Le premier mot qui nous viens à l’esprit après une telle journée c’est FIERTÉ! Faire 107 kilomètres, presque 30 de plus que notre dernier record, c’est génial. Par contre, là s’arrête les célébrations. En théorie, nous aurions jamais dû dépasser 77 kilomètres si on avait pas fait le tour de chacune des fleurs, maisons et niches de cette partie de l’Allemagne.
D’abord, retournons au début, pour tenter d’expliquer les circonstances du record et le 30 kilomètres fait en trop. D’abord, nous sommes dimanche, et en Allemagne, certainement dans cette partie rurale, absolument aucun commerce n’est ouvert. (On a même eu peur de manquer d’eau). Deuxièmement, aussitôt que l’on quitte la France, notre internet s’éteint avec un effet aussi dévastateur qu’une lobotomie. En effet, parce que rien n’est ouvert, et que nous n’avons pas Internet, nous devons nous fier à de vagues « snap shot » de carte (absolument pas à la bonne échelle). On complète ça avec des affiches en allemand qu’on a peine à comprendre et à notre sens de l’orientation déficient.
Commençons par les bonnes nouvelles; il y a des pistes cyclables absolument partout et sans faire d’exagérations, il y en a même passant sur des dizaines de kilomètre, entre les champ de « blé d’Inde ». Félicitation à un effort titanesque pour les cyclistes. Ça peut sembler futile, mais ces pistes sont bien plus occupées qu’on pourrait le penser… Ça en est presque « freakant » (vous en croisez souvent des gens dans un champs de mais?)
La deuxième bonne nouvelle, est que les pistes cyclables sont très belles et également dotées de système de signalisation complet. Le problème pour nous, c’est que chaque « sacré » mot de cette langue à l’air du dernier qu’on vient de voir. On lit et on se dit,
Celui là, je vais m’en rappeler!
On a pas fait 100 mètres qu’on se souvient plus de rien, même pas la première lettre de la destination…pas de quoi pour aider à se retrouver.
Maintenant, si vous arrivez à vous rappelez de quelque chose, quand vous arriver dans une agglomération, même de petite taille, les directions changent pour des noms de quartier et de rues au lieu des prochaines villes; aussi bien nous donner des noms de galaxies. À mi-chemin, il y a tellement de pistes cyclables et d’embranchements, que d’essayer de prendre une décision nous prend des lustres. Sans exagérer, on a dû, avec succès heureusement, arrêter 10 fois sur moins de 2 kilomètres pour décider quel route prendre… Absolument épuisant.. Surtout quand on sait que le temps file.
Un court retour en arrière… en début de journée, on commence ça comme des pros…ou plutôt comme des épais…en faisant 10 kilomètres de détour sur un trajet qui devrait, vous le savez déjà, prendre 77 kilomètres…ça commence mal. (On tait cette information qui mènerait définitivement à une mutinerie) Au fur et à mesure de notre périple, parce que nous n’avons pas les outils et cartes qui conviennent, on rallonge continuellement le trajet. Les fameuses pistes cyclables, on l’apprendra assez vite, sont une jolie idée pour voir des ti-oiseaux, des arc-en-ciel et des forêts magnifiques. Pour ce qui est de faire une ligne droite entre deux points; ON REPASSERA! Tout ces détours nous coûterons finalement un paquet de kilomètres et probablement facilement 20 seulement pour la petite visite dominicale autour des champs.
À un moment, ça frôle l’absurde. On passe par dessus un petit pont et tourne à droite, on commence à contourner un grand champ de mais rectangulaire. Il est grand en écoeurant! On fait un côté, deux côtés, trois côtés, en avant d’entamer le quatrième côté, voilà qu’on aperçoit, à quelques centaines de pieds, le pont où l’on vient de passer il y a 10-15 minutes. On veut pas visite $&%! de champs!
On passe qu’en même de bons moments parce que l’endroit est très beau. On voit notre première cigogne et son nid. Au moment où on aperçoit la structure en branche au bout d’un arbre mort, la voilà qui arrive en vol et se pose doucement avec ses grandes ailes… extraordinaire! On voit également ce qui semble des bernaches du Canada (s’écrit Kanada en Allemagne) et on a la chance de voir le Rhin sur le point de déborder.
Ce qui frappe du fleuve, c’est qu’il a beaucoup de courant. Dans la section où nous rejoignons la piste cyclable, il est si haut, que l’eau la recouvre par endroit. À peine l’avons nous rejoint, qu’on doit revenir sur nos pas parce que l’eau à monté à plus de 30 centimètres et c’est essentiellement la différence entre du linge mouillé et des vêtements secs. On continue notre chemin et les enfant on leur quota… Et c’est pas peu dire. Faire le tour de tous les champs d’Allemagne et suivre le contour de tous les marais de la région ne faisait pas parti de leur plan.
Parti à 9:15, nous arrivons finalement à Mannheim épuisé et à 17:00. On fait notre entrée dans la ville à travers les quartiers de l’université. Jusque-là tout va bien. Puis on entre dans le quartier central, divisé comme Manhattan, en quadrilatères. La ville à cette particularité qu’elle n’a pas de noms de rue, mais des noms de pâté de maison en ordre croissant; genre A1, A2… vraiment surprenant. Ce qui est encore plus surprenant c’est la laideur de l’endroit. De tout ce qu’on a vu dans notre vie, c’est probablement un des endroits les plus laid. Tout les bâtiments sont de tailles, couleurs, et gabarits différents, les affiches sont vielles, trop grosse,et tout croche… En bref c’est le bordel…. En plus, malheureusement, les trottoirs et les rues sont affreusement emplies de déchets. Il semble que le premier août est été l’occasion de mettre des locataires à la rue parce que de nombreux parterres d’immeuble sont jonchés de ce qui semble être l’ensemble des biens d’une maison… pas propre propre…
On passe le pont qui traverse le Rhin, et tourne à droite dans un quartier très très glauque… Et c’est là qu’on va coucher! On avance et plus ça va, plus c’est minable. Bon, c’est toujours en ville, mais tout ici à l’art de vous mettre sur vos gardes. (Ça fait un peu peur) On cherche désespérément l’hôtel qu’on sait au fond de cette rue. À notre droite, selon nos infos, on devrait la trouver.
Sur cette rue, quelque chose de bizarre a lieu. À environ 50 mètres du coin, de grands panneaux d’acier peint en rouge avec des indications en allemand bloquent la route. On peut tout de même y accéder puisqu’au centre, deux de ses panneaux sont séparés pour permettre le passage piétonnier (ou à vélo) mais pas en voiture. Parce que notre carte indique qu’on devrait passer par là pour se rendre à l’hôtel, Patrick indique au groupe de s’engouffrer dans cet endroit….
Que trouve donc l’autre côté? On fait quelques dizaines de mètres avec les enfants sous le regard effaré, inquiet et surtout surpris de prostitués en pleine scèance de vente à leurs fenêtres. Patrick décrète l’état d’urgence et dit à tout le monde de faire demi tour et de sortir… (L’affiche disait 18 ans et plus mais on croyait que c’était un chantier de construction…)
Nous voilà à l’extérieur avec des questions du genre…
Qu’est-ce qui se passe?
Pourquoi vous capotez?
En bons parents, nous devrons aujourd’hui aborder la question de la prostitution! Imaginez-vous, que malgré l’évidence, les enfants n’on absolument rien vu aller. C’est pas une délicieuse demoiselle « pas de dents » et à moitié nue qui va leur mettre la puce à l’oreille.
On prend le temps de leur expliquer et de leur faire comprendre que, comme d’habitude, le blanc et le noir n’existe pas. Le mal ultime et le bien absolu, ont le voit que très rarement. Derrière ce qu’ils viennent de voir (même si ils n’ont vraiment rien vu), il a y des vrais personnes, avec des parents et peut êtres même des enfants. Si certains ou certaines sont peut-être méchant, on devrait éviter de conclure, que parce qu’on a peur, que ça ne devrait exister (on qu’on ne devrait pas le voir)…enfin c’est compliqué n’est ce pas?
Nous voilà à l’hôtel ou plutôt l’appartement. C’est immense et on sera bien ici. C’est évident que d’essayer d’écouter la télévision se révèle une tâche pénible.. L’allemand c’est un p’tit peu loin du français. On est tout de même heureux d’être à la l’intérieur.
On envoie Patrick en expédition pour trouver de la bouffe en ce dimanche soir. Convaincu de trouver une multitude de choix de bouffe, il part à la découverte du quartier malfamé… armé jusqu’aux dents…Pour tout dire, sans armes… C’est pas grave, il y a les mots d’encouragement d’Annick
Chééériiii, soit prudent!
Non mais c’est fou! Il marche près de 45 minutes dans le quartier, trouve 12 restaurants de kebab, 20 bars….et absolument rien d’autre. Les instructions étaient pourtant clair… pas de viande marinée pour souper!
Retour à l’appart. avec un constat alarmant. Ou bien on mange de la viande sur un poteau ou bien on meurt de faim dans d’affreuses souffrances. (On a faim, que voulez-vous!). On récupérera donc de délicieux kebab avec un p’tit peu de légumes (on est en manque de légumes).
On se couche avec le mal de jambe, et le cœur rempli de bonheur!