare d’autobus est juste à côté de la gare de train…exactement d’où on arrive.

3:15
Il n’y a que des départs pour la Grèce ici!

3:45
Retour à la gare de train. Elle est où la maudite gare d’autobus? elle est absolument introuvable. Imaginez-vous donc, que dans un building en réparation et qui a l’air franchement abandonné, elle est là la gare; Endroit super crade! On s’informe et nous indique que c’est peu probable que le chauffeur veuille accepter les vélos. Si il n’y a pas trop de monde, peut être accepterait-il, à sa discrétion et au prix qu’il décidera, de nous prendre. Aussi bien prévoir de se faire voler! De toute façon, il faudra attendre quelques minutes avant le départ de 4:30 pour savoir. On jette un coup d’œil à la foule à côté du bus et on devient convaincu qu’on va prendra l’autobus. (Il y a bien trop de monde) en étudiant la carte de la région, on décide de faire la route en vélo. Sortir de la ville semble simple; quelques kilomètres seulement. De la frontière avec la Slovénie jusqu’à celle de la Croatie, il n’y a que 32 kilomètres. Malgré l’heure tardive, tout ça semble faisable.

4:15
On part. La carte que nous possédons ne couvre que l’ensemble de la Croatie. Autant dire que la partie dédiée à Trieste tiens sur le bout d’un pouce…et c’est exactement le problème…on voit pas les détails de la ville. On tente de sortir de la ville pendant presqu’une heure trente mais n’arrive pas trouver la bonne voie. Il y a deux sorties vers la Slovénie, et pour atteindre celle qui convient, on tourne en rond. Faire du surplace ici, veut aussi dire monter, et monter et monter encore, parce que la ville est construite sur une série de montagnes; très demandant comme terrain!

17:15
On est désespéré. Près de 25 kilomètres en ville et on y est toujours…sans la moindre idée comment en sortir. C’est vraiment comme dans « Traboulidon »! (référence à une vielle émission jeunesse). On s’arrête et s’informe auprès d’un groupe dans un petit bar minable. Sans aucune langue commune, il tente de nous expliquer où aller . À deux pas, il y a un tunnel. C’est apparemment le seul passage pour se rendre sur la route recherchée… Pas surprenant qu’on réussi pas à sortir d’ici!

17:45
On est sur la bonne route, le tunnel est dernière nous et on est au moins sur le bon chemin. On a aucune idée du type de terrain que l’on rencontrera. On est sur le point d’avoir une mauvaise surprise.

18:00
Ça fait quinze minutes qu’on monte. On est toujours en ville sans la moindre indication que ça va « slaquer »

18:30
On arrête à une station service pour s’assurer que les 45 minutes de monté qu’on vient de faire sont dans la bonne direction. (Pas d’Internet ou de cartes c’est de la « marde »). On est encore sur le bon chemin, mais depuis le tunnel la pente s’accentue et continue de plus belle.

19:15
Une heure trente qu’on pédale en montant, et on ne blague pas, il n’y avait aucun plat nul part. On est toujours à 4km de la frontière avec la Slovénie et on s’inquiète de la suite… À gauche, un petit village où on décide d’arrêter pour voir…ou dormir. Les dernières heures nous ont épuisé. On reste ici ce soir. Le vent se lève, la noirceur arrive et il n’y aucune chance de se rendre en Croatie aujourd’hui. Si on devait se rendre en Slovénie, trouverions-nous un hôtel? La chambre ici, est très très cher mais on a pas le choix.

20:45
Dans notre lit, on écoute Super Tennis, une chaîne qui ne passe que d’anciens matches de tennis de toutes les époques (c’est de la spécialité rare) Contrairement à nos postes de sport qui payent les droits des Canadiens beaucoup trop cher et qui doivent en parler 23 heures sur 24 pour rentabiliser l’investissement, les canaux d’ici ont de la variété; On regarde une compétition de pigeon d’argile…(pas fameux à la télé) et un match de volleyball où le Canada se fait « torcher » par les russes.

On s’endort tous un après l’autre très rapidement. On convient qu’en voyage, on contrôle pas tout, et qu’aujourd’hui, on s’attendait pas du tout à ça!

Note: Demain matin, après vérifications, on constate qu’on a monté plus de 1,400 mètres; de loin notre record.

Jour 123 – Bye Autriche

30 Août 2014
Départ Spittal, Autriche (Vélo) vers Villach Autriche (50km)
Villach (Train) vers Udine, Italie

On roule une cinquantaine de kilomètres sur les piste tortueuse suivant la rivière qui nous amène de Spital à Villach. Inévitablement, si vous regardez une carte, elle vous indiquera toujours une distance plus courte que celle qu’on fini par faire. Par exemple aujourd’hui, si vous êtes en voiture, 39 kilomètres auraient suffit, mais pour nous, ce sera plus de 50.

La bonne nouvelle, est que les éléments sont avec nous, surtout au début de la journée. Des belles pistes, un vent de dos et une légère pente descendante. On se gâte et roule rapidement. Vers midi, on s’arrête à mi-chemin pour prendre un lunch en plein-air. On est forcé de se faire quelque chose de plus élaboré qu’à l’habitude, parce que tout ce qui nous reste, c’est des pâtes. Durant la cuisson, probablement par intervention divine, un pneu crève bruyamment devant nous et pour aucune raison apparente. Évidement, c’est un bris de valve..impossible à réparer. Heureusement, prévoyant comme nous pouvons l’être parfois, nous avons encore une chambre à air de rechange.

De retour sur la route à un rythme beaucoup moins soutenu. C’est « plate » mais le vent nous a viré dans la face. On fini la route avec moins d’enthousiasme entre à Villach en suivant la rivière. Ça nous amène en ville dans un très belle endroit. La ville est tranquille et très jolie. Une belle rivière qui la traverse, de jolies terrasses dans un quartier piétonnier et des montagnes au loin. On se demande si on dort ici. Pour décider, il y a rien comme aller faire un tour à la gare. En effet, on considère notre défi relevé. On est à moins de 20 kilomètres de la frontière Slovéne, ce qui confirme que nous avons traversé l’Autriche du nord au sud.

Bravo les poilus!

Ce qu’il nous faut maintenant, c’est de la chaleur et du soleil et on espère les trouver en Croatie. Mais comment si rendre? Seuls deux trains quittent pour le sud ici; un pour Zagreb en Croatie (dans le nord du pays et vraiment loin de la côte) et au autre pour Usine en Italie. Cette dernière ville a l’avantage d’être plus près de la Mer Adriatique que Zagreb. Les deux trains partent, tous les jours, en fin de journée. Si on ne se décide pas maintenant, il faudra attendre jusqu’à demain soir pour prendre les mêmes exactes trains. Après mûres réflexions, on décide en faveur de l’Italie.

On achète donc les billets et attend deux heures avant le départ.

On en convient, une journée comme ça n’est pas super divertissante pour nos « avides » lecteurs. On a donc décidé, pour chacun d’entre nous, de faire une petite liste des choses qui nous manquent le plus en voyage.

Patrick
Du linge propre
On s’habitue à sentir le swing…mais pas les gens autour de nous.
Une douche « qui se peut »
Quand on vit dans les campings, plusieurs d’entre vous le savent, c’est toute une gymnastique pour prendre une douche; sans salir ou mouiller son linge propre, ne pas pogner de verrues, peser sur le maudit boutons à toutes les 13 secondes, la prendre quand il reste de l’eau chaude, ajuster le jet pour avoir une pression suffisante pour au moins éteindre une allumette et on j’en passe.
Prise de courant
Tenir tout nos bidules électroniques chargés demande de la gestion. Je rêve de tout brancher et charger au même endroit et en même temps.
Comprendre de quoi à la télé
On écoute pas beaucoup la télévision évidement, mais quand on peu c’est un réel plaisir…surtout un film…ce serait beaucoup plus agréable si on comprenait quelque chose.
mon oreiller
J’ai un oreillé gonflable qui vient de rendre l’âme. C’est un détail, parce que de tout façon, ce genre de choses, même quand elle fonctionnent bien, ne sont qu’un pale substitue à la vraie affaire.

Annik
Un bac de recyclage
L’âme écologique d’Annik saigne tous les jours. Comment survivre à tant de gaspillage? Comme on achète tout en petite quantité, la tonne d’emballage qui prenne le chemin de la poubelle la désespère, surtout qu’on a l’habitude de faire attention à ce genre de chose. Quand on change de pays, et qu’il y a du recyclage, comprendre ce qui va ou tient du miracle. En Autriche, par exemple, on fini par comprendre qu’une canette d’aluminium va avec le papier (pourquoi?).
Des jeans!
Je suis tanné d’être habillé en « sport woman » – qu’est-ce qu’il y a de plus beau qu’une paire de Jeans?
Bagel au creton
Des croissants au beurre « n’accote » pas un gros bagel grillé aux graines de sésame, couvert d’une fine couche de moutarde jaune et d’un pouce de creton Bilopage bien gras!
serviettes douces
On a des serviettes légères de type chamois avec nous. Le poids est super important mais s’essuyer avec ça offre la même sensation que de se frotter avec tapis « sauve-pantalon ». Il faut absolument tapoter au lieu d’essuyer parce ça cous arrache l’épiderme.
Des « pas espadrilles » – Idéalement des bottes
J’aime les bottes!
La famille et les amis
C’est convenu et prévisible!

Océanne
Tarte aux pommes et les compotes de Mamou
Tarte au sucre de grand-maman
Sucre à la crème de grand- maman
Mon lit
Plaqueur à cheveux
Faire du ski-doo

Mika
Mes amis me manquent beaucoup
je m’ennuie de faire semblant de tuer des zombies. (ce sont ses mots, comme quoi les choses les plus futiles sont les plus amusantes)
L’école… pour faire plaisir à la directrice
Faire du ski-doo
Jouer au hockey

Évidemment la famille et les amis nous manquent tous beaucoup.

On vient de compléter la liste et on arrive en Italie en soirée. (9 heure trente) Changement de pays = pas d’Internet. On pas la moindre idée où se trouve l’hôtel qu’on a réservé avant de partir. Annik impressionne par son niveau de prévoyance; Elle a pris un « snap shot » de la carte sur son cellulaire avant de perdre Internet. C’est finalement la seule information à notre disposition pour trouver notre hôtel. Le problème avec cette idée, qui est d’ailleurs meilleure que rien, c’est qu’un « jpeg » de 72dpi d’une carte sans aucun noms de rue, c’est presqu’aussi utilie qu’une carte de la Malaisie (aucun lien avec l’avion disparu – ils l’ont retrouvé au fait?)

On traverse la ville qui est superbement animé. Il fait passablement chaud, ce qui fait changement pour nos peaux maintenant redevenus pâles par le soleil absent du dernier mois. On passe dans toutes ces superbes petites rues. Les cafés sont bouillonnant d’activités, même à cette heure tardive. On est sous le charme. Ça n’enlève rien à l’Allemagne et l’Autriche, mais c’est une des partie qui nous a déplu un peu. Il semble, que peut importe où et quand on sortait, il n’y avait rien de festif. La plupart du temps, même la musique était absente des bars et restaurants. On est donc heureux d’être ici!

On cherche donc le fameux hôtel dans la noirceure d’une ville anciennement fortifiée avec ces rues tortueuses. C’est sûrement la première fois que ça arrive, mais on est perdu, complètement perdu. Généralement, quand on connaît la direction général, on fini par se retrouver éventuellement. Les rues sont ici si « moyenne-âgeuse » qu’on finira pas comprendre qu’on a fait un 180 degrés et qu’on se redirige vers le point de départ… la gare. Finalement, un bon 45 minutes plus tard, on finit par trouver l’hôtel où on se fait accueillir, super gentiment par un serveur, (l’hôtel est aussi un restaurant) qui nous explique tout dans nos deux langues. On est sous le charme! Une fois tout en place, on descend au resto pour prendre un verre.

Ce restaurant est incroyablement italien, et bizarre à la fois. C’est super propre, ça a la classe d’une autre époque mais on y a rajouté un « container » de bibelots et de décorations de tout les styles et époques. On parle ici de chandails de foot, de fleurs en plastiques, de lampes rococo, de photos, de sculptures, tout ça à travers de boiseries à excès et des fenêtre à vitraux.

La proprietaire, est aussi ce qu’on peut s’imaginer d’une patronne italienne; massive, autoritaire mais qui sourit à tout le monde, se promène avec présence et s’assure que ses clients, qu’elle considère comme sa famille, sont bien servis. Elle nous fait des sourires toute la soirée pendant qu’on boit et mange une pizza Margarita…avec des frites dessus…(on avait oublié que ça existait). L’endroit est honnêtement atroce, mais il a quand même de ces charmes qui vous donne le goût de rester; un sentiments vraiment unique.

Retour dans notre chambre au draps des années 70. On dort aux sons de la pluie qui tombe (c’est pas supposé être le paradis ici?)