On part de Strasbourg ce matin, de l’hôtel Nid de Cigogne. Strasbourg nous aura vraiment surpris positivement, c’est un super endroit. Notre objectif aujourd’hui est de se rendre le plus près possible de la frontière allemande, sans pour autant, que les enfants veuillent commettre un parenticide.
On part donc, en suivant le Rhin qui fait office de frontière entre la France et l’Allemagne. Pour des dizaines de kilomètres on se tient d’abord en territoire français où on apprécie tout les avantages de suivre une rivière; le terrain est raisonnablement plat.
Non mais! Dans quoi on s’est embarqué? On est en pleine campagne et pour être honnête, on fait des kilomètres pour faire des kilomètres. Il y a rien à voir à part de la campagne. Le Rhin, à nos côtés, n’est pas vraiment une rivière au cour naturel. Par moment, elle a beaucoup plus les allures d’un canal que d’autre chose. Si au moins on pouvait l’admirer, mais ici, la route est plus bas que le cour d’eau, une haute butte nous sépare du paysage. Y a quand même pas à se plaindre parce la température est clémente. On souhaiterait seulement ne pas s’être donner un but si ambitieux aujourd’hui. Le compteur s’arrêtera à 78 km, notre nouveau record.
Il y a quand même quelques « highlights » dans tout ça. À un certain moment, on se retrouve près d’un quai qui sert à la traversé vers l’Allemagne (on est encore du côté français). Ce qui sort de l’ordinaire ici, ce sont ces dizaines de cygnes près du quai. Pour nous, c’est une première. On s’arrête pour les nourrir avec des petits craquelins encore intacts dans nos sacs. Apparemment, les biscuits Bretons font parti de la diète de ces grands oiseaux. Au moment où on croyait être leur préféré, de sordides individus se présentent à nos côtés (un papa, sa fille de 6 ans et un garçon d’environ 3 ans). C’est sûr que comme personnages louches il y a pire, mais c’est plutôt ce qu’ils transportent qui nous met mal à l’aise… C’est officiellement « OVER »! Ils sont maintenant des Superstars pour les cygnes; Le papa transporte une grande boîte avec des dizaines de baguettes et autres pains et s’apprête à nourrir le groupe. (Nos p’tit craquelins ne font pas le poids) Ne croyiez pas qu’il « s’enfarge » dans la grosseur des portions. Pour lui, un morceau convenable consiste en une baguette cassée en deux qu’il tire à bout de bras. Si par malheur, il pogne la tête d’un oiseau au vol c’est la décapitation garantie. Ça se bat solide pour obtenir des portions du boulanger. À la moindre prise, il y a combat jusqu’au moment où l’eau commence à défaire les baguettes en plus petit morceau. Pour nous c’est la fin. On quitte et recommence à pédaler en direction du nord.
Les heures s’accumulent et les enfants sont « tannés ». On peut pas dire que c’est la journée la plus enlevante.
On se rend à la frontière, qu’on traverse pour le plaisir, avant de retourner sur nos pas pour trouver un endroit pour dormir. On arrive au camping la « falle » à terre. Il est maintenant plus de 18:15h et on a notre gros tas. On se pointe à la porte de la réception et comble de malheur, le bureau fermait à 18:00! Sur le coup on s’inquiète pas trop se disant, qu’au pire on s’installera sur le site et on réglera ça demain. On s’avance vers la guérite juste à côté et là, on se rend compte que ça va pas du tout. Le camping est littéralement fortifié, on se demande d’ailleurs pourquoi. La guérite est en fait une haute clôture et l’entrée pour piéton est un tourniquet activé par une carte. À moins de tricher, et d’y entrer à la même occasion qu’une voiture, on est prit à l’extérieur. Avec un tel dispositif, on hésite à s’immiscer sans autorisation, ils prennent ça au sérieux c’est gens là. Toute intrusion fini fort probablement en lapidation. On fait le tour, interpelle la cuisinière à travers la fenêtre du building qui nous dit que tout est plein. On est sur le derrière..on est vraiment à « boute » et là, il va falloir trouver un autre endroit pour dormir???
Finalement, une jeune fille, qui parle français, nous demande si on a besoin d’aide….yes,yes,yes!!! Comme par magie, elle nous fait entrer. On se sent littéralement comme Alibaba qui se rend compte qu’il a le bon code pour entrer dans une caverne au trésor. Le staff est finalement super sympathique (pas de lapidation à l’horaire) On s’installe en vitesse, parce qu’après tant d’efforts, on a le goût de prendre l’apéro. On prend quelque bières et Mika fait la découverte des Smooties… Au moment de fermer les livres en soirée il en a but trois. Est-ce possible de faire une overdose de vitamines?
Les gens qui tiennent le camping sont une famille et tout leurs membres prennent part au activités de l’endroit. La jeunes fille d’âge universitaire nous rode autour et nous pose des questions. Elle est sympathique mais sa gène la rends…une peu gênante. Qu’importe. Une belle soirée autour d’une table où nous mangons des frites en se faisant manger nous même par des hordes de mouches.