Jour 109 – Attention aux carillons!

PHOTOS À VENIR – BRIS D’ÉQUIPEMENT

On est confortablement à l’hôtel et la journée s’annonce encore une fois un peu so, so. Le temps oscillera entre les nuages et la pluie toute la journée. On décide de laisser nos vélos bien attachés à l’hôtel et de faire un tour de la ville avec quelques arrêts spécialement pour les enfants.

Nous voilà donc dans le tramway en direction de la ville. On s’arrête à l’arrêt qui donne sur le Palais Royal. Si le temps nous le permet, on aimerait bien le visiter plus tard, mais nous devons d’abord nous diriger vers la Place de l’Hôtel de Ville où la plupart des monuments les plus connus se trouvent. Ça tombe bien, parce que toute les grandes boutiques de sport s’y trouvent et on doit trouver un nouveau gilet pour Patrick (perdu sur la route, il y a quelque jours) L’affaire tourne au cauchemar. Question de poids et d’espace, on ne garde qu’un seul gilet à « zipper » qui doit être ni trop chaud, ni trop mince avec idéalement un capuchon. C’est le meilleur compromis pour permettre de s’en servir à toutes les sauces et être capable de l’enlever sans retirer son casque de vélo. Tout ces requis rendent l’affaire aussi difficile que de faire compléter un navire à la Mill Davie. On commence nos recherches sans succès avant de se rendre, en courant, vers l’événement le plus incroyable qui soit et qui a lieu à tous les jours à 11 heure; le spectacle du carillon de l’Hôtel de Ville.

Il faut contextualiser l’affaire pour vous permettre d’apprécier. Tout d’abord, on parle d’une place immense où une large foule se masse tous les jours. Malgré le mauvais temps, l’endroit est « pacté » à capacité. Il y a des groupes organisés, et des « freelancer » comme nous. On attend tous avec impatience le début du spectacle. Sur l’Hôtel de Ville de style néo-gothique, se trouve, sur une des tours, un carillon construit à une lointaine époque et qui faisait la fierté de la ville. On vous rappelle qu’un carillon fait de la musique exclusivement avec des cloches, et celui-ci à ceci de particulier qu’il a aussi des dizaines de personnages animés.

Si vous avez aimé le dernier Transformers pour l’action et la musique enlevante, il est possible que le spectacle sur le point de prendre place, vous donne d’extrêmes moments de somnolence (attention de ne pas conduire de machinerie lourde). Le spectacle commence par une petite « toune » exécutée à l’aide d’une série de cloches qu’on ne peut voir d’ici. Désolé pour les amateurs de carillons, mais l’harmonie qui se dégage du petit morceau est suffisant mauvais pour être considéré comme une arme à contrôler. Par moment, c’est absolument impossible de suivre la mélodie. Cette première séquence prend une éternité. Vous avez souffert des ralentis sans fin dans les amoureux imaginaires de Xavier Dolan? Imaginez maintenant qu’on met les mêmes scènes au super ralenti, qu’on vous fait jouer du Normand d’Amour à l’envers et qu’on vous brûles les oreilles avec des chalumeaux… C’est à peu près comment on se sent. Des groupes de jeunes, qui sont venus voir le spectacle, on déjà décroché après 15 secondes et ont déjà la tête dans leurs cellulaires pour passer le temps. Woooooo! Là, ça commence pour vrai…. Les personnages sur le balcon du haut se mettent à bouger. Bon,… si vous êtes déjà allez à Walt Disney ou même à la maison des horreurs d’Expo Québec, les mouvements pourront vous paraître légèrement « basics ». Le « hit » de cette séquence est le moment où le bras d’un des chevaliers sur un cheval bouge vers le bas après une collision avec un autre cheval. Pour ceux qui ne dorment pas déjà, la foule s’exclame de bonheur à travers la « p’tite bave » qu’y leur coulent sur le bord de la bouche.

Troisième acte; la deuxième rangée de p’tit bonhomme se met en marche dans une délicieuse cacophonie digne des meilleures mélodies de xylophone Ficher Price. Avant la fin, ou juste avant que les ambulances amènent tout ces gens catatoniques hors de la place, un dernier clown nous fait un « tata » dans une grandiose… indifférence générale. On admet, qu’à une certaine époque, une attraction comme celle-ci a du impressionner les foules. Maintenant par contre, si vous ne mettez pas vos yeux d’historien, le plaisir retiré du spectacle n’a d’égal qu’un traitement de canal sans anesthésie.

On quitte la place vers le grand marché aux victuailles. C’est un endroit très amusant parce qu’on y voit tout ce que les gens mangent ici; un mot; saucisses. Il y en a tellement, qu’à demander une pomme de salade, on y trouverait certainement une petite saucisse dissimulée à l’intérieur. (Que serait une délicieuse salade sans son accompagnement de saucisses). Les enfants se commandent des jus de fruits frais fait sur place. Comme on ne sait pas lire l’allemand, on est convaincu que chacune des boissons proposées contient une portion de « weiner »

On quitte les lieux pour prendre le métro (sous la pluie battante) vers un magasin de jouets qu’on nous a fortement conseillé. Ils ont vraiment énormément de jouet, mais c’est un peu une déception. La magie du magasin lui même n’est pas à la hauteur. En plus, on visite ce genre d’endroit que pour le plaisir. On va pas commencer à faire le dernier château Lego sur la route.

Nous voilà à nouveau chez le Clown McDonald’s où on essai les spécialités allemandes…Hey oui! Un hamburger avec une boulette au goût de saucisses ça existe ici, (Yeuurk!)

On quitte maintenant en direction du Musée des Sciences et Technologie, un endroit immense et très intéressant. On commence par l’exposition sur les bateaux, sous-marins et autres choses qui vont dans l’eau. On y retrouve un U-boat allemand de la Première Guerre Mondiale complet qu’ont a coupé en deux. Il y a plein d’expériences intéressantes pour les enfants (il y apparemment mille activités interactives pour les « flo » dans tout le musée) On y présente plein de concepts mécaniques complexes bien expliqués. Ce qui, pour Patrick en particulier, est particulièrement hallucinant, est le nombre absolument ahurissant de maquettes de bateaux qu’on y trouvent. Franchement, les plus complètes et les plus belles jamais vues. Certains de ces modèles on été fait à une époque, pas si lointaine, où tout était encore fait à la main. Il y a certainement des milliers d’heures de travail dans chacune d’elle. Fabuleux!

Toute cette exposition nous a prit environ une heure trente et le niveau d’intérêt des enfants s’éteint rapidement. Ils ont beaucoup aimé, mais au moment où on entreprend la section sur l’aérospatiale, on sent qu’il va falloir faire vite. Il reste de toute façon une heure avant la fermeture et il faut se garder du temps pour la section pour enfants. Patrick fait le tour en vitesse d’une grande salle où se trouve de nombreuses avions de toute les époques.

On descend au sous-sol dans l’antre du « criage » d’enfants. On vous remets des protections auriculaires contre les cris sauvages ainsi que des « full face » pour vous protégez contre l’ebola infantile. Dès votre entrée, vous êtes submergé par un flot d’enfants sanguinaires qui, sans aucun but, sautent d’un endroit à l’autre en se grattant l’arrière train. Heureusement pour nous, nos enfants ont passé l’âge de jouer dans un camion de pompier ou de gratter une guitare géante. On y reste au plus 30 minutes, ce qui considérant les danger pour l’ouïe, probablement plus dangereux que de visiter le cœur du réacteur de Chernobyl.

Le plus drôle dans cet endroit, est de retrouver des exemplaires des premiers iMac de la fin des années 90 sur lesquels on retrouve de très mauvaises applications (enfin ça a mal vieilli). Les jeunes enfants, ignorant la vitesse d’évolution des technologies, utilisent les iMac d’une façon qui en dit long sur leur époque. Ils essaient d’y jouer à touchant l’écran! C’est marquant, parce qu’il suffit de s’arrêter pour deux minutes et regarder les enfants pour voir l’immense majorité vouloir interagir comme sur une tablette… Comme quoi, il y a rien de plus intuitif!

Nous voilà à nouveau sur la rue et on cherche quelque chose d’intéressant à faire pour ce soir. À l’Office Touristique, visité un peu plus tôt, on nous a fortement suggéré une visite au parc Olympique où on y trouve une fête foraine et des « show live » On arrête pour prendre une bouché et monte dans le métro pour s’y rendre. Dès la sortie, on se retrouve devant le musée BMW (Munich a le siège social). Le bâtiment est impressionnant et nous donne le goût d’y entrer. On est en soirée et c’est évidement fermé. On s’approche rapidement des installations olympiques qui nous impressionnent malgré leur âge. Pour les Jeux de 1972, les bâtiments sont encore extrêmement beau. Il y a pas à dire, se devait être très avant-gardiste à l’époque.

Arrivée sur le site de la fête foraine, il se met à « mouiller des cordes » On y marche mais ne participe absolument à rien. Il reste que parc olympique, illuminé comme ça le soir, ça rend de bonne humeur. Contrairement à chez nous (à L’EXPO) on ne se fait pas gueuler après par un pré-pubère pour « garocher » une grenouille sur une nénuphar ou par tirer dans la bouche d’un clown.

Sur place, et dans un petit amphithéâtre extérieur, un « band » joue de l’excellente musique. Leur malheur, et le nôtre parce que ça nous tentait, c’est qu’il pleut à boire debout. On y reste quand même un moment, mais le « fun » est pas tout à fait là. On se dirige donc vers la sortie, non sans s’arrêter dans les petites boutiques extérieures en chemin. Patrick, dans son infini recherche de l’objet inutile, s’achète une bague ouvre-bouteille.

Sur place, on assiste impuissant et fasciné à la vente d’un objet singulier. Vous vous êtes toujours demandé qui achetait des gilets de loup ou des serviettes avec des femmes tout-nue montant une moto sur la lune? « Ben », nous on le sait!

Quelques minutes avant l’arrivé des acheteurs, Annik et Patrick avaient déjà découvert le joyau. On parle ici d’une affiche métallisée couvert des loups placés devant la pleine lune, le tout dans un 3D digne des cochonneries trouvé dans les boîtes de céréales. Le contour de l’affiche est savamment découpé pour lui donner une forme naturelle et est attaché par de jolies cordelettes à un cadre rustique en bois foncé. Rendez-vous compte! Du 3D métallisé de loup dans un cadre rustique! On se « pisse » dessus juste à le regarder.

Voilà pas l’acheteur mystère qui s’avance. En fait, ils sont deux; un jolie petit couple, qui nous pourrions l’affirmer aime la moto et les belles choses (Ils adorent Def Leppard, c’est certain). À l’écart, on les voit pointer vers les détails les plus significatifs de l’œuvre. Comment est-ce possible de trouver une si belle création en dehors des galeries new-yorkaises? Ils font signe au vendeur qui avait probablement acheté le produit parce que ça le faisait rire. Il répond aux nombreuses interogations des futures acquéreurs… Qui est l’artiste? Est-ce que les loups on été peint à partir de véritable loup? On les sent passionné par la chose…ils se consultent, discute un moment….Oui, oui, oui…ils l’achètent! On en croit pas nos yeux!

Pour nous, c’est une épiphanie! On comprend désormais mieux le monde dans lequel on vie. Oubliez les cours universitaires, se promener à l’EXPO est le meilleur endroit pour comprendre le monde.

On saute dans le métro, en riant mais épuisé et rentre à l’hôtel en hurlant à la lune…

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