Visite aux dernier village hippies d’Espagne. Yahooooo!

20 Août 2019.

La nuit a été plutôt infernale. Après plusieurs jours en tente, et la nuit qu’on vient de passer, je pense que j’ai besoin d’un break!

On vient d’apprendre qu’il n’y avait pas eu de pluie dans la région depuis le mois de mars! Incroyable n’est-ce pas? Ce qui est encore plus incroyable, c’est qu’il faut venir camper deux jours ici, pour qu’il se mette à pleuvoir. Comme tel, c’est une bonne nouvelle, mais dans notre cas, c’est la goutte qui fait véritablement déborder le vase.

On a de jolies petites tentes, qui lorsqu’on enlève leurs double-toits, sont entièrement fait de moustiquaire. C’est idéal pour les exhibitionnistes que nous sommes, mais aussi très bien pour les climats chauds. Au besoin, on installe nos double-toit et se protège de la pluie.

L’affaire ici, c’est que même à trois heures du matin, il fait 26 ou 27 degrés. C’est n’est donc pas un luxe de vivre notre semi-nudité en public, double-toits enlevés, et faire le grand écart pour pogner toutes « pofs » de vent qui s’inviterait sur nos corps en lavette.

Ça se corse quand il se met à pleuvoir de façon intermittente durant toute la nuit. Tu sais plus quoi faire. Ou bien t’es prisonnier de l’atmosphère invivable la planète Mercure, ou bien tu te fais tremper par la pluie. En plus, en ce moment, ma gang de poilu est aussi utile qu’une paire de baguette chinoise dans une chirurgie du cerveau.

Annik, est déjà épuisé, et je l’ai rarement vue dormir aussi dure. Dans ses circonstances, elle a une manière à elle de me dire qu’elle m’aime avec une de ses douces attentions que j’appelle, le « ronflounage intermittent de compétition ».

Ce n’est pas un bon gros ronflage gras, bien soutenu, mais plutôt un, qui par son intermittence, rend absolument dingue. Tu penses qu’elle va arrêter, mais au moment où ton cerveau se met presque finalement à « Off », les ingénieurs de Airbus se mettent à tester le dernier moteur du A-380 juste à côté de toi.

Pas d’inquiétude, j’ai une technique toute simple qui marche à tout coup. Elle consiste à toucher Annik doucement avec ma main et elle cesse de ronfler momentanément sans se réveiller.

C’est souvent assez long pour m’endormir avant que la sécheuse pleine de « running shoes » reparte. Ce soir, ça ne marche pas, le muffler est « peté » et Proteau silencieux est fermé pour le weekend. Il est 1:30AM, il fait chaud que le sacrament, et Petit Pieds le Dinosaure joue de la trompette à côté de moi, et voilà ti pas qu’il se met à pleuvoir.

Sur le coup j’attends un peu, espérant que ça cesse rapidement. À cette chaleur, ce n’est pas quelque goutte d’eau qui vont nous faire du mal. La pluie prend plus de vigueur. À ce point, je m’attends que Mika dans l’autre tente se réveille et que la Ninja Turtle sur la codéine, à côté, va m’aider à installer les double-toits. Personne ne bouge. Océanne, bas des records de personne immobile, elle dort dans l’auto, en s’en sacre si on meurt dans un tsunami.

Ce n’est pas dans ma ligue coucher par terre. Ceux qui dorment ainsi mérite de mourir.

Océanne Boutet

Son poids plume, lui permet de dormir sur la banquette arrière de l’auto, les portes ouvertes sans trop inconfort. Pour moi dormir au même endroit résulterait simplement à ce que je me réveille avec la boucle d’une ceinture bien encastrés où vous pensez, et d’une douleur intense dans la zone générale… de TOUT MON CORPS!

Toujours est-il, que je fini par me lever, escaladant la flaque sans vie à mes côtés, qui n’a d’ailleurs pas encore bougé. À l’extérieur, j’ouvre la tente de Mika pour prendre les doubles-toit à ses pieds, et lui demande de se lever pour m’aider. Pas de sons, pas de lumière.  Je ne sais pas si j’étais comme ça a 15 ans, mais Mika pourrait rester endormi pendant un traitement de canal dans sa propre gneule.

Je commence à pogner les nerfs à installer les toiles pendant que tout le monde dort. Annik me donne espoir, se lève le haut de corps, déclare qu’il pleut et retourne dans sa position étrange de poulpe en travail d’accouchement.

J’pu capable! Il pleut, je suis à peu près à poil, il fait noir, je n’arrive pas à installer les doubles-toit. Je me déplace rapidement autour des tentes sous l’orage, mais il y a de la garnotte partout à terre pis je trouve juste une sandale….

Grrrrrrrrrrrrrr!!!

Là, il pleut à verse, Annik quitte son coma, et vient m’aider. Mika, Oooh surprise, se lève, déclare également qu’il pleut à verse, et reste là sans bouger. J’ai beau lui dire de se mettre en action, il reste là, complètement absent du monde dans lequel sont corps prend place.

Aaaaaasshhhh……..

Mika reste immobile. Je garoche son double-toit sur sa tente, et il se recouche. Il pleut solide, et je me ré-étends à côté de la génératrice du Pentagone à plein régime. Il a beau pleuvoir, mais il fait encore aussi chaud. Je capote. Chaque fois que la pluie arrête, je me lève et déplace les double-toits pour avoir un peu d’air, mais il se remet à pleuvoir. En gros je me tape ça probablement jusqu’à 4 heures du matin, avant de m’endormir au son des « osties » de coq de la vallée qui décide que ma nuit est finie.

J’ai besoin d’une journée au spa et d’un lit. Pleeeeeaaaaase!

Au matin, Mika déclare
« Qu’est-ce qu’il s’est passé cette nuit »

Patrick
« Rien, mais cette nuit ça se pourrait que quelqu’un vienne t’étouffer dans ton sommeil »

Mika
« Ha, bon! »

Nous quittons aujourd’hui notre petit camping del Quinto. Bella et Calle, les tenanciers de l’endroit, nous offres une liste d’endroit inédits à visiter et à ne pas manquer. Ils assument qu’on fera le grand tour de la côte espagnol et portugaise. Pour les honorer, nous commencerons par le premier site sur la liste.

Au camping de Quinto avec Bella. Calle est absent sur cette photo

Quel choix extraordinaire! Une communauté hippie s’est installée dans un village à 45 minutes de marche de Las Negras, un endroit à l’opposé de ce qu’on s’apprête à visiter. Las Negras, est un spot de surf renommé avec des vagues franchement terrorisantes pour un gars qui est la capacité de flottaison d’une masse de tungstène auquel on a attaché une ancre en plomb massif.

Las Negras est aussi un endroit où toutes les p’tites mesdames sont astiquées pour une soirée des Oscars, pendant que leurs p’tits messieurs leur ouvrent la porte de leur BMW affublé d’une paire de lunettes de soleil qui vaut la moitié de ma maison. Le « jet set » s’offre de superbes vacances dans des hôtels d’un blanc immaculé, et nos hippies, au bout du sentier dans les montagnes, dorment en dans un abri constitué d’une bouée échouée et d’une carcasse de chèvres. Cet endroit s’appelle San Pedro.

Après avoir pris un petit lunch assis derrière notre voiture, nous décidons de rouler dans la montagne vers l’endroit le plus rapprochés du sentier qui mène jusqu’à San Pedro. Sur place, on constate que nous ne sommes pas seul à connaître cette destination. Plusieurs voitures ont gravi la route à fleur de montagne pour s’y rendre.

Dans cette région, les hautes températures peuvent être supporté, merci aux vents forts de la mer. Détrompez-vous cependant, le soleil est ravageur. La végétation consiste en des plantes coriaces qui peuvent vivre dans les pires conditions. Dans la montagne, on peut facilement voir la direction et l’emplacement des « rivières asséchée » par la présence de plantes bien verte. Les autres arborent un beau gris « cancer terminal » seule couleur qu’elles peuvent se permettre jusqu’à la prochaine pluie.

Avis à Crayola; Je suis d’accord pour céder le nom de cette couleur pour votre prochain kit de crayon destiné au marché préscolaire.

ATTENTION, cette section comprend un nombre incroyable de clichés et d’idées convenus. Si vous avez le goût d’avoir du matériel pour me crier des bêtises sur les réseaux sociaux, c’est le temps de continuer.

On entreprend de prendre le sentier qui nous amènera jusqu’à St Pedro. La route est enserrée entre la mer d’un bleu azur et la montagne brûlée par la chaleur. À mi-chemin et en contrebas, on peut apercevoir une large baie qui abrite quelques voiliers. Près du but, le sentier prend une tangente descendante et plonge rapidement vers cette dépression entres les montagnes.

La baie de San Pedro vue du sentier.

San Pedro, c’est le site d’une source et dans une région aussi fabuleusement dépourvue de rivières et d’eau douce, c’était un endroit à protéger. Pour cette raison, on y trouve en bâtiment défensif avec une tour (Castillos) qui surplombe la baie et son accès par la mer. Le bâtiment est en décrépitude avancé. Il tient debout grâce aux actions bienveillantes des poilus du coin et à l’application d’une pommade à base de sauge sur murs. Ce rituel n’aurait aucune utilité si ce n’était que toutes les femmes de la région, viennent accoucher au pieds de sa tour. Les placentas sont ensuite utilisés comme mortier pour les endroits les plus endommagé, pendant que les hommes tissent leurs poils de pubis pour en faire des cordages, qu’elles vendent au village de Las Negras en échange d’outils pour la taille de la pierre. Ceux-ci ne servent pas à réparer la forteresse, mais pour sculpter des statues de femmes nues, juste parce qu’ils aiment ça.

Castillos de San Pedro couvert de plancenta

Je vous raconte de la marde, il a y a des hippies sur place, mais pour ce qu’on peut voir, ils sont plus intéressés à faire du commerce et à se promener à poil qu’à rénover un château d’une autre époque.

En descendant vers la zone de plage, on commence à rencontrer des « maisons » de tous les genres, certain fait des pierres locales et d’autre sont de simples toiles attachées à des rocher et entouré de toutes sorte d’objets qu’on imagine amené par la mer.

On arrive au plus bas de la montagne, et s’arrête brièvement devant la source, qui mode hippie exige, sort de la tête d’une femme sculpté. Évidemment, le panorama n’aurait pas été complet si un jeune enfant à poil n’était pas en train de jouer de la flûte en bambou dans le bassin attenant.

Sur la plage, nos ados ne savent plus où regarder. Il aimerait enfermer leurs petits yeux chastes dans les écrans de leur cellulaire, mais il n’y a pas de signal. Comment d’écrire la scène? Débutons par simplement dire qu’un congrès de parti conservateur ne pourrait jamais avoir lieu ici.  Andrew Scheer prendrait ou bien subitement feu, ou déclarait la zone sinistrée pour cause de « lesbianisme sauvage » et de contamination de la nappe phréatique par le patchouli.

Pour tout dire, la faune sur la plage est plutôt un gros melting pot qu’un groupe homogène. Il y a des gens comme nous, des jeunes musclés et qui aime peigner leurs sourcil (Signe de fierté exagéré). Également, il y a ceux que j’appellerais des hippies du dimanche, et les « hardcore hippies et autres excentriques ».

Le principe de la famille nucléaire et du couple homme-femme est violemment ignoré. Tout le monde tente, autant que possible d’avoir la position de repos la plus désinvolte et inapproprié possible pour un endroit public, idéalement sur une serviette de plage en terre cuite.

Nous sommes venus pour nous me baigner, mais dans les circonstances, seul moi semble encore avec l’ambition d’aller joindre un joyeux inconnu circoncit dans la mer.  En temps normal, je me serais cachée derrière un bosquet pour me changer.  Ici, je pense inutile de le dire, c’est superflu. Je m’exécute donc, quand même avec empressement et par manque d’habitude, et la présente brièvement à la plage. Aucune réaction! Ce n’est pas leur première qu’ils voient et elle n’est pas particulièrement impressionnante et de tout façon. De toute façon, il y a une grosse séance de lecture de poèmes destinée aux roches qui retient toute l’attention et l’énergie cosmique disponible.

On passe un moment sur place question de traumatiser au maximum nos jeunes adolescents. Je me baigne un instant avant de réaliser que la plage, une fois qu’elle devient plus profonde, consiste en une carrière de caillou piquant submergé spécifiquement disposé pour me « pêter » ce qui me reste de pieds après la randonné d’hier. Ma gang, terrorisée de tant de nudité, ne se rends probablement pas compte, mais sont assis, collé les uns sur les autres dans un geste inconscient de préservation de leurs repères.

Je n’ambitionnerai pas. Quittons cet endroit et retournons à notre monde un peu plus formaté. Il est à noter, que deux bars existent à l’intérieur du campement et sont bâtit selon les règles de sécurité les plus stricte et sous la supervision d’inspecteur chevronnés qui s’assure que les bâtiments sont construits exclusivement avec les meilleurs déchets venant de la mer. Ce n’est pas croyable que tout ça tienne debout.

Ces mêmes inspecteurs sont également en charge de surveiller les pommes grenades afin qu’elle ne transforme pas en oiseau, à faire l’amour au feuillages, tous types confondus, et à offrir aux inconnus des bracelets érotisant fait avec de papier toilette sauvage (des feuilles) et des cheveux de fées magiques.  

Au retour, notre vision des choses a complètement changé. En croissant des gens sur la route, et qui sont en direction du campement, nous n’avons maintenant qu’une question en tête.

Est-ce que ceux-là seront du genre à se mettre à poil une fois sur la plage?

En quittant, nous tentons désespérément de trouver un endroit abordable dans la région pour dormir. Puisque nous sommes dans un parc naturel, les options sont inexistantes. Le seul camping qu’on trouve, et qui est doté de 80,000 espaces sur 100,000 hectares, est complet.

Je ne suis pas certain que ça me dérange. Je pense plus être capable d’encaisser l’expérience des campings espagnol pour un moment. Nous décidons, dans les circonstances, de se rendre à Grenade, une ville de 200,000 habitants qui a une super réputation. On trouve un « hôtel » vraiment pas cher pour les trois prochaines nuits et s’enthousiasme à l’idée de vous en dire plus dans nos prochaines histoires.

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