Jour 115 – Journée infernale et tranches de pute???

On quitte ce matin après une des nuits de sommeil les plus merdique envisageable. Vouloir imaginer une affaire comme ça aurait été impossible. Tout d’abord, vous vous rappellerez qu’on se trouvait pas mal génial d’avoir trouvé un camping aussi près du village hier en soir.

Hé bien, chers amis, les plus grands génies sont par fois les plus profonds aveugles. Manquer les quelques détails qu’on s’apprêtent à vous révéler est une véritable honte après tant d’expérience en camping… Tout d’abord on nous avait fortement conseillé de se mettre à l’abris de la pluie sous les grands arbres à la limite du camping. Cette partie n’était pas si folle compte tenu que l’arche de Noé a probablement navigué à quelques pas durant les orages de la nuit dernière. Pour le reste, c’était pas l’idée du siècle. Derrière la rangée d’arbre placée sur le bute dernière nous se cachait… deux « tracks » de chemin de fer habillement dissimulées derrière la masse de verdure. À mois de 500 mètre, la gare vient ajouter une superbe touche à l’extraordinaire décor bucolique de ce camping. En Autriche, comme vous le savez fort probablement, il y a des montagnes…beaucoup de montages. Sans doute une évidence! Mais si vous ne pensez pas que chaque route ou rail est utilisé à pleine capacité, c’est que vous ne savez pas que l’alternative cosnsiste littéralement à y déplacer des montagnes pour y construire de nouvelles routes. Pour cette raison, peu être futiles pour certains, les trains passent littéralement à tous les 10 minutes. (Passager et freight). Autre détail important, ici les rails sont entretenus avec soin contrairement à nos « track » canadiennes ou même celles de la MMA (Salut Lac Mégantic). Le résultat est que les trains peuvent se déplacer très très rapidement sans danger. Vous devinez la suite, le boucans qu’ils font est absolument infernal.

À 3 heures du matin, les parents sont définitivement réveillés tentant de se rendormir entre le passage de deux convoies ferroviaires. Ça c’est avant cette délicieuse habitude de faire sonner les cloches des églises à des heures ridicules. On se demande qui a besoin de ça depuis l’invention de l’électricité, de la montre au quartz et des horloges coucous. Ici, on en fait plus que le « boss » en demande.. comme faire sonner les cloches à partir de 5 heure du matin, Normalement vous vous attendriez à ce que 5 heures demande 5 coups de cloche… Hé bien non… Le p’tit bonhomme qui les « shake » le matin s’est dit, que tant qu’à être levé, pourquoi pas faire le triple?

5 heures = 15 coup… 6 heures = 18 coups etc… et bien sûr, il faut nous rappeler à toutes les 15 minutes qu’un quart d’heure vient de passer….

Entre le passage des trains aux 10 minutes et les cloches qui sonnes au 15, si vous n’êtes pas capable de vous endormir comme une roche entre 75 et 90 secondes, vous êtes assuré de profiter du tintamarre agrémenté de la forte pluie sur votre double-toit… le véritable bonheur!

On se lève donc, comme aime dire Patrick, avec la tête dans le derrière. (poqué). Il ne mouille pas au réveil et on en profite pour emballer nos tentes complètement trempés et serrer notre « stock » avant la prochaine averse. Une petite douche et on se met en marche pour notre destination situé à environ 20 kilomètres (Werner). Depuis notre départ de Salzburg, la route est superbement agrémentée de montagnes comme on se les imagine en Autriche. La route, par contre, celle qui est emprunté pour aller de ville en ville est raisonnablement plane, suivant la rivière dont nous ne connaissons pas le nom. À partir d’ici, par contre, le party est définitivement fini. Dès notre départ, ça monte longuement, et pour être honnête, on souffre un peu. Océanne en arrache particulièrement et on ne s’explique pas pourquoi. La pauvre chouette avait un break partiellement collé, et son père s’aperçoit du problème….après plus de 20 kilomètres…

Les paysages sont incroyables. La route est sinueuse et coupe à travers les montagnes. De chaque côté, les plus hautes sommets que les enfants aient jamais vue. Tout ce qui manque, c’est du beau temps parce que l’observation des montagnes se fait difficilement sous les nuages… et maintenant, il pleut à plein ciel. La route, elle, est de bonne qualité mais vous comprendrez qu’elle n’est pas « spacieuse » pour le vélos. Elle est fortement chargée, autant par les voitures que les poids lourds. À droite, sur une grande partie du trajet, on retrouve une barrière métallique pour délimiter l’espace des trains passant parallèlement à la route. À chaque passage, on se sent enserré entre les véhicules et le train. Tout ça transforme l’activité récréative du vélos en un défi de sang froid et de contrôle dans la mince bande offerte pour les cyclistes. À plusieurs reprise, on s’arrête tout de même pour profiter de la vue.

Un peu après-midi, trempé et content de notre arrivée à Werner, on se convint, que cette fois-ci, manger un lunch d’épicerie sous la pluie ne fera pas l’affaire. Direction; le restaurant Italien le plus proche, plus que disposé à accueillir une gang de canadien en lavette. On se sent sur le party, avec autant de confort, on prend quelques « drinks » sur l’heure du midi… ce qui n’est jamais de bonne augure pour les décisions éclairés.

Parlant de décision, la pluie et le manque de sommeil on en a assez! Jetons un coup d’œil au possibles options accommodantes pour dormir dans un lit. Les prix nous semble raisonnable et une jolie fermette notée « fabuleux » par Booking.com est disponible pour deux nuit à un prix très alléchant (60€ la nuit) Comment résister à tant de charmes et en plus ce n’est qu’à 16 kilomètres?

Note pour les utilisateurs de http://www.Booking.com; Ces génies s’imaginent certainement que tout le monde voyage en hélicoptère, et en ligne droite par dessus tout, parce que le 16 kilomètres, il le calcule comme ça. Avec les montagnes autrichienne, à moins de faire de l’escalade, il faut se taper de larges et long détours… Le résultat est,qu’au moment du départ, on réalise qu’on devra faire 28 kilomètres… sous la pluie. Enfin, il n’est que 14 heures. On devrait être arrivé sur place d’ici la fin de l’après midi même si le terrain est difficile.

On ne pouvait pas être plus dans le champs, parce qu’en voyage de vélo, des imprévues ils en arrivent! Tout d’abord, on découvre le problème qu’Océanne rencontre depuis le début avec ses freins. On arrête, à trois reprises, fait de longs ajustements pour finalement se rendre compte qu’on ne se sauvera pas d’une réparation plus complexe et en bord de rue; changer des câbles de freins. Heureusement, c’est pas notre premières fois,. Le tout se passe dans la frustration mais tout de même assez rapidement. Mika, lui, a des problème avec sa roue arrière qui se bloque constamment et qui lui font grossir les cuisses à vu d’œil. Ces $&@ de « bearings » sont encore « grippés ». Malgré les nombreux ajustements du passé (sûrement 20-25 fois), ils se « désajustent » constamment et aujourd’hui ils sont particulièrement coriaces. On s’arrête à trois occasions, démonte, réajuste puis repart pour finalement se retrouver avec le même problème quelques kilomètres plus tard. En bord de piste; ça roue est encore bloqué pour la 4ème fois! Pas le choix, on a pas de pièces de rechanges, mais il va falloir démonter les bearings, les nettoyer, les graisser et s’assurer de ne rien perdre dans le gazon… Le tout sous la pluie…. On teste sérieusement la patience de Patrick, qui doit aussi composer avec sont propre pneu qui dégonfle à répétition, parce qu’il est troué et « patché » avec un bout de « duct tape » Tout ceci nous coûte presque que 4 heures.

On fini par repartir sur la route, qui depuis notre arrêt au village a
a été raisonnable en terme de dénivelé. Tout ceci nous a mis vachement en retard. Il reste, nous le savons, le pire de la route à faire; des centaines de mètres de monté, à un moment où notre fatigue commence à nous ralentir, que le temps gris additionné à une journée qui s’achève, nous amène la noirceur très rapidement.

On débute la montée, et le dénivelé est infernal. On se répète sans cesse qu’on a pas le choix et quoi doit se rendre avant qu’il fasse trop noir. La pluie ne nous donne pas trop de « break » non plus, mais ce qui est le plus épuisant, c’est de ne pas s’avoir à quelle distance nous nous trouvons réellement de notre fermette si désirée. En effet, Internet n’aime pas particulièrement les montagnes isolés que nous traversons. Donc, nous sommes sans signal. On monte, on monte et on monte encore pour finalement atteindre le point le plus haut. Finalement, on redescend vers cette petite rivière de montage qui devrait nous amener vers Wagrain. La nuit tombe, et l’espace pour pédaler est limitée. On a s’inquiète d’être vu à temps par les voitures qui empruntent généralement une route exempte de vélos. (surtout avec cette température et cette heure). Évidement, la rivière ne pouvait pas descendre tranquillement vers Wagrain… Elle doit absolument monter sans arrêt et ceci pendants de très longs kilomètres au moment où nous sommes épuisés. On souffre en comptant les sections de route de 200 mètres indiqués par les affiches en bord de route. On égraine les kilomètres en passant qu’on pourra réellement se reposer à l’arrivée et se faire un lunch de roi.

Parlant de lunch de roi, étonnamment, on s’est rappelé que demain, nous ne pourrions pas faire l’épicerie. Nous avons donc aquis une quantité phénoménale de bouffe jour se nourrir jusqu’à lundi. Par contre, ce que ces 100 watts n’avait pas calculé, c’est tout l’effort que ça prendrait pour transporter ce poids additionnel sur un dénivelé total de 1019 mètres.

Les enfants montrent une détermination sans failles jusqu’à la fin. Annik, qui souffre généralement en silence, se tait question de maintenir les enfants dans des conditions acceptables « d’enthousiasme ». On se rend finalement au village qu’on doit traverser, puis finir le tout par une dernière montée destructrice. Tout le monde tient le coup, mais à moins de 1 kilomètre de l’arrivé, Patrick, toujours chargé au maximum pour l’équipe, flanche! Plus de jambes, absolument à bout de force. Les quelques centaines de mètre restants se passeront à pousser son vélo en direction de du but.

Vous aurez de la difficulté à apprécier le bonheur ressenti en apercevant l’appartement et en arrêtant finalement devant la porte. Quel fierté d’avoir une famille aussi déterminée. On sonne et la porte ouvre. Notre hôte, Erica, est sous le choc. Qu’est-ce qu’une famille canadienne peut bien faire ici en vélo? Elle compassionne avec nous et nous porte toute les attentions. Ils nous aident à entrer notre matériel, à mettre nos vêtements mouillés au séchage, chauffe notre appartement à bloc (inutilement puisque la température normale est déjà suffisant comparativement au froid sibérien de l’extérieur). Erica est super curieuse de notre aventure malgré son anglais limité (son fils traduit partiellement). Son mari, plus terre à terre, l’arrête voyant nos visages épuisés et affamés. Elle nous offre quelques bières en cadeau de bienvenu et on monte au troisième pour finalement apprécier tout ce luxe.

L’appartement est superbe, exactement ce qu’on avait besoin . Deux chambres, cuisine complète avec lave-vaisselle et autre luxe qu’on considere généralement comme normale. On sort sur le balcon donnant sur la vallée et le village. À la brunante, on y trouve le plus extraordinaire des paysages, encore plus fantastique dans les circonstances. Le ciel et les nuages, maintenant très bas, ne nous empêche pas d’envisager ce qui sera fabuleux à voir demain matin.

On s’aime, se félicite, se colle, les quatre dans le même lit, en pensant à nos épreuves et à nos accomplissement d’aujourd’hui. Bonne nuit la famille POMA.

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