23 et 24 Août 2019





Nous quittons avec délice notre petite chambre aux lits qui craque et décide de se diriger au moins pour 4 nuits dans la Sierra Nevada, la chaine de montagne qui s’appuie sur Grenade, et tout d’un bloc, descend dans la méditerranée au sud.
Suite aux recommandations de Calle et de Bella du Camping Del Quinto, nous entendons visiter quelques villages perchés dans la montagne. On quitte la ville après avoir sortie notre Peugeot des entrailles de Grenade et se dirige vers l’autoroute. Celle-ci est pour la première fois bondée, et la vitesse ne peut pas facilement atteindre les 120 km/h permise ici. En temps normal, vous roulerez facilement autour de 135 km/h sur l’autopista. Nous sommes en direction du sud-ouest, puisque nous devons contourner les sommets du massif, puis remonter dans la Sierra Nevada vers Órgiva pour deux nuits.
Comme nous ne pouvons prendre possession de l’appartement qu’après 2 heures, on décide de monter, vers les hauteurs du massif, dans un village fantastique appelé Capileira.
Le village est super, il n’y a pas de doute, mais l’histoire à raconter c’est la route pour s’y rendre. Il y a de quoi rendre n’importe qu’elle spécialiste de la sécurité routière fou à lier. La route est très abrupte, et hyper sinueuse. Évidemment, étant en montagne, on y retrouve les inévitables falaises où Annik tient tellement fort ses appuie-bras, que le pare-brise explose. Ça tourne et tourne et tourne encore, et malgré la qualité de la route, Mika doit gober des Gravols à la pelle question de ne pas nous présenter le contenu de son appareil digestif. Les voitures roulent prudemment parce que les garde-fous sont disposés n’importe où.
Une courbe devant une falaise?
Ne mets-en pas, il y a déjà un robuste buisson qui peut arrêter une semi-remorque à pleine vitesse.
Ohhh, regarde, la route donne directement sur ce canyon!
Oublie le garde-fou, il faut s’en garder assez pour le long bout droit devant la maison là-bas.
J’ai beau tenter de trouver une logique, je n’en trouve pas.
Lentement, mais surement on passe de village en village, tous superbes; Pampaneira, Bubión et finalement Capileira. Des maisons en petite pierre peinte en blanc, chaleur oblige. Beaucoup de touristes s’entassent tous dans les même trois rues, quand c’est si simple de marcher plus loin dans les villages pour voir les choses comme elles le sont réellement.
Il y a vraiment des gens qui habitent ses endroits. Les voitures ont une certaine place, mais beaucoup ne peut être fait qu’à pieds. J’y observe une vielle dame « escaladant » les différentes rues de cette ville construit dans la montagne. Elle revient avec des bouteilles d’eau recueilli à la fontaine du quartier. Apparemment, beaucoup de maison n’ont pas accès à l’eau potable.

À un autre endroit, dans une maison à trois étages; le premier niveau est peuplé d’animaux de la ferme qui se trouve directement sous le plancher de la famille vivant au-dessus.
Ça sent la marde chérie! T’as-tu tiré la chasse d’eau?
Oui pourtant! Je ne comprends pas pourquoi ça sent toujours la chiotte chez nous!
J’arpente lentement le village et trouve l’endroit fascinant. Même si les rue ont été parcouru depuis possiblement des siècles, j’ai l’impression d’avoir le privilège de découvrir des petits passages entres les maisons, des escaliers dissimulés que personne n’a jamais visité avant moi. J’adore cette sensation.









De retour à l’appartement d’Órgiva, on fait la rencontre du propriétaire. C’est un gentil monsieur, qui une fois la bouche ouverte, ne sais plus comment la refermer. Comme il est anglais, je fais l’erreur de lui poser une question sur le Brexit.
La réponse, malheureusement, ne se limitera pas à ce sujet. Annik et moi, au moment où les enfants peuvent faire semblant de ne rien comprendre, sommes aux prises avec un monologue d’une heure.
J’espère qu’il va avoir fini avant notre avion, fin septembre à Madrid…
Des questions aussi importantes comme les raisons pour lequel il y a un moulin à vent sur hauteurs de Jérusalem ou, encore plus fascinant, est-ce que la lasagne peut être un animal de compagnie, ou l’incontournable, comment font les ornithorynques pour se gratter le derrière sous l’eau.
Misère… Si j’avais pu me coller des images de yeux ouvert dans mes lunettes, j’aurais au moins pu faire un petit somme à l’apogée de sa présentation Powerpoint sur sa collection de polype de vessie d’animaux aquatique.
Si on avait réellement trouvé projecteur dans la pièce, il nous aurait certainement présenter son histoire familiale depuis le Big Bang.
Malheureusement, j’ai cette mauvaise habitude, parfois par simple politesse, de poser des questions qui ne font qu’allonger une conversation. Ce n’est pas comme si j’essayais de convaincre le gars de me donner sa fille en mariage. Si je pouvais fermer ma boîte j’éviterais de douloureuse histoire sans fin, comme celle sur cette fameuse partie de pêche avec son ami nain qui était finalement juste un gars à genoux.
J’ai juste besoin de tes clefs SVP !!!

De cette longue et pénible « conversation », cependant, nous avons pu apprendre une information cruciale pour le bonheur des enfants.
Ce soir, au bout du village, ce tient une soirée avec DJ où tous les jeunes locaux et touristes devraient se rejoindre. Océanne a l’intention de compléter l’éducation de son frère en ce qui concerne les party!
Ils vont donc, avec un peu de notre aide, acquérir des breuvages enivrants pour se préparer à la fête. Vers 19:00, ils se versent déjà des drinks pour se réchauffer avant la soirée.
Tu pense que ça commence à quel heure ce party-là Océanne?
Je ne sais pas, 8 heures?
Yooohooo! Ils dinent à 4 heures, soupent au minimum à 10. Si tu vois du monde au party avant minuit, c’est que quelqu’un a perdu sa montre. Je ne pense pas que ça commence à 8h00 cette affaire-là.
À la vitesse que vous videz vos verres, ça s’pourrait que le Capitaine Morgan vous pousse la tête dans bol avant 10 heures. Prenez ça cool!
En attendant, je leur suggère de partir en voiture, pour aller voir l’emplacement
Peter, entre ses explications sur l’accouplement des écrevisses et sur la meilleure manière de repêcher une saucisse à hotdog dans un verre de lait, nous a vaguement indiqué où le party devait se tenir. Comment un gars aussi volubile, peut-il donner des explications aussi vagues?
Continuer sur la rue devant pendant deux kilomètres en ligne droite, puis tourner à gauche et vous verrez un terrain pour le party de ce soir.
Fort de cette information, on saute dans l’auto se disant que deux kilomètres ça se fait mieux en char. Dans la réalité, ses explications étaient probablement comme tout le reste; du gros n’importe quoi!
On n’a pas fait deux coins de rue que la fameuse ligne droite sur 2 kilomètres prend fin. On tourne à droite et à gauche et encore à droite, et avant longtemps, on quitte les limites du village et s’engouffre dans la plus minable et sinueuse route de montagne de la planète. On se dit que c’est logique. Woodstock en Beauce, ils ne font pas ça au centre-ville, ça ne serait pas gérable.
Rapidement des balloune apparaissent attaché à un arbre, puis à une clôture comme pour nous rassurer sur la direction. On commence à avoir des doutes, quand une meute de chiens jappant se mets à courir à côté de la voiture, qu’un homme dans son verger nous regarde avec l’œil inquiet et qu’on frappe notre premier cul de sac. S’en suit une chasse au trésor sur des chemins alternatifs qui mènent tous à d’autre routes sans issue. D’une barrière fermée à l’autre, on prend acte, n’y a pas de party icitte.
Sacrament Peter! T’es capable de me nommer 327 sortes de tons de brun par cœur, et t’es pas capable de donner une direction pour un party à deux coins de chez vous. Si t’a guidé l’ambulancier en route vers l’hôpital, ta femme a surement accouché dans un Burger King!
On retourne au village.
Dans notre logique, ça ne nous est même pas passé par l’esprit qu’ils feraient ça directement à l’intérieur des murs de la ville. Un party du samedi soir, la musique dans le fond jusqu’à 5 heures du matin, ça à l’air que c’est normal a Órgiva.
Le site est juste là, à environ 500 mètres de notre appartement. La scène est époustouflante. Tu ne pourrais jamais voir ça au Québec. Comment est-ce possible qu’on tienne ça ici, en plein centre du vilage?
La scène est savamment disposée sur la pointe de cette place en béton, tout puissance sonore orienté vers la ville. Ça ne serait pas si pire le parc n’était pas littéralement et complétement aux portes de celle-ci. Une grande muraille d’habitation circonscrit tout le périmètre du parc, avec une zone tampon « d’un immense » 25 pieds. Tout ce qui sépare les 100,000 watts du DJ de la populace, c’est une rue, genre large comme une piste cyclable.
Te vla ti pas avec un Rave dans ta chambre à coucher!
Évidemment, on ne parle pas d’un spectacle de Fernand Gignac, mais d’une affaire qui ta garoche de la basse dans les oreilles jusqu’à la commotion. Il n’y aura pas de chaise berçante ici ce soir, juste une horde de jeunes crinqués, les poches pleines de capotes. Tout le monde sait que quelques centaines d’ados à la même place, c’est le calme d’une volière de papillon.
M. l’agent, il y a un jeune ados qui pisse sur mon balcon.
Ne vous en faites pas, c’est la période de rut à Órgiva. Ce sera fini à 5 heures du matin.
5 heures du matin !!!!!
Même un party de tricot dans mon quartier qui finit à cette heure-là me dérangerait!
Eh c’est la que je trouve les différences culturelles fascinante. Comment est-ce possible d’être aussi libéral avec l’espace publique?
Non, seulement, ils détruisent les tympans des gens légalement, mais la police, forte de ses effectifs sur place, encourage le DJ à monter le son au beau milieu de la nuit, pour que les jeunes embarquent! Wow!
Tout cela étant maintenant décrit, ce que nos adolescents ont fait cette nuit ne nous appartient pas. Eux seul savent ce qu’il y ont fait, mais à part boire quelques verres, pisser derrière les arbres et s’amuser, je reste confiant qu’ils ont été les gentilles pestes qu’ils sont toujours.
Au matin, il y a deux jeunes qui cure leur vin un ti-peu. On est tous fatigué de nos derniers jours et décide de passer la journée à l’appartement On y trouve une grande terrasse où Annik se fait griller en attendant que la laveuse, grosse comme un grille-pain, lave une paire de bobette à la fois

La vue est enivrante. On peut observer les montagnes de la Sierra Nevada, les hirondelles plongeant autour du clocher et les chauffe-souris se sortir le nez au coucher du soleil. Vous savez ce qu’on peut également observer de notre terrasse, directement l’autre côté de la rue?
Le bureau du bien-être social espagnol! Après notre maison dans saint Pie-X, c’est ce qui se rapproche le plus de notre bonne vielle vie de quartier.
Home Sweet Home!
