Jour 110 – Dachau – l’horreur des camps

PHOTOS À VENIR – BRIS D’ÉQUIPEMENT

Un hôtel à Munich c’est hors de prix. On a réussi à s’en sortir honorablement avec les points accumulés sur notre carte Visa Marriott. Pour la suite, et après deux dodos à prix raisonnable, on n’arrivent pas à trouver quoi que ce soit qui ne ruinerait pas les finances d’une grande puissance mondiale. (Partir en Europe 6 mois sans boulot ça coûte cher)

Notre deuxième difficulté ce matin, c’est qu’on aimerais aller à Dachau, le camps d’internement Nazi. Il est à 25km de notre hôtel. Y aller et revenir dans la même journée en ferait toute une épopée (il faut prendre le temps de le visiter) Devrait-on s’installer dans une hôtel à Dachau? Rouler vers un camping après notre visite du camps? Mais où? il ne semble pas vraiment y avoir de sites pour camper dans les environs. On est « tanné » de se perdre en conjoncture. On roulera donc vers Dachau. Là bas, on trouvera bien une solution quitte à dormir sur le bord de la route.

On fait un 25 kilomètre principalement en ville sur une cyclable entrecoupée d’un million de rues et d’intersections. Faire une distance comme celle-là, dans ce genre de conditions, double facilement le temps de déplacement.

On arrive à Dachau et se met à la recherche du camp; quelque détours en trop, mais on le trouvent rapidement. Le premier coup d’œil est terrifiant. Les miradors, ceux qu’on a vu si souvent au cinéma, sont ce qu’on aperçoit en premier. Ils donnent sur la route d’accès, on devine donc que le camps se trouvent à l’opposé. D’ici, on ne voit rien de plus. À notre gauche, la route donne sur le centre d’information. On s’y dirige avec l’appréhension d’en voir plus… Qu’elle endroit unique et chargé.

Il y rare que c’est arrivé, mais nous devrons visiter cet endroit s’en s’être préalablement débarrassé de nos bagages dans un camping ou un hôtel. L’embarras, si il en est un, c’est qu’on doit laisser nos bagages sans surveillance une fois les vélos verrouillés. On ramasse nos objets de valeur, qu’on place dans un sac à dos en se disant, que si il y a un endroit où le vol est peu probable, c’est à 100 pieds de l’entrée d’un camps de concentration; un lieux de souvenir et d’émotion.

Les enfants connaissent un peu l’histoire des camps mais n’ont certainement pas nos connaissances. On veut leur donner un peu le contexte pour comprendre se qu’on s’apprête à visiter. On se branche sur Internet et écoute le court vidéo de 4 minutes de la libération de Dachau par les américains; les gens décharnés, les piles de cadavres… Du contexte, en veut tu? En voilà!

On s’avance dans l’allée qui mène à la porte du camp. On appréhende tous le premier regard de sur ce qu’on a tous déjà vu sur l’écran mais jamais en vrai. Inscrit sur la porte grillagée à l’entrée; l’ultime synthèse de l’horreur. On y lit: Le travail rend libre

L’endroit est immense, deux baraques subsistent ainsi que les bâtiments administratives, les bunkers qui sont en fait le quartier des cellules d’isolement, l’enceinte barbelé, canaux et miradors, quelques lieux de cultes construit après la guerre et finalement les fondations silencieuses de baraques aujourd’hui disparus,

L’endroit est d’un sobriété absolu; très peu de verdure et énormément de ces roches grisâtres qui couvrent tout les endroits découverts. Ce qui est marquant dès les premiers instants, c’est cette immense place où on faisait l’appel matin et soir dans toutes les conditions météo possibles; l’endroit de tout les abus.

Dans le grand bâtiment administratif en « U »‘ se trouve un musée retraçant l’histoire du Parti National socialiste et l’histoire du camps. Brillamment, on a laissé l’intérieur des premières pièces du musée dans son états initial; des murs abîmés, mal peints, un éclairage minimal et lugubre. Ça donne le ton.

On y marche longuement, et réussi à entendre des séquences de présentation des nombreux guides anglophones sur place. Patrick traduit toute l’horreur que chaque mot transporte ici; les traitements, les abus, les punitions, les tortures, les maladies et la mort. Après un moment, ça devient extrêmement lourd pour tout le monde. Il y a un monde de différence à en parler ici et à regarder un documentaire sur Canal D. Il faut y être pour comprendre. À plusieurs moments, Patrick et Annik ont le « moton » et quelques larmes coulent.

Patrick raconte;
Je salue le courage des allemands à faire face à leur histoire, si terrible soit-elle. Il faut se rappeler que lorsqu’on a transformé tout ça en mémorial, tout était encore bien frais. Bien des gens qui l’on subit et y on participé (de gré ou de force) était et sont encore vivant. Maintenant, même si il reste encore bien des gens encore témoins de cette époques terrible, il serait probablement un peu plus facile d’en faire ce mémorial destiné à la liberté. Je salue donc ceux, dont je ne connais pas le nom, qui ont dû bataillé en faveur de la mémoire de ceux qu’y ne sont plus ici, à une époque où cette décision devait faire grincer bien des dents. Nous le dirons jamais assez; se souvenir est bien la seule chose qui peut, peut être, nous empêcher de répéter les horreurs d’hier. Pour ma part, je me recueille sur toute cette souffrance inutile et brutale et m’assure que mes enfants ne seront pas ignorant d’un si grand malheur. Ils seront bien les seuls à empêcher un rappel de l’histoire le temps venu, et seront aussi ceux qui s’assureront que leurs enfants sachent, eux aussi à leur tour.

Au fond du site, une dernière visite lugubre nous attend; la chambre à gaz et le crématorium. Que dire la dessus autre que de verser des larmes sur autant méchanceté.

Patrick en profite pour appeler ces parent sur Skype et leur offrir la même visite sur vidéo.

Patrick raconte;
Je sais que l’endroit les intéresse beaucoup, mais les circonstances de la vie ne leur permettra probablement jamais de venir ici. Si je suis ici aujourd’hui c’est un peu à cause d’eux. Je vous aimes Papa et Maman!

On sort du site, et même si on n’est pas à plaindre, on a aucune idée de l’endroit qui nous accueillera ce soir pour dormir; hôtel hors de prix ou camping à 50 kilomètres, On se dirige vers la ville de Dachau où on monte sur le point le plus haut. Pour la première fois, et malgré les nuages on aperçoit les Alpes.. superbe. On a pas trop de temps à perdre, le soleil est sur sa descente et on ne sait toujours pas où nous allons dormir. Il ne fait pas extrêmement beau, mais si on trouve un endroit tranquille à l’abris de regards, on ferait bien du camping sauvage.

On se met à la recherche de cet endroit. On cherche, et cherche pendant presqu’une heure. À l’aide des images satellites de Google, on « spot » un endroit qui pourrait être propice…

Une pause pour vous parler de Google Maps. On veut pas se plaindre, mais pour ce qui est des pistes cyclables et des endroits un petit plus obscures, Google est pas toujours sur la coche. Durant les trois dernières semaines, on a eu droit aux pires pistes cyclables tous proposé par Mr. Google; des détours infernales et des informations erronés. Dans le cas qui nous importe, pour ce rendre à ce « spot » de camping, il nous indique un chemin qui n’existe pas. En fait, il nous invite à simplement rouler sur l’AutoBanh… au côté des Porches qui roulent à 220km/h… i don’t think so!

On désespère pas complètement, mais on a hâte de trouver. Un peu plus de recherche et on obtient satisfaction en utilisant notre jujotte et un peu de flaire. Nous voilà donc sur une petite route de terre qui longe un lac. Au bout de ce petit lac, qui semble artificiel, une petite zone ensablée qui serait parfait pour camper. Parfait; c’est loin de toute attention et on pourra se faire un feu.

Superbe soirée, pas une goute de pluie, pas vraiment de maringouin, un superbe feu, une bouteille de vin et des enfants qui adorent; comme jouer dans la braise… Qu’est-ce qu’on pourrait demander de plus?

Une réflexion sur “Jour 110 – Dachau – l’horreur des camps

  1. Merci de nous faire vivre l’histoire à travers vos écrits ….. Sûrement une journée gravée dans votre mémoire à jamais. J’ai bien hâte de voir les photos.

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